Conférence de presse du 6 février 2017 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2017/02/06

Q : Trois ressortissants et deux entreprises chinoises figurent sur la liste de nouvelles sanctions prises par les États-Unis contre l'Iran. L'une de ces deux entreprises a fait savoir qu'elle n'avait jamais pris part à une transaction illégale, et n'avait pas de relations d'affaires avec l'Iran pendant les trois années écoulées. Quelle est votre réaction ? La Chine fera-t-elle des représentations auprès de la partie américaine ?

R : J'ai aussi noté la déclaration faite par l'entreprise chinoise concernée.

S'agissant du fait que des établissements et des individus chinois sont concernés par les nouvelles sanctions prises par les États-Unis contre l'Iran, nous avons déjà fait des représentations auprès de la partie américaine. Sur la question des sanctions, la Chine s'oppose toujours à toute sanction unilatérale. Le recours arbitraire aux sanctions unilatérales, notamment quand cela nuit aux intérêts d'une tierce partie, n'aidera ni au renforcement de la confiance mutuelle entre les différentes parties, ni à la coopération et aux efforts des parties concernées pour trouver une solution commune à certaines questions internationales.

Q : Vendredi dernier, l'armée américaine a affirmé avoir lancé près d'Hawaï un missile qu'elle avait développé conjointement avec la partie japonaise et avoir réussi à intercepter un missile de moyenne portée. Selon l'armée américaine, cet essai réussi, très important tant pour les États-Unis que pour le Japon, permettra de renforcer leur système de défense antimissile dans le monde. Vu que la Chine s'oppose vivement au projet américain de déploiement du système antimissile THAAD en République de Corée, et qu'elle considère le Traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et le Japon comme un résultat de la guerre froide, comment réagissez-vous à cet essai ?

R : Nous estimons toujours que la question antimissile concerne la stabilité stratégique mondiale et la confiance mutuelle entre les grands pays, doit être gérée de manière prudente. Les différents pays doivent tenir compte de leurs intérêts sécuritaires et respecter en même temps les préoccupations des autres pays en la matière. Ils ont à poursuivre les principes de la préservation de la stabilité stratégique mondiale et de la non-diminution de la sécurité des différents pays, et à créer ensemble un environnement sécuritaire international marqué par la paix, la stabilité, l'égalité, la confiance mutuelle, la coopération et le gagnant-gagnant.

Quant à la question du THAAD, vous avez raison. Notre position n'a pas varié et ne variera pas. Nous nous opposons fermement au déploiement par les États-Unis et la République de Corée du système antimissile THAAD en République de Corée.

Q : Nous suivons tous de près l'affaire de M. Wang Qi, ce vieux vétéran chinois qui vit actuellement en Inde et souhaite retourner en Chine pour rejoindre sa famille. Pourriez-vous donner davantage d'informations ? Qu'a fait la partie chinoise pour l'aider à rentrer rapidement ?

R : Nous constatons que ces derniers temps cette question est suivie de près par les médias. Nous avons déjà présenté les efforts déployés par l'Ambassade de Chine en Inde ces dernières années. Comme vous avez sans doute remarqué dans les reportages, l'Ambassadeur de Chine en Inde Luo Zhaohui a eu M. Wang Wi au téléphone dernièrement.

Ces dernières années, l'Ambassade de Chine en Inde reste toujours en contact avec M. Wang Qi et œuvre inlassablement pour qu'il puisse rejoindre sa famille en Chine. Elle a travaillé auprès de la partie indienne pour que les formalités d'entrée et de sortie soient remplies à temps. En 2013, l'Ambassade de Chine en Inde lui a délivré un passeport valable pour dix ans, et depuis, lui accorde chaque année quelques aides. Nous sommes convaincus que grâce aux efforts communs entre la Chine et l'Inde et sur la base du respect de la volonté de l'intéressé, cette affaire pourra être résolue de façon satisfaisante.

Q : Vous venez de présenter les informations concernant M. Wang Qi et les efforts faits par la Chine pour son retour dans le pays. Vu que M. Wang Qi a une famille et des petits-enfants en Inde, envisagez-vous de faire venir sa famille en Chine ?

R : Je vous renvoie au site web de l'Ambassade de Chine en Inde et à la prise de position de l'Ambassadeur de Chine en Inde Luo Zhaohui lors de sa conversation téléphonique avec M. Wang Qi. Je tiens à réaffirmer que nous sommes convaincus qu'avec les efforts communs entre la Chine et l'Inde, notamment sur la base du respect de la volonté de M. Wang Qi lui-même, cette affaire aura une issue heureuse. Maintenant, le gouvernement chinois et l'Ambassade de Chine en Inde restent non seulement en contact avec M. Wang Qi et sa famille, mais aussi en étroite coordination avec la partie indienne.

