Conférence de presse du 15 juillet 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2019/07/15

À l'invitation du Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi, Emmanuel Bonne, conseiller diplomatique du Président français, viendra en Chine le 19 juillet pour un nouveau tour de consultations des coordinateurs du dialogue stratégique sino-français.

Q : Vendredi dernier au soir, la Chine a annoncé qu'elle prendrait des sanctions contre les entreprises américaines qui vendent des armes à Taiwan. Pouvez-vous nous donner plus de détails à ce sujet ? Par exemple, quelles entreprises sanctionnerez-vous spécifiquement ? Comment les sanctions vont-elles fonctionner ? Quand seront-elles lancées ?

R : Les États-Unis, en vendant des armes à Taiwan, violent gravement le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales, le principe d'une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains, et portent atteinte à la souveraineté et à la sécurité nationale de la Chine. Pour protéger nos intérêts nationaux, nous imposerons des sanctions aux entreprises américaines ayant participé aux ventes d'armes à Taiwan. Le gouvernement chinois et les entreprises chinoises ne mèneront pas de coopération ou d'échanges commerciaux avec les entreprises américaines impliquées.

Q : La semaine dernière, le Royaume-Uni a saisi un pétrolier iranien sous prétexte de suspicion de transmission de pétrole à la Syrie. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : J'ai répondu à des questions similaires la semaine dernière. Je peux répéter ma réponse ici. Nous estimons toujours que, dans les relations interétatiques, tous les pays doivent respecter le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales. Nous espérons que les parties concernées prendront des mesures concrètes pour prévenir l'escalade de la tension et protéger conjointement la sécurité de l'approvisionnement énergétique international, car cela est non seulement dans l'intérêt des pays du Moyen-Orient, mais également dans l'intérêt commun de la communauté internationale.

Q : Selon des médias, les dirigeants français, britannique et allemand ont publié une déclaration conjointe le 14 juillet, exprimant leurs regrets face au retrait américain de l'accord global sur le nucléaire iranien (JCPOA) et à la reprise des sanctions sur l'Iran, et leur inquiétude quant à l'abandon total du JCPOA causé par une mise en œuvre réduite du JCPOA par l'Iran. Ils ont vivement exhorté l'Iran à revenir sur sa décision et ont réaffirmé l'importance de résoudre la question relative à l'application du JCPOA par l'Iran à travers le dialogue, dont le mécanisme de commission mixte. Les trois pays se disent profondément préoccupés par la détérioration de la sécurité dans la région. Ils estiment que toutes les parties prenantes doivent prendre des mesures responsables pour empêcher une escalade de la tension et relancer le dialogue. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : La situation nucléaire iranienne demeure tendue. Les signataires du JCPOA, y compris la partie européenne, ont mené de bons offices diplomatiques intensifs pour promouvoir la paix et faciliter les pourparlers. La partie chinoise, très préoccupée par la situation actuelle, a maintenu une communication et une coordination étroites avec toutes les parties, et œuvre à apaiser la tension.

La Chine est toujours convaincue qu'une mise en œuvre intégrale et effective du JCPOA conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies est le seul moyen réaliste et efficace de résoudre le problème nucléaire iranien et d'atténuer les tensions, et de créer les conditions permettant à toutes les parties de résoudre d'autres problèmes par un dialogue sur un pied d'égalité. Dans la situation actuelle, il importe en particulier de faire preuve de calme et de retenue, et d'insister sur le règlement du problème par le dialogue dans le cadre du JCPOA. Dans le même temps, chacune des différentes parties doit assumer ses responsabilités, assurer l'équilibre des droits et des obligations découlant du JCPOA et en maintenir la validité.

Ce que je veux souligner, c'est que la politique américaine de pression maximale est à la source du changement de la situation nucléaire iranienne. Comme le dit un adage chinois, « c'est à celui qui a fait le nœud de le défaire ». Nous espérons que les États-Unis abandonneront leurs mauvaises pratiques, respecteront les droits et intérêts légitimes des autres parties, s'abstiendront d'empêcher la mise en œuvre du JCPOA et œuvreront de concert à trouver une solution politique et diplomatique au problème nucléaire iranien.

