Conférence de presse du 4 novembre 2016 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2016/11/04

Q : L’Accord de Paris sur le changement climatique est entré officiellement en vigueur aujourd’hui. Quels sont vos commentaires là-dessus ? Qu’est-ce que la Chine a fait pour contribuer à son entrée en vigueur ?

R : En décembre 2015, la COP 21 a adopté l’Accord de Paris, qui a marqué un jalon dans l’histoire et permis de donner le cap et de fixer les objectifs pour la coopération internationale contre le changement climatique dans l’avenir. Moins d’un an après, avec son entrée en vigueur officielle, l’Accord de Paris est l’un des traités multilatéraux dont le processus de ratification est le plus rapide. Cet accord a permis d’enrichir et de développer le régime de gouvernance climatique mondiale basé sur la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Son entrée en vigueur marque un nouveau point de départ pour le processus multilatéral de gouvernance climatique mondiale et ouvrira une nouvelle phase de développement vert et bas-carbone dans le monde. La Chine exprime ses sincères félicitations pour son entrée en vigueur.

En tant que grand pays en développement responsable, la Chine a pris des actions concrètes pour lutter contre le changement climatique et participé activement à la gouvernance climatique mondiale, apportant une contribution importante à la conclusion et à l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris. Le 30 novembre 2015, le Président Xi Jinping a participé à la cérémonie d’ouverture de la COP 21 et y a prononcé une allocution, permettant de donner une impulsion politique à la phase finale des négociations sur l’Accord de Paris. Le 22 avril dernier, le Vice-Premier Ministre Zhang Gaoli, Envoyé spécial du Président Xi Jinping, a signé l’Accord de Paris en tant que représentant de la Chine au siège des Nations Unies, à New York. Le 3 septembre, à la veille du Sommet du G20 à Hangzhou, le Président Xi Jinping a remis au Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon l’instrument de ratification de l’Accord de Paris, donnant une forte impulsion à son entrée en vigueur. La communauté internationale salue le rôle pionnier que joue la Chine dans ce processus.

La Chine entend continuer à renforcer la coopération avec la communauté internationale dans la lutte contre le changement climatique et travailler, conformément aux principes d’équité, de responsabilités communes mais différenciées et de capacités respectives, à promouvoir la mise en œuvre effective de l’Accord de Paris et à faire avancer les négociations de suivi pour contribuer à un développement vert, bas-carbone et durable dans le monde.

Q : Le commandant des forces américaines en République de Corée Vincent Brooks a dit le 4 novembre que le système antimissile THAAD serait mis en place en République de Corée d’ici huit à dix mois et serait plus important que le système actuellement déployé à Guam. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Le déploiement par les États-Unis du système antimissile THAAD en République de Corée porte gravement atteinte à l’équilibre stratégique dans la région ainsi qu’aux intérêts sécuritaires et stratégiques de la Chine et des autres pays concernés de la région, et va à l’encontre des efforts en faveur de la paix et de la stabilité dans la péninsule coréenne. Nous avons déjà exprimé à plusieurs reprises nos préoccupations sur cette question et notre ferme opposition. La Chine prendra avec détermination des mesures nécessaires pour défendre ses intérêts sécuritaires. Nous exhortons les parties concernées à prendre en compte les préoccupations légitimes de la Chine et à arrêter immédiatement le processus de déploiement.

Je tiens également à souligner que la situation actuelle dans la péninsule coréenne est très fragile, complexe et délicate. Nous espérons que les États-Unis et la République de Corée s’abstiendront de prendre des actes susceptibles de provoquer l’antagonisme et d’attiser encore la tension et agiront davantage en faveur de la paix et de la stabilité dans la péninsule.

Q : Le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la République de Corée a dit que l’usage de la force par la partie coréenne dans l’application de la loi était notamment dû à l’opération illégale des bateaux de pêche chinois. Comment y répondez-vous ?

R : Concernant le recours à la force par les gardes-côtes de la République de Corée dans l’application de la loi, un responsable du Département des Affaires consulaires du Ministère chinois des Affaires étrangères a déjà convoqué hier après-midi le Ministre de l’Ambassade de la République de Corée en Chine pour faire des représentations et réaffirmer la position de la Chine.

La position de la Chine est claire et constante sur l’utilisation d’armes à feu par la République de Corée dans l’application de la loi. Nous nous opposons fermement à tout moyen excessif susceptible de menacer la sécurité des personnes. L’opération illégale des pêcheurs chinois ne doit pas être considérée comme un prétexte pour l’utilisation d’armes à feu par les gardes-côtes ou les autres autorités publiques de la République de Corée.

