Conférence de presse du 11 janvier 2017 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2017/01/11

Q : Lors de la session d'information tenue ce matin, le Vice-Ministre Li Baodong a fait savoir que le Président Xi Jinping serait le premier Chef d'État chinois à participer au Forum économique mondial (WEF) à Davos. Y a-t-il des considérations particulières à ce sujet ?

R : Ce matin, lors de la session d'information, le Vice-Ministre Li Baodong a présenté en détail le prochain déplacement du Président Xi Jinping en Suisse pour une visite d'État au niveau bilatéral, la participation à la Réunion annuelle 2017 du WEF et une visite dans des organisations internationales basées en Suisse.

Le WEF, considéré comme un baromètre des évolutions économiques mondiales, est une importante plateforme d'échange sur l'économie mondiale et d'autres sujets majeurs pour les responsables politiques de différents pays, les responsables des organisations internationales et les leaders des milieux commercial, intellectuel et médiatique.

L'économie mondiale traverse une phase cruciale marquée par la substitution de nouveaux moteurs de croissance aux anciens car les moteurs traditionnels ne sont plus capables de soutenir le processus de reprise économique. Dans le même temps, comme on le constate, des défis restent à relever, tels que la morosité du commerce et de l'investissement internationaux, la montée du protectionnisme et le système du commerce multilatéral mis à rude épreuve, et certains s'interrogent sur la marche de la mondialisation. La présence du Président Xi Jinping au WEF a pour objectif de présenter les idées et les réflexions de la Chine à l'égard des préoccupations liées à la globalisation économique, d'amener les différentes parties à voir et à comprendre la mondialisation de manière objective, et d'orienter activement le processus de globalisation économique dans un sens plus tolérant et inclusif.

Dans le même temps, nous sommes prêts à travailler ensemble avec les différentes parties pour chercher et analyser les causes profondes de l'essoufflement de la croissance mondiale et trouver la voie de sortie pour l'économie mondiale.

Compte tenu de quelques préoccupations qu'a la communauté internationale sur certains aspects de l'économie chinoise, le Président Xi Jinping saisira l'occasion pour présenter les progrès obtenus dans la réforme et l'ouverture et les expériences chinoises en matière de développement, et ce dans le but de favoriser une perception plus objective et approfondie de l'économie chinoise par les différentes parties.

Des informations supplémentaires seront communiquées dès que possible concernant la participation du Président Xi Jinping à la Réunion annuelle du WEF, sa visite en Suisse et dans des organisations internationales siégées en Suisse.

Q : Dans son discours d'adieu, en parlant des affaires internationales, le Président Barack Obama a affirmé que l'influence internationale de la Chine et celle de la Russie ne sauraient rivaliser avec celle des États-Unis à moins que les États-Unis renoncent à sa position. Êtes-vous d'accord avec ces propos ? Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Je veux faire quelques remarques là-dessus.

Premièrement, les Chinois et les Américains n'ont pas toujours les mêmes points de vue. La Chine préconise constamment la démocratisation des relations internationales. Lorsque nous envisageons nos relations avec le monde extérieur et la communauté internationale, notre souci est plutôt de fournir plus de produits publics et d'apporter une plus grande contribution à la communauté internationale et aux autres pays, au fur et à mesure que la Chine se développe, et non de chercher à accroître notre influence sur autrui.

Deuxièmement, si vous insistez sur l'influence, j'aimerais souligner que dans la logique des Chinois, pour connaître l'influence d'un pays dans les affaires internationales, c'est à la majorité des membres de la communauté internationale de juger, pas au pays intéressé.

Q : Des médias chinois ont rapporté récemment l'entrée des avions de combat chinois dans la zone d'identification de défense aérienne de la République de Corée, tout en affirmant qu'avec la croissance du format, les forces navales et aériennes de la Chine auront sans aucun doute une sphère d'activités élargie. Quelle est la position du gouvernement chinois sur ce sujet ?

