Conférence de presse du 10 novembre 2016 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2016/11/10

Q : Le résultat final de l’élection présidentielle américaine n’était pas encore connu lors de la conférence de presse d’hier. Maintenant que Donald Trump a gagné l’élection, le gouvernement chinois a-t-il plus de commentaires là-dessus ?

R : Le résultat final de l’élection présidentielle américaine n’était pas encore connu quand j’étais ici hier. Comme vous l’auriez noté, après l’annonce du résultat, le Président Xi Jinping a envoyé hier un message de félicitations au nouveau président élu Donald Trump.

Dans son message, le Président Xi Jinping a indiqué qu’en tant que le plus grand pays en développement et le plus grand pays développé et les deux économies les plus importantes dans le monde, la Chine et les États-Unis assumaient des responsabilités importantes et particulières et partageaient de vastes intérêts communs dans la préservation de la paix et de la stabilité et la promotion du développement et de la prospérité dans le monde, et que développer une relation saine, stable et durable entre les deux pays répondait aux intérêts fondamentaux des deux peuples et aux attentes de l’ensemble de la communauté internationale.

Le Président Xi Jinping a souligné que la Chine attachait une haute importance à ses relations avec les États-Unis et entendait travailler ensemble avec la partie américaine, conformément aux principes du non-conflit et de la non-confrontation, du respect mutuel et de la coopération gagnant-gagnant, à élargir la coopération dans tous les domaines sur les plans bilatéral, régional et international, à gérer les divergences de manière constructive et à faire progresser encore davantage les relations sino-américaines sur un nouveau point de départ au plus grand bénéfice des deux peuples et des autres peuples du monde.

Q : Donald Trump avait critiqué la Chine et dit qu’il imposerait un tarif douanier de 45% sur les importations chinoises. Quels sont vos commentaires sur les propos qu’avait tenus le nouveau président américain ?

R : La coopération économique et commerciale entre la Chine et les États-Unis joue un rôle de propulseur et de stabilisateur dans leurs relations bilatérales. Tout comme je l’ai dit hier, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays est passé de 2,5 milliards de dollars US par an dans les années 1970 à plus de 550 milliards l’année dernière. Cette forte augmentation n’aurait pas été possible si ces échanges commerciaux n’avaient pas bénéficié réellement aux deux peuples. La coopération économique et commerciale sino-américaine est au fond mutuellement bénéfique et gagnant-gagnant. Il est dans l’intérêt de chacun des deux pays si les États-Unis voient leurs relations économiques et commerciales avec la Chine de manière objective et raisonnable et travaillent ensemble avec la Chine à en préserver un développement sain, stable et soutenu. Je suis convaincu que tout homme politique américain, s’il garde à l’esprit les intérêts de son peuple, prendra une politique favorable à la coopération économique et commerciale entre la Chine et les États-Unis.

Q : Si le président élu Donald Trump impose des tarifs élevés sur les produits chinois, quels en seront les impacts sur les relations sino-américaines ?

R : Je ne réponds pas aux hypothèses. Comme je viens de le dire, nous sommes convaincus que tout homme politique américain prendra des politiques en gardant à l’esprit les intérêts directs de son peuple.

Q : Le Vice-Ministre chinois de la Sécurité publique Meng Hongwei a été élu Président d’Interpol à une large majorité lors de la 85e Assemblée générale de l’organisation tenue aujourd’hui à Bali, en Indonésie. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous adressons toutes nos félicitations au Vice-Ministre de la Sécurité publique Meng Hongwei pour son élection à la présidence d’Interpol à une grande majorité lors de sa 85e Assemblée générale.

Depuis des années, la Chine développe une coopération excellente et fructueuse avec Interpol et ses États membres dans les domaines de l’application de la loi et de la sécurité. Nous accordons une haute importance au rôle majeur que joue Interpol et entend assumer plus de responsabilités et apporter une plus grande contribution dans la coopération internationale en matière d’application de la loi et de sécurité.

La décision de la Chine de déposer la candidature à la présidence d’Interpol a bénéficié d’une réponse favorable de l’ensemble de ses États membres. Nous en sommes reconnaissants. La Chine continuera à soutenir pleinement les actions d’Interpol, à approfondir sans cesse la collaboration mutuellement bénéfique avec les autres pays membres dans la lutte contre la criminalité transnationale et à construire ensemble avec eux un environnement sûr et propice au développement et à la prospérité de tous les pays du monde.