Je tiens à souligner que la question de la pêche entre la Chine et la République de Corée existe depuis longtemps et ne peut pas se régler du jour au lendemain. Il faut du temps et de la sagesse. La Chine a toujours pris des mesures efficaces pour renforcer l’éducation des pêcheurs et l’encadrement des bateaux de pêche et y a déployé beaucoup d’efforts. Cette année, le nombre des bateaux de pêche chinois impliquées dans les opérations illégales a considérablement baissé par rapport à l’année dernière. Nous espérons que la République de Corée pourra travailler dans le même sens que nous, voir et traiter les questions concernées dans leur évolution avec une vision pertinente et de long terme, faire preuve de sang-froid et de retenue dans l’application de la loi et garantir la sécurité des pêcheurs chinois et de leurs biens, de façon à préserver l’intérêt général des relations bilatérales par des actions concrètes.

Q  : Le Président de la Chambre des Communes du Royaume-Uni John Bercow a rencontré récemment Lobsang Sangay et lui a réservé un bon accueil. Comment y répondez-vous ? Est-ce que cela affecte les relations actuelles entre la Chine et le Royaume-Uni ?

R : Le dirigeant de la Chambre des Communes du Royaume-Uni a agi à sa guise au mépris de la ferme opposition de la partie chinoise et de l’engagement pris par le gouvernement britannique sur la question liée au Tibet, ce qui a porté gravement atteinte aux intérêts vitaux de la Chine. Nous exprimons notre vif mécontentement et notre ferme opposition à cet égard.

Comme vous le savez, le soi-disant « gouvernement tibétain en exil » a été créé à l’étranger par une petite poignée de séparatistes après l’échec de leur rébellion armée en 1959. Il est tout à fait illégal et n’a jamais été reconnu par aucun pays dans le monde. Le gouvernement chinois s’oppose fermement à ce que Lobsang Sangay et les autres chefs du groupe du Dalaï-Lama se livrent à des activités séparatistes dans d’importe quel pays à quelque titre que ce soit, ainsi qu’à ce que les officiels de tout pays les contactent sous quelque forme que ce soit. Nous exhortons la partie britannique et les personnes concernées à honorer l’engagement pris sur la question liée au Tibet, à changer d’attitude et à éliminer les impacts négatifs, et ce pour ne pas perturber et saboter les relations sino-britanniques.

Q : La Chine et la Russie avaient tenté d’empêcher les Nations Unies de saluer un rapport d’enquête sur la MINUSS, selon lequel les Casques bleus au Soudan du Sud auraient réagi de manière chaotique et inefficace aux violences. Pourquoi la Chine l’a fait ainsi ?

R : Nous avons pris note du résumé du rapport sur la MINUSS publié par le Secrétariat des Nations Unies. Ce rapport comprend des accusations infondées sur la performance des personnels et des troupes de la MINUSS. Nous regrettons les répercussions négatives du rapport sur la cause du maintien de la paix, et estimons que les Nations Unies doivent travailler de manière constructive et responsable à renforcer la communication et la coordination avec les pays d’accueil et les pays contributeurs en troupe et en financement pour améliorer les opérations de maintien de la paix ensemble avec la communauté internationale. S’agissant du blocage par la Chine et la Russie du rapport que vous évoquiez, je pense que ce n’est pas juste de le dire.

Je tiens à rappeler que lors du conflit en juillet dernier au Soudan du Sud, deux soldats chinois ont sacrifié leur vie pour la mission du maintien de la paix. Les troupes chinoises de maintien de la paix ont rempli avec détermination leurs missions sous le commandement de la MINUSS et sont toujours restées à leurs postes en bravant le danger pour empêcher par tous les moyens l’escalade du conflit et protéger effectivement des dizaines de milliers de civils, y compris des agents onusiens. Nous espérons que les Nations Unies pourront travailler ensemble avec les États membres pour discuter des moyens permettant d’améliorer de manière systématique le système de maintien de la paix, d’accroître la capacité de réagir aux situations complexes et de renforcer sur tous les plans la protection de la sécurité des Casques bleus.

Après la conférence de presse, un journaliste a posé une question : La République de Corée a rendu public le résultat de l’enquête sur la mort de trois pêcheurs chinois dans un incendie sur le bateau de pêche chinois. Comment y répondez-vous ?

R : Nous n’acceptons pas la conclusion rendue par la République de Corée à l’issue d’une enquête unilatérale sans participation de la Chine. La partie chinoise a des liens substantiels avec cette affaire qui implique des citoyens et des bateaux chinois. En tant que pays du pavillon et conformément aux usages internationaux, la Chine a le droit de participer à l’enquête. Nous exhortons une fois encore la République de Corée à engager avec la Chine une enquête conjointe globale, objective, impartiale et professionnelle, et à donner rapidement des indemnités raisonnables aux familles des victimes et à leur prêter activement concours dans le règlement de toutes les questions relatives à l’incident dans l’esprit de responsabilité et d’humanité.

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