R : J'ai noté les commentaires récents dans les médias de la République de Corée sur ce sujet. Le porte-parole de la marine chinoise s'est exprimé là-dessus. Ces dernières années, l'armée chinoise a envoyé des navires et des avions dans les zones maritimes et aériennes internationales pour des entraînements en haute mer qui deviennent de plus en plus réguliers. Ces exercices sont conformes au droit international et aux pratiques internationales concernés et relèvent des droits et intérêts dont jouit la Chine. Vous pourriez vous renseigner auprès du Ministère de la Défense pour plus d'informations.

Q :Hier, à l'issue de sa rencontre avec le prochain Conseiller à la Sécurité nationale des États-Unis Micheal Flynn, le Chef du Conseil de la Sécurité nationale de la République de Corée Kim Kuan-jin a affirmé que la République de Corée continuera à déployer le système THAAD, que la Chine soit contre ou pas. Comment réagissez-vous ?

R : Je suis sûr que vous connaissez bien la position chinoise sur la question du THAAD. Nous estimons que le déploiement du système THAAD par la partie américaine en République de Corée avec le consentement du gouvernement de la République de Corée porte une grave atteinte aux intérêts stratégiques et sécuritaires chinois et nuit gravement à l'équilibre stratégique régional. Nous nous y opposons fermement. Très sincèrement, nous ne souhaitons pas que nos relations avec la République de Corée soient affectées à cause de l'obstination de la partie coréenne, car ce serait un grand malheur.

Q : Le Président du Conseil d'administration d'Alibaba Jack Ma a-t-il prévenu le gouvernement chinois de sa rencontre avec le Président élu américain Donald Trump ?

R : Je ne dispose pas d'information sur ce sujet, mais j'ai noté la rencontre entre le Président élu américain Donald Trump et le Président du Conseil d'administration d'Alibaba Jack Ma.

J'aimerais indiquer que les échanges entre les entreprises chinoises et américaines sont intenses. Avec la réforme et l'ouverture ainsi que le développement en profondeur de l'économie ouverte de la Chine, les échanges commerciaux sino-américains se multiplient et les échanges des entrepreneurs chinois avec l'extérieur s'avèrent de plus en plus intenses. Comme je l'ai dit il y a quelques jours, nous ne faisons pas de commentaires sur les activités de chacune des entreprises. Par contre, je voudrais dire quelques mots sur les relations économiques et commerciales sino-américaines d'un point de vue objectif.

Comme nous l'avons dit à plusieurs reprises, les relations économiques et commerciales sino-américaines sont de nature gagnant-gagnant. La Chine et les États-Unis, deux plus grandes économies dans le monde, fort complémentaires sur le plan économique, recèlent un grand potentiel en termes de coopération mutuellement bénéfique et gagnant-gagnant. Notre coopération depuis près de quarante ans a apporté des bénéfices économiques et sociaux tangibles aux deux parties et aux deux peuples comme par exemple la création d'emplois, et donné une impulsion importante à la croissance économique mondiale. Nous serons heureux de voir que les deux gouvernements encouragent les entreprises chinoises et américaines à renforcer la coopération, créent des conditions plus favorables et accordent davantage de facilités à cet égard.

Q : Selon des informations, lors de son audition devant le Sénat avant sa nomination, le prochain Secrétaire d'État américain Rex Tillerson a critiqué les travaux de construction sur les îles et récifs en Mer de Chine méridionale en les qualifiant d'« illégaux », et a affirmé que la partie américaine n'acceptera pas les promesses vagues de la Chine sur la question nucléaire de la Péninsule coréenne. D'après lui, le monde a besoin que les États-Unis soient plus forts pour régler ces questions. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Je ne vais pas répéter la position chinoise sur la question de la Mer de Chine méridionale, qui est très claire. Je tiens à indiquer que depuis le second semestre de l'année dernière, la Chine et les pays voisins avec qui elle a des différends concernant les îles et récifs en Mer de Chine méridionale ont réaffirmé leur attachement à un consensus : les différends en Mer de Chine méridionale doivent être réglés pacifiquement par voie de consultations et de négociation entre les parties directement concernées ; dans le même temps, la Chine et les pays de l'ASEAN œuvrent ensemble pour préserver la paix et la stabilité régionales. Ce bon élan est à préserver avec soin. Nous espérons que les parties hors région pourront respecter effectivement la volonté commune et les intérêts communs des pays de la région.

