Conférence de presse du 18 janvier 2017 tenue parla porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2017/01/18

Q : Récemment, le Président américain Barack Obama a annoncé que les sanctions contre le Soudan seraient levée partiellement. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Nous avons noté l'annonce faite par les États-Unis concernant la levée d'une partie des sanctions contre le Soudan et nous saluons cette initiative. Nous nous opposons depuis toujours à ce que des mesures de sanctions unilatérales soient prises contre un pays et nous appelons les pays concernés à lever rapidement toutes les sanctions unilatérales contre le Soudan.

Q : Le 17 janvier, la Première Ministre britannique Theresa May s'est exprimée au sujet des principes du Brexit, en affirmant que le Royaume-Uni cherchera à sortir définitivement de l'Union européenne et souhaite établir un nouveau partenariat d'égal à égal avec l'UE. Quel est votre commentaire sur ce sujet ?

R : Nous avons noté les informations concernées. Nous suivons de près les perspectives de négociations entre le Royaume-Uni et l'UE et espérons que les deux parties pourront parvenir à un accord gagnant-gagnant à travers les négociations. Nous soutenons depuis toujours le processus de l'intégration européenne, estimons qu'une Europe prospère, stable et ouverte correspond aux intérêts des différentes parties et souhaitons continuer à travailler avec l'UE pour faire progresser le partenariat pour la paix, la croissance, la réforme et la civilisation. Attachant une grande importance à la place et au rôle du Royaume-Uni, nous sommes prêts à continuer à renforcer la coopération sino-britannique dans différents domaines sur la base du respect mutuel, de l'égalité et du bénéfice réciproque.

Q : L'Ambassadeur de Chine aux États-Unis sera-t-il présent à la cérémonie d'investiture du Président élu américain Donald Trump à Washington ?

R : À ma connaissance, conformément aux pratiques courantes, les Chefs de missions diplomatiques des différents pays aux États-Unis seront invités à la cérémonie d'investiture du Président américain. L'Ambassadeur de Chine aux États-Unis y assistera sur invitation.

Q : Le 17 janvier, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé à la conférence de presse annuelle que les relations russo-chinoises se trouvaient actuellement au meilleur niveau dans l'histoire et que la coordination entre les deux pays était l'un des facteurs clé pour préserver la stabilité dans le monde. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Nous avons noté que le Chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait hautement apprécié les relations sino-russes lors de la conférence de presse annelle et nous saluons la volonté de la partie russe de développer davantage les relations entre les deux pays.

Comme l'a dit le Ministre Sergueï Lavrov, actuellement, le partenariat de coordination stratégique global sino-russe se trouve au meilleur niveau historique. Les deux parties développent activement une coopération tout azimut dans différents domaines, se témoignent mutuellement du soutien ferme sur les questions touchant aux intérêts vitaux de part et d'autre, travaillent activement à la synergie entre la construction de l'initiative « Ceinture et Route » et celle de l'Union économique eurasiatique, et restent en étroites concertation et coordination dans les affaires internationales et régionales. Les relations sino-russes dépassent largement le cadre bilatéral et sont devenues un stabilisateur crucial pour préserver la paix et la stabilité mondiales.

Les Chefs d'État chinois et russe sont parvenus à un consensus important : Quels que soient les changements dans la situation internationale et régionale, les deux parties ne changeront jamais le principe de consolider et d'approfondir leur partenariat de coordination stratégique global, ne renonceront jamais à leur objectif d'œuvrer au développement et au redressement communs, et sont toujours déterminées à défendre la justice, l'équité, la paix et la stabilité dans le monde. Durant la nouvelle année, la Chine entend travailler ensemble avec la Russie, conformément à ce consensus dégagé entre les deux Chefs d'État, à continuer à faire progresser le partenariat de coordination stratégique global sino-russe pour apporter des énergies positives à la préservation de la prospérité et de la stabilité dans la région et dans le monde.

Q : La Chambre de Commerce américaine en Chine (AmCham China) a publié aujourd'hui un rapport, selon lequel 80% des entreprises membres estiment être moins prisées en Chine, et la plupart d'entre elles ont fait savoir qu'elles ne croyaient pas que le gouvernement chinois pourrait tenir sa promesse d'ouvrir le marché national. Comment y réagissez-vous ?

R : S'agissant du rapport que vous avez mentionné, je ne sais pas pourquoi il a été publié en ce moment, et je ne peux pas vous dire si les informations là-dedans sont précises et complètes. Par contre, je peux vous dire un chiffre. Selon les statistiques du Ministère chinois du Commerce, l'année dernière, les investissements américains réalisés en Chine ont augmenté de 52,6% en glissement annuel, ce qui montre que la Chine reste attractive pour les entreprises américaines.

