Conférence de presse du 16 mars 2017 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2017/03/16

Q : Selon des sources d'information, des officiels chinois ont tenu une réunion il y a quelques jours à Kunming avec des dirigeants de quatre groupes armés du nord du Myanmar. Pourriez-vous le confirmer et nous en présenter des informations ? Le gouvernement du Myanmar est-il d'accord pour tenir cette réunion ?

R : La situation dans le nord du Myanmar touche à la paix et à la tranquillité à la frontière Chine-Myanmar. Les conflits dans la région de Kokang ont porté gravement atteinte à la sécurité de la zone frontalière chinoise. Nous demandons aux parties concernées du Myanmar de cesser immédiatement les hostilités, d'éviter l'escalade du conflit et de rétablir rapidement l'ordre dans la région frontalière. Nous appelons une fois de plus les parties concernées à régler pacifiquement les divergences par le dialogue et les consultations.

La Chine respecte la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale du Myanmar, et soutient le processus de paix au Myanmar. Comme le souhaite le Myanmar, la Chine joue un rôle constructif dans le processus de paix pour promouvoir la réconciliation et les négociations. Depuis l'éclatement des conflits dans la région de Kokang, la Chine a beaucoup travaillé dans ce sens à travers les canaux existants, y compris les contacts entre l'Envoyé spécial du Ministère chinois des Affaires étrangères pour les affaires asiatiques et les parties concernées du Myanmar, dans l'objectif de favoriser l'apaisement rapide de la situation et de préserver la paix et la stabilité à la frontière Chine-Myanmar.

Q : Ces derniers jours, The New York Times a publié plusieurs articles, détails et chiffres à l'appui, disant que plus de six ans après le tremblement de terre à Fukushima, au Japon, le problème des déchets nucléaires reste encore à résoudre. Hier, dans son émission « Soirée du 15 mars » à l'occasion de la Journée des droits des consommateurs, CCTV a dévoilé l'entrée sur le marché chinois d'aliments japonais produits dans les zones contaminées. Comment le voyez-vous ?

R : Concernant l'entrée sur le marché chinois de produits en provenance des zones contaminées japonaises révélée hier dans l'émission « Soirée du 15 mars », je suis convaincue que les autorités compétentes chinoises pour l'inspection des aliments et la quarantaine traiteront cette question conformément à la loi pour assurer la sécurité sanitaire des aliments et la santé de la population en Chine.

Nous suivons toujours de près la fuite nucléaire à Fukushima et ses impacts. J'ai noté que des médias japonais en avaient beaucoup parlé à l'occasion du 6e anniversaire de l'accident nucléaire de Fukushima, estimant que le gouvernement japonais manque de moyens efficaces pour traiter l'eau et la terre contaminées et les déchets radioactifs, que l'eau contaminée évacuée dans la mer menace le milieu marin et la santé de la population, que les autorités tardent à prendre des mesures pertinentes, qu'il manque de transparence de l'information, et que des statistiques sont peu convaincantes sur la sécurité sanitaire des aliments.

Je voudrais indiquer que la fuite nucléaire à Fukushima et ses impacts non seulement mettent directement en jeu la sécurité des Japonais, mais aussi affectent les pays voisins dans la région, y compris la Chine. Il est regrettable que durant les six dernières années, le gouvernement japonais ait cherché à garder le silence ou à tenir des propos évasifs sur cette question sans jamais donner de réponse explicite et rassurante face aux préoccupations à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Nous exhortons une fois de plus le gouvernement japonais à adopter une attitude hautement responsable envers les intérêts communs de la communauté internationale, à s'acquitter de ses obligations internationales, à communiquer des informations exactes et fiables en temps opportun et à s'abstenir de tout acte susceptible de nuire à la sécurité du milieu marin et à la santé de la population des autres pays.

Q : Le Ministère chinois des Affaires étrangères publiera-t-il un avis aux voyageurs ?

