Conférence de presse du 12 décembre 2016 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2016/12/12

Sur l'invitation du Ministre des Affaires étrangères Wang Yi, le premier Vice-Premier Ministre de Serbie et Ministre serbe des Affaires étrangères Ivica Dacic effectuera une visite officielle en Chine du 14 au 18 décembre.

Durant cette visite, le Ministre Wang Yi s'entretiendra avec M. Dacic qui sera en sa première visite en Chine depuis sa prise de fonctions. Nous sommes convaincus que cette visite revêtira une signification majeure pour la mise en œuvre des consensus importants dégagés par les Chefs d'État des deux pays et le développement continu des échanges et de la coopération sino-serbes dans les différents domaines.

La Chine et la Serbie sont liées par une amitié à la fois ancienne et profonde. La Serbie est le premier pays d'Europe centrale et orientale (PECO) à avoir établi un partenariat global stratégique avec la Chine. Ces dernières années, les deux parties ont vu leurs échanges de haut niveau se multiplier, leur confiance politique mutuelle se consolider, leur coopération pragmatique donner des fruits abondants et leurs échanges socio-culturels et décentralisés s'intensifier. La Chine entend continuer à faire progresser les relations sino-serbes de façon saine et stable dans les cadres de la coopération Chine-PECO et de la construction de l'initiative « Ceinture et Route ».

Q : Selon nos informations, le Président élu américain Donald Trump aurait dit lors d'une interview du 11 décembre qu'il comprenait pleinement la politique d'une seule Chine, mais qu'il ne savait pas pourquoi les États-Unis devaient être liés par cette politique sauf s'il y a un accord américano-chinois sur le commerce et d'autres sujets. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté ces informations et nous exprimons nos grandes préoccupations à cet égard. Je tiens à souligner que la question de Taiwan met en jeu la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Chine et touche à nos intérêts fondamentaux. L'attachement au principe d'une seule Chine constitue la base politique du développement des relations sino-américaines. Si cette base est perturbée ou compromise, il n'est plus possible pour les deux pays d'assurer le développement sain et stable des relations bilatérales ni de coopérer dans les domaines importants. Nous exhortons donc la prochaine administration et les prochains dirigeants américains à prendre pleinement en conscience la haute sensibilité de la question de Taiwan, à continuer à s'en tenir à la politique d'une seule Chine et aux principes énoncés dans les trois communiqués conjoints sino-américains et à traiter prudemment et adéquatement les questions liées à Taiwan, pour éviter que l'intérêt général des relations sino-américaines ne soit gravement perturbé ou compromis.

Q : Selon certaines sources, le 10 décembre dernier, deux attaques à la bombe ont eu lieu aux abords du stade de football situé au centre d'Istanbul en Turquie. Et le 11 décembre dernier, une église du Caire, capitale égyptienne, a aussi été frappée par une attaque à la bombe. Ces deux attentats ont tous fait un lourd bilan humain. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : La Chine condamne fermement ces deux attentats et exprimes ses profondes condoléances aux familles des victimes et ses profondes sympathies aux blessés. La Chine s'oppose au terrorisme sous toutes ses formes et elle entend continuer à appuyer inébranlablement les efforts des pays concernés visant à défendre la sécurité et la stabilité nationales et à combattre le terrorisme.

Q : Lors d'une interview, M. Donald Trump a fait savoir que la conversation téléphonique qu'il a eue avec Tsai Ing-wen le 2 décembre dernier était très brève et que ce n'était d'ailleurs pas lui qui avait lancé l'appel. Il ne comprend pas pourquoi un autre pays peut lui dire de ne pas prendre cet appel, car pour lui, ne pas répondre aux appels était vraiment un acte impoli. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Sur l'entretien téléphonique entre le Président élu Donald Trump et Tsai Ing-wen, nous avons exprimé à maintes reprises notre position. Je tiens à réitérer que l'attachement au principe d'une seule Chine est la base politique du développement des relations sino-américaines. Si cette base est perturbée ou compromise, il n'y aura plus de possibilité pour les deux pays d'assurer le développement sain et stable des relations bilatérales.

Q : Vous venez d'exprimer le souhait de voir la nouvelle administration et les nouveaux dirigeants américains respecter le principe d'une seule Chine. Pourriez-vous nous dire plus concernant la question de savoir pourquoi faut-il respecter ce principe et quelles seront les conséquences en cas de non-respect ?