Q : En ce qui concerne l'annonce par la Chine de sanctions sur des entreprises américaines qui ont vendu des armes à Taiwan, pouvez-vous indiquer quelles entreprises américaines sont impliquées ? Quand les sanctions seront-elles mises en pratique ? Au cours de son « transit » à New York, Tsai Ing-wen a fait des remarques sur le principe d'« un État, deux systèmes » mis en application à Hong Kong et les relations entre les deux rives du détroit de Taiwan. Quel est votre commentaire à ce sujet ? Hier, le Financial Times a annoncé que le chef de l'exécutif de Hong Kong, Mme Carrie Lam, avait exprimé à plusieurs reprises au gouvernement central son intention de démissionner, mais que cela a été refusé par le gouvernement central. Pouvez-vous confirmer cela ?

R : Combien de questions avez-vous posées ?

Journaliste : Trois.

R : Vous poserez vos questions l'une après l'autre la prochaine fois, pour que je ne me trompe pas.

Journaliste en riant : D'accord.

R : Sur votre première question, les États-Unis, par les ventes d'armes à Taiwan, ont gravement violé le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales, porté gravement atteinte à l'unicité de la Chine et aux trois communiqués conjoints sino-américains, et à la souveraineté et à la sécurité nationale de la Chine.

Pour défendre ses intérêts nationaux, la Chine prendra des sanctions à l'encontre des entreprises américaines ayant participé aux ventes d'armes à Taiwan. Le gouvernement chinois et les entreprises chinoises ne mèneront pas de coopération ou d'échanges commerciaux avec les entreprises américaines impliquées. Je ne peux pas révéler les détails pour le moment. Mais je vous prie de croire que les Chinois sont toujours fidèles à la parole donnée et résolus dans les actes.

Concernant votre deuxième question, Tsai Ing-wen a proféré des absurdités, lors de son séjour à New York, au sujet des relations entre les deux rives du détroit et de la politique d'« un État, deux systèmes ». Mais je dois me retenir, car ce n'est pas une question diplomatique. Je la laisse à mes collègues du Bureau des Affaires de Taiwan relevant du Conseil des Affaires d'État, et du Bureau des Affaires de Hong Kong et de Macao.

En tant que porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères, je peux vous dire que le principe d'une seule Chine est un consensus universel de la communauté internationale. Les autorités taiwanaises cherchent, sous un masque de démocratie, à semer la confusion et à gagner par ruse la sympathie sur le plan international, dans le but de trouver un prétexte pour créer l'« indépendance de Taiwan ». Mais en fait, leur véritable objectif est connu du monde entier.

En outre, je dois affirmer le point suivant : il n'y a aucune dignité du tout quand on dépend servilement d'autrui, et cela ne conduira qu'à l'impasse.

Concernant votre troisième question, je n'en ai pas entendu parler. Je peux vous assurer que le gouvernement central soutient fermement le gouvernement et le chef de l'exécutif de la Région administrative spéciale de Hong Kong, Carrie Lam, dans l'administration de Hong Kong conformément à la loi.

Q : Première question, comme l'a confirmé le Ministère canadien des Affaires étrangères, un citoyen canadien a été arrêté à Yantai et la partie canadienne lui fournit une assistance consulaire. Pouvez-vous nous donner plus de détails à ce sujet ? Quelle est la condition physique du Canadien concerné ? Deuxième question, selon les médias canadiens, la chercheuse d'origine chinoise Qiu Xiangguo, son mari Cheng Keding et des étudiants chinois ont été emmenés vendredi dernier par la police canadienne depuis leur laboratoire de microbiologie. Leur autorisation d'accès au laboratoire a été retirée. Selon les reportages, ils ont été saisis par la police pour leurs liens éventuels avec le gouvernement chinois et pour des raisons potentielles de sécurité nationale. Pouvez-vous confirmer cela ? Avez-vous des commentaires à faire à ce sujet ?

R : Vos questions sont très claires pour moi. Pourquoi ? Parce que vous avez dit « première question » et « deuxième question ».

(Le porte-parole s'adresse au journaliste qui avait posé la question précédente) : Pourriez-vous ne pas mélanger toutes vos questions lorsque vous poserez des questions la prochaine fois ? Il vaut mieux aussi dire « première question » et « deuxième question ».

(Le journaliste concerné hoche la tête tandis que tout le monde rit.)