R : Le Ministère des Affaires étrangères a publié en 2011 des avis aux voyageurs qui restent toujours valables. Nous espérons que les citoyens chinois programmeront adéquatement leurs voyages et assureront leur propre sécurité.

Q : Selon des sources d'information, les Forces japonaises d'autodéfense enverront leur plus grand destroyer Izumo en Mer de Chine méridionale et dans l'océan Indien pour des exercices militaires conjoints. Selon certains, le Japon cherche, par ce geste, à renforcer son intervention sur le plan militaire en Mer de Chine méridionale pour soutenir les autres pays revendicateurs de la Mer de Chine méridionale. Comment y répondez-vous ?

R : Depuis l'année dernière, grâce aux efforts conjugués de la Chine et des pays de l'ASEAN, la situation en Mer de Chine méridionale est devenue de plus en plus stable. Les pays concernés hors de la région doivent respecter les efforts qu'ont déployés les pays de la région pour préserver la paix et la stabilité en Mer de Chine méridionale.

Ces derniers temps, pour ses intérêts égoïstes, le Japon n'a cessé de semer la discorde, de fomenter des troubles et de saboter la stabilité en Mer de Chine méridionale. Cela a suscité le vif mécontentement et la ferme opposition du peuple chinois. Si le Japon continue de le faire, et même cherche à s'intervenir militairement en Mer de Chine méridionale, à saboter la souveraineté et la sécurité de la Chine et à aggraver les tensions dans la région, la Chine y répondra avec des actions fermes.

Je voudrais rappeler une fois de plus le Japon qu'il n'est pas pays directement concerné de la question de la Mer de Chine méridionale et qu'il a un passé honteux d'occupation des îles Xisha et des îles Nansha de la Chine durant la guerre d'agression contre la Chine. Le Japon doit procéder à un examen de conscience sur l'histoire, faire preuve de prudence en paroles et en actes, et s'abstenir de provoquer des troubles en Mer de Chine méridionale et de compromettre la paix et la stabilité régionales.

Q : Le Secrétaire d'État américain Rex Tillerson effectuera une visite en Chine ce week-end. Quels sont les sujets qu'aborderont les deux parties ? La question nucléaire de la péninsule coréenne sera-t-elle abordée ? Quels sont les messages que la Chine enverra aux États-Unis ?

R : Sur l'invitation du Ministre des Affaires étrangères Wang Yi, le Secrétaire d'État américain Rex Tillerson viendra en visite en Chine les 18 et 19 mars. Actuellement, les deux parties sont en étroite communication sur l'organisation des entrevues.

J'ai noté que selon des médias, la question de la péninsule coréenne serait un sujet prioritaire pour le Secrétaire d'État Rex Tillerson durant sa visite en Chine. Je voudrais dire que, ces derniers temps, nous avons exprimé à plusieurs reprises nos inquiétudes face à l'escalade des tensions dans la péninsule coréenne, et avancé l'idée de « suspension contre suspension » et l'« approche à double voie », pour sortir la péninsule de l'« impasse de sécurité » actuelle, répondre aux préoccupations de toutes les parties d'une manière synchronisée et réciproque, et chercher finalement à réaliser la paix et la stabilité durables dans la péninsule. La proposition de la Chine saisit la clé de la question, tient compte des préoccupations légitimes de toutes les parties et répond aux exigences des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de l'ONU. C'est une proposition juste, raisonnable, objective et impartiale. Nous espérons que les parties concernées réfléchiront sérieusement sur cette proposition et donneront des réponses constructives.

La Chine et les États-Unis restent en étroite communication sur la question de la péninsule coréenne. Nous serons heureux de voir les différentes parties, y compris les États-Unis, avancer leurs propositions pour régler cette question. Nous sommes ouverts à toutes les propositions favorables à l'apaisement des tensions dans la péninsule, à la préservation de la paix et de la stabilité régionales, et au retour de la question nucléaire de la péninsule coréenne sur la bonne voie du règlement pacifique par le dialogue.

