Conférence de presse du 3 juillet 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2019/07/03

Le 8e Forum mondial de la Paix se tiendra les 8 et 9 juillet à l'Université Tsinghua. Le Vice-Président Wang Qishan assistera à la cérémonie d'ouverture et prononcera un discours.

Q : Le Ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt a déclaré, le 2 juillet dans une interview, que la Déclaration conjointe sino-britannique restait juridiquement contraignante et qu'il y aurait de graves conséquences si elle n'était pas respectée. Il a ajouté que le Royaume-Uni soutenait les habitants de Hong Kong dans la défense de la liberté que la partie britannique avait négociée pour eux et qu'il espérait que tous les pays rempliraient leurs obligations internationales. Le gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong ne doit pas pratiquer la répression sous prétexte des actes de vandalisme liés à la manifestation. Quel est le commentaire de la partie chinoise à ce sujet ?

R : J'ai répondu aux propos erronés de M. Hunt sur Hong Kong à deux conférences de presse consécutives pour exprimer le vif mécontentement et la ferme opposition de la partie chinoise. Cependant, il semble toujours être plongé dans l'illusion des anciens colonialistes britanniques, obsédé par la mauvaise habitude de critiquer avec condescendance les affaires des autres pays. Au lieu de se repentir et de se corriger, il continue de parler à tort et à travers. Ici, je tiens juste à dire quelques mots de plus à ce sujet :

Premièrement, en ce qui concerne la Déclaration conjointe sino-britannique, je soulignerai une fois de plus qu'après le retour de Hong Kong à la souveraineté chinoise, les droits et obligations de la partie britannique énoncés dans la Déclaration ont tous été remplis. Le 1er juillet 1997, la Chine a recouvré sa souveraineté sur Hong Kong et le gouvernement chinois a commencé à administrer Hong Kong conformément à la Constitution et à la Loi fondamentale de la Région administrative spéciale de Hong Kong. Le Royaume-Uni n'a ni souveraineté ni droit d'administration ou de supervision sur Hong Kong, sans parler d'une prétendue responsabilité. La partie britannique se pose toujours en « défenseur », il s'agit purement d'une envie unilatérale et d'une illusion.

Deuxièmement, il faut vraiment être effronté et sans vergogne pour dire que la liberté des Hongkongais a été obtenue grâce à la partie britannique ! J'aimerais demander à M. Hunt comment était la démocratie à Hong Kong sous le régime colonial britannique sur Hong Kong. Les Hongkongais n'avaient même pas le droit de descendre dans la rue. C'est précisément après le retour de Hong Kong au sein de la mère-patrie que le gouvernement chinois, conformément à la Constitution et à la Loi fondamentale, a appliqué les principes d'« un État, deux systèmes » et d'« administration de Hong Kong par les Hongkongais » et un haut degré d'autonomie, permettant de garantir aux habitants de Hong Kong de jouir de droits démocratiques et d'une liberté sans précédent.

Troisièmement, le violent assaut du Conseil législatif le 1er juillet dans la Région administrative spéciale de Hong Kong était un grave acte illégal, qui foulait aux pieds l'état de droit et portait atteinte à l'ordre social. M. Hunt, au mépris total des faits, a déclaré que le gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong avait fait une « répression », ce qui revient à présenter les choses à l'envers. Je voudrais demander à M. Hunt : si le Parlement britannique était pris d'assaut, envahi et détruit, le gouvernement britannique y assisterait-il les bras croisés et laisserait-il les choses se dérouler ainsi ? Si c'est cela, la démocratie prétendue par M. Hunt, pense-t-il que la police qui garde le Parlement britannique devrait être retirée pour laisser entrer les manifestants qui se tiennent en face du bâtiment du Parlement tout au long de l'année ? Est-il également d'accord pour dire que la manière dont la police britannique a géré les émeutes à Londres en août 2011 constitue une répression ?

Pour conclure, je tiens à souligner que Hong Kong est une Région administrative spéciale de la République populaire de Chine et que ses affaires sont purement des affaires intérieures de la Chine dans lesquelles aucun pays, organisation et individu étrangers n'a le droit d'intervenir. Nous espérons que le Royaume-Uni, et en particulier M. Hunt, cesseront de s'ingérer grossièrement dans les affaires de Hong Kong en se surestimant, car de telles tentatives sont vouées à l'échec.

Q : Pouvez-vous nous dire comment le gouvernement chinois a exprimé son mécontentement face aux remarques de M. Hunt ? A-t-il fait des démarches auprès du Ministère britannique des Affaires étrangères ? Ou a-t-il convoqué l'un des diplomates britanniques à Beijing ?

