Conférence de presse du 22 mars 2017 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2017/03/22

Sur l’invitation du Vice-Premier Ministre du gouvernement fédéral russe Dmitri Rogozine, le Vice-Premier Ministre du Conseil des Affaires d’État Wang Yang se rendra du 28 au 31 mars à Arkhangelsk, en Russie, pour participer à la 4e édition du Forum international sur l’Arctique « Arctique, territoire de dialogue » et tenir avec le Vice-Premier Ministre Dmitri Rogozine la Réunion du Comité des rencontres régulières des premiers ministres chinois et russe.

Q : Le Roi d’Arabie saoudite et le Premier Ministre israélien ont visité la Chine. Selon certains médias occidentaux, la Chine qui ne jouait pas un rôle important sur les questions au Moyen-Orient est aujourd’hui plus engagée dans les affaires du Moyen-Orient. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

R : La Chine n’a jamais été un « spectateur » dans les affaires du Moyen-Orient. Elle a toujours œuvré activement à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient, adopté une position objective et impartiale, agi activement en faveur de la réconciliation et de la négociation et joué un rôle constructif pour le règlement politique des dossiers brûlants dans la région comme la question israélo-palestinienne, le nucléaire iranien et la question syrienne.

Comme l’a dit le Président Xi Jinping, beaucoup de questions auxquelles fait face le Moyen-Orient trouvent leur origine dans le développement et doivent se régler par le développement. Lorsqu’ils étaient en visite en Chine, le Roi Salmane ben Abdelaziz al-Saoud et le Premier Ministre Benyamin Netanyahou et la partie chinoise sont parvenus à des consensus importants sur l’approfondissement de la coopération pragmatique dans de divers domaines, et beaucoup de résultats ont été obtenus. Nous entendons travailler ensemble avec les pays riverains de la Ceinture et de la Route, y compris les pays du Moyen-Orient comme l’Arabie saoudite et Israël, pour promouvoir la construction des nouvelles Routes de la Soie, partager les opportunités grâce à l’ouverture et approfondir la coopération en s’appuyant sur l’interconnexion. Nous continuerons à jouer un rôle constructif, tout comme par le passé, dans la réalisation de la paix et de la stabilité durables au Moyen-Orient et à approfondir la coopération mutuellement avantageuse avec les pays de la région.

Q : Première question, durant sa visite en Chine, le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson s’est dit inquiet de l’opposition chinoise au déploiement du système THAAD. Quelle est la position chinoise ? Deuxième question, a-t-il parlé du « boycott secondaire » au sujet de la question nucléaire de la péninsule coréenne ?

R : Concernant la première question, les informations sur la visite en Chine du Secrétaire d’État Rex Tillerson ont été publiées. Lors de son entretien avec M. Rex Tillerson, le Ministre Wang Yi a réaffirmé l’opposition de la Chine au déploiement par les États-Unis du système THAAD en République de Corée.

Concernant la deuxième question, la position de la Chine est constante et claire. Nous nous opposons depuis toujours à ce qu’un pays quelconque applique en vertu de sa législation nationale des sanctions unilatérales contre d’autres pays.

Q : Première question, un responsable de la ville de Sansha a dit que la ville envisageait de construire sur Huangyan Dao un observatoire de l’environnement. Pourriez-vous le confirmer ? Les Philippines ont officiellement demandé à la Chine de donner des éclaircissements sur ce sujet. Comment y répondez-vous ? Deuxième question, les groupes armés ethniques locaux du Myanmar ont fait savoir que leur compte bancaire à la Banque agricole de Chine ne pouvait plus percevoir de fonds. Le gouvernement chinois a-t-il demandé à la Banque de fermer le compte ? Le Myanmar a-t-il demandé à la Chine de le faire ?

R : Concernant la première question, la Chine attache une grande importance à la protection des écosystèmes en Mer de Chine méridionale. Il n’y a aucun doute là-dessus. Nous nous sommes renseignés auprès des départements compétents. Les informations sur la construction d’un observatoire de l’environnement sur Huangyan Dao sont fausses. C’est tout à fait infondé.