Concernant le climat d'investissement en Chine, le porte-parole du Ministère du Commerce a présenté les informations concernées à plusieurs reprises, et nous nous sommes aussi exprimés là-dessus sur demande. En tant que pays en développement, la Chine ouvre grand et rapidement son marché, cela est connu de tous. En effet, elle est déjà l'une des économies en développement les plus ouvertes. Vous avez sans doute noté que le Conseil des Affaires d'État a récemment publié l'Avis sur les mesures d'élargissement de l'ouverture et d'utilisation active des capitaux étrangers, et avancé vingt mesures concrètes visant à créer énergiquement un climat d'affaires plus ouvert, plus commode et plus transparent et à introduire activement des investissements étrangers, ainsi que des technologies et expériences de gestion avancées, afin de promouvoir un nouvel élan d'ouverture vers l'extérieur à un plus haut niveau.

Hier, dans son allocution prononcée à la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, le Président Xi Jinping a indiqué clairement que la porte de la Chine resterait toujours grand ouverte au monde et ne se refermerait pas. Nous espérons aussi que les portes des différents pays s'ouvriront aux investisseurs chinois de manière équitable.

Q : Le 17 janvier à New Dehli, en évoquant les relations indo-chinoises dans son discours, le Premier Ministre indien Narendra Modi a fait savoir qu'en tant que deux grands pays voisins, l'Inde et la Chine avaient des divergences, en proposant aux deux parties d'afficher un sens de « sensibilité » et de respecter les préoccupations majeures et les intérêts vitaux de part et d'autre. Selon lui, ce n'est qu'en respectant la souveraineté des pays que les projets d'interconnexion régionale seront réalisés et les divergences, évitées. On voit bien qu'il parle du corridor économique sino-pakistanais. Comment y réagissez-vous ?

R : Nous avons pris note des propos concernés du Premier Ministre Narendra Modi. Ces dernières années, sous la direction forte des dirigeants des deux pays, les relations sino-indiennes ont maintenu un développement régulier dans l'ensemble et affichent toujours plus de potentialités. Il est très important pour les deux pays de maintenir un développement sain et stable de leurs relations bilatérales. Le développement partagé de la Chine et de l'Inde bénéficiera à la région et au monde et correspond aux intérêts communs des deux peuples. Dans le développement de ses relations avec l'Inde, la Chine s'en tient toujours au principe du respect des intérêts vitaux et des préoccupations majeures de part et d'autre, et œuvre activement au renforcement de la confiance mutuelle et à l'élargissement de la coopération. Il existe en effet des divergences et des problèmes concrets entre les deux pays. Comme nous l'avons affirmé à plusieurs reprises, nous entendons rester en contact avec la partie indienne, gérer adéquatement la situation, et trouver des solutions adéquates à travers les consultations amicales.

J'ai noté qu'en réalité le Premier Ministre Narendra Modi n'a pas mentionné le corridor économique sino-pakistanais dans son discours. La Chine œuvre toujours à développer des relations d'amitié et de coopération avec différents pays sur la base des Cinq Principes de la Coexistence pacifique, dont le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale. C'est aussi en suivant ces principes que nous faisons progresser la coopération dans différents domaines comme l'interconnexion régionale. Quant au corridor économique sino-pakistanais auquel vous vous intéressez, comme nous l'avons réaffirmé à plusieurs reprises, le corridor économique sino-pakistanais est un nouveau cadre de coopération établi par la Chine et le Pakistan en vue d'un développement à long terme de leur coopération dans différents domaines. Il revêt une signification majeure pour promouvoir l'interconnexion régionale et la coopération pragmatique économique et commerciale et contribue à la paix, à la stabilité et au développement dans la région. Il ne vise aucune tierce partie, ni n'affactera la position chinoise sur la question du Cachemire.

Q : Le Premier Ministre indien Narendra Modi a parlé du respect des intérêts vitaux de part et d'autre. L'année dernière, l'Inde s'est toujours plainte de la Chine, estimant que celle-ci lui a mis des battons dans les roues sur les questions comme son adhésion au Groupe des Fournisseurs nucléaires (GFN) et sa demande d'inscrire des noms sur la liste du Comité 1267 du Conseil de Sécurité. Cela est devenu une pierre d'achoppement pour les relations sino-indiennes. À votre avis, la Chine a-t-elle respecté les intérêts vitaux de la partie indienne ?

