Conférence de presse du 20 juin 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2019/06/20

Q : Hier, le porte-parole du Ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé qu'une réunion de la Commission mixte de l'accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) se tiendra à Vienne le 28 juin et réunira les représentants de l'Iran, de la Chine, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de la France et de la Russie. Pouvez-vous préciser qui représentera la Chine ?

R : Je peux confirmer que les parties au JCPOA prévoient de tenir une réunion de la Commission mixte le 28 juin. La Chine est en contact étroit avec toutes les parties concernées pour cette réunion. Plus d'informations seront publiées en temps opportun.

La Chine suit de près la tension persistante sur la question nucléaire iranienne et maintient des contacts avec la Russie, les pays européens concernés ainsi que l'Iran par des voies bilatérales et multilatérales. Nous espérons que cette réunion à Vienne pourra donner des résultats positifs.

Q : Le 17 juin, le porte-parole de l'agence nucléaire iranienne a annoncé que le pays renforcerait l'enrichissement de l'uranium pour répondre aux besoins nationaux. Le 19 juin, le Président iranien Rouhani a déclaré que le retrait de certains engagements dans le cadre du JCPOA était une mesure « minimale » que Téhéran pourrait adopter, et qu'il y aurait de nouvelles mesures si les demandes de l'Iran ne pouvaient pas être satisfaites. Avez-vous des commentaires à faire à ce sujet ?

R : Je viens de le dire, la Chine suit de près la tension persistante sur le dossier nucléaire iranien.

Comme l'a indiqué le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi lorsqu'il a rencontré la presse avec le Vice-Premier Ministre syrien et Ministre des Affaires étrangères et des Expatriés Walid al-Moallem, assurer la mise en œuvre intégrale et effective du JCPOA constitue une demande des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, et représente la seule approche réaliste et efficace pour régler la question nucléaire iranienne. La Chine appelle toujours toutes les parties à faire preuve de raison et de retenue, et à s'abstenir de tout acte susceptible de conduire à une nouvelle escalade de la tension. Un certain pays doit cesser sa pression maximale.

Vous avez peut-être remarqué que l'AIEA a récemment confirmé pour la 15e fois consécutive que l'Iran avait rempli ses obligations en matière de nucléaire en vertu du JCPOA. Nous estimons que toutes les parties concernées doivent le reconnaître, et espérons que les autres parties respecteront scrupuleusement les revendications légitimes iraniennes et prendront des mesures actives pour préserver l'équilibre des droits et des obligations découlant du JCPOA.

Q : Selon des reportages, le sénateur américain Rubio a récemment soumis au Congrès un projet d'amendement à la loi d'autorisation de la défense nationale pour l'année budgétaire 2020, réclamant l'interdiction à Huawei et aux autres sociétés inscrites sur la liste d'observation de l'administration américaine de demander de l'assistance en vertu de la législation américaine sur les brevets, et d'engager des poursuites judiciaires pour contrefaçon. Nous avons constaté que sa proposition avait fait grand bruit aux États-Unis et à l'étranger. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : J'ai noté les reportages dans les médias. Dans un pays comme les États-Unis, qui se prennent toujours pour un État de droit, un sénateur est allé jusqu'à proposer d'empêcher et de limiter, par la législation, les efforts d'entreprises d'autres pays visant à défendre leurs droits et intérêts légitimes par des moyens légaux. Il n'est pas étonnant qu'un comportement aussi extravagant ait déclenché de fortes réactions à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. Nous savons que certaines personnes aux États-Unis cherchent par tous les moyens à ternir et opprimer des sociétés étrangères, mais une telle manipulation flagrante des lois et des règles dépasse quand même l'imagination du monde. Franchement dit, cela nuit non seulement à la réputation des États-Unis, mais également aux intérêts de leurs propres entreprises à long terme.

Je voudrais réaffirmer l'opposition de la Chine à l'abus de pouvoir national par les États-Unis pour opprimer des entreprises chinoises. Nous exhortons les États-Unis à mettre fin à ce comportement erroné, à traiter équitablement les entreprises chinoises et à créer des conditions normales pour le développement du commerce et de la coopération entre les entreprises des deux pays. La Chine continuera à prendre les mesures nécessaires pour protéger les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises.

