Conférence de presse du 20 décembre 2016 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2016/12/20

Q : Selon le Ministre norvégien des Affaires étrangères Børge Brende, la normalisation des relations entre la Chine et la Norvège est le résultat de durs efforts diplomatiques de longue haleine déployés par les deux parties à différents niveaux en vue du rétablissement de la confiance mutuelle. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : J'aimerais souligner une fois encore que la remise du prix Nobel de la paix de 2010 et les événements y relatifs sont à l'origine de la détérioration des relations entre la Chine et la Norvège. La partie norvégienne a mené un examen de conscience approfondi là-dessus et a pris pleinement conscience de la position et des préoccupations de la Chine. Dans la déclaration conjointe publiée par le gouvernement chinois et le gouvernement norvégien, la partie norvégienne a fait un engagement clair et important sur les questions touchant aux intérêts vitaux et aux préoccupations majeures de la Chine, affirmé son plein respect de la voie de développement et du système social de la Chine, réitéré son attachement à la politique d'une seule Chine, et réaffirmé qu'elle respectait pleinement la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Chine et qu'elle ne soutenait pas les actes compromettant les intérêts vitaux et les préoccupations majeures de la Chine. Nous avons la confiance que la partie norvégienne honorera scrupuleusement son engagement et fera exactement ce qu'elle dit pour bien préserver la base et la condition préalable à la reprise des relations sino-norvégiennes.

Q : La Chine et la Norvège ont interrompu leurs échanges depuis 2010. Hier, elles ont annoncé la reprise globale de leurs relations bilatérales. Quels sont vos commentaires sur ce moment choisi pour cette reprise ? Y a-t-il des raisons spécifiques qui ont poussé les deux pays à l'annoncer en cette date ? Pourquoi a-t-on dû attendre six ans avant de prendre cette décision ?

R : Après la détérioration des relations entre la Chine et la Norvège en 2010, les deux parties ont eu de nombreux dialogues approfondis. La partie norvégienne a mené un examen de conscience approfondi sur les causes de la dégradation de la confiance mutuelle avec la Chine, est parvenue à d'importants consensus avec la partie chinoise sur les leçons à tirer et le rétablissement de la confiance réciproque, et a fait un engagement clair et important sur les questions touchant aux intérêts vitaux et aux préoccupations majeures de la Chine, créant ainsi des conditions nécessaires à la normalisation des relations bilatérales. Dans ce contexte-là, la visite en Chine du Ministre norvégien des Affaires étrangères Børge Brende et la publication par les deux parties de la déclaration conjointe sur la normalisation des relations bilatérales sont bien logiques et correspondent aux intérêts communs des deux parties. J'ai noté que les différents milieux de la société norvégienne ont salué cette normalisation, estimant que cela est dans l'intérêt de la Norvège comme de la Chine.

Q : La Chine a rendu le drone sous-marin à la partie américaine. Où a eu lieu exactement la remise ? La Chine l'a fait de manière ostentatoire ou avec discrétion ? La Chine a-t-elle démonté et étudié ce drone avant de le rendre ?

R : Je vois que vous êtes vraiment très intéressé par cette affaire. Cependant, j'aimerais d'abord vous rappeler qu'hier le porte-parole du Département d'État américain John Kirby a réitéré plusieurs fois qu'il ne s'agissait pas d'un drone, mais d'un véhicule sous-marin sans pilote (UUV).

D'après l'information publiée ce midi par le Bureau de l'Information du Ministère de la Défense nationale, comme convenu entre les deux parties par des consultations amicales, la restitution a eu lieu sans à-coup le 20 décembre, c'est-à-dire aujourd'hui, à midi, dans les eaux concernées de la Mer de Chine méridionale. Je ne suis pas au courant des détails y relatifs. Si vous y êtes intéressé, veuillez vous renseigner directement auprès du Bureau de l'Information du Ministère de la Défense nationale.

Q : Dans la soirée du 19 décembre, l'Ambassadeur de Russie en Turquie Andreï Karlov a été tué par balles à Ankara. Qualifiant cet incident d'acte terroriste, la Russie a exprimé sa détermination à combattre le terrorisme jusqu'au bout. Plusieurs pays ont condamné cet assassinat. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : La Chine est profondément choquée et attristée par l'assassinat de l'Ambassadeur de Russie en Turquie. C'est un acte terroriste barbare qui porte gravement atteinte à la sécurité des agents diplomatiques, et nous le condamnons vivement. Nous exprimons nos profondes condoléances pour la disparition tragique de l'Ambassadeur Andreï Karlov ainsi que nos sentiments de sympathie sincères à sa famille, au gouvernement et au peuple russes.