Q : Selon des informations, le 4 février, un accident s'est produit sur le site de travaux d'un puits aveugle de Wenzhou Mine Working Co. Ltd en Albanie. Veuillez présenter les informations concernées et le travail fait par la partie chinoise.

R : Le 4 février, au soir, heure de Beijing, un coup de grisou est survenu dans une mine de chrome de Wenzhou Mine Working Co. Ltd à Bulqize en Albanie. Parmi les mineurs chinois, il y a eu un blessé et trois bloqués dans le puits.

Après l'accident, l'Ambassade de Chine en Albanie a immédiatement activé le dispositif de crise. Elle a travaillé auprès des départements albanais concernés pour que les forces de secours professionnel soient dépêchées sans tarder. Elle a par ailleurs demandé à l'entreprise concernée de tout faire pour sauver les Chinois bloqués sous la mine et a envoyé rapidement un groupe de travail sur place pour coordonner l'opération de secours.

Le Ministère des Affaires étrangères et notre Ambassade en Albanie resteront très attentifs à l'évolution de la situation, coopèreront avec les départements chinois concernés et travailleront activement en coordination avec la partie albanaise et l'entreprise concernée pour mener à bien les secours et d'autres questions liées à l'accident.

Q : Lors d'une récente visite au Japon, le Secrétaire américain à la Défense James Mattis a affirmé que la partie américaine ne pense pas nécessaire pour le moment de multiplier les mouvements militaires d'envergure en Mer de Chine méridionale. Il a estimé pourtant que les actes de la Chine en Mer de Chine méridionale portent atteinte à la confiance mutuelle entre les pays de la région. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Je suis sûr que vous connaissez très bien la situation actuelle en Mer de Chine méridionale et la position chinoise. Il n'y avait pas de trouble en Mer de Chine méridionale. Grâce aux efforts communs de la Chine et des autres pays riverains concernés, la situation en Mer de Chine méridionale est actuellement de nouveau sur la bonne voie, celle du dialogue et des consultations entre les parties directement concernées pour le contrôle et la gestion des divergences, et des efforts communs de la Chine et des pays de l'ASEAN pour la préservation de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région. Comme nous l'avons dit, cela correspond aux intérêts communs de tous les pays de la région. Nous espérons aussi que les pays hors région pourront respecter les intérêts communs et la volonté partagée des pays de la région.

Le Secrétaire américain à la Défense James Mattis a fait savoir que les États-Unis estiment qu'ils n'ont besoin de multiplier les mouvements militaires d'envergure et que les questions concernées doivent être réglées par les canaux diplomatiques. Nous sommes aussi d'avis que les questions concernées doivent être réglées par les parties directement concernées par voie diplomatique, et que les divergences doivent être contrôlées et gérées à travers les consultations et les négociations. C'est ce que nous apprécions dans ses propos.

Q : Selon des informations, Tokyo Electric Power Company Holdings Inc. (Tepco), après avoir analysé les images de vidéo filmée à l'intérieur du réacteur 2 de la centrale nucléaire Fukushima Daichii, a fait savoir que le niveau de radiation à l'intérieur de l'enceinte de confinement du réacteur 2 aurait atteint 530 sieverts par heure, et qu'une exposition en seulement quelques dizaines de secondes pourrait être mortelle. Est-ce que la Chine en est préoccupée ? Est-ce que cela affectera les voyages des Chinois au Japon ?

R : Nous avons pris note des informations concernés. Nous suivons toujours de très près les conséquences de l'accident nucléaire de Fukushima. Nous avons demandé à plusieurs reprises au gouvernement japonais de bien gérer l'affaire et la suite. Je suis convaincu que tout gouvernement responsable reste toujours très attentif aux fuites radioactives de Fukushima et leurs impacts sur l'environnement maritime, la sécurité des aliments et la santé humaine. Nous espérons que le gouvernement japonais pourra donner une explication responsable sur les mesures à prendre pour éliminer effectivement les impacts de l'accident nucléaire. Cela est un geste responsable non seulement à l'égard du peuple japonais, mais aussi à l'égard des populations des pays voisins et de la communauté internationale.

Le Ministère des Affaires étrangères a donné des consignes de sécurité. Nous sommes convaincus que les citoyens chinois sauront programmer adéquatement leurs voyages et prendre des mesures de prévention.

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