Conférence de presse du 27 décembre 2016 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2016/12/27

Q : Le Président russe Vladimir Poutine a fait savoir récemment que les gouvernements russe, turc, iranien et syrien ont convenu d’organiser le prochain tour des pourparlers de paix sur la question syrienne à Astana, capitale du Kazakhstan, et qu’il fallait mettre en place dans la prochaine étape un cessez-le-feu à l’échelle nationale en Syrie. Quels sont vos commentaires sur le prochain tour des pourparlers de paix sur la Syrie ?

R : Les pourparlers de paix politiques constituent la seule issue possible à la question syrienne. Tel est le consensus largement partagé par la communauté internationale. Les efforts des différentes parties concernées vont dans cette bonne direction. Parvenir à un cessez-le-feu dans toute la Syrie est une garantie importante du règlement politique de la question syrienne et le premier fruit attendu des pourparlers de paix entre les différentes parties. La Chine salue tous les efforts qui vont dans le sens de la reprise rapide des pourparlers de paix entre les différentes parties de la question syrienne et espère que celles-ci pourront travailler dans la même direction avec l’esprit de rechercher un terrain d’entente par-delà les divergences, privilégier l’intérêt à long terme de la Syrie et le bien-être du peuple syrien et trouver à travers le dialogue et les consultations une solution politique qui prenne en compte les préoccupations légitimes de toutes les parties concernées.

Q : Nous avons noté que la diplomatie chinoise a donné plusieurs résultats importants ces derniers jours : la normalisation des relations entre la Chine et la Norvège, l’engagement par la Mongolie de ne plus autoriser la visite du Dalaï Lama, la rupture des relations entre Sao Tomé-et-Principe et Taiwan et le rétablissement d’hier des relations diplomatiques entre la Chine et Sao Tomé-et-Principe. L’agence de presse Bloomberg parle d’un « coup du chapeau » de la diplomatie chinoise. Selon certains médias américains, la Chine se sert de sa puissance économique comme une arme stratégique pour réaliser des exploits diplomatiques. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Je veux d’abord remercier les médias qui portent un grand intérêt à la diplomatie chinoise et en reconnaissent pleinement les progrès. À en juger par son poids économique, la Chine, le plus grand pays en développement, n’est évidemment pas l’économie la plus puissante au monde. Il est vrai que la diplomatie chinoise est en action et affiche un bon élan de développement sur tous les plans. Cela tient notamment à notre attachement aux cinq principes de la coexistence pacifique et à l’esprit du respect mutuel, du traitement d’égal à égal et de la coopération gagnant-gagnant dans le développement des relations d’amitié avec l’extérieur. Dans le même temps, la Chine a la volonté et la capacité nécessaires pour bien défendre ses intérêts vitaux.

Q : Le Premier Ministre japonais Shinzo Abe est en visite à Pearl Harbor. Pensez-vous qu’il est temps pour le Premier Ministre japonais de venir à Nanjing et de présenter des excuses au peuple chinois ?

R : Nous avons noté que ces derniers jours, les médias chinois et occidentaux suivent de très près la visite du Premier Ministre japonais Shinzo Abe à Pearl Harbor à Hawaii. Certains disent que cette visite est placée sous le signe de l’hommage aux victimes et non des excuses, et que cette visite est plutôt un show ciblant notamment la Chine. Par ailleurs, nous avons aussi noté qu’une cinquantaine d’historiens japonais et américains ont signé une lettre de demande au Premier Ministre Shinzo Abe, l’appelant à rendre hommage aux victimes de la guerre dans les pays asiatiques tels que la Chine et la République de Corée et estimant que le Japon doit en premier lieu présenter des excuses aux Chinois.

Mon collègue Lu Kang a fait de très bonnes propositions sur les lieux où doit se rendre le dirigeant japonais pour honorer la mémoire des victimes chinoises, et je voudrais seulement ajouter que quoi qu’on fasse pour se donner en spectacle ou monter un show, un examen de conscience sincère est la seule clé à la réconciliation.