Q : Selon des reportages, le Vice-Premier Ministre syrien et Ministre des Affaires étrangères et des Expatriés Walid al-Moallem a demandé à la Chine d'aider la Syrie à combattre les forces armées à Idlib. Pouvez-vous le confirmer ? Si oui, la Chine a-t-elle accepté d'accorder une assistance militaire et politique à la Syrie ?

R : Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a évoqué cette question lorsqu'il a rencontré la presse avant-hier avec le Vice-Premier Ministre syrien et Ministre des Affaires étrangères et des Expatriés Walid al-Moallem. Selon lui, il y a encore un grand nombre de terroristes et d'extrémistes à Idlib, ce qui représente des risques de rechute de la situation. Les différentes parties concernées doivent, en laissant de côté les considérations géopolitiques, unifier les normes et renforcer la coordination pour combattre résolument les organisations terroristes répertoriées par le Conseil de Sécurité des Nations Unies afin de rétablir rapidement la paix et la stabilité en Syrie et dans la région.

Q : Selon certaines informations, les États-Unis auraient demandé au gouvernement indien de sanctionner les sociétés indiennes ayant fourni à Huawei des équipements et d'autres produits d'origine américaine. En fait, le Ministère indien des Affaires étrangères a également sollicité l'avis d'autres départements indiens sur cette question. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Nous avons répété à maintes reprises que le gouvernement chinois demande toujours aux entreprises chinoises de se conformer aux lois et règlements des pays d'accueil lorsqu'elles investissent à l'étranger. Dans le même temps, nous nous opposons fermement aux sanctions unilatérales imposées par tout pays selon le droit national, à la généralisation du concept de sécurité nationale et à l'abus des mesures de contrôle des exportations.

Depuis un certain temps, de plus en plus de personnes de divers secteurs montrent une attitude équitable envers la participation des entreprises technologiques chinoises au développement de la 5G. Nous espérons et avons la certitude que l'Inde prendra une décision indépendante, créera un environnement équitable, impartial et non discriminatoire pour les entreprises chinoises et garantira la coopération gagnant-gagnant entre les entreprises chinoises et indiennes.

Q : Le Président Xi Jinping a entamé aujourd'hui sa visite d'État en RPDC et les médias chinois commencent à couvrir la visite. Pourriez-vous nous présenter les informations actualisées ? Comment s'est déroulé l'entretien entre le Président Xi Jinping et le Président Kim Jong-un ? Qu'attend la Chine de cette visite ?

R : La partie chinoise a publié successivement des informations sur la visite d'État du Secrétaire général du Parti communiste chinois et Président Xi Jinping en RPDC. Je suis sûr que vous avez vu que le Président Xi et son épouse Mme Peng Liyuan sont arrivés à Pyongyang vers midi, heure locale. Selon les dernières informations, le Président Xi Jinping est en train de s'entretenir avec le Président Kim Jong-un.

En ce qui concerne les attentes chinoises de cette visite, comme cela avait été annoncé lors d'un point de presse donné par le Département international du Comité central du PCC et le Ministère chinois des Affaires étrangères, lors de sa visite d'État en RPDC, le Président Xi Jinping aura des rencontres et des entretiens avec le Président Kim Jong-un pour faire le bilan du développement des relations entre les deux pays depuis l'établissement de leurs relations diplomatiques il y a 70 ans, et orienter le développement des relations entre les deux pays dans la nouvelle ère. Les deux dirigeants présenteront également le développement de leurs pays respectifs et procéderont à un échange de vues sur la situation dans la péninsule, pour promouvoir de nouveaux progrès dans le règlement politique de la question de la péninsule. Nous publierons des informations en temps opportun. Soyez patient.

