Conférence de presse du 27 mai 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2019/05/27

Q : Le recteur Peter Salovey de l'Université de Yale a récemment déclaré que les étudiants et les chercheurs étrangers étaient les bienvenus et respectés à Yale, et que l'ouverture, la clé de la réussite remarquable des grandes universités américaines de top niveau, devait rester le symbole de Yale. Étant donné que l'administration américaine a récemment intensifié le contrôle et les restrictions sur les échanges socioculturels sino-américains sous prétexte de sécurité nationale, comment considérez-vous cette déclaration de l'Université de Yale ?

R : Nous avons pris note de la déclaration du recteur Peter Salovey. En fait, Yale est loin d'être le seul établissement à rendre publiques de telles déclarations. Vous vous en souvenez peut-être, le Président Trump avait explicitement affirmé au Président Xi Jinping, lors de leur rencontre en Argentine en décembre dernier, que les étudiants chinois étaient les bienvenus aux États-Unis. Mais à notre regret, depuis quelque temps, certains départements et services américains utilisent tous les moyens possibles pour restreindre et entraver, sans aucune raison, les échanges socioculturels normaux entre la Chine et les États-Unis, ce qui affecte gravement les échanges entre les deux pays. Franchement, une telle pratique va à l'encontre de la volonté des deux peuples et a suscité de larges inquiétudes dans les milieux universitaires et d'autres milieux des deux pays.

Cette année, plusieurs universités américaines, notamment Yale, Stanford et l'Université de Californie à Berkeley, ont publié des déclarations de soutien aux étudiants et universitaires de Chine et d'autres pays. Ils estiment que les doutes fondés sur la nationalité peuvent provoquer d'horribles conséquences. Le recteur Lawrence Bacow de l'Université de Harvard a déclaré en mars 2019 que le maintien et l'approfondissement des échanges et de la coopération entre les institutions éducatives et culturelles des deux pays étaient d'une importance cruciale pour la promotion des relations américano-chinoises, et que l'Université de Harvard était prête à poursuivre les échanges et la coopération avec les universités et les établissements de recherche éducative de Chine.

La Chine est toujours d'avis qu'il ne faut pas politiser ni perturber le maintien des échanges interpersonnels et socioculturels sino-américains, car ceux-ci constituent la base des échanges et de la coopération entre les deux pays dans différents domaines et représentent la volonté commune des deux peuples. Nous espérons que certains responsables de l'administration américaine pourront revenir à la raison, respecter la volonté de la population et agir davantage pour contribuer à la compréhension mutuelle et à l'amitié entre les deux peuples.

Q : Selon des reportages, le Président américain Donald Trump, en visite au Japon, a déclaré il y a environ 40 minutes que les États-Unis n'étaient pas prêts à conclure un accord avec la Chine sur l'économie et le commerce. La Chine est-elle prête à conclure un accord avec les États-Unis ?

R : Récemment, des personnalités américaines, y compris des responsables de haut niveau, ont fait divers commentaires sur les consultations économiques et commerciales sino-américaines. Tantôt ils disent que la conclusion d'un accord est imminente, tantôt ils prétendent qu'il sera probablement difficile d'en conclure un. En faisant un point de la situation, vous verrez que la Chine a toujours la même prise de position à la même période. Premièrement, nous estimons toujours que toutes les divergences entre deux pays, y compris celles existant dans les échanges commerciaux entre la Chine et les États-Unis, doivent être résolues par des consultations et négociations amicales. Deuxièmement, nous soutenons toujours les consultations économiques et commerciales sino-américaines basées sur le principe de respect mutuel, d'égalité et d'avantages mutuels.

Q : Selon des reportages, les représentants diplomatiques de l'UE et de ses États membres à Hong Kong et à Macao ont adressé une note diplomatique le 24 mai, après leur rencontre avec Carrie Lam, chef de l'exécutif de Hong Kong, pour faire part de leur attention et de leurs préoccupations concernant l'amendement de l'ordonnance sur les criminels fugitifs. Quelle est la réaction de votre Ministère à ce sujet ?

R : Je ne sais pas si vous avez suivi la prise de position récente du Ministère chinois des Affaires étrangères. Comme nous l'avons clairement indiqué, le gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong a décidé de réviser le règlement sur les criminels fugitifs et le règlement sur l'entraide judiciaire en matière pénale, dans l'objectif de traiter les cas individuels et de perfectionner le système juridique existant de Hong Kong. On ne trouve rien à redire là-dessus. Un petit nombre de gouvernements étrangers tentent de politiser cette question et de créer des histoires sur cette affaire, ce qui est évidemment une ingérence dans les affaires intérieures de la Chine. L'Office du Commissaire du Ministère des Affaires étrangères dans la région administrative spéciale de Hong Kong a explicitement exprimé l'opposition de la Chine à ce sujet. Je peux vous confirmer que nous avons en effet fait des représentations auprès des gouvernements concernés et leur avons demandé de ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures de la région administrative spéciale de Hong Kong de Chine.

Q : Selon des reportages, le « Ministère des Affaires étrangères » de Taiwan a fait savoir que le Conseiller du Président américain à la Sécurité nationale, John Bolton, s'était récemment entretenu avec son « homologue » taiwanais. C'est la première fois depuis 1979 qu'un contact de si haut niveau a eu lieu entre l'administration américaine et Taiwan. La Chine a-t-elle déjà exprimé ses préoccupations à la partie américaine à ce sujet ?

R : Avant de répondre à votre question, je dois vous corriger sur un point. Étant donné que le gouvernement américain a reconnu clairement que le gouvernement de la République populaire de Chine est l'unique représentant légal de la Chine et s'était engagé à ne maintenir que des échanges non officiels avec Taiwan, il n'est pas question que M. David Lee et M. Bolton soient « homologues ».

La Chine exprime son vif mécontentement et sa ferme opposition quant à ce que vous avez évoqué. Comme nous l'avons réaffirmé à maintes reprises, le principe d'une seule Chine constitue la base politique des relations sino-américaines. Nous nous opposons fermement à tout contact officiel entre l'administration américaine et Taiwan, sous quelque forme que ce soit et sous quelque prétexte que ce soit. Nous nous opposons aussi résolument à toute tentative de créer « deux Chine » ou « une Chine, un Taiwan ». Notre position est très claire à cet égard. Une fois encore, nous exhortons les États-Unis à respecter leur engagement pour le principe d'une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains, à cesser leurs contacts officiels ou l'amélioration de leurs relations substantielles avec Taiwan, et à traiter prudemment et correctement les questions liées à Taiwan, afin d'éviter d'affecter les relations sino-américaines et la coopération bilatérale dans des domaines clés.

Q : Hier, le New York Times a publié un article à la une, disant que l'interdiction imposée par le gouvernement américain contre Huawei a entraîné un arrêt brutal du développement des infrastructures sans fil dans les zones rurales aux États-Unis et que les agriculteurs américains avaient du mal à rester en contact en temps opportun avec l'extérieur. Le confinement plus sévère de la Chine par le gouvernement américain ne fait qu'aggraver la situation des agriculteurs américains. En ce qui concerne les subventions annoncées récemment par le gouvernement américain dans le secteur agricole, les principaux syndicats agricoles ont déclaré qu'ils avaient besoin d'un plan de survie à long terme pour les agriculteurs, et non d'un « pansement ». Avez-vous des commentaires à faire à ce sujet ?

R : J'ai répondu à des questions similaires la semaine dernière. Nous avons également lu cet article. La Chine et les États-Unis entretiennent depuis longtemps une coopération amicale dans divers secteurs, y compris l'agriculture. Ces derniers temps, les agriculteurs et les éleveurs américains rencontrent des difficultés. Cependant, comme je l'ai dit ici, leurs partenaires en Chine leur adressent leur vive sympathie. Dans le même temps, les professionnels chinois et américains savent très bien que la responsabilité de cette situation n'incombe pas à la Chine.

L'article du New York Times que vous avez mentionné révèle une fois de plus que l'administration américaine, en faisant pression au maximum et en semant la confusion, a porté un préjudice grave aux industries et aux consommateurs américains. D'une part, certains membres du gouvernement américain ne ménagent aucun effort pour réprimer Huawei sans pouvoir fournir la moindre preuve permettant de convaincre les Américains ou la communauté internationale ; d'autre part, leurs actions ont véritablement lésé les Américains, y compris les professionnels et les consommateurs. Il est donc naturel que des voix de doute et d'opposition se soient élevées aux États-Unis.

Q : Le Premier Ministre indien Modi prêtera serment pour son deuxième mandat le 30 mai. La Chine enverra-t-elle un envoyé spécial à cette fin ?

R : Nous l'avons dit ici la semaine dernière, la Chine félicite M. Modi pour sa nomination en tant que Premier Ministre du nouveau gouvernement indien. Quant à savoir si la Chine enverra un envoyé spécial à la cérémonie concernée, je n'ai aucune information à vous donner pour le moment.

La Chine et l'Inde, voisines importantes l'une pour l'autre, sont à la fois de grands pays en développement et des marchés émergents. Les deux parties attachent une grande importance à cette relation. Nous pensons que, sous la conduite des dirigeants des deux pays, et avec les efforts conjoints des deux parties, les relations sino-indiennes connaîtront un approfondissement et une amélioration.

Pour des raisons d'emploi du temps, notre conférence de presse du mardi 28 mai aura lieu à 14h30, soit plus tôt que d'habitude, au même endroit.

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