R : Comme je viens de le dire, nous exprimons notre vif mécontentement et notre ferme opposition aux propos erronés de M. Hunt. Nous avons fait des représentations solennelles auprès de la partie britannique, à Londres et à Beijing. Nous espérons que le Royaume-Uni envisagera notre position solennelle avec tout le sérieux qui s'impose et cessera de faire de tels commentaires erronés et de s'immiscer de manière flagrante dans les affaires intérieures de la Chine.

Q : Hier, le Premier Ministre Li Keqiang a prononcé un discours spécial lors de la cérémonie d'ouverture du Forum de Davos de l'été 2019, annonçant que la Chine lèvera les plafonds de propriété étrangère dans le secteur financier un an plus tôt que prévu. Cela a attiré beaucoup d'attention du monde extérieur. Pourriez-vous nous présenter plus d'informations à ce sujet ?

R : Hier, le Premier Ministre Li Keqiang a prononcé un discours spécial à la cérémonie d'ouverture du Forum de Davos de l'été 2019, réaffirmant l'engagement indéfectible de la Chine à poursuivre l'ouverture et à promouvoir une économie ouverte à un niveau supérieur. Les mesures concrètes comprennent un nouvel assouplissement de l'accès au marché, la création de conditions égales pour les entreprises nationales et étrangères quel que soit le type de propriété, une nouvelle réduction des droits de douane, et l'amélioration du cadre juridique facilitant l'ouverture et la protection des droits de propriété intellectuelle. Ce que vous venez de mentionner, à savoir la suppression des limites de propriété dans les valeurs, les contrats à terme et l'assurance de vie, en fait également partie.

Tout le monde a remarqué que la semaine dernière, lors de sa présence au sommet du G20 à Osaka, le Président Xi Jinping a annoncé une série de mesures d'importance majeure adoptées par la Chine pour l'ouverture du marché, l'accroissement des importations, l'amélioration de l'environnement des affaires, la promotion des accords de libre-échange et de l'intégration économique régionale. Elles ont gagné une haute appréciation et une réponse positive de la communauté internationale.

L'adoption par la Chine de mesures sincères et importantes montre la ferme détermination et la confiance de la Chine en matière d'ouverture élargie et d'amélioration de l'environnement d'investissements et d'affaires. Le marché chinois sera plus ouvert, plus transparent et plus prévisible pour les investissements étrangers, avec une amélioration continue de l'environnement global d'investissements. Nous entendons partager plus d'opportunités et de dividendes avec la communauté internationale et travailler avec les différentes parties pour contribuer davantage à une croissance durable et de qualité de l'économie mondiale.

Q : Hier, Taiwan a annoncé la prolongation d'un an de son programme d'essai concernant l'exemption de visas pour les ressortissants russes à Taiwan. Quel est le commentaire de votre Ministère à ce sujet ?

R : En tant que partenaire de coordination stratégique globale de la Chine, la Russie comprend parfaitement le caractère sensible des questions relatives à Taiwan. Nous sommes confiants dans le fait que la Russie saura traiter judicieusement les questions concernées.

Q : Le Premier Ministre canadien Justin Trudeau a déclaré hier qu'il avait la certitude que le Président américain Donald Trump avait tenu sa promesse d'évoquer, lors de sa rencontre avec le Président Xi Jinping à Osaka, la détention des deux Canadiens. Pouvez-vous confirmer cela ?

R : La Chine a déjà publié un communiqué de presse sur la rencontre entre les Chefs d'État chinois et américain. Vous pouvez le consulter. Je n'ai rien à ajouter.

Je voudrais dire à la partie canadienne de ne pas être trop naïve.

Premièrement, il ne faut pas être trop naïf pour croire que se réunir avec ses soi-disant alliés pour faire pression sur la Chine fonctionnera. La Chine est un État de droit, les organes judiciaires chinois traitent les affaires de manière indépendante conformément à la loi. La souveraineté judiciaire de la Chine ne tolère aucune ingérence.

Deuxièmement, il ne faut pas être trop naïf pour croire que ses soi-disant alliés peuvent vraiment déployer des efforts et agir en sa faveur, ce sont de beaux parleurs tout au plus. Parce que c'est, après tout, une affaire entre la Chine et le Canada.

Enfin, je voudrais rappeler que la responsabilité des difficultés surgissant actuellement dans les relations sino-canadiennes incombe totalement au Canada. Le Canada connaît très bien le nœud du problème dans les relations bilatérales. Nous espérons qu'il prendra rapidement des mesures pour ramener ces relations sur la bonne voie dans les meilleurs délais.

Q : Selon des médias, certains projets de coopération entre la Chine et des pays africains tels que la Tanzanie et le Kenya ont récemment connu des revers. L'hebdomadaire britannique The Economist a récemment déclaré que la rentabilité de certains projets n'était pas satisfaisante et que les pays africains étaient de plus en plus vigilants vis-à-vis du « piège de la dette » de la Chine. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : La Chine mène un grand nombre de projets de coopération avec les pays africains et les exemples de réussite sont trop nombreux pour être tous énumérés. Dans ce processus, il est compréhensible que certains projets rencontrent des problèmes de fonctionnement sur le marché. Nous entendons renforcer le dialogue et les consultations amicales avec les pays concernés sur la base du respect de la volonté de la partie africaine, et nous avons la certitude de pouvoir trouver des solutions appropriées aux questions concernées.