R : Je pense qu'il faut se mettre à la place de l'autre et voir cette question dans une vision globale par-dessus les détails. Le respect des intérêts vitaux et des préoccupations majeures de part et d'autre constitue un principe important dans le développement de nos relations avec l'Inde et les autres pays. Et nous l'avons toujours fait. Les parties chinoise et indienne estiment toutes qu'elles partagent des intérêts communs plus nombreux et plus grands. Face à certaines divergences concrètes, la clé est de trouver des solutions adéquates à travers les communications et concertations amicales.

Concernant l'adhésion de l'Inde au GFN et l'inscription des noms sur la liste du Comité 1267, cette question ne relève pas des questions bilatérales. L'adhésion de l'Inde au GFN concerne l'autorité du régime international de non-prolifération nucléaire basé sur le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). La Chine adopte une attitude responsable sur ce sujet. Notre position, c'est l'approche en « deux étapes », à savoir, trouver une solution non discriminatoire et applicable à tous les États non signataires du TNP d'abord, et ensuite sur cette base, discuter de la demande d'adhésion d'un État précis non signataire du TNP au GFN. Ce principe ne vise aucun pays, et a pour objectif de préserver l'autorité du régime international de non-prolifération nucléaire basé sur le TNP.

S'agissant de l'inscription des noms sur la liste du Comité 1267, nous avons fait savoir à plusieurs reprises que la proposition de la Chine de mettre de côté techniquement ce dossier a pour objectif de préserver l'autorité et l'authenticité de l'inscription des noms sur la liste du Comité. Cela est conforme aux résolutions du Conseil de Sécurité et aux règles de procédures du Comité et est un attitude responsable. En effet, nous sommes toujours en communication avec les parties concernées conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité et aux règles de procédures du Comité. Si nous donnons plus de temps aux parties concernées, c'est pour leur permettre des consultations plus poussées en vue de parvenir à un consensus.

Pour toutes ces raisons, ces deux questions ne doivent pas être un obstacle de la confiance mutuelle et de la coopération entre la Chine et l'Inde. Les deux parties doivent dépasser ces divergences concrètes, tenir compte des intérêts communs plus vastes entre les deux pays, prendre des mesures communes et maintenir des communications et consultations amicales pour trouver des solutions adéquates.

Q : Le Premier Ministre Narendra Modi a aussi évoqué dans son discours deux autres points : Premièrement, l'émergence de l'Inde et de la Chine bénéficie aux deux pays et au monde. Deuxièmement, le monde est de plus en plus multipolaire. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Nous apprécions les propos positifs du Premier Ministre Narendra Modi. Ces dernières années, les dirigeants chinois et indiens ont maintenu d'étroites communications. Lors de la visite du Premier Ministre indien en Chine l'année dernière, les dirigeants des deux parties ont eu des entretiens fructueux. Ils sont parvenus à un grand consensus et affirmé ensemble que les intérêts communs entre la Chine et l'Inde l'emportaient largement sur les divergences. La Chine et l'Inde sont toutes les deux membres des BRICS. L'année dernière, la Chine a appuyé l'organisation réussie du Sommet des BRICS à Goa, et cette année elle accueillera aussi un sommet des BRICS. Le développement partagé entre la Chine et l'Inde, ainsi que les bonnes relations sino-indiennes sont très importants pour le renforcement de la force des BRICS et de l'ensemble des pays en développement. Pour la Chine et l'Inde, deux plus grands pays en développement, maintenir les relations d'amitié et œuvrer ensemble pour un développement partagé revêtent une signification importante pour la promotion de la multipolarisation.

Q : Hier, dans son discours prononcé à la cérémonie d'ouverture de la Réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF), le Président Xi Jinping a dit que personne ne sortira vainqueur d'une guerre commerciale. Anthony Scaramucci, conseiller de Donald Trump, a affirmé plus tard que la nouvelle administration américaine ne souhaiterait pas entrer en guerre commerciale avec la Chine et espèrait établir des relations sino-américaines solides. Qu'en pensez-vous ?

R : Le discours prononcé hier par le Président Xi Jinping à la réunion annuelle du WEF à Davos est très important. Selon le Président Xi Jinping, nous devons développer résolument le libre-échange et l'investissement dans le monde, promouvoir la libéralisation et la facilitation du commerce et de l'investissement dans l'ouverture, et s'opposer sans équivoque au protectionnisme. Pratiquer le protectionnisme, c'est comme s'enfermer dans une salle obscure. Il semble que l'on se met à l'abri des vents et des pluies, mais en réalité on est isolé du soleil et de l'air. Personne ne sortira vainqueur d'une guerre commerciale.