La position chinoise sur les questions liées à Huangyan Dao est constante et claire. Et nous accordons une grande importance aux relations sino-philippines et à la bonne dynamique du développement actuel de ces relations. Nous continuerons à travailler à en assurer un développement sain, régulier et rapide.

Concernant la deuxième question, je n’en dispose pas d’informations. La position de la Chine est très claire. Nous poursuivons depuis toujours le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui et nous respectons l’indépendance souveraine et l’intégrité territoriale du Myanmar. Nous ne saurons permettre à quelque organisation que ce soit ou à qui que se soit d’utiliser le territoire chinois pour se livrer à des actes visant à saper les relations Chine-Myanmar ou la stabilité dans les zones frontalières. Toute infraction à la loi et à la réglementation sera traitée en vertu de la loi et de la réglementation.

Q : Les États-Unis et la République de Corée ont confirmé que la RPDC avait procédé aujourd’hui à un nouvel essai de missile, qui avait échoué quelques secondes après le lancement. Pourriez-vous le confirmer ? Certains estiment que cela montre que la RPDC repousse et n’accepte pas la proposition de « suspension contre suspension ». Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Nous avons noté les informations concernées et nous sommes préoccupés de l’évolution de la situation dans la péninsule coréenne. Actuellement, la situation dans la péninsule est tendue, voire explosive. Nous appelons toutes les parties concernées à garder le sang-froid et la retenue et à s’abstenir des actions provocatrices, risquées et susceptibles de conduire à une erreur d’appréciation. Nous espérons que les différentes parties adopteront une attitude responsable à l’égard de la région et agiront davantage en faveur de l’apaisement de la situation.

La question nucléaire de la péninsule coréenne ne date pas d’hier et c’est une question très complexe. Le nœud du problème se trouve dans la divergence, l’hostilité mutuelle bien ancrée et la méfiance réciproque entre la RPDC d’un côté et les États-Unis et la République de Corée de l’autre. Il appartient à ceux qui ont fait le nœud de le défaire. Nous sommes d’avis que les actions unilatérales visant à réaliser la sécurité absolue et à satisfaire les intérêts de soi-même ne feront que compliquer la question. De telles actions ne permettent pas de réaliser la sécurité réelle, bien au contraire, elles rendent les objectifs concernés encore plus difficile à atteindre. Il faut adopter une approche s’attaquant aux manifestations comme aux racines du problème et trouver une solution prenant en compte les préoccupations sécuritaires légitimes de part et d’autre. La Chine a proposé l’« approche à double voie », à savoir promouvoir parallèlement la dénucléarisation de la péninsule et le remplacement de l’accord d’armistice par un mécanisme de paix ainsi que l’initiative dite « suspension contre suspension » permettant de trouver une percée. C’est une approche pertinente, objective, impartiale et raisonnable pour sortir la situation des difficultés actuelles. Vu le contexte actuel, les différentes parties doivent y accorder une grande attention et réfléchir sérieusement sur cette proposition.

Q : Le 5e round de négociations de paix de Genève sur la question syrienne se tiendra demain. Les représentants chinois y participeront-ils ? Qu’attendez-vous de ce round de négociations ?

R : La Chine salue l’organisation comme prévu par les Nations Unies du 5e round de négociations de paix de Genève sur la question syrienne. Ce sera pour la première fois que le gouvernement et l’opposition syriens mènent des négociations sur les sujets convenus. Résoudre la question syrienne, c’est comme faire une course de fond. Identifier les sujets de négociations est comme décider quelle direction prendre, ce qui est crucial pour un bon démarrage. Pour réussir une course de fond, il faut aussi avoir le bon rythme et maintenir la vitesse. Le gouvernement et l’opposition syriens doivent saisir les opportunités et redoubler d’efforts. Il convient de commencer par les points relativement faciles avant de s’attaquer aux points difficiles pour s’avancer progressivement, de sorte que le processus de négociations ne perde pas de vitesse et ne déraille pas. Les deux parties ont à faire avancer parallèlement les négociations sur les quatre sujets, à savoir gouvernance, nouvelle constitution, élections et lutte antiterroriste, pour s’efforcer d’obtenir au plus vite les premiers résultats et de consolider la bonne dynamique du dialogue et des négociations. Organiser une course de fond nécessite du soutien logistique, il appartient donc à la communauté internationale de soutenir et de faciliter le processus de négociations, d’appuyer ensemble les efforts de médiation des Nations Unies et de créer des conditions extérieures favorables aux négociations.