Q : Le 9 novembre, la Commission européenne a présenté au Parlement européen et au Conseil de l’UE une proposition relative à la modification de la législation antidumping de l’UE pour s’acquitter des obligations selon l’article 15 du Protocole d’accession de la Chine à l’OMC. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté avec préoccupation ces informations.

La position de la Chine sur la question du respect de l’article 15 est claire et constante : la pratique de « pays de substitution » dans les enquêtes antidumping doit prendre fin à l’issue de la période transitoire de 15 ans, car il s’agit d’une obligation à observer par les États membres de l’OMC en vertu des traités internationaux.

Nous reconnaissons que la proposition de la Commission européenne d’annuler la liste des « pays n’ayant pas une économie de marché » montre la volonté de l’UE de s’acquitter des obligations prévues dans l’article 15. Mais, nous regrettons que la nouvelle méthode qui remplace la notion et les critères de l’« économie non marchande » par ceux des soi-disant « distorsions du marché », proposée par la Commission européenne, ne permette pas de supprimer définitivement la pratique de « pays de substitution », et qu’elle ne soit qu’une forme déguisée. Cela n’est pas une application intégrale de l’article 15 et va à l’encontre des règles de l’OMC.

Je tiens à souligner la position de principe de la Chine en trois points. Premièrement, s’acquitter des obligations internationales respectives, assurer une entrée en vigueur totale de la sunset clause de l’article 15 et mettre fin à la pratique de « pays de substitution » sous toutes ses formes. Deuxièmement, adopter de manière pertinente et juste de nouvelles normes et méthodes équitables, raisonnables et transparentes pour éviter de nouvelles formes de discrimination. Troisièmement, utiliser les méthodes antidumping générales en stricte conformité avec les règles de l’OMC et cesser l’approche de « pays de substitution » sous quelque forme que ce soit après son expiration. Je tiens aussi à souligner que la Chine se réserve le droit de recourir à tous les moyens nécessaires pour défendre fermement ses droits et intérêts légitimes.

L’UE est un membre clé de l’OMC et plaide depuis toujours pour la préservation du système commercial multilatéral et la promotion de la libéralisation du commerce international. Nous espérons que l’UE pourra honorer ses engagements, s’acquitter de ses obligations de façon entière et complète dans le délai prévu, défendre l’ordre du commerce international et préserver l’intérêt général des relations économiques et commerciales sino-européennes.

Q : Le Premier Ministre indien Narendra Modi entame aujourd’hui une visite d’État au Japon. Les deux pays signeraient aujourd’hui ou demain un accord de vente d’avions amphibies japonais à l’Inde. La Chine en avait exprimé ses préoccupations. La coopération sécuritaire en Mer de Chine méridionale pourrait aussi être évoquée dans la déclaration conjointe. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous ne faisons pas de commentaires sur les conjectures. Nous avons noté que le Premier Ministre Narendra Modi entamait sa visite au Japon aujourd’hui. Concernant les questions que vous avez évoquées qui pourraient être abordées durant cette visite, comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, nous nous réjouissons de voir nos pays voisins développer des relations bilatérales normales et nous espérons qu’ils pourront également respecter les préoccupations légitimes des autres pays et des pays de la région en particulier et agir davantage en faveur de la paix et de la stabilité dans la région.

Q : Selon des médias japonais, des anciennes « femmes de réconfort » de la République de Corée, des Philippines, de l’Indonésie et du Timor-Leste ont déposé ensemble il y a quelques jours au Ministère japonais des Affaires étrangères une lettre adressée au Premier Ministre Shinzo Abe, réclamant des excuses publiques et des indemnisations légales de la part du gouvernement japonais. Dans la lettre, elles ont exprimé leur mécontentement vis-à-vis de l’accord conclu l’an dernier entre le Japon et la République de Corée sur la question des « femmes de réconfort », estimant qu’il existe des « différences de nationalités » et appelant le gouvernement japonais à se mettre à l’écoute des victimes et à mener des campagnes de sensibilisation à l’école et dans la société. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : J’ai noté ces informations. La position de la Chine sur cette question est claire et constante. L’enrôlement forcé des « femmes de réconfort » est un crime grave contre l’humanité commis par les militaristes japonais contre les peuples des pays victimes en Asie pendant la Seconde Guerre mondiale, qui leur a infligé d’indicibles souffrances. Les conséquences néfastes ne sont pas totalement effacées jusqu’à nos jours.

