Conférence de presse du 16 janvier 2017 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2017/01/16

Q : Selon des sources d’information, le 15 janvier dernier, dans son discours prononcé lors de la cérémonie d’inauguration de la présidence philippine de l’ASEAN, le Président Rodrigo Duterte aurait affirmé le ferme engagement de son pays à défendre les visions et les valeurs chères à l’ASEAN, et à travailler ensemble avec les autres pays de l’ASEAN pour réaliser les objectifs communs. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté ces informations. Le gouvernement chinois considère toujours l’ASEAN comme une priorité de sa politique étrangère à l’égard des pays voisins. Il appuie fermement la construction de la communauté de l’ASEAN, défend la place centrale de l’ASEAN dans la coopération régionale et se prononce pour un rôle accru de l’ASEAN dans les affaires internationales et régionales.

Cette année marque le cinquantenaire de l’ASEAN et l’Année de la Coopération touristique Chine-ASEAN. La Chine est prête à travailler ensemble avec l’ASEAN pour renforcer le dialogue et la communication, assurer le succès de l’Année de la Coopération touristique, forger de nouveaux piliers de la coopération socioculturelle et approfondir la coopération mutuellement avantageuse dans les différents domaines, de sorte à donner une nouvelle impulsion à la coopération Chine-ASEAN.

Grâce aux efforts conjoints de la Chine et des pays de l’ASEAN, la situation actuelle en Mer de Chine méridionale tend à se stabiliser. La Chine est prête à travailler ensemble avec les pays de l’ASEAN pour continuer à se concentrer sur le développement et la coopération, gérer adéquatement les divergences, et œuvrer ensemble à défendre l’intérêt général des relations Chine-ASEAN, en vue de contribuer à la paix, à la stabilité et à la prospérité dans la région.

La Chine est prête à soutenir la présidence philippine pour faire accéder la construction de la communauté de l’ASEAN et les relations Chine-ASEAN à un nouveau palier.

Q : Hier, Tsai Ing-wen a achevé sa « tournée » en Amérique centrale, au cours de laquelle elle a fait deux « escales » aux États-Unis. Elle a rencontré quelques hommes politiques et visité le quartier général de Twitter, sans avoir eu aucune rencontre avec les membres de l’équipe de transition de Donald Trump ni aucun contact officiel avec les membres de l’administration américaine. Est-ce que la Chine est satisfaite du fait qu’aucun membre de l’administration Obama et de l’équipe de transition de Donald Trump ne l’a rencontrée?

R : Concernant les soi-disant « escales » de la dirigeante de Taiwan aux États-Unis, nous avons exprimé notre position à plusieurs reprises. Nous nous opposons toujours à ce genre d’« escale » arrangée par les États-Unis ou d’autres pays ayant des relations diplomatiques avec la Chine. Cette position est claire et ferme.

Q : Premièrement, selon des médias turques, les autorités turques auraient arrêté deux citoyens chinois d’ethnie Ouïgours soupçonnés d’être impliqués dans l’attentat contre une boîte de nuit à Istanbul la veille du Nouvel An. Pourriez-vous le confirmer ou nous fournir des informations détaillées ? S’agit-il des membres du Mouvement islamique du Turkestan oriental ? Quels sont vos commentaires sur leur arrestation ? Deuxièmement, quel niveau de délégation représenterait la Chine à la cérémonie d’investiture de Donald Trump ? Le rang de cette délégation sera-t-il modifié ou changé à cause des propos récents de Donald Trump concernant la Chine, y compris ses allégations défiant le principe d’une seule Chine ?

R : Concernant la première question, nous avons noté ces informations. À notre connaissance, l’enquête est encore en cours et nous continuerons à suivre de près son avancement. Comme nous l’avons dit, les forces terroristes du « Turkestan oriental », notamment le « Mouvement islamique du Turkestan oriental », menacent sérieusement la sécurité et la stabilité des différents pays, non seulement de la Chine, mais également des autres pays de la région. Nous nous opposons au terrorisme sous toutes ses formes et nous sommes prêts à renforcer la coordination et la coopération avec la communauté internationale pour prévenir et combattre ensemble les menaces terroristes et préserver la paix et la sécurité dans les différents pays et dans le monde.

Quant à la deuxième question, à ma connaissance, les États-Unis n’invitent généralement pas de délégations officielles d’autres pays à la cérémonie d’investiture de leurs présidents.

