Conférence de presse du 13 mars 2017 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2017/03/13

Q : Aujourd'hui, la République de Corée et les États-Unis ont débuté leurs exercices militaires conjoints « Key Resolve ». Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté ces informations, et nous suivons de près l'évolution de la situation dans la péninsule coréenne. Nous estimons depuis toujours que la préservation de la paix et de la stabilité dans la péninsule coréenne et en Asie du Nord-Est correspond aux intérêts communs et relève de la responsabilité commune de toutes les parties concernées. À l'heure actuelle où la situation dans la péninsule est hautement sensible et complexe, nous espérons que les parties concernées œuvreront davantage en faveur de l'apaisement de la tension et de la préservation de la paix et de la stabilité dans la région, au lieu d'agir dans le sens contraire.

La semaine dernière, le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a avancé, lors de sa conférence de presse en marge des sessions annuelles de l'APN et de la CCPPC, les propositions dites « suspension contre suspension » et « approche à double voie » pour régler la question de la péninsule coréenne. L'initiative « suspension contre suspension » vise justement à apaiser les tensions actuelles dans la péninsule et à réaliser une percée en vue de la reprise du dialogue et des consultations. L' « approche à double voie » a, quant à elle, pour objectif de faire avancer le processus de dénucléarisation de la péninsule et de réaliser la paix et la stabilité durables dans la péninsule et dans la région. Ces propositions de la Chine reflètent la réalité de la question de la péninsule coréenne, s'attaquent aux points cruciaux des problèmes actuels, prennent en compte les préoccupations les plus urgentes des différentes parties, et vont dans le sens des efforts des résolutions relatives à la RPDC du Conseil de Sécurité. Nous estimons ainsi que ces propositions sont objectives, équitables, pertinentes et réalistes. Nous espérons que les parties concernées pourront avoir à l'esprit l'objectif général de préserver la paix et la stabilité dans la péninsule et de réaliser la dénucléarisation de la péninsule, étudier attentivement les propositions de la Chine et y apporter des réponses constructives.

Q : Pourriez-vous nous présenter le programme de la visite en Chine du Roi saoudien, y compris ses rencontres, entretiens et autres activités prévues ?

R : Sur l'invitation du Président Xi Jinping, le Roi Salman d'Arabie saoudite effectuera une visite d'État en Chine du 15 au 18 mars. Durant sa visite, il s'entretiendra avec le Président Xi Jinping, et rencontrera respectivement le Premier Ministre Li Keqiang et le Président du Comité permanent de l'APN Zhang Dejiang. Les dirigeants des deux pays échangeront leurs vues sur les relations sino-saoudiennes et d'autres questions d'intérêt commun.

En janvier 2016, durant la visite d'État du Président Xi Jinping en Arabie saoudite, la Chine et l'Arabie saoudite ont établi un partenariat stratégique global, insufflant une nouvelle dynamique au développement des relations bilatérales dans la nouvelle époque. En août dernier, le Comité conjoint de haut niveau sino-saoudien, copiloté par le Vice-Premier Ministre Zhang Gaoli et le Vice-Prince héritier Mohammed, s'est réuni pour la première fois à Beijing. La Chine est très attachée à ses relations d'amitié et de coopération avec l'Arabie saoudite, et elle entend saisir l'occasion offerte par cette visite du Roi Salman pour promouvoir le développement du partenariat stratégique global sino-saoudien à un niveau plus élevé et de manière plus approfondie.

Q : Selon des sources d'information, la RPDC s'apprêterait à effectuer son sixième essai nucléaire, dont l'envergure serait plus de dix fois plus importante que le précédent. Est-ce que la Chine est au courant de ce projet d'essai nucléaire ? Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : J'ai noté ces informations. L'opposition de la Chine aux essais nucléaires de la RPDC est claire et constante. Actuellement, la situation dans la péninsule coréenne est hautement complexe et sensible, tout geste susceptible d'aggraver les tensions dans la péninsule est à éviter. Nous espérons que les différentes parties concernées feront preuve de sang-froid et de retenue, assumeront leurs responsabilités et se garderont de prendre toute initiative susceptible de se provoquer les uns les autres ou d'attiser les tensions.

Q : Premièrement, dans une interview accordée à Phoenix TV, le Président syrien Bashar al-Assad a fait savoir que les services de renseignement chinois et syriens travaillent ensemble à combattre les terroristes ouïgours. Pourriez-vous le confirmer ? Où en est la coopération antiterroriste entre les deux pays ? Qu'attendez-vous de la promotion de la coopération antiterroriste avec la Syrie ? Deuxièmement, le Ministre vietnamien des Affaires étrangères a publié une déclaration invitant la Chine à cesser d'envoyer des bateaux de plaisance aux îles Xisha. Quels sont vos commentaires là-dessus ? Troisièmement, pourriez-vous nous présenter les dernières informations sur les conflits dans le nord du Myanmar ? Combien de frontaliers du Myanmar ont-ils été jusqu'ici installés au Yunnan ? Un Chinois serait décédé dans les conflits du nord du Myanmar, pourriez-vous nous donner plus d'informations là-dessus ?