R : Je pense que j'ai été très clair là-dessus. L'attachement au principe d'une seule Chine est la base politique et la condition préalable au développement des relations sino-américaines. Si cette base politique et cette condition préalable est perturbée ou sabotée, il ne sera plus possible pour les deux pays d'assurer le développement sain et stable des relations bilatérales, ni de coopérer dans les domaines importants. Nous avons souligné à plusieurs reprises que les relations sino-américaines ont une portée mondiale et stratégique. De bonnes relations sino-américaines concernent non seulement le bien-être des peuples des deux pays, mais aussi profitent à la paix, à la stabilité, au développement et à la prospérité en Asie Pacifique et dans le monde.

Q : Hier, le Président philippin Rodrigo Duterte aurait déclaré qu'il allait accepter le nouvel accord conclu avec la Chine sur les armements. Pourriez-vous nous présenter le contenu de cet accord ? Et quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté les informations concernées. Avec l'amélioration des relations sino-philippines, la Chine est prête à relancer et à renforcer ses échanges et sa coopération avec les Philippines dans les différents domaines.

Q : Le 10 décembre était la 68e « Journée mondiale des droits de l'homme ». Comment la Chine voit-elle la promotion de la cause internationale des droits de l'homme ? Dans le même temps, nous avons remarqué qu'il y a encore certains pays occidentaux qui critiquent la situation des droits de l'homme en Chine. Comment y réagissez-vous ?

R : La promotion et la protection des droits de l'homme sont un idéal et une aspiration partagés de toute l'humanité. La « Journée mondiale des droits de l'homme », qui aurait dû être une opportunité pour la communauté internationale de renforcer la protection des droits de l'homme, de promouvoir les échanges sur les droits de l'homme et de faire progresser de manière saine la cause internationale des droits de l'homme, a été prise comme prétexte par quelques pays pour critiquer d'autres pays, s'ingérer dans les affaires intérieures d'autrui et politiser les questions des droits de l'homme. Nous exprimons notre mécontentement et opposition à ces actes des pays concernés.

Il n'existe pas une voie de développement des droits de l'homme qui s'adapte à tous les pays du monde. Les différents pays doivent promouvoir leur cause des droits de l'homme selon leurs réalités nationales et les besoins de leur peuple.

Depuis de longues années, la Chine a réalisé des progrès remarquables qui sont d'ailleurs largement reconnus par la communauté internationale dans le domaine du développement et de la protection des droits de l'homme. Sur la base du respect des buts et principes de la Charte des Nations Unies et des normes fondamentales régissant les relations internationales, nous sommes prêts à engager des dialogues et la coopération d'égal à égal avec les différents pays sur la question des droits de l'homme, afin de promouvoir ensemble la cause des droits de l'homme.

La presque totalité des cas mentionnés dans les déclarations des pays en question concernent tous des personnes qui ont violé ou qui sont soupçonnées d'avoir violé la loi chinoise. La Chine est un État de droit et les autorités judiciaires traitent les cas selon la loi. Nous nous opposons fermement à l'ingérence des pays concernés dans la souveraineté judiciaire chinoise.

Q : Dans son discours prononcé à un forum des Think Tanks, le Secrétaire indien aux Affaires étrangère Subrahmanyam Jaishankar aurait dit que la Chine et l'Inde devraient se témoigner mutuellement respect vis-à-vis des aspirations légitimes de part et d'autre, et que la Chine ne devrait pas politiser les efforts de l'Inde visant à acquérir des technologies nucléaires civiles. Il faisait en fait allusion à l'opposition chinoise à l'adhésion de l'Inde au Groupe des fournisseurs nucléaires (GFN). Il a aussi mentionné la question de la coopération entre les deux pays contre le terrorisme fondamentaliste et s'est dit déçu du fait que les deux pays ne pouvaient pas renforcer la coopération sur cette question majeure. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Ces dernières années, grâce aux efforts conjugués de part et d'autre, le partenariat de coopération stratégique entre les deux pays a connu un développement tous azimuts et les deux pays s'avancent désormais vers l'objectif de la construction d'un partenariat de développement plus étroit. Il est normal qu'il y ait des problèmes ou des divergences entre la Chine et l'Inde, deux grands pays voisins, mais l'amitié et la coopération constituent le courant principal des relations sino-indiennes tandis que les problèmes et les divergences sont secondaires. Les deux parties restent toujours en concertation sur les questions concernées. La Chine est prête à travailler ensemble avec la partie indienne pour, conformément aux consensus obtenus par les dirigeants des deux pays, élargir sans cesse la coopération mutuellement bénéfique et gérer adéquatement les divergences afin d'assurer le développement régulier et stable des relations sino-indiennes.

En ce qui concerne la demande d'adhésion de l'Inde au GFN et la question de l'inscription sur la liste du Comité du Conseil de Sécurité créé par la résolution 1267, la position de la Chine est très claire et elle reste inchangée.