Q : Lors de son interview accordée au Walls Street Journal la semaine dernière, Donald Trump aurait dit que la politique d’une seule Chine était négociable. La Chine a-t-elle fait des démarches auprès de l’équipe de transition de Donald Trump sur ce sujet ?

R : Mon collègue M. Lu Kang y a déjà répondu samedi dernier, exposant la position claire et ferme de la Chine là-dessus. Il n’y a dans le monde qu’une seule Chine, Taiwan est une partie inaliénable du territoire chinois, et le gouvernement de la République populaire de Chine est le seul gouvernement légitime représentant la Chine toute entière. Voilà un fait reconnu par la communauté internationale que personne ne peut changer.

Le principe d’une seule Chine est le fondement politique des relations sino-américaines. Il n’est pas sujet à négociation. Nous exhortons les parties concernées des États-Unis à réaliser la haute sensibilité de la question de Taiwan, à observer scrupuleusement les engagements pris par les administrations américaines successives, qu’elles soient démocrates ou républicaines, consistant à respecter le principe d’une seule Chine et les principes énoncés dans les trois communiqués conjoints sino-américains, et à gérer adéquatement la question de Taiwan, pour ne pas compromettre le développement sain et régulier des relations sino-américaines et la coopération bilatérale dans les domaines majeurs.

Q ( du même journaliste) : Nous avons vu la déclaration du porte-parole du Ministère des Affaires étrangères du week-end dernier. Mais la Chine a-t-elle fait directement des démarches auprès de l’équipe de Donald Trump ? Depuis son élection en novembre dernier, l’Ambassadeur M. Cui Tiankai ou d’autres officiels chinois ont-ils rencontré des membres de son équipe ?

R : Premièrement, le principe d’une seule Chine est la condition préalable et le fondement politique du développement des relations entre la Chine et les autres pays, y compris les États-Unis. Cette position chinoise est bien connue de tous. Nous n’avons cessé d’envoyer ce message par divers canaux et de façon fidèle et ferme à la partie américaine. En ce qui concerne nos contacts avec l’équipe du Président élu Donald Trump, comme nous l’avons déjà dit, nous maintenons des contacts avec l’actuelle administration américaine et l’équipe du Président élu Donald Trump.

Q : Hier, Reince Priebus, membre de l’équpe de Donald, aurait affirmé que les États-Unis n’avaient pas de projet pour changer la politique d’une seule Chine. Il aurait dit en même temps que cette politique serait certainement remise sur la table si la Chine ne se montrerait pas coopérative sur la question du commerce et de la Mer de Chine méridionale. Cela ressemble beaucoup à ce qui s’est passé il y a un mois quand Donald Trump avait dit dans une interview que le changement de la politique d’une seule Chine n’était pas exclu, propos suivis d’éclaircissements faits par son équipe. La Chine estime-t-elle que cette incertitude de politiques américaines affecteront le développement sain et stable des relations sino-américaines ?

R : Concernant le principe d’une seule Chine, la position de la Chine est déjà très claire. Tout le monde doit savoir qu’il y a dans ce monde des choses qui ne se négocient ou ne s’achètent pas. Le principe d’une seule Chine est la condition préalable et le fondement politique du développement des relations entre la Chine et tout autre pays du monde. Quiconque tente de saboter ce principe ou croit pouvoir en faire un contrepoids pour marchander avec la Chine, pour quelque but que ce soit, rencontrera la ferme opposition du gouvernement et du peuple chinois et de la communauté internationale, et finira par subir les conséquences de sa propre faute.

Q : Récemment, lors de sa visite aux Philippines, en Australie et en Indonésie, le Premier Ministre japonais Shinzo Abe a partout évoqué la question de la Mer de Chine méridionale. Certaines informations disent même que le Premier Ministre japonais a proposé de fournir des missiles aux Philippines, proposition pourtant refusée par le Président philippin Rodrigo Duterte. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : J’ai noté ces informations. Nous avons également remarqué que depuis sa prise de fonction, le Président Rodrigo Duterte poursuit une politique étrangère d’indépendance et développe des relations d’amitié et de coopération avec d’autres pays sur la base de l’égalité et du respect mutuel. Ce qui est très apprécié par la Chine.

Effectivement, comme vous l’avez remarqué, grâce aux efforts conjoints de la Chine et des pays concernés de l’ASEAN, la situation en Mer de Chine méridionale tend à se stabiliser et à s’améliorer et est dores et déjà retournée sur la bonne voie du règlement par des négociations et consultations. Mais les dirigeants japonais continuent toujours à tout mettre en œuvre avec tant d’application et de persévérance pour semer la discorde et exagérer la soi-disant tension dans la région. Ces agissements cachent en fait des desseins inavouables et un esprit malsain du Japon.