R : Concernant votre première question, j'ai vu ces reportages, mais je ne dispose pas plus d'information y relative. Ce que je pourrais vous dire comme position de principe, c'est que depuis toujours, la Chine s'oppose fermement à toute forme de terrorisme, et entend renforcer la coopération avec toutes les parties concernées dont la Syrie, afin de combattre les activités transfrontalières des terroristes du « Mouvement islamique du Turkestan oriental », et de préserver ensemble la sécurité et la stabilité sur les plans national et régional.

Concernant votre deuxième question, je n'ai pas vu les informations que vous avez évoquées et j'ai besoin de les vérifier. Cependant, une chose est certaine, les îles Xisha font partie intégrante du territoire chinois.

Quant à votre troisième question, la semaine dernière, mon collègue a déjà donné, sur demande, des informations sur les conflits dans le nord du Myanmar, et je n'ai pas d'information supplémentaire à vous donner pour le moment. Au sujet d'un professeur bénévole chinois qui aurait malheureusement trouvé la mort dans les conflits à Kokang, nous sommes en train de nous renseigner et de vérifier. J'aimerais indiquer que la Chine attache une grande attention au fait que les conflits dans le nord du Myanmar font des victimes chinoises, et nous avons fait des représentations solennelles auprès du Myanmar. Nous exhortons vivement les parties aux conflits à mettre fin immédiatement aux hostilités, à restaurer rapidement l'ordre normal dans la région frontalière, et à préserver effectivement la sécurité et les droits et intérêts légitimes des ressortissants et des établissements chinois au Myanmar. Vu la situation actuelle, le Ministère chinois des Affaires étrangères et le Consulat général de Chine à Mandalay ont appelé les citoyens chinois à éviter de se rendre dans les zones en conflits du nord du Myanmar, et les ressortissants chinois sur place, à évacuer cette zone le plus rapidement possible.

Q : Selon des sources d'information, le Chili tiendra bientôt un Dialogue de haut niveau sur les initiatives d'intégration dans la région Asie-Pacifique. Qui représentera la Chine à ce Dialogue, et qu'attendez-vous de cette réunion ?

R : Sur l'invitation du Chili, pays assurant la présidence tournante de l'Alliance du Pacifique, le Représentant spécial du gouvernement chinois pour les affaires latino-américaines Yin Hengmin participera, à la tête d'une délégation chinoise, au Dialogue de haut niveau sur les initiatives d'intégration dans la région Asie-Pacifique les 14 et 15 mars au Chili.

J'aimerais indiquer que ce Dialogue est une réunion de haut niveau entre l'Alliance du Pacifique et les pays d'Asie-Pacifique sur l'intégration économique régionale en Asie-Pacifique, et il sera l'occasion d'un large échange de vues sur la coopération régionale en Asie-Pacifique pour la prochaine étape. Contrairement à ce que prétendent certains médias, il ne s'agit pas d'une réunion du TPP. Nous espérons que ce Dialogue apportera une contribution à la promotion du processus de la zone de libre-échange en Asie-Pacifique (FTAAP), à la construction d'une économie ouverte et à l'intégration économique régionale en Asie-Pacifique. La position de la Chine sur le TPP n'a pas changé.

Q : Dans son interview à Phoenix TV, le Président syrien Bashar al-Assad a aussi affirmé que les terroristes ouïgours venus du Xinjiang sont tous entrés en Syrie en passant par la Turquie. Combien de terroristes ouïgours y a-t-il en Syrie ? En avez-vous discuté avec la Turquie ?

R : Je ne dispose pas de chiffre exact sur cette question que vous mentionniez. Comme nous l'avons indiqué à plusieurs reprises en répondant aux questions, les activités transfrontalières des terroristes du « Mouvement islamique du Turkestan oriental » nuisent non seulement à la sécurité nationale de la Chine, mais aussi à la sécurité des pays et des régions concernés. Nous espérons travailler avec les pays concernés dont la Syrie et la Turquie à renforcer la communication et la coopération pour briser la circulation transfrontalière des terroristes et préserver ensemble la sécurité et la stabilité dans la région.

Q : Le Secrétaire d'État américain Rex Tillerson se rendra en visite en Chine cette semaine, veuillez nous présenter son programme. Quels seront les sujets dont les deux parties discuteront en priorité ?

R : Vous accordez tous une grande attention au programme et aux sujets d'entretiens de la visite en Chine du Secrétaire d'État Rex Tillerson. Nous publierons en temps opportun des informations que vous pourrez continuer à suivre.

