Conférence de presse du 2 novembre 2016 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2016/11/02

Q : Hier, plusieurs bateaux de pêche chinois ont opéré illégalement dans les eaux de la République de Corée et organisé une résistance collective aux gardes-côtes de la République de Corée dans leur mission de l'application de la loi, ces derniers ont tiré une mitrailleuse M60. C'est la première fois que les gardes-côtes de la République de Corée utilisent des armes collectives contre des bateaux de pêche chinois engagés dans la pêche illégale. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons vu des reportages concernés. Selon les informations dont nous disposons à l'heure actuelle, il n'y a pas de blessés ni de morts. Et nous sommes en train de vérifier davantage les informations.

Vous venez d'évoquer l'utilisation pour la première fois d'une mitrailleuse contre des pêcheurs chinois par les gardes-côtes de la République de Corée. Nous exprimons notre vif mécontentement face au recours à la force des gardes-côtes de la République de Corée dans l'application de la loi. Et nous avons déjà fait à plusieurs reprises des représentations solennelles auprès de la République de Corée sur la question de l'usage de la force dans l'application de la loi. Dans un milieu marin très complexe, l'utilisation des armes très meurtrières contre des bateaux de pêche pourrait causer très facilement de lourdes pertes humaines et matérielles. Nous demandons encore une fois aux autorités de la République de Corée de faire preuve de retenue et d'encadrer les comportements dans l'application de la loi, de s'abstenir de tout acte excessif susceptible de mettre en danger la sécurité des Chinois et de garantir effectivement la sécurité et les droits et intérêts légitimes des Chinois. Nous avons affirmé à plusieurs reprises que les autorités chinoises compétentes accordent une grande attention à la régulation et à l'encadrement des activités des pêcheurs chinois et travaillons pour leur renforcement. Dans le même temps, nous espérons que la République de Corée pourra renforcer la communication et la coordination avec nous en vue de trouver ensemble une solution aux questions survenues dans la coopération bilatérale dans le secteur de la pêche.

Q : Lors de la visite en Chine du Premier Ministre malaisien Najib Razak, la Chine et la Malaisie ont conclu des accords de coopération dans les domaines de la sécurité, de l'application de la loi et de la défense. Selon des médias occidentaux comme le Reuters, l'AFP, le Wall Street Journal et le New York Times, il s'agit d'une nouvelle mesure de la Chine pour contrecarrer l'influence américaine dans la région et d'un nouveau revers pour la stratégie américaine de « rééquilibrage vers l'Asie-Pacifique ». Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Sur l'invitation du Premier Ministre Li Keqaing, le Premier Ministre malaisien Najib Razak est en visite officielle en Chine. Hier, les deux Premiers Ministres se sont entretenus et ont dégagé une série de consensus importants sur l'approfondissement de la confiance politique mutuelle, la promotion de la coopération pragmatique et l'intensification des échanges humains et culturels. Le renforcement de la coopération mutuellement avantageuse entre la Chine et la Malaisie correspond aux intérêts des deux pays et est favorable pour la paix et le développement dans la région.

Dans notre diplomatie de voisinage, nous poursuivons toujours les principes de l'amitié, de la sincérité, des bénéfices mutuels et de l'inclusivité, et nous développons des relations diplomatiques normales État à État sans jamais viser aucune tierce partie. Nous entendons continuer à développer, toujours dans l'esprit d'ouverture et d'inclusivité, des relations d'amitié avec la Malaisie et les autres pays voisins et déployer des efforts inlassables pour le bien-être des populations dans la région et la prospérité commune de tous les pays.

Q : Le Vice-Chancelier allemand Sigmar Gabriel a écrit dans un journal allemand que la Chine doit respecter les règles si elle veut obtenir le statut d'économie de marché. Et l'Ambassadeur de l'Union européenne en Chine Hans Dietmar Schweisgut a publié, sur le site web de la Délégation de l'UE en Chine, un article dans lequel il a exprimé le souhait de l'UE de voir la Chine améliorer de façon significative l'accès au marché chinois des entreprises étrangères, créer un climat d'affaires favorable à la concurrence loyale et adopter des politiques non-discriminatoires à l'égard des entreprises européennes. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Vous avez peut-être noté que, lors du point de presse que le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a tenu conjointement avec son homologue français Jean-Marc Ayrault à l'issue de leurs entretiens, il s'est exprimé sur des propos sans fondement que des gens tenaient récemment concernant les conditions d'investissement en Chine. Je tiens à souligner que la Chine travaille toujours à la libéralisation et à la facilitation du commerce et de l'investissement. En tant que pays en développement, la Chine ouvre son marché à une vitesse et à une ampleur remarquables et remarqués, et elle est aujourd'hui l'une des économies en développement les plus ouvertes. Elle continuera à s'ouvrir davantage vers le monde et à faire progresser la réforme du système de régulation des capitaux étrangers. Et j'espère que les pays concernés pourront aussi créer un climat d'affaires équitable et libre pour les investisseurs chinois. À ma connaissance, le volume des investissements européens en Chine ne cesse de s'accroître ces dernières années et dépasse largement les investissements chinois en Europe. Plus de 8 000 entreprises allemandes sont présentes en Chine, contre moins de 2 000 entreprises chinoises en Allemagne, alors que la Chine est 16 fois plus peuplée que l'Allemagne. J'espère que l'Ambassadeur Hans Dietmar Schweisgut, qui est en poste depuis des années en Chine, pourra avoir une appréciation objective de l'environnement d'investissement en Chine.