L’Envoyé spécial du gouvernement chinois pour la question syrienne Xie Xiaoyan participera à ce round de négociations. La Chine poursuivra ses efforts en faveur de la paix et des négociations et continuera à travailler pour contribuer de manière active et constructive au règlement politique de la question syrienne.

Q : Lors de sa visite en Chine la semaine dernière, le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson a souligné à deux reprises que les États-Unis et la Chine devaient poursuivre les principes de non-conflit, de non-confrontation, de respect mutuel et de coopération gagnant-gagnant, ce qui attire une grande attention. Des universitaires et anciens hauts fonctionnaires américains critiquent ces propos qui, selon certains médias, sont une « victoire diplomatique » de la Chine et un « endossement » des intérêts vitaux de la Chine. Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Durant la visite en Chine du Secrétaire d’État Rex Tillerson, la Chine et les États-Unis sont parvenus à un consensus clair : les deux pays travailleront à assurer un bon développement de leurs relations bilatérales sur le nouveau point de départ selon les principes de non-conflit, de non-confrontation, de respect mutuel et de coopération gagnant-gagnant. Ce n’est point la victoire d’une des deux parties. Il s’agit de la bonne voie pour les deux grands pays majeurs de s’entendre l’un avec l’autre. Les principes de non-conflit, de non-confrontation, de respect mutuel et de coopération gagnant-gagnant ont contribué au développement stable des relations sino-américaines au cours des dernières années et doivent être poursuivis et valorisés. Nous entendons renforcer davantage la communication avec les États-Unis pour approfondir la connaissance mutuelle, accroître la confiance réciproque, régler adéquatement les divergences et élargir sans cesse la coopération au niveau bilatéral, régional et international, de sorte à faire progresser davantage les relations sino-américaines sur le nouveau point de départ.

Q : Hier, vous avez dit que pour savoir si la pollution de l’air en Chine affecte les pays voisins, il faudrait mener des études scientifiques. Et lors de la conférence de presse qu’il a donnée à l’issue des deux sessions annuelles de l’APN et de la CCPPC, le Premier Ministre Li Keqiang a indiqué que les causes du smog dans le nord de la Chine étaient particulières. En quoi consiste cette particularité ?

R : Pour une question si spécifique et si technique, je vous propose de vous renseigner auprès des départements compétents. Je tiens à réaffirmer que le gouvernement chinois est déterminé à bien gérer et à protéger l’environnement et a déployé de grands efforts dans ce sens. Mais c’est un travail qui prend du temps. Les départements compétents de la Chine sont prêts à renforcer la coopération en matière de protection environnementale avec les pays voisins et l’ensemble de la communauté internationale.

Q : Pourriez-vous confirmer que la Chine a suspendu l’importation des produits de viande du Brésil ? Quels sont vos commentaires sur le scandale de produits de viande de mauvaise qualité au Brésil ?

R : Hier, j’ai déjà répondu à une question sur ce sujet. Nous sommes attentifs à la question de la qualité de certains produits de viande brésiliens. Pour assurer la sécurité des consommateurs chinois, les services compétents du gouvernement chinois ont pris des mesures de protection préventives et provisoires. Nous espérons que la partie brésilienne fera toute la lumière sur l’affaire en respectant le principe d’ouverture et de transparence, tiendra la Chine au courant des résultats des enquêtes en temps opportun, et prendra des mesures plus strictes pour assurer la sécurité sanitaire des produits alimentaires exportés vers la Chine. Et nous espérons que les deux parties renforceront les consultations et la communication dans un esprit d’égalité et de bénéfice mutuel afin de régler adéquatement les questions survenues dans la coopération.

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