Q : L’Ambassade d’Allemagne en Chine a dit aujourd’hui qu’elle espérait que la participation du Président Xi Jinping au Forum économique mondial à Davos serait une occasion pour la Chine de se prononcer pour un marché libre et ouvert et contre le protectionnisme. Est-ce que le Président Xi Jinping parlera cette fois-ci du protectionnisme et garantira à la communauté internationale que la Chine ne le pratiquera pas ?

R : La semaine dernière, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Li Baodong a présenté en détail la visite d’État du Président Xi Jinping en Suisse, sa participation à la réunion annuelle 2017 du Forum économique mondial et sa visite à des organisations internationales dont les sièges se trouvent en Suisse.

Actuellement, l’économie mondiale est dans une phase cruciale où de nouveaux moteurs de croissance se substituent aux anciens. Le processus de la mondialisation économique est confronté à des interrogations dues à la morosité du commerce et des investissements internationaux, à la montée du protectionnisme et aux chocs que subit le système du commerce multilatéral. Si le Président Xi Jinping participera au Forum, c’est justement pour exposer les visions et la position de la Chine sur les préoccupations de la communauté internationale à l’égard de la mondialisation économique, et pour encourager les différentes parties à appréhender et à voir la mondialisation économique dans une optique objective et à faire évoluer le processus de la mondialisation vers une plus grande inclusivité avec plus de bénéfices partagés. En tenant compte de l’intérêt que porte la communauté internationale aux questions économiques de la Chine, le Président Xi présentera également les réalisations et les expériences de la Chine en matière de réforme et d’ouverture, pour permettre aux différentes parties d’avoir une connaissance et une compréhension objectives et approfondies sur l’économie de la Chine. Attendons donc ensemble le signal positif que le Président Xi enverra bientôt à Davos.

Q : Premièrement, l’administration sortante Obama aurait déclaré que la Chine était le seul pays à bloquer l’adhésion de l’Inde au Groupe des Fournisseurs nucléaires (GFN) et l’a qualifiée d’aberrante. Quelle est votre réaction à cet égard ? Deuxièmement, le Ministre français des Affaires étrangères aurait récemment appelé la communauté internationale à mener une action décisive contre les groupes extrémistes dont le Jaish-e-Mohamed. L’année dernière, la Chine a bloqué la demande indienne d’inscription sur la liste noire du Comité 1267 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Comment réagissez-vous à la déclaration du Ministre français des Affaires étrangères ?

R : Concernant la première question, la Chine a exposé à plusieurs reprises sa position sur la question de l’adhésion des États non signataires du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) au GFN et je ne la répète pas ici. J’aimerais juste souligner que le statut de membre du GFN n’est pas un cadeau d’adieu qu’on donne en privé.

S’agissant de la deuxième question, je n’aime pas le mot « bloquer ». Nous avons déjà exprimé notre position là-dessus. Concernant ce dossier, le Comité 1267 du Conseil de Sécurité doit s’appuyer sur des preuves solides et prendre sa décision conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité et à son règlement intérieur, et sur la base du consensus des membres du Conseil. Si la Chine avait proposé une suspension technique, c’était pour donner plus de temps à l’examen du Comité et aux consultations entre les parties concernées.

Q (du même journaliste) : Si l’Inde renouvelle sa demande au Comité 1267, quelle sera la position de la Chine ? Prendra-t-elle de nouvelles mesures pour y faire face ?

R : Comme je l’ai dit tout à l’heure, si la Chine avait proposé une suspension technique, c’était pour donner plus de temps à l’examen au Comité et aux consultations entre les parties concernées. Mais il est regrettable qu’à l’heure actuelle, aucun consensus n’a été dégagé entre les différentes parties. Nous entendons rester en communication avec les parties concernées conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité et au règlement intérieur du Comité 1267.

Q : Selons des médias pakistanais, la Chine aurait fait au Pakistan un don de deux navires de guerre, suscitant la préoccupation de l’Inde. Quel est le motif de cette initiative chinoise ?

R : À ma connaissance, l’information que vous avez citée n’est pas exacte. La Chine n’a pas fait de « don ». Les deux navires de patrouille dont vous avez parlé s’inscrivent dans la coopération normale sino-pakistanaise dans le domaine du commerce militaire. Et cette coopération est conforme aux engagements internationaux des deux pays et n’aura aucun impact sur la situation régionale.

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