Q : Le 15 mars, le sénateur philippin Antonio Trillanes IV a déposé une motion au Sénat des Philippines, demandant à ouvrir une enquête officielle sur la décision du Président philippin Rodrigo Duterte d'autoriser les navires chinois de recherche scientifique à se rendre au large du plateau de Benham. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : La Chine a présenté à plusieurs reprises la position sur cette question ces derniers jours. Il est regrettable que certaines personnes aux Philippines continuent de dénaturer les faits et de tromper le public.

Je tiens à souligner une fois de plus que la Chine respecte pleinement les droits des Philippines sur le plateau continental de Benham, et elle n'a jamais défié ces droits. En fin d'année dernière, des navires chinois de recherche scientifique ont navigué dans les eaux au nord-est de l'île Luzon, aux Philippines. Les navires chinois jouissent de la liberté de navigation et du droit de passage inoffensif en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et d'autres documents juridiques internationaux. Les propos selon lesquels les navires chinois procèdent à des opérations ou à d'autres activités au large du plateau de Benham sont sans fondement.

À l'heure actuelle, grâce aux efforts conjugués de la Chine et des Philippines, les relations sino-philippines affichent un bon élan de développement et la coopération pragmatique bilatérale progresse rapidement dans divers domaines. Cela est dans l'intérêt commun des deux pays et des deux peuples et répond à l'aspiration commune des pays de la région, et de la majorité des pays du monde qui sont épris de paix. Nous espérons que les personnes concernées aux Philippines travailleront effectivement pour les intérêts du pays et du peuple et s'abstiendront de créer des obstacles au développement des relations sino-philippines.

Q : Le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a avancé la proposition de « suspension contre suspension » la semaine dernière. Mais les États-Unis insistent pour que la RPDC prenne d'abord des actions concrètes pour réduire son arsenal nucléaire. Le Secrétaire d'État Rex Tillerson sera le premier officiel de haut rang de l'administration Trump à effectuer une visite en Chine, et la question nucléaire de la péninsule coréenne sera au centre des discussions bilatérales. De plus, le Président Xi Jinping rencontrera prochainement le Président Donald Trump. Est-ce que la Chine entend modifier sa proposition pour faire avancer le règlement de la question de la péninsule ?

R : La question nucléaire de la péninsule coréenne a duré depuis des années. Les États-Unis insistent pour que la RPDC abandonne d'abord son programme nucléaire, alors que la RPDC exige que les États-Unis cessent d'abord les manœuvres militaires de grande ampleur visant la RPDC. Aucune des deux parties ne cède à l'autre. Comme l'a dit le Ministre Wang Yi lors de la conférence de presse pendant les deux sessions annuelles, sont-elles vraiment prêtes pour une collision frontale ? Chacun sait que pour se mettre à la table de négociations et parvenir à un compromis, toutes les deux parties ont à reculer d'un pas. La proposition de « suspension contre suspension » avancée par la Chine tient compte des préoccupations de sécurité légitimes de toutes les parties dans les circonstances actuelles et vise à régler au plus tôt l'actuel problème de sécurité de la péninsule. Cette proposition est objective, impartiale, juste et raisonnable et est peut-être la seule solution valable dans le contexte actuel. Bien sûr, si les États-Unis ou les autres parties ont de meilleures pistes ou propositions, ils pourront les avancer. Nous adoptons une attitude ouverte et constructive à l'égard de toutes les propositions qui aident à apaiser les tensions actuelles dans la péninsule et à ramener toutes les parties sur la bonne voie de règlement pacifique de la question nucléaire de la péninsule coréenne par le dialogue. L'essentiel est de savoir si les autres parties ont de telles propositions. La question actuelle n'est donc pas de savoir si la Chine entend modifier sa proposition de « suspension contre suspension », mais de savoir si toutes les parties peuvent réfléchir sérieusement sur cette proposition en prenant en compte l'intérêt général de la paix et de la stabilité régionales et le règlement adéquat de la question nucléaire de la péninsule coréenne.