Nous avons dit à plusieurs reprises que les relations économiques et commerciales sino-américaines sont de nature gagnant-gagnant, comme le démontrent pleinement le développement et les pratiques des relations sino-américaines pendant plus de quarante ans écoulés. La coopération économique et commerciale sino-américaine est bénéfique aux deux peuples et joue un rôle d'impulsion important pour le développement du commerce mondial. Récemment, US China Business Council (USCBC) a publié un rapport selon lequel le commerce bilatéral sino-américain a contribué à la création d'emploi aux États-Unis, amélioré les conditions de vie de la population américaine, et assuré aux États-Unis une position privilégiée dans la chaîne industrielle mondiale, en appelant la nouvelle administration américaine à intensifier les liens économiques et commerciaux avec la Chine. C'est un exemple très parlant. J'ai constaté aussi que récemment, de nombreuses personnalités américaines et d'autres pays des différents milieux ont exprimé leur forte volonté de s'opposer au protectionnisme en matière de commerce et d'investissement et de renforcer la coopération économique et commerciale libre et équitable. La Chine continuera à maintenir sa porte ouverte pour accueillir les investissements étrangers. Elle espère aussi que les autres pays pourront ouvrir leurs portes aux investisseurs chinois et créer un environnement équitable, juste, transparent et ouvert pour le commerce et l'investissement.

Q : Première question, nous avons noté que le Vice-Ministre des Affaires étrangères Liu Zhenmin a rencontré hier le Secrétaire permanent du Ministère singapourien des Affaires étrangères à Singapour et qu'ils ont convenu de tenir la réunion de la Commission conjointe pour la coopération bilatérale entre la Chine et Singapour le mois prochain. La Chine envisagera-t-elle de restituer à Singapour les neuf véhicules blindés saisis à Hong Kong avant ou après cette réunion ? Quels sont les facteurs de considération sur cette question à l'heure actuelle ? Deuxième question, You Xikun, ancien chef du corps législatif de Taiwan, assistera à la cérémonie d'investiture du Président élu américain Donald Trump. Comment y réagissez-vous ? Avez-vous eu des contacts avec l'équipe de Donald Trump là-dessus ? Troisième question, hier, la Première Ministre britannique s'est exprimée au sujet du « Brexit », quel est votre commentaire à cet égard ? Comment voyez-vous les perspectives des relations sino-britanniques ?

R : Sur la première question, le 17 janvier, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Liu Zhenmin et le Secrétaire permanent du Ministère singapourien des Affaires étrangères Chee Wee Kiong ont tenu les 10es consultations diplomatiques à Singapour. Les deux parties ont échangé des vues sur les relations bilatérales, la coopération régionale en Asie de l'Est et les questions régionales et internationales d'intérêt commun. La réunion de la Commission conjointe pour la coopération bilatérale entre la Chine et Singapour que vous avez mentionnée est un nouveau mécanisme de coopération de haut niveau entre les deux pays. Les deux parties restent en étroites communications sur la tenue d'une réunion de la commission à un moment convenable. La réunion n'a rien à voir avec la question des blindés. Comme je l'ai dit hier en répondant à la question des médias de Taiwan, le gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong est en train de traiter cette affaire en vertu des lois et des règlements y relatifs.

Concernant la deuxième question, notre position est très claire. La Chine s'oppose à ce que l'autorité de Taiwan envoie quiconque aux États-Unis pour des activités qui perturbent et sabotent les relations sino-américaines, sous quelque prétexte que ce soit. Nous exhortons encore une fois les parties concernées des États-Unis à ne pas autoriser la participation de la soi-disant délégation envoyée par l'autorité de Taiwan à la cérémonie d'investiture du Président américain, et à s'abstenir de tout contact officiel avec Taiwan. Nous avons déjà fait passer notre position aux autorités administratives américaines et à l'équipe du Président élu Donald Trump.

S'agissant de la troisième question, j'y ai déjà répondu tout à l'heure. Nous avons pris note du discours prononcé par la Première Ministre Theresa May hier. Nous suivons de près le déroulement et les perspectives des négociations entre le Royaume-Uni et l'UE et espérons que les deux parties pourront parvenir à un accord gagnant-gagnant à travers les négociations. Soutenant depuis toujours le processus de l'intégration européenne et attachant une grande importance au rôle et à la place du Royaume-Uni, nous entendons continuer à renforcer la coopération pragmatique mutuellement bénéfique dans différents domaines avec la partie britannique.

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