J'aimerais réitérer ici notre ferme opposition au terrorisme sous toutes ses formes, notre soutien inébranlable aux efforts et aux actions de la Russie et de la Turquie pour combattre fermement le terrorisme, et notre volonté de travailler ensemble avec la communauté internationale à renforcer la coopération antiterroriste.

Q : Des reportages laissent entendre que l'auteur de l'assassinat aurait voulu, en tuant l'Ambassadeur de Russie en Turquie, exprimer son mécontentement vis-à-vis du rôle de la Russie dans le dossier syrien. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Tout d'abord, je tiens à souligner que la Chine s'oppose fermement à toute activité terroriste sous quelque prétexte que ce soit.

Sur le dossier syrien, nous suivons depuis toujours l'évolution de la situation en Syrie, et nous exprimons notre profonde sympathie au peuple syrien qui souffre de la guerre. La communauté internationale doit adopter des approches intégrées pour trouver au plus tôt une solution globale, juste et adéquate à la question syrienne. Dans les circonstances actuelles qui sont complexes et sensibles, il faut surtout s'en tenir fermement au cap du règlement politique, faire avancer en parallèle le travail dans les quatre domaines que sont la relance du cessez-le-feu, les négociations de paix politiques, la coopération antiterroriste et le secours humanitaire, faire valoir le rôle de l'ONU en tant que canal principal de médiation, et relancer au plus tôt le dialogue politique. La Chine, fidèle à sa position objective et impartiale, entend continuer à travailler avec la communauté internationale à promouvoir le règlement politique de la question syrienne le plus tôt possible.

Q : Avec la normalisation des relations bilatérales, la Chine et la Norvège vont-elles reprendre immédiatement leur coopération dans les domaines économique, commercial et autres ? Vont-elles relancer les négociations sur un traité bilatéral de libre-échange ?

R : Le rétablissement de la confiance politique mutuelle ainsi que la reprise et le renforcement de la coopération pragmatique dans différents domaines correspondent aux intérêts communs de la Chine et de la Norvège, et répondent aux attentes communes des personnalités des différents milieux qui suivent de près le développement des relations sino-norvégiennes et qui œuvrent à la coopération mutuellement avantageuse entre les deux pays. La Chine et la Norvège sont convenues de profiter de l'occasion offerte par la normalisation de leurs relations pour faire progresser activement la coopération pragmatique dans différents domaines sur un nouveau point de départ afin de réaliser des bénéfices réciproques et le gagnant-gagnant à un niveau plus élevé dans l'intérêt des deux pays et des deux peuples. Les deux parties sont convenues d'entamer des négociations sur la conclusion d'un accord bilatéral de libre-échange pour émettre ensemble un signal clair en faveur de la libéralisation et de la facilitation du commerce et de l'investissement.

Q : Hier, un camion a foncé dans un marché de Noël à Berlin, causant de nombreux morts et blessés. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons vu ces informations et noté que la partie allemande menait une enquête là-dessus. Profondément choqués par ce qui s'est passé cette nuit à Berlin, où un camion a foncé dans un marché de Noël, nous exprimons nos profondes condoléances pour les victimes de cet incident et nos sentiments de sympathie sincères à leurs familles et aux blessés.

La Chine suit de très près l'évolution de l'enquête. Le Ministère des Affaires étrangères de Chine et l'Ambassade de Chine en Allemagne ont déclenché immédiatement le mécanisme d'urgence après l'incident, lançant des alertes et cherchant à vérifier par tous les moyens s'il y a des ressortissants chinois parmi les morts ou blessés.

Q : Hier, la Chine et la Norvège ont-elles discuté de la visite en Chine de la Première Ministre norvégienne au printemps prochain ? Les préparatifs sont-ils en cours ? Pensez-vous que cette visite aura lieu et si oui, ce sera quand ?

