Conférence de presse du 21 août 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2019/08/21

À l'invitation du Premier Ministre Li Keqiang du Conseil des Affaires d'État, le Premier Ministre Abdulla Nigmatovich Aripov de la République d'Ouzbékistan effectuera une visite officielle en Chine du 27 au 29 août.

Ce sera la première visite officielle du Premier Ministre Aripov en Chine. Au cours de la visite, le Président Xi Jinping et le Premier Ministre Li Keqiang auront respectivement une rencontre et un entretien avec lui. Guo Shengkun, membre du Bureau politique du Comité central du PCC et secrétaire de la Commission centrale des affaires politiques et juridiques, coprésidera avec le Premier Ministre Aripov la 5e réunion de la commission de coopération intergouvernementale Chine-Ouzbékistan.

La Chine et l'Ouzbékistan sont des voisins amicaux et des partenaires stratégiques globaux. Les relations bilatérales ont connu un développement de niveau élevé depuis l'établissement de leurs relations diplomatiques il y a 27 ans. Les deux pays entretiennent des échanges étroits de haut niveau, une confiance politique mutuelle renforcée, un développement fructueux de l'initiative « la Ceinture et la Route » et une coopération efficace dans la lutte contre les trois fléaux que sont le terrorisme, l'extrémisme et le séparatisme. Nous avons également une bonne coordination à l'ONU, dans l'Organisation de Coopération de Shanghai et d'autres enceintes multilatérales. Nous avons la certitude que cette visite permettra de faire progresser les relations et la coopération bilatérales dans tous les domaines.

Q : En ce qui concerne la détention présumée dans la partie continentale de la Chine d'un employé du consulat général britannique à Hong Kong, sa famille a fait aujourd'hui une déclaration disant que cette affaire aurait été traitée par le Bureau de la sécurité publique de la ville de Shenzhen, mais qu'elle ne sait toujours pas où il est détenu et s'il a pu rencontrer un avocat. Pourriez-vous nous donner plus d'informations à ce sujet ?

R : Plusieurs journalistes ont posé des questions sur ce sujet à la conférence de presse d'hier. Pour être franc, ce n'est pas une question diplomatique. Mais comme cela vous intéresse tant, nous n'avons ménagé aucun effort pour nous renseigner auprès des départements concernés.

D'après ce que nous avons appris, la police de Shenzhen a infligé à cette personne une peine de 15 jours de détention administrative pour avoir enfreint la Loi de la République populaire de Chine sur le maintien de l'ordre public.

Q : Encore une question sur l'employé du consulat général britannique à Hong Kong. Hier, la partie britannique a déclaré qu'il avait exprimé ses vives préoccupations auprès de la partie chinoise et qu'il souhaitait fournir de l'assistance à la famille. Quelle est la réponse de la partie chinoise à ce sujet ? Quels lois ou règlements a-t-il violés précisément ?

R : Comme je viens de le dire, ce n'est pas une question diplomatique. Mais puisque cela vous intéresse tous, nous avons essayé de recueillir des informations auprès des départements concernés. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous conseille de vous adresser aux départements compétents.

En ce qui concerne les remarques faites par la partie britannique que vous avez évoquées, je peux vous dire explicitement que nous avons effectué à plusieurs reprises des démarches officielles auprès du Royaume-Uni, lui demandant de cesser de faire des remarques irresponsables, de s'immiscer dans les affaires de Hong Kong et d'intervenir dans les affaires intérieures de la Chine. Le Royaume-Uni a une idée très claire à ce sujet.

Q : Le 21 août, heure de Beijing, le Département américain de la Défense a officiellement informé le Congrès du projet de vendre pour 8 milliards de dollars des avions de combat F-16 sophistiqués et de fournir le soutien nécessaire à Taiwan. Quel est le commentaire de la partie chinoise à ce sujet ?

R : J'ai déjà exprimé la position solennelle du gouvernement chinois à ce sujet il y a quelques jours. Notre position n'a pas changé.

La vente d'armes américaine à Taiwan a gravement violé le principe d'une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains, notamment le communiqué du 17 août. Elle constitue une grave ingérence dans les affaires intérieures de la Chine et porte atteinte à sa souveraineté et à ses intérêts en matière de sécurité. La Chine s'y oppose fermement et a fait des représentations solennelles et des protestations auprès des États-Unis. La Chine prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts, y compris la sanction des entreprises américaines impliquées dans la vente d'armes.

Je dois souligner que le problème de Taiwan concerne la souveraineté, l'intégrité territoriale et les intérêts fondamentaux de la Chine. La Chine est fermement déterminée à défendre sa souveraineté, son unité et sa sécurité. Nous exhortons les États-Unis à respecter scrupuleusement le principe d'une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains, à annuler immédiatement le projet de vente d'armes, à cesser de vendre des armes à Taiwan et de maintenir des contacts militaires avec Taiwan. Sinon, les États-Unis devront en assumer toutes les conséquences.