Concernant les règles, nous sommes très attentifs à l'application par l'UE, selon le calendrier prévu, de l'obligation prévue par l'article 15 du Protocole d'accession de la Chine à l'OMC. Pour la Chine, l'application dans le délai imparti de l'article 15 consiste à restituer à la Chine des droits et intérêts dont elle doit jouir au sein de l'OMC, il ne s'agit aucunement d'une requête supplémentaire. Pour l'UE et les autres membres de l'OMC, cela constitue une obligation juridique et une règle du système commercial multilatéral à respecter, mais pas une faveur spéciale accordée à la Chine. En tant que membre important de l'OMC, l'UE doit en avoir pleinement conscience. Nous souhaitons que l'UE puisse honorer ses engagements, respecter les règles et remplir intégralement l'obligation prévue dans l'article 15, au lieu de tergiverser et de chercher à retarder le processus, encore moins de marchander ou de poser des conditions additionnelles.

Q : Selon des sources d'information, les négociateurs en chef de la République de Corée et des États-Unis pour les pourparlers à six ont réaffirmé, lors de leur récente rencontre, qu'il fallait renforcer encore davantage les sanctions et les pressions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et qu'ils espéraient que la nouvelle résolution du Conseil de Sécurité imposerait une limite contraignante pour l'exportation de charbon de la RPDC. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : À l'heure actuelle, le Conseil de Sécurité de l'ONU discute et délibère sur la question nucléaire de la péninsule coréenne. Nous avons indiqué maintes fois aux parties concernées que le recours exclusif aux sanctions et à la pression ne peuvent résoudre définitivement les questions concernées de la péninsule coréenne. La résolution 2270 du Conseil de Sécurité contient des éléments importants, comme l'appel à la reprise des pourparlers à six et à l'apaisement de la situation en Asie du Nord-Est par des moyens politiques et diplomatiques, ce qui constitue une voie fondamentale pour régler la question nucléaire de la péninsule coréenne. Nous espérons que les différentes parties pourront appliquer à la lettre les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité dans leur intégralité et jouer un rôle actif en favorisant la reprise des pourparlers à six et en refusant toute action susceptible de créer des tensions.

Q : Un rapport de l'ONU a révélé que la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) n'avait pas répondu efficacement aux attaques contre les civils menées en juillet par des soldats du gouvernement sud-soudanais. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : La Chine apporte un soutien ferme et prend une part active aux opérations onusiennes de maintien de la paix. Lors des conflits en juillet dernier au Soudan du Sud, les deux parties antagonistes ont eu des échanges de feu violents à proximité du camp de la MINUSS et la situation était extrêmement dangereuse et complexe. Les casques-bleus chinois ont risqué leur vie sur le front pour accomplir leurs missions, défendre les buts et principes de la Charte des Nations Unies et honorer leur engagement pour le multilatéralisme et les opérations de maintien de la paix de l'ONU. Deux soldats chinois y ont péri et cinq autres ont été blessés. La contribution et le sacrifice des casques-bleus chinois pour la paix et la stabilité du Soudan du Sud sont reconnus par la communauté internationale. À l'heure actuelle, l'ONU et ses États membres doivent évaluer de manière globale les nouvelles circonstances, les nouvelles missions et les nouveaux défis auxquels font face les opérations de maintien de la paix de l'ONU pour améliorer de manière systémique l'activité de maintien de la paix, renforcer les capacités en vue d'affronter les situations complexes et d'assurer sur tous les plans une meilleure protection des casques-bleus.

Q : Selon des sources d'information, la visite prévue en Chine du Ministre tchèque de l'Agriculture a été annulée. Est-ce lié aux rencontres précédentes des officiels tchèques avec le Dalaï Lama ?

R : Je ne dispose pas d'information sur la visite dont vous venez de parler. En ce qui concerne les contacts entre le Dalaï Lama et les officiels des pays concernés, nous avons déjà exposé à maintes reprises notre position. Nous nous opposons fermement à toute rencontre officielle entre le Dalaï Lama et des officiels de tout pays quelconque. Nous espérons qu'ils respecteront les préoccupations de la Chine sans fournir aucune opportunité au Dalaï Lama de mener des activités séparatistes.

Q : Le commissaire européen Güenther Hermann Oettinger, de nationalité allemande, a tenu des propos discriminatoires envers les Chinois lors d'un forum d'entrepreneurs à Hambourg. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté les informations concernées et les critiques de plusieurs hommes politiques allemands à son encontre. Je pense que ces propos illustrent un profond sentiment de supériorité qui existe bizarrement depuis longtemps chez certains politiciens occidentaux. J'espère que ces gens-là apprendront à regarder de manière raisonnable et objective soi-même et autrui et à respecter et traiter les autres sur un pied d'égalité.

Q : Selon des sources d'information, le 31 octobre, trois mois après sa nomination, l'ancien Président philippin Fidel Ramos a démissionné de son poste d'envoyé spécial du Président Rodrigo Duterte pour la Chine. Quels sont vos commentaires là-dessus ? Estimez-vous que M. Fidel Ramos avait rempli sa mission ?

R : J'ai noté les informations concernées. La Chine apprécie le rôle que M. Fidel Ramos a joué dans l'amélioration des relations sino-philippines. L'amélioration et le développement des relations sino-philippines n'auraient pas été possibles sans la contribution constructive de nombreuses personnalités clairvoyantes des deux pays. La visite en Chine du Président Rodrigo Duterte marque une nouvelle étape franchie dans le développement des relations sino-philippines. Je suis convaincue que, grâce aux efforts conjugués de part et d'autre, les relations sino-philippines auront un avenir toujours plus radieux.

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