R : Grâce aux efforts conjoints des deux parties, la Chine et la Norvège sont parvenues à d'importants consensus sur le rétablissement de la confiance politique mutuelle et la normalisation des relations bilatérales. Nous sommes prêts à travailler avec la partie norvégienne à assurer le développement sain, régulier et durable des relations bilatérales sur la base du respect mutuel et du traitement d'égal à égal et en prenant pleinement en compte les intérêts vitaux et les préoccupations majeures de part et d'autre.

Quant à la question que vous avez posée, nous entendons rester en communication avec la partie norvégienne là-dessus.

Q : Nous constatons que ces deux derniers jours, des attaques terroristes se sont succédé en Jordanie, en Suisse et ailleurs dans le monde. Comment voyez-vous la situation actuelle de la lutte antiterroriste et la coopération internationale en la matière ?

R : En effet, ces derniers jours, notre monde est loin d'être tranquille et des attentats terroristes meurtriers se sont succédé. Cela démontre pleinement que le terrorisme est un ennemi commun de l'humanité. À l'heure actuelle, les forces extrémistes et terroristes font ravage et la situation antiterroriste à l'échelle mondiale est complexe et grave. La lutte contre toute forme d'acte terroriste violent doit devenir une responsabilité commune et une priorité des pays de la région et de la communauté internationale.

La Chine s'oppose à tout acte terroriste et soutient les efforts de la communauté internationale pour lutter contre le terrorisme. À notre avis, dans le renforcement de la coopération antiterroriste internationale, il faut, en premier lieu, rejeter l'approche « deux poids deux mesures », et faire jouer pleinement le rôle leader de l'ONU dans la lutte internationale contre le terrorisme pour créer une synergie ; en deuxième lieu, il convient de régler adéquatement les points chauds régionaux afin d'endiguer la propagation du terrorisme ; en dernier lieu, il faut viser le long terme et s'attaquer à la fois aux symptômes et aux racines du terrorisme en adoptant une approche intégrée associant les moyens politiques, économiques, culturels et diplomatiques.

Q : Premièrement, le groupe d'enquête sur le vol MH370 a proposé d'étendre le périmètre de recherche, mais la partie australienne n'y a pas répondu favorablement. Quels sont vos commentaires là-dessus ? Deuxièmement, selon les Nations Unies, les conflits armés dans le nord du Myanmar des dernières semaines ont causé un afflux des frontaliers du Myanmar vers le territoire chinois. Pourriez-vous le confirmer ?

R : Concernant la première question, veuillez vous renseigner auprès des autorités compétentes pour les informations relatives à la recherche du vol MH370. J'aimerais souligner que depuis la disparition de l'avion, le gouvernement chinois a accordé une grande importance à l'incident et participé activement au travail concerné. Nous continuerons de rester en étroite communication et collaboration avec les parties malaisienne et australienne pour les assister dans les démarches concernées.

Sur votre deuxième question, je ne dispose pas d'information spécifique et j'ai besoin de vérifier auprès des services concernés. Toutefois, je tiens à souligner que les conflits dans le nord du Myanmar mettent en jeu directement la sécurité et la stabilité de la région frontalière entre la Chine et le Myanmar. Nous appelons les parties au conflit à régler les questions par le dialogue et les consultations, et à travailler avec la Chine à préserver ensemble la paix et la tranquillité des régions frontalières et à assurer la sécurité des vies et des biens dans ces régions.

Q : À propos de l'assassinat de l'Ambassadeur russe en Turquie, son auteur semble vouloir se venger de la Russie pour ses actions en Syrie. Craignez-vous que la Chine ne devienne une cible d'attaque pour les terroristes, vu qu'elle soutient toujours la Russie au sein des Nations Unies sur le dossier syrien ? Allez-vous renforcer les mesures de sécurité des missions diplomatique et consulaires chinoises en Turquie, et publier des alertes aux voyageurs chinois en Turquie ?

R : Je réponds d'abord à votre deuxième question. Le gouvernement chinois accorde depuis toujours une grande importance à la sécurité des ressortissants chinois, y compris des agents diplomatiques, à l'étranger. Concernant les régions présentant des dangers potentiels ou des risques, nous publions en temps opportun des notices de sécurité en demandant aux ressortissants chinois sur place de redoubler de vigilance, et nous prenons aussi des mesures nécessaires pour protéger les ressortissants et les établissements chinois à l'étranger.