Q : Le Président Trump a déclaré hier, lors d'une rencontre de la presse avec le Président roumain, que les États-Unis sont actuellement confrontés à des conséquences économiques à court terme. Selon lui : « Quelqu'un doit affronter la Chine, et c'est quelque chose qui doit être fait. La seule différence entre les ex-présidents américains et moi, c'est que je suis passé à l'action ». Quelle est la réaction de la Chine à ce sujet ?

R : Comme nous l'avons souligné à plusieurs reprises, la coopération économique et commerciale entre la Chine et les États-Unis est par nature gagnant-gagnant. La Chine et les États-Unis sont devenus l'un pour l'autre le plus important partenaire commercial et une destination importante pour les investissements, avec des intérêts interdépendants. Le chiffre d'affaires annuel des entreprises américaines en Chine s'est élevé à plus de 700 milliards de dollars, avec plus de 50 milliards de dollars de bénéfices. Si une partie en avait tiré profit et l'autre avait subi des conséquences fâcheuses, il aurait été impossible de créer une relation sino-américaine mutuellement avantageuse caractérisée par une forte complémentarité et des intérêts profondément liés.

Quant aux relations entre la Chine et les États-Unis, la coopération profite à chacune des deux parties, et l'affrontement nuit à l'une comme à l'autre partie. Il ne faut pas craindre les conflits sur les plans économique et commercial. L'essentiel est de résoudre les problèmes par le dialogue et les consultations. Nous espérons que les États-Unis pourront déployer des efforts dans le même sens que la Chine et mettre en œuvre le consensus dégagé par les deux Chefs d'État à Osaka en vue de trouver une solution mutuellement acceptable par le dialogue et les consultations sur la base du respect mutuel et de l'égalité.

Pour terminer, je tiens à souligner encore une fois que la relation sino-américaine est l'une des relations bilatérales les plus importantes dans le monde. Une relation sino-américaine saine et stable est non seulement dans l'intérêt des deux pays, mais répond également aux aspirations générales de la communauté internationale. Nous espérons que les États-Unis agiront dans le même sens que la Chine pour gérer les divergences sur la base du respect mutuel et élargir leur coopération mutuellement avantageuse sur la base des bénéfices réciproques pour faire progresser ensemble une relation sino-américaine axée sur la coordination, la coopération et la stabilité.

Q : Ma question concerne toujours les remarques du gouvernement britannique concernant l'employé du consulat général britannique à Hong Kong dont on a perdu le contact. Vous venez de dire que la Chine a récemment mis le Royaume-Uni en garde à plusieurs reprises contre son ingérence dans les affaires intérieures de la Chine. S'agissant de la préoccupation de la partie britannique au sujet de la détention d'un employé de son consulat général à Hong Kong, quel est le commentaire de la Chine à cet égard ?

R : Tout d'abord, je dois préciser que cet employé est un citoyen de Hong Kong, mais non un citoyen britannique, c'est-à-dire que c'est un Chinois, donc il s'agit intégralement d'une affaire intérieure de la Chine.

Deuxièmement, le Royaume-Uni a récemment émis toute une série de propos erronés sur Hong Kong. La Chine a déclaré publiquement sa position solennelle et a fait des représentations solennelles auprès du Royaume-Uni. Nous exhortons une nouvelle fois le Royaume-Uni à arrêter de critiquer avec force gestes autoritaires la question liée à Hong Kong et de créer de l'agitation.

Q : Selon des reportages, le Premier Ministre australien Morrison a déclaré dans une interview que la Chine était bien plus qu'un « client » pour l'Australie et que les deux pays étaient des partenaires stratégiques globaux. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Nous avons pris note des remarques du Premier Ministre Morrison. Il a souligné que les relations sino-australiennes allaient bien au-delà d'une coopération économique et commerciale, que l'Australie se félicitait du développement de la Chine et n'endiguait pas la Chine. Nous apprécions cela et espérons que la partie australienne traduira mieux ses remarques positives en actions concrètes pour améliorer et développer les relations sino-australiennes. Nous espérons également que les Australiens de différents milieux envisageront la Chine et les relations sino-australiennes de manière plus objective et rationnelle.

La Chine est toujours d'avis qu'une relation sino-australienne qui se développe de manière saine et régulière est dans l'intérêt fondamental des deux peuples. Nous espérons que l'Australie travaillera dans le même sens que la Chine pour faire progresser le partenariat stratégique global sino-australien sur la base de la confiance et des avantages mutuels.

Q : Selon des informations, le gouvernement pakistanais a officiellement approuvé une prolongation de trois ans du mandat du chef de l'armée, le général Bajwa, le 19 août. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Nous avons noté