Vous connaissez sans aucun doute la position, les politiques et le rôle de la Chine sur la question de la Péninsule coréenne. La Péninsule coréenne est proche de la Chine. Nous sommes plus attachés que quiconque à la paix, à la stabilité et à la sécurité dans la Péninsule coréenne, ce qui correspond à nos propres intérêts sécuritaires. Depuis longtemps, la Chine offre ses bons offices pour favoriser la dénucléarisation de la Péninsule coréenne et préserver la paix et la stabilité dans la Péninsule et joue un rôle important là-dessus. Comme le sait la communauté internationale, le nœud et l'origine de la question nucléaire de la Péninsule coréenne ne résident pas dans la partie chinoise. Nous espérons que la RPDC et les États-Unis, deux parties cruciales dans ce dossier, pourront travailler activement dans le même sens et créer des conditions favorables afin de remettre la question nucléaire de la Péninsule coréenne sur les bons rails des Pourparlers à six.

Q : La semaine dernière, selon un rapport présenté par le chef du renseignement américain au Président Barack Obama, le Président élu américain Donald Trump a d'immenses intérêts commerciaux en Chine. Comment réagissez-vous ?

R : Il existe beaucoup d'opinions sur les échanges commerciaux entre la Chine et les États-Unis, je ne fais pas de commentaires là-dessus. Comme nous l'avons affirmé à plusieurs reprises, depuis 38 ans, avec la réforme et l'ouverture de la Chine et l'approfondissement continu des échanges économiques et commerciaux sino-américains, la Chine et les États-Unis ont maintenu des liens très étroits et intenses dans le domaine économique et commercial. Les échanges entre les entrepreneurs chinois et américains s'avèrent aussi denses. C'est impossible de faire des commentaires sur chaque élément des échanges commerciaux ou activités commerciales.

Q : Hier, le Ministère chinois de l'Éducation a diffusé une circulaire qui demande qu'on remplace l'expression « huit ans de Guerre de résistance contre l'agression japonaise » dans les manuels scolaires pour les écoles primaires et secondaires par « quatorze ans de Guerre de résistance contre l'agression japonaise ». Pourquoi faire cette révision ?

R : La Guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise fait partie importante de la Guerre mondiale antifasciste. En tant que principal théâtre d'opérations oriental de la Guerre mondiale antifasciste, la Chine a vu la guerre antifasciste éclater le plus tôt et durer le plus longtemps. La nation chinoise et le peuple chinois ont fait un énorme sacrifice à cet égard, en faisant preuve de grand esprit de la nation et en opposant un combat héroïque et intrépide à l'agression japonaise.

Vu que l'histoire des quatorze ans de Guerre de résistance contre l'agression japonaise après l'Incident du 18 septembre forme un ensemble, le Ministère chinois a demandé la révision des manuels scolaires pour les écoles primaires et secondaires dans les collectivités locales, en remplaçant l'expression « huit ans de Guerre de résistance contre l'agression japonaise » par « quatorze ans de Guerre de résistance contre l'agression japonaise ». Je tiens à souligner que l'importance accordée à l'histoire n'a pas pour but de perdurer la haine, mais d'éveiller chez la jeune génération l'aspiration et l'attachement à la paix, car c'est en se souvenant du passé qu'on arrive à construire l'avenir.

Suggest To A Friend
  Print