Quant à votre première question, elle concerne la position de la Chine sur le dossier syrien. Sur les points chauds régionaux comme celui-ci, la Chine adopte depuis toujours une attitude objective et impartiale, et elle apporte son appréciation et élabore ses politiques sur la base des faits. La position impartiale et objective de la Chine sur ces questions et les efforts actifs et constructifs qu'elle y déploie contribuent au règlement des points chauds régionaux et jouent un rôle constructif et important dans la promotion de la paix et de la stabilité dans le monde.

Concernant le soutien qu'apporte la Chine à la Russie, vous savez que les deux pays entretiennent un partenariat global de coordination stratégique qui fonctionne à un niveau élevé. Nous avons la conviction que le renforcement des consultations et de la coordination stratégiques entre la Chine et la Russie sur les questions internationales et régionales majeures constitue une énergie positive pour la promotion de la paix et de la stabilité dans la région, et nous continuerons de maintenir une étroite communication avec la Russie sur les affaires internationales et régionales de manière à apporter ensemble davantage de facteurs de stabilité au monde.

Q : L'amélioration des relations sino-norvégiennes signifie-t-elle que la Chine a changé sa vision du prix Nobel de la paix, notamment de celui de 2010 ?

R : Selon le testament d'Alfred Nobel, le prix Nobel de la paix doit être attribué à « la personnalité qui aura le plus ou le mieux contribué à la fraternité entre les nations, à l'abolition ou à la réduction des armées permanentes, et à la tenue ou à la promotion des congrès pour la paix ». Nous souhaitons que ce prix favorise véritablement la cause de la paix et du développement dans le monde.

Dans le passé, certaines personnes, afin de réaliser leurs desseins politiques, ont commis l'erreur d'attribuer le prix Nobel de la paix à des individus qui se livrent à des activités visant à diviser la Chine ou à saboter l'unité nationale de notre pays et à des criminels qui encouragent la subversion de l'État. Cela non seulement trahit les dernières volontés d'Alfred Nobel et les buts du prix Nobel de la paix, mais aussi constitue une ingérence grossière dans la politique intérieure de la Chine. La Chine s'y oppose clairement et résolument, et cette position ne changera pas.

Q : Selon des sources d'information, à l'égard de la saisie par la Chine du véhicule sous-marin sans pilote américain, le Secrétaire général du Cabinet japonais Yoshihide Suga aurait déclaré, le 19 décembre, que le Japon souhaitait voir le règlement rapide de cette affaire et qu'il estimait nécessaire que la Chine présente des explications à la communauté internationale. Comment y réagissez-vous ?

R : Le Japon est trop soucieux. Cette affaire a-t-elle quelque chose à voir avec lui ?

Q : Aujourd'hui, les autorités de Taiwan ont annoncé la visite de Tsai Ing-wen en Amérique centrale le mois prochain, sans pour autant donner les détails sur son transit aux États-Unis, car la décision finale n'est pas encore prise. La Chine a-t-elle eu récemment des contacts avec la partie américaine pour lui demander de refuser le transit à Tsai Ing-wen ?

R : Le principe d'une seule Chine est un consensus général de la communauté internationale et le principe constant que nous observons dans le traitement des questions relatives aux échanges de Taiwan avec l'extérieur. Nous espérons que les pays concernés traiteront avec prudence les questions relatives à Taiwan.

Quant à l'éventuel transit de la dirigeante de Taiwan aux États-Unis, je pense que ses réels desseins sont bien connus de tous. Nous espérons que la partie américaine pourra observer scrupuleusement la politique d'une seule Chine et les principes énoncés dans les trois communiqués conjoints sino-américains, refuser le transit à Tsai Ing-wen, et se garder d'émettre tout signal erroné aux forces séparatistes de Taiwan, de manière à préserver l'intérêt général des relations sino-américaines ainsi que la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan par des actes concrets.

Q : D'après la déclaration du Ministère chinois de la Défense nationale, la Chine a rendu le véhicule sous-marin sans pilote à la partie américaine après des consultations amicales. Pourriez-vous nous donner plus d'informations sur ces consultations ?