Q : Il est facile de vérifier si les États-Unis cessent les manœuvres militaires. Mais si la RPDC déclare avoir suspendu une partie de son programme nucléaire, cela ne pourra pas être vérifié par les autres pays, y compris la Chine. Comment le voyez-vous ?

R : La question nucléaire de la péninsule coréenne est très complexe. Les parties concernées, notamment les officiels en charge des politiques à l'égard de la RPDC, doivent prendre le temps d'étudier attentivement l'histoire de cette question. Les membres des Pourparlers à Six, y compris les États-Unis et la RPDC, sont parvenus à la Déclaration conjointe du 19 septembre 2005. La question est de savoir comment mettre en œuvre effectivement cette déclaration. Les parties concernées doivent assumer leurs responsabilités et s'acquitter des obligations qui leur incombent. Prenons l'exemple des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. Imposer des sanctions est une manière d'appliquer les résolutions, et promouvoir les négociations est aussi une des dispositions des résolutions. Nous proposons que la RPDC suspend ses programmes nucléaire et balistique, et que les États-Unis et la République de Corée suspendent leurs manœuvres militaires visant la RPDC, afin d'apaiser d'abord les tensions et de créer les conditions nécessaires à la reprise des pourparlers. Sur cette base, les deux parties pourront ensuite résoudre leurs préoccupations légitimes respectives d'une manière synchronisée et réciproque, en vue de trouver une solution pour assurer la paix et la stabilité durables dans la péninsule coréenne. Nous espérons que toutes les parties prendront en compte l'intérêt général de la paix et de la stabilité régionales et réfléchiront sérieusement sur la proposition de la Chine.

Q : Ces derniers jours, l'affaire de Moritomo Gakuen du Japon a pris de l'ampleur. Ce groupe encourage le lavage de cerveau des enfants par l'éducation d'extrême droite, procède à un « enseignement d'avant-guerre », enseigne des chants militaires, et fait réciter le Rescrit impérial sur l'éducation signé par l'empereur Meiji. La Ministre japonaise de la Défense Tomomi Inada a dit à la Diète qu'il fallait « restaurer les valeurs clés du Rescrit ». Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Cela révèle une fois de plus qu'il existe toujours au Japon une force qui refuse de regarder en face l'histoire et de s'en repentir, nie la culpabilité du Japon d'avoir déclenché la guerre d'agression, et même cherche à renverser le verdict de l'histoire et à reprendre le chemin du militarisme. Une telle force inculque ostensiblement aux enfants les idées militaristes par le biais des établissements scolaires, ce qui doit susciter la haute vigilance de la communauté internationale et des personnalités clairvoyantes au Japon.

Je tiens à souligner que la guerre d'agression lancée par les militaristes japonais dans les temps modernes a infligé des souffrances horribles aux pays voisins et aux peuples victimes. Les dirigeants japonais doivent tirer effectivement la leçon de l'histoire et rompre définitivement avec le passé d'agression, mais non laisser les droitistes induire la jeune génération avec une conception de l'histoire erronée.

Q : Le Roi d'Arabie Saoudite entame actuellement une visite d'État en Chine. Veuillez nous en présenter des informations sur les accords de coopération à signer et les entrevues bilatérales.

R : Le Président Xi Jinping s'est entretenu avec le Roi Salman ce matin. Les informations officielles seront communiquées dans peu de temps. Par ailleurs, je vous invite à lire la récente interview écrite que le Ministre Wang Yi a accordée au journal saoudien Asharq Al-Awsat, où il a présenté en détail les relations sino-saoudiennes, la signification de la visite du Roi Salman en Chine, et la coopération entre les deux pays dans le cadre de l'initiative « Ceinture et Route » et sur les affaires du Moyen-Orient. Je suis sûre que vous y trouverez beaucoup d'informations.

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