Nous estimons depuis toujours que le Japon doit regarder en face son passé d’agression, y réfléchir sérieusement et en tirer la leçon, traiter adéquatement les questions concernées avec une attitude responsable et regagner la confiance de ses pays voisins et de la communauté internationale par des actes concrets. Nous espérons aussi que le Japon pourra s’en tenir à une juste vision de l’histoire dans l’éducation pour que ses citoyens et notamment des générations futures aient une perception globale et objective de ce qui s’est passé, et ce pour éviter que la tragédie ne se reproduise jamais.

Q : Pourriez-vous nous dire les derniers développements du traité bilatéral d’investissement entre la Chine et les États-Unis ? L’élection de M. Donald Trump aura-t-elle des répercussions sur le processus ?

R : Dans la conjoncture économique mondiale actuelle, la conclusion d’un traité bilatéral d’investissement de haute qualité entre la Chine et les États-Unis est dans l’intérêt de chacun des deux pays et donnera une forte impulsion à l’économie mondiale. Pour parvenir à un tel traité, il faut certainement tenir pleinement compte des réalités en Chine comme aux États-Unis. Je peux vous dire que pour l’instant, les négociations progressent continuellement.

Quant à l’avenir de ce traité après la formation de la nouvelle administration américaine, je crois que tout homme politique est prêt à conclure un traité qui répond aux besoins communs des entrepreneurs chinois et américains et permet d’apporter plus de bénéfices, plus d’emplois et une meilleure vie aux deux peuples.

Q : Durant toute sa campagne présidentielle, M. Donald Trump tenait des propos négatifs sur la Chine. Comment la Chine fera-t-elle pour développer une relation positive avec les États-Unis ?

R : Ce que vous avez dit n’est pas fondé. Nous avons noté que la plupart des propos que M. Donald Trump a tenus durant sa campagne étaient sur les politiques intérieures des États-Unis. Concernant la politique extérieure, je ne sais pas si les autres sont d’accord avec vous, mais moi, je ne pense pas que tous ses propos sur la Chine soient négatifs.

Q : Après l’annonce du résultat de l’élection présidentielle aux États-Unis, y-a-il eu des réunions spécifiques en Chine pour étudier comment développer des relations avec la nouvelle administration américaine ?

R : M. Donald Trump a été élu président des États-Unis hier. Tout comme les autres pays, nous suivrons les politiques que prendra la nouvelle administration américaine sous la direction de M. Donald Trump dans de différents domaines. À ce stade, je peux vous dire les principes. Tout comme je l’ai dit hier, le développement des relations sino-américaines a apporté des bénéfices tangibles aux deux peuples et aux autres peuples du monde et une contribution réelle à la paix, à la stabilité, à la prospérité et au développement dans le monde. La Chine entend travailler ensemble avec la nouvelle administration américaine à approfondir la coopération bilatérale conformément aux principes du non-conflit et de la non-confrontation, du respect mutuel et de la coopération gagnant-gagnant. S’il existe des divergences entre nos deux grands pays, nous entendons les gérer de façon adéquate de sorte à faire bénéficier davantage notre coopération aux deux peuples et à la communauté internationale.

Q : Pensez-vous que la nouvelle administration américaine prendra une politique différente sur certaines questions divergentes dans le domaine diplomatique telles que le système antimissiles THAAD et la Mer de Chine méridionale ?

R : Comme je viens de le dire, il faut voir quelle politique prendra la nouvelle administration américaine. J’ai noté que le porte-parole du Département d’État américain avait été interrogé sur la politique qu’adoptera le nouveau président Donald Trump. Il disait que ce serait à la nouvelle administration d’y répondre.

Q : La Chine envisage-t-elle d’inviter M. Donald Trump à venir effectuer une visite ?

R : Comme vous le savez, le maintien des échanges de haut niveau est très important pour le développement des relations entre la Chine et les États-Unis durant les quatre dernières décennies depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Nous considérons que poursuivre ces échanges est utile au développement des relations sino-américaines.

Suggest To A Friend
  Print