R : Comme je l'ai dit en répondant à la question de Reuters, après des consultations amicales, ce midi, la restitution du véhicule sous-marin sans pilote a eu lieu sans à-coup. Je n'ai pas plus de détails à vous donner, veuillez vous renseigner directement auprès du Ministère de la Défense nationale. La gestion de cette affaire montre que le mécanisme de communication et de consultation créé par les armées chinoise et américaine fonctionne de façon fluide et qu'il a joué un rôle actif dans le traitement à temps des incidents inattendus et la prévention des erreurs de jugement et des malentendus. En tant que composante importante des relations sino-américaines, des rapports stables entre les deux armées permettent d'accroître la connaissance et la confiance mutuelles entre la Chine et les États-Unis, d'éviter des erreurs de jugement et des malentendus, et de maintenir la dynamique du développement sain et régulier des relations bilatérales. Cela profite non seulement aux deux pays, mais également à la paix et à la stabilité dans la région.

Q : Par rapport aux déclarations du gouvernement, la presse officielle chinoise semble être plus dure à l'égard du président élu américain Donald Trump. Est-ce une « nouvelle normalité » pour l'équipe de Donald Trump ? Dans quelle mesure la presse officielle reflète-t-elle l'opinion du gouvernement ?

R : Vous avez posé une question très intéressante. Je me demande dans quelle mesure les médias américains reflètent l'opinion du gouvernement américain. En Chine, les médias ont le droit et la liberté de s'exprimer.

Pour ce qui est du gouvernement chinois, notre position sur les relations sino-américaines est très claire. Comme je l'ai indiqué au journaliste de Wall Street Journal, l'importance des relations sino-américaines est évidente, et un développement sain, régulier et durable de ces relations est dans l'intérêt des deux parties. Nous espérons travailler ensemble avec la partie américaine à maintenir d'étroites consultations sur la base du respect mutuel et du traitement d'égal à égal afin d'accroître sans cesse la confiance réciproque, et de gérer adéquatement les divergences pour préserver ensemble le développement sain et régulier des relations sino-américaines.

Q (du même journaliste) : Si une fois entré en fonctions, Donald Trump persiste dans sa politique dure envers la Chine, comment y réagirez-vous ?

R : Comme vous avez dit « si », je me permets donc de ne pas répondre aux questions hypothétiques. Ce qui importe pour nous, ce sont les politiques, les propos et les actes du gouvernement américain. Nous souhaitons que la partie américaine respecte les intérêts vitaux et les préoccupations majeures de la Chine et travaille ensemble avec nous pour traiter de manière constructive les divergences ou les questions dans les relations sino-américaines, afin de préserver conjointement la bonne dynamique du développement de ces relations. Je pense que cela correspond fondamentalement aux intérêts des États-Unis et du peuple américain, et je crois que tout président américain tiendra compte de cela en décidant ses politiques.

Q : Vous avez dit qu'un développement sain et régulier des relations entre la Chine et les États-Unis correspondait aux intérêts du peuple américain. Comment une dégradation de ces relations pourrait-elle porter atteinte aux intérêts du peuple américain ?

R : Les États-Unis et la Chine sont les deux premières économies du monde, ils représentent ensemble un tiers du PIB mondial et un quart de la population mondiale, et le volume des échanges commerciaux entre eux représente un cinquième du commerce mondial. L'importance du maintien d'un développement sain et régulier des relations sino-américaines est donc évidente.

Après toutes ces années de développement, la Chine et les États-Unis ont tissé des liens très étroits marqués par l'interdépendance des deux États et l'interpénétration des intérêts. Nous espérons que les deux parties travailleront de concert pour continuer à faire avancer sans cesse les relations bilatérales dans le bon sens du non-conflit, du non-affrontement, du respect mutuel et de la coopération gagnant-gagnant. Cela correspond aux intérêts fondamentaux des deux peuples, et mérite des efforts inlassables des deux parties.

Q : Avez-vous des exemples pour illustrer comment les intérêts des Américains pourraient être compromis par une détérioration des relations sino-américaines ? Par exemple dans le domaine du commerce ?

R : Nous espérons voir la partie américaine travailler ensemble avec nous pour assurer que les relations sino-américaines se développent sur la bonne voie et pour éviter que les intérêts des deux peuples ne soient compromis.