En ce qui concerne votre première question, l'autorité de la sécurité publique de la province du Shandong a récemment détecté une affaire de drogue impliquant des étudiants étrangers. L'un d'entre eux est un citoyen canadien. L'affaire fait l'objet d'une enquête. L'autorité de la sécurité publique a fait des notifications consulaires aux ambassades des pays concernés et arrangera des visites consulaires. La partie chinoise protège les droits et intérêts légitimes des personnes impliquées conformément à la loi. Il n'y a aucun lien entre cette affaire et une autre affaire de drogue impliquant des étrangers, qui fait actuellement l'objet d'une enquête par l'autorité de la sécurité publique de la province du Jiangsu.

Quant à votre deuxième question, j'ai lu les reportages que vous avez mentionnés. Le consulat général de Chine à Toronto n'a reçu aucune notification concernant des citoyens chinois impliqués dans cette affaire. Si des citoyens chinois sont impliqués, notre ambassade et nos consulats leur fourniront une assistance consulaire et protégeront leurs droits et intérêts légitimes conformément à la loi.

Q : Selon les médias, le 12 juillet, les ambassadeurs de 37 pays, dont le Pakistan, l'Arabie saoudite et l'Algérie, ont adressé une lettre à l'ONU pour appuyer la position de la Chine sur les questions liées au Xinjiang. Quel est le commentaire chinois à ce sujet ?

R : Il y a quelques jours, les ambassadeurs de 37 pays, dont le Pakistan, l'Arabie saoudite, l'Algérie, la Russie et Cuba, ont conjointement adressé une lettre au Président du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et à la haut-commissaire aux droits de l'homme. Dans leur lettre, ces ambassadeurs ont évalué de manière positive les progrès accomplis dans la lutte antiterroriste et la déradicalisation dans le Xinjiang, salué le fait que la Chine avait invité à maintes reprises des chefs de missions diplomatiques, des responsables d'organisations internationales et des représentants des médias à se rendre au Xinjiang, soulignant que ceux qui étaient allés au Xinjiang ont affirmé que ce qu'ils y avaient vu et entendu était complètement différent de ce qui a été décrit par des médias occidentaux. Les ambassadeurs ont également exhorté, dans leur lettre, certains pays à cesser d'utiliser des informations non confirmées pour critiquer la Chine sans fondement et sans être jamais allés au Xinjiang. La partie chinoise exprime son appréciation et ses remerciements aux pays susmentionnés, dont le Pakistan, qui ont adopté une position juste et objective.

Face à de graves menaces de terrorisme et d'extrémisme, la région autonome ouïghoure du Xinjiang a pris une série de mesures de lutte antiterroriste et de déradicalisation conformément à la loi, notamment la création de centres de formation et d'enseignement professionnels. Ces mesures ont permis de redresser la situation sécuritaire au Xinjiang. Depuis presque trois ans, pas un seul incident violent et terroriste n'a eu lieu au Xinjiang. La région jouit maintenant de la stabilité sociale et de l'unité de tous les groupes ethniques. Les habitants y mènent une vie heureuse avec un sentiment plus fort d'épanouissement et de sécurité. Ils approuvent sans réserve les mesures politiques prises par le gouvernement.

Les faits sont plus éloquents que les mots, et la justice se trouve dans le cœur de chacun. Les pays ayant cosigné la lettre sont situés en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Un bon nombre d'entre eux sont membres de l'Organisation de la Coopération islamique, et beaucoup ont envoyé des représentants dans le Xinjiang pour voir la région telle qu'elle est réellement. Cette lettre cosignée est une réponse ferme à ces pays occidentaux, au nombre infime, qui ont critiqué la Chine sans fondement.

La Chine œuvre avec toutes les parties à favoriser le respect des buts et principes de la Charte des Nations Unies dans les mécanismes multilatéraux des droits de l'homme, traiter les questions relatives aux droits de l'homme de manière objective, juste et non sélective, et promouvoir un développement sain de la cause internationale des droits de l'homme par un dialogue et une coopération constructifs. Nous nous opposons à l'ingérence dans les affaires intérieures des autres pays, aux critiques des autres pays sans fondement, aux calomnies et pressions sans vergogne contre la Chine, en profitant du Conseil des droits de l'homme et d'autres plates-formes. Nous exhortons les pays concernés à changer immédiatement de politique, à abandonner la politisation et l'attitude à double critère et à cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures d'autres pays sous prétexte des droits de l'homme.

Q : L'envoyé spécial américain pour l'Afghanistan, Zalmay Khalilzad, a effectué une visite en Chine la semaine dernière, après son entretien au Qatar avec le négociateur en chef des talibans Mullah Baradar, qui avait été également reçu par la Chine. Pouvez-vous présenter la visite de Zalmay Khalilzad en Chine ? La Chine a-t-elle changé de politique à l'égard de l'Afghanistan ?