Q : Selon l’agence de presse Kyodo News, « tolérance » et « réconciliation historique » sont les mots clés de la visite à Pearl Harbor du Premier Ministre japonais Shinzo Abe, qui espère « régler les comptes avec l’histoire de la Seconde Guerre mondiale » par cette visite. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Je crains que le Japon soit le seul à penser qu’une simple visite à Pearl Harbor pour « rendre hommage » suffit à régler tous les comptes avec l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. N’oubliez pas que la Chine était le principal théâtre oriental de la Guerre mondiale antifasciste et que le peuple chinois a fait d’énormes sacrifices nationaux pour la victoire mondiale sur le fascisme. Sans la réconciliation avec la Chine et d’autre pays victimes en Asie, cette page dans l’histoire du Japon ne sera jamais tournée. Au lieu de continuer à éluder la question principale, le dirigeant du Japon doit adopter une attitude responsable à l’égard de l’histoire et de l’avenir, et faire un examen de conscience sincère et profond sur le passé d’agression pour en finir définitivement avec ce passé.

Q : Selon des sources d’information, la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Federica Mogherini a fait savoir récemment que les Six tiendront en janvier prochain à Vienne une réunion de la Commission conjointe pour examiner la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire iranien. Pourriez-vous nous en donner plus de détails ?

R : Mis en œuvre dans son ensemble dans d’heureuses conditions cette année, l’accord global sur le nucléaire iranien a contribué à dénouer la crise nucléaire iranienne et joué un rôle majeur dans la préservation du régime de non-prolifération international et le maintien de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient. Les Six et l’Iran tiendront le 10 janvier prochain à Vienne une réunion de la Commission conjointe pour examiner la mise en œuvre de la levée des sanctions et des mesures dans le domaine nucléaire. La Chine espère que les différentes parties pourront préserver ensemble la dynamique présente dans la mise en œuvre de l’accord global, résoudre les divergences par des consultations constructives et assurer une application durable, complète et effective de l’accord. La Chine est depuis toujours un acteur, un promoteur et un contributeur actifs dans le processus de règlement de la question nucléaire iranienne. Elle est prête à poursuivre sa coopération avec les autres parties pour assurer le succès à la réunion de la Commission conjointe et faire progresser sans cesse la mise en œuvre de l’accord global.

Q : Selon la partie taiwanaise, le porte-avions Liaoning se dirige actuellement vers Hainan. Avez-vous les dernières nouvelles de la flotte du porte-avions chinoise ?

R : Veuillez vous renseigner auprès de l’Armée chinoise.

Q : Selon des sources d’information, la Chine, la Russie et le Pakistan ont tenu aujourd’hui à Moscou une réunion sur la question afghane, pourriez-vous nous en dire plus ?

R : À ma connaissance, l’envoyé spécial pour les affaires afghanes du Ministère chinois des Affaires étrangères Deng Xijun est en Russie le 27 décembre pour participer aux consultations tripartites Chine-Russie-Pakistan sur la question afghane, je ne sais pas si c’est ce dont vous parlez. En ce qui concerne la question afghane, la Chine soutient depuis toujours le processus de paix et de réconciliation « des Afghans et par les Afghans », estime que les pourparlers de paix constituent la seule voie viable pour régler la question afghane et entend continuer à jouer un rôle constructif à cet égard.

Q : Hier, l’Inde a réussi l’essai d’un missile balistique intercontinental capable de porter des ogives nucléaires et de couvrir la quasi-totalité de l’Asie et de l’Europe. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté les informations concernées sur l’essai par l’Inde du missile balistique Agni-V. Les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de l’ONU sont très claires sur la question de savoir si l’Inde peut développer ou pas des missiles balistiques capables de porter des ogives nucléaires. La Chine est toujours d’avis que le maintien de l’équilibre stratégique et de la stabilité en Asie du Sud est dans l’intérêt de la paix et de la prospérité de la région et des pays qui s’y trouvent.

Nous avons aussi remarqué que certains médias indiens et japonais pensaient que cet essai de missile par l’Inde visait probablement la Chine. Il faut bien évidemment demander à l’Inde ce qu’est sa vraie intention. Mais pour nous, nous tenons à un consensus important avec l’Inde, c’est que la Chine et l’Inde, deux pays en développement importants et deux économies émergentes, ne sont pas des rivaux, mais des partenaires. La Chine entend travailler ensemble avec l’Inde et d’autres pays de la région pour parvenir à préserver la paix, la prospérité et la stabilité durables dans la région. Nous espérons voir les médias concernés faire des commentaires objectifs et raisonnables et agir davantage en faveur de la confiance mutuelle entre la Chine et l’Inde, de la paix et de la stabilité dans la région.

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