Q : Selon des sources d'information, le 9 mars, dans la ville allemande de Wiesent, s'est tenue la cérémonie d'inauguration de la première statue en Europe de « femme de réconfort ». Le 10 mars, le Ministre japonais des Affaires étrangères Fumio Kishida a dit que le Japon était très déçu par de tels événements en Allemagne et aux États-Unis qui vont à l'encontre de la position du Japon. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté ces informations. Comme nous l'avons indiqué maintes fois, l'enrôlement par la force des « femmes de réconfort » est un grave crime contre l'humanité commis par les militaristes japonais contre les peuples des pays victimes durant la Seconde Guerre mondiale, les preuves sont irréfutables. Nous espérons que la partie japonaise regardera en face les préoccupations des pays concernés et de la communauté internationale, et traitera adéquatement les questions concernées avec une attitude responsable.

J'aimerais aussi souligner que, tout comme les nombreux musées et mémoriaux de l'Holocauste présents aux États-Unis et un peu partout dans le monde, les statues de « femmes de réconfort » ont la même et unique vocation : rappeler le devoir de mémoire. Certaines personnalités japonaises tentent non seulement d'entretenir le flou en parlant de l'Histoire, mais aussi tiennent des propos déplacés ou font obstruction arbitrairement aux actes légitimes des autres pays visant à garder le souvenir du passé. Ces tentatives méritent en soi un examen de conscience du peuple japonais et appellent la vigilance de tout le monde.

Q : Selon des sources d'information, l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) pourrait accepter l'adhésion du Pakistan et de l'Inde comme membres à part entière au Sommet d'Astana. Quel impact cela aura-t-il sur la coopération régionale et sur les relations entre le Pakistan et l'Inde ?

R : Lors du Sommet de Tachkent en 2016, un mémorandum portant sur les engagements à remplir par l'Inde et le Pakistan en vue d'obtenir le statut d'État membre à l'OCS a été signé. Actuellement, les procédures juridiques sont en cours chez les parties concernées conformément aux dispositions du mémorandum. La Chine souhaite voir l'adhésion rapide de l'Inde et du Pakistan en tant que membre à part entière, pour qu'ils travaillent ensemble avec les membres actuels à contribuer à la sécurité, à la stabilité, au développement et à la prospérité partagés dans la région.

L'Inde et le Pakistan sont tous voisins importants de la Chine et pays importants en Asie du Sud. Nous espérons que les deux parties pourront accroître la confiance mutuelle et améliorer leurs relations à travers le renforcement du dialogue, car cela profite non seulement aux deux pays, mais aussi à la prospérité et au développement dans la région.

Q : La Turquie a exprimé plusieurs fois son souhait de renforcer la coopération avec l'OCS. Comment y répondez-vous ?

R : L'OCS poursuit le principe d'ouverture et attache beaucoup d'importance à la coopération avec les pays observateurs et les partenaires de dialogue. La Turquie est un pays important de la région eurasiatique et un partenaire de dialogue de l'OCS. La Chine travaillera avec les autres membres sur la base du consensus pour étudier ensemble le souhait de la Turquie d'approfondir la coopération avec l'OCS.

Q : Combien de dirigeants étrangers ont-ils confirmé leur présence au Forum sur l'initiative « Ceinture et Route » pour la coopération internationale ?

R : La Chine organisera le Forum sur l'initiative « Ceinture et Route » pour la coopération internationale en mai prochain à Beijing. Il s'agit d'un grand événement international pour les différentes parties de planifier et de construire ensemble l'initiative « Ceinture et Route » et de partager ensemble les fruits de la coopération mutuellement bénéfique, et aussi d'une plate-forme importante pour renforcer la coopération internationale et coordonner les stratégies de développement. Le Ministre Wang Yi a déjà présenté les informations y relatives lors de sa conférence de presse de la semaine dernière. Le Forum sera composé d'une table ronde des dirigeants et d'un dialogue de haut niveau. Nous envisageons d'inviter environ 25 dirigeants étrangers à la table ronde, et quelque 1 200 délégués chinois et étrangers des différents milieux au dialogue de haut niveau. Plus de 20 dirigeants étrangers ont confirmé leur présence, et les travaux relatifs à l'invitation au dialogue de haut niveau se déroulent sans encombre. Nous attendons de coopérer avec toutes les parties en vue d'assurer le succès du Forum et d'insuffler une nouvelle dynamique à la construction de l'initiative « Ceinture et Route ».

Q (du même journaliste) : De combien de pays ces 1 200 délégués étrangers viennent-ils ?

R : Je ne dispose pas de chiffre exact pour l'instant. Ils viendront sûrement des pays riverains de l'initiative « Ceinture et Route » ou d'autres pays concernés.

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