R : La semaine dernière, l'envoyé spécial américain pour l'Afghanistan Zalmay Khalilzad a participé, à Beijing, à la troisième consultation trilatérale sino-russo-américaine sur la question afghane, et à la première réunion quadripartite entre la Chine, la Russie, les États-Unis et le Pakistan sur le processus de paix en Afghanistan. Les envoyés spéciaux chinois et russe pour les affaires afghanes et le secrétaire assistant du Ministère pakistanais des Affaires étrangères ont participé aux consultation et réunion susmentionnées. Toutes les parties ont échangé des points de vue et sont parvenues à un bon nombre de consensus sur la situation actuelle des pourparlers de paix en Afghanistan, le règlement politique de la question afghane et les efforts communs déployés pour aider l'Afghanistan à réaliser la paix, la sécurité et la prospérité. Elles ont publié la déclaration conjointe des quatre parties sur la question afghane, que vous trouverez en ligne.

La Chine et les trois autres parties soutiennent toutes le processus de réconciliation « conduit par les Afghans et pour les Afghans », qui est vaste et inclusif, et ont convenu de renforcer la communication et la coordination du processus de paix, de reconstruction et de réconciliation en Afghanistan.

Question supplémentaire : Y aura-t-il des réunions de suivi après cette consultation ? Seront-elles institutionnalisées ?

R : Je pense que vous pouvez trouver les informations concernées dans la déclaration commune des quatre parties dont je viens de parler. Les quatre parties se sont mises d'accord pour maintenir la dynamique des rencontres et des consultations. La date et le lieu de la prochaine réunion ainsi que d'autres détails seront fixés par voie diplomatique.

Q : Le ministre-conseiller de l'ambassade de Chine au Pakistan a récemment tenu certains propos sur la communauté africaine à Washington, qui ont suscité des critiques. Il a également commenté la politique de la Chine dans le Xinjiang. Quel est le commentaire de la partie chinoise à ce sujet ?

R : Je ne suis pas au courant de ce que vous avez dit. Mais puisque vous avez évoqué la question liée au Xinjiang, comme je l'ai dit plus tôt, nos mesures de lutte antiterroriste et de déradicalisation ont donné des résultats au Xinjiang et nos mesures politiques sont approuvées par les habitants de tous les groupes ethniques. La région jouit maintenant de la stabilité sociale. Les habitants y mènent une vie heureuse et harmonieuse. Notre position sur cette question est ferme et claire. Nous nous opposons à l'ingérence par les États-Unis et quelques autres pays occidentaux dans les affaires intérieures de la Chine sous le prétexte des questions liées au Xinjiang.

Q : Un incident s'est récemment produit à l'Université du Shandong concernant le « programme d'amis ». Ensuite, ont été mis en ligne des messages discriminatoires envers les étudiants africains en Chine. Avez-vous un commentaire à faire à ce sujet ?

R : Je n'ai pas vu de messages mis en ligne ciblant des étudiants africains, comme vous l'avez décrit. Je peux vous affirmer que les étudiants étrangers sont les bienvenus en Chine, car cela revêt une signification positive pour promouvoir la compréhension mutuelle entre la Chine et le pays concerné, et le renforcement des liens d'amitié entre les deux peuples. Mais je dois souligner ceci : en tant que citoyens étrangers, les étudiants étrangers en Chine doivent respecter les lois et réglementations chinoises, et leurs droits et libertés légitimes seront protégés en même temps.

Q : Encore une question sur ce que vous avez dit à propos de la réunion des quatre parties sur l'Afghanistan. Comment a été formé ce groupe ? La Chine a également activement travaillé en coordination avec l'Inde sur le dossier afghan. Pourquoi l'Inde n'a-t-elle pas participé à la réunion ?

R : Comme vous-même l'avez dit, la Chine entretient une communication et une coordination étroites sur la question afghane avec toutes les parties concernées, y compris l'Inde. La réunion Chine-Russie-États-Unis-Pakistan que vous venez de mentionner a été décidée sur la base de la communication et du consensus entre la Chine et les autres pays participants. Dans le même temps, les quatre pays ne refusent pas, mais souhaitent maintenir une communication et une coordination étroites avec les autres parties concernées sur la question afghane et œuvrer ensemble à promouvoir un règlement politique de la question afghane dans les meilleurs délais.

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