Q : Les médias philippins ont rapporté que le 17 juin, le Président Duterte avait fait ses premiers commentaires publics sur la collision entre des bateaux de pêche chinois et philippin lors de sa présence à une activité, disant qu'il s'agissait d'un incident maritime relatif à une collision entre deux bateaux, et qu'il était préférable d'enquêter là-dessus plutôt que d'aggraver la situation. Y a-t-il une mise à jour sur cet incident ?

R : J'ai noté les reportages concernés. Une fois encore, je voudrais exprimer ma cordiale sympathie aux pêcheurs philippins en détresse dans l'incident survenu au banc Liyue, dans les îles Nansha.

Je voudrais réitérer que la Chine attache une grande importance aux liens d'amitié avec les Philippines et à la sécurité des personnes en mer, quelle que soit leur origine. Nous continuerons à enquêter de manière approfondie sur l'incident et à communiquer avec la partie philippine par des voies bilatérales.

Pour trouver une solution adéquate, nous conseillons le lancement rapide d'une enquête conjointe par les deux parties afin qu'elles puissent échanger leurs opinions sur les enquêtes respectives et traiter correctement l'affaire par des consultations amicales sur la base des résultats de l'enquête mutuellement reconnus.

Q : Hier, le Sénat de l'État de New York a adopté à l'unanimité une résolution visant à promouvoir l'amitié sino-américaine et à affirmer la contribution de la communauté chinoise. Il a également décidé de créer la « Journée de la Chine » et la « Semaine sino-américaine du patrimoine ». Certains sénateurs de l'État de New York ont déclaré que l'État de New York comprend à quel point les relations américano-chinoises sont précieuses et souhaite devenir un exemple dans le partenariat américano-chinois. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : J'ai lu les reportages en la matière, notamment la décision du Sénat de l'État de New York de faire du 1er octobre 2019, date du 70e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, la « Journée de la Chine ». Cette année marque également le 40e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques sino-américaines. L'adoption de cette résolution par l'État de New York, l'un des États les plus peuplés des États-Unis, en ce moment particulier, revêt une signification profonde et exprime l'attente des différents milieux de l'État de New York pour le développement de l'amitié et de la coopération entre la Chine et les États-Unis. Dans le même temps, j'ai noté que certains sénateurs de l'État de New York ont déclaré que les deux parties devraient, en faisant preuve d'une vision à long terme et de courage, déployer des efforts communs pour que les relations américano-chinoises surmontent les difficultés et continuent à se développer, et nouer des partenariats basés sur l'égalité et le respect mutuel, et que les deux pays verraient qu'ils sont amis, et non ennemis. Nous apprécions ces voix de la raison.

En fait, les assemblées législatives des États de Californie, du Nebraska, du Tennessee, de l'Iowa, de l'Utah et de l'Illinois ont toutes adopté des projets de loi, ou remis des certificats de reconnaissance, pour marquer le 40e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques sino-américaines et promouvoir la coopération d'amitié entre les deux pays. Je crois que cela traduit pleinement la vive volonté et le consensus général pour maintenir le développement sain et régulier des relations sino-américaines.

Je tiens à souligner qu'aucune des réalisations dans le cadre du développement des relations sino-américaines pendant les quatre dernières décennies n'aurait été possible sans la participation et le soutien des collectivités locales des deux pays et que l'amitié entre les peuples est la source du développement des relations bilatérales. Nous pensons unanimement que l'essentiel pour assurer la stabilité et la durabilité des relations sino-américaines réside dans le respect de la volonté des peuples et de leurs aspirations.

Q : La Chine a annoncé, la semaine dernière, l'organisation d'une réunion des coordinateurs sur la mise en œuvre des résultats du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-américaine (FCSA). Pouvez-vous nous donner plus de détails sur les préparatifs à l'approche de la réunion ? Combien d'officiels au rang ministériel de la partie africaine participeront à la réunion ? Quelles sont les attentes de la partie chinoises sur les résultats et le consensus de la réunion ?