Q : Après la publication de la déclaration du Ministère chinois de la Défense nationale ce midi, le Pentagone a aussi fait une déclaration, qualifiant d'illégale la saisie par la Chine du véhicule sous-marin sans pilote américain et demandant à la Chine de s'abstenir de toute initiative supplémentaire entravant les activités légales de la partie américaine. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Je n'ai pas encore vu la déclaration du Pentagone que vous évoquiez. J'aimerais juste réitérer ce qui suit : Premièrement, la gestion de cet incident montre que l'armée chinoise et l'armée américaine ont un canal de communication assez fluide qui leur permet de communiquer à temps les informations, de gérer les incidents imprévus, et d'éviter les erreurs d'appréciation et les malentendus. Deuxièmement, j'ai besoin de vérifier si le Pentagone a fait une telle déclaration, mais à mon avis, il n'y a aucune raison pour qu'ils disent cela. Comme nous n'avons cessé de le faire remarquer, depuis de longues dates, l'armée américaine envoie fréquemment des aéronefs et des navires dans les eaux face à la Chine pour des missions de reconnaissance rapprochée et de sondage militaire, qui constituent des menaces pour la souveraineté et les intérêts sécuritaires de la Chine. Voilà la cause fondamentale de ces incidents. La Chine s'y oppose fermement, et demande à la partie américaine de respecter la souveraineté et les intérêts sécuritaires de la Chine et de cesser ce genre d'activités.

Q : Dans la soirée du 19 décembre, le Conseil de Sécurité a adopté à l'unanimité la résolution 2328 relative à la surveillance de la situation humanitaire en Syrie. C'est la première fois depuis ces derniers temps que le Conseil de Sécurité adopte à l'unanimité une résolution sur la question humanitaire en Syrie. Selon des sources d'information, les différentes parties avaient de graves divergences sur cette résolution, et ont mené des négociations très difficiles avant de parvenir au consensus. Veuillez nous donner des informations en la matière. Comment voyez-vous cette résolution ? Quel a été le rôle joué par la Chine dans l'adoption de cette résolution ?

R : La Chine salue l'adoption à l'unanimité, hier soir, par le Conseil de Sécurité de la résolution 2328 relative à la surveillance de la situation humanitaire en Syrie. Cette résolution, portant sur la question humanitaire, vise notamment à soutenir le rôle de coordination majeur de l'ONU dans les opérations de secours humanitaires en Syrie, afin d'apaiser la situation humanitaire grave dans le pays.

Les membres du Conseil de Sécurité ont un consensus sur le règlement de la crise humanitaire en Syrie, et leur coopération est bien dotée d'une base. Certes, il existe des divergences entre les différentes parties, mais l'important est d'éviter de politiser la question humanitaire. Durant le processus des négociations, certains membres ont exprimé des préoccupations légitimes et fondées, qui doivent être pleinement prises en compte et résolues. C'est dans cet esprit-là que la Chine a pris une part constructive dans les négociations et mené activement une médiation entre les membres du Conseil de Sécurité, appelant les différentes parties à travailler dans le même sens pour essayer de trouver le plus large consensus possible et éviter d'arriver à l' « abattage des cartes ».

L'adoption de la résolution 2328 a permis de préserver la crédibilité du Conseil de Sécurité et de montrer pleinement que celui-ci est tout à fait capable de trouver des solutions à toute question complexe et sensible à travers des consultations. L'application de cette résolution améliorera le bien-être du peuple syrien et jettera une bonne base à la promotion d'un règlement politique de la question syrienne.

Q : Est-ce que la Norvège a présenté en privé des excuses à la Chine pour son soutien à la remise du prix Nobel de la paix de 2010 à Liu Xiaobo et fait des engagements secrets ?

R : La partie norvégienne a pleinement pris conscience de la position et des préoccupations de la Chine, et fait des déclarations claires et importantes sur des questions touchant aux intérêts vitaux et aux préoccupations majeures de la Chine comme la souveraineté et l'intégrité territoriale chinoises, fournissant des conditions nécessaires au rétablissement de la confiance politique mutuelle et à la normalisation des relations entre la Chine et la Norvège. Les deux parties estiment l'une comme l'autre que ce n'est qu'en restant toujours fidèles au principe du respect mutuel et du traitement d'égal à égal et en tenant pleinement compte des intérêts vitaux et des préoccupations majeures de part et d'autre que l'on peut assurer un bon développement des échanges amicaux et de la coopération mutuellement avantageuse entre les deux pays.

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