Q : Selon des médias russes, la Chine, le Pakistan et la Russie tiendront le 27 décembre à Moscou une consultation tripartite sur la question afghane. Pourriez-vous le confirmer et nous donner plus de détails ?

R : Je ne dispose pas d'information pour le moment et je pourrais me renseigner pour vous. Sur la question afghane, la Chine demeure en contact avec les parties concernées y compris la Russie et le Pakistan.

Q : Pourriez-vous préciser les conséquences du non-respect par la partie américaine du principe d'une seule Chine ? Comme par exemple, si M. Donald Trump insiste à tenir un dialogue en tête-à-tête avec la dirigeante de Taiwan Tsai Ing-wen et continue à faire des déclarations similaires ?

R : Sur la question de Taiwan, nous avons affirmé à plusieurs reprises notre position. S'en tenir à la politique d'une seule Chine et aux principes énoncés dans les trois communiqués conjoints sino-américains, tel est un engagement pris par la partie américaine. Nous espérons que la partie américaine pourra tenir cet engagement. Le respect scrupuleux de cet engagement et la gestion adéquate de la question de Taiwan constituent un préalable au développement stable et sain des relations sino-américaines. Si ce préalable est perturbé ou compromis, alors le développement stable et sain des relations sino-américaines sera certainement affecté.

Q : Selon nos informations, après l'entretien téléphonique entre Donald Trump et Tsai Ing-wen, l'Armé populaire de Libération a envoyé un bombardier au-dessus de la Mer de Chine méridionale. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Je vous conseille de vous renseigner auprès des services concernés.

La souveraineté chinoise sur les Nanhai Zhudao et les eaux adjacentes est incontestable. Les activités normales menées par la Chine dans le cadre de sa souveraineté sont irréprochables.

Q : Le Congrès américain se prépare à reconnaître l'Inde comme un partenaire de défense important pour les États-Unis. Quels sont vos réactions là-dessus ?

R : Les États-Unis et l'Inde sont tous deux grands pays importants. Nous nous réjouissons de voir les pays développer des relations de coopération bilatérale normale, et nous espérons que cette coopération pourra contribuer à la paix, à la stabilité, au développement et à la prospérité dans la région.

Q : Selon certains médias, la dirigeante de Taiwan compterait effectuer une « visite » aux États-Unis. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté ces informations. La partie américaine connaît bien la position de la Chine sur la question de Taiwan, et nous espérons que les parties concernées pourront traiter adéquatement la question de Taiwan.

Q : Le Ministère chinois de la Défense a déclaré samedi dernier que la partie japonaise avait perturbé le passage des avions militaires chinois du détroit de Miyako. Pourtant, ces accusations ont été niées hier par la partie japonaise. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Concernant la situation dont vous parlez, le porte-parole du Ministère de la Défense a déjà fait, le jour même, une déclaration que je ne répète pas ici.

La Chine exhorte le Japon à garder à l'esprit l'intérêt général de la stabilité régionale et des relations sino-japonaises et à prendre des mesures effectives et efficaces pour éviter des problèmes de sécurité maritime et aérienne.

Q : Selon nos informations, le Conseiller d'État Yang Jiechi a rencontré M. Michael Flynn, membre important de l'équipe de transition de M. Donald Trump. Quel est le message qu'il a fait passer à l'équipe de M. Donald Trump ?

R : Récemment, le Conseiller d'État Yang Jiechi, en transit à New York pour sa visite en Amérique latine, a rencontré les conseillers du Président américain élu dont le prochain Conseiller à la Sécurité nationale M. Michael Flynn. Les deux parties ont échangé sur les relations sino-américaines et les questions majeures d'intérêt commun.

Q : Le Président russe Vladimir Poutine effectuera une visite officielle au Japon le 16 décembre. Comment la Chine voit-elle cette visite et les relations russo-japonaises ?

R : La Russie et le Japon sont tous deux grands pays importants. Nous nous réjouissons du développement des relations bilatérales normales entre les différents pays, et nous espérons que ces relations contribueront à la paix, à la stabilité, au développement et à la prospérité dans la région.

Q (posée à l'issue de la conférence de presse) : Selon certains médias, le Conseiller d'État Yang Jiechi a rencontré récemment à New York le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Pourriez-vous nous donner plus d'informations ?

R : En transit à New York pour sa visite en Amérique latine, le Conseiller d'État Yang Jiechi a rencontré le Secrétaire général de l'ONU M. Ban Ki-moon. Les deux parties ont échangé sur la coopération entre la Chine et l'ONU.

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