En tant que bon partenaire, bon ami et bon frère des pays africains, la Chine s'est engagée à renforcer la coopération en matière d'investissements et de financement avec les pays africains en fonction de leurs besoins, pour les accompagner dans l'amélioration de leurs infrastructures et l'accélération de leur développement socio-économique. Cette coopération a apporté des avantages tangibles aux pays et aux peuples africains. Dans le cadre de ce processus, la Chine tient toujours pleinement compte de la viabilité de la dette et recherche des propositions mutuellement acceptables au moyen de consultations amicales et équitables. C'est l'une des raisons fondamentales de l'énorme popularité de la coopération sino-africaine en Afrique.

Les faits sont plus éloquents que les mots et la justice se trouve dans le cœur de chacun. Les pays et les peuples africains sont les mieux placés pour juger si la coopération sino-africaine est bonne ou non. Lors de la récente rencontre entre les dirigeants chinois et africains en marge du sommet du G20 à Osaka et de la réunion des coordinateurs sur la mise en œuvre des résultats du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), les dirigeants africains ont tous hautement apprécié la coopération fructueuse avec la Chine et ont souhaité une coopération renforcée dans les investissements et le financement pour contribuer davantage à l'interconnexion et au développement durable de l'Afrique. Les Présidents de l'Afrique du Sud, de l'Égypte et du Sénégal, et de nombreux Ministres africains des Affaires étrangères ont félicité la Chine d'avoir toujours honoré son engagement et d'avoir mis ses actes en accord avec ses paroles. Ils ont exprimé leur confiance dans la mise en œuvre intégrale des résultats du Sommet de Beijing du FCSA. Je crois que ces dirigeants se sont exprimés au nom de tous les peuples africains. C'est aussi un fort blâme à la prétendue assertion du « piège de la dette ». Nous espérons que les médias écouteront davantage ces voix et considéreront la coopération sino-africaine de manière rationnelle et objective, au lieu d'avancer des pronostics spéculatifs, au mépris des faits.

Q : Selon des informations, le Département américain de la Défense a déclaré que les derniers essais de missiles effectués par la Chine en Mer de Chine méridionale étaient préoccupants et que la Chine est revenue sur sa promesse de ne pas militariser la Mer de Chine méridionale. Quelle est votre réponse ?

R : Comme je l'ai dit hier, je vous invite à vous renseigner auprès des autorités militaires pour les reportages concernés.

En ce qui concerne les remarques américaines, j'aimerais vous rappeler que ce sont les États-Unis qui ont envoyé des porte-avions en Mer de Chine méridionale. La communauté internationale voit clairement qui militarise la Mer de Chine méridionale et qui trouble sa tranquillité.

Q : Selon des reportages, des diplomates disent que les États-Unis et l'Allemagne ont critiqué hier la Chine pour ses politiques au Xinjiang lors d'une réunion à huis clos du Conseil de Sécurité de l'ONU. Pouvez-vous nous dire quelle est votre réponse à ce sujet ?

R : Je ne sais pas comment des débats lors d'une réunion à huis clos du Conseil de Sécurité des Nations Unies ont été révélés aux médias.

D'après ce que je sais, le 2 juillet, lors des consultations internes du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur les travaux du Centre de diplomatie préventive des Nations Unies en Asie centrale, les États-Unis et l'Allemagne se sont écartés du thème de la conférence et ont formulé des accusations sans fondement contre la politique chinoise du Xinjiang. L'ambassadeur Ma Zhaoxu, représentant permanent de la Chine auprès de l'ONU, a réfuté sur-le-champ les propos erronés des États-Unis et de l'Allemagne.

Nous avons déclaré à plusieurs reprises notre position sur le Xinjiang. Je voudrais souligner ici les points suivants :

Premièrement, les affaires du Xinjiang sont purement des affaires intérieures de la Chine, elles n'ont aucun rapport avec l'ordre du jour du Conseil de Sécurité et ne toléreront aucune ingérence étrangère.

Deuxièmement, le Conseil de Sécurité est un organe solennel chargé de défendre la paix et la sécurité internationales. Il n'est pas et ne devrait pas devenir la scène de théâtre politique de certains pays. Nous exhortons les pays concernés à abandonner la pratique de deux poids deux mesures, à se conformer aux règles fondamentales des réunions internationales, et à cesser de saboter l'union du Conseil de Sécurité et de s'ingérer dans les affaires intérieures des autres pays.

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