R : La réunion des coordinateurs sur la mise en œuvre des résultats du Sommet de Beijing du FCSA se tiendra à Beijing les 24 et 25 juin. Grâce aux efforts conjoints des deux parties, les préparatifs vont bon train. La partie africaine attache une grande importance à cette réunion. Tous les membres africains du FCSA enverront des délégations. Selon les informations dont je dispose pour le moment, il y aura plus de 80 officiels africains de haut niveau, dont 24 Ministres des Affaires étrangères. En marge de la réunion, plus de 40 activités bilatérales et multilatérales auront lieu pour mettre en œuvre les résultats du Sommet de Beijing du FCSA, coordonner les efforts, consolider le consensus, afin que les résultats du sommet de Beijing profitent mieux et davantage aux peuples chinois et africains.

Les parties chinoise et africaine signeront des accords de coopération pendant la réunion et publieront une déclaration conjointe après la réunion. Je crois que cette réunion permettra d'approfondir l'amitié et la confiance sino-africaines, de stimuler un développement durable et de qualité de la coopération sino-africaine, et de démontrer la volonté ferme et la détermination des deux parties à renforcer la solidarité et la coopération, à s'en tenir au multilatéralisme et à renforcer la construction d'une communauté de destin plus serrée pour la Chine et l'Afrique.

Selon le programme prévu pour le moment, la réunion entre les responsables d'organismes financiers chinois et les coordinateurs africains aura lieu le 24 juin dans l'après-midi. La cérémonie d'ouverture de la réunion des coordinateurs se tiendra le 25 juin dans la matinée. Après la cérémonie de clôture le 25 juin dans l'après-midi, la Chine et le Sénégal, qui assume la coprésidence africaine du FCSA, organiseront une conférence de presse conjointe pour présenter la réunion et ses résultats. Vous êtes les bienvenus à ces activités.

Q : Le négociateur en chef des talibans, Mullah Abdul Ghani Baradar, et d'autres responsables ont récemment eu des entretiens avec la partie chinoise. Pouvez-vous confirmer cela et donner quelques détails à ce sujet ?

R : M. Baradar, le chef du bureau politique des talibans à Doha, et ses assistants ont récemment effectué une visite en Chine.

Ils ont échangé des points de vue avec des responsables chinois sur le processus de paix et de réconciliation en Afghanistan, la lutte contre le terrorisme et d'autres questions d'intérêt commun.

Très préoccupée par l'évolution récente de la situation en Afghanistan, la Chine a toujours joué un rôle actif dans le processus de paix et de réconciliation en Afghanistan, toujours soutenu la réalisation d'une paix et d'une réconciliation larges et exclusives par les Afghans et pour les Afghans, ainsi que le dialogue interne en Afghanistan. La Chine a échangé des points de vue avec M. Baradar et sa délégation sur la base de sa position constante. Cela fait également partie des efforts de la Chine pour promouvoir les pourparlers de paix. Les deux parties estiment que cet échange est bénéfique, et conviennent de continuer à maintenir la communication et la coopération en vue de la recherche d'une solution politique à la question afghane et à la lutte contre le terrorisme. La Chine continuera de renforcer activement la communication et la coordination avec toutes les parties concernées sous différentes formes et par divers canaux, et jouera un rôle pour réaliser dans les meilleurs délais la paix et la réconciliation et parvenir à un développement stable en Afghanistan.

Q : En ce qui concerne ce que vous venez de dire à propos des contacts avec le chef des talibans, quelles sont exactement leurs revendications pour rétablir la paix en Afghanistan ?

R : Je pense que les parties concernées en Afghanistan souhaitent résoudre les problèmes auxquels fait face le pays par le dialogue politique dans le but de réaliser la paix et la réconciliation. Elles déploient des efforts pour rétablir la stabilité et le développement du pays.

Comme je l'ai mentionné plus tôt, la Chine a pleinement échangé ses points de vue avec M. Baradar et sa délégation sur la manière de soutenir la réalisation d'une paix et d'une réconciliation larges et inclusives en Afghanistan par les Afghans et pour les Afghans, et de favoriser le dialogue interne parmi les Afghans. Dans le même temps, les deux parties ont procédé à un échange de vues sur la lutte contre le terrorisme et d'autres questions d'intérêt commun. C'est tout ce que je sais et tout ce que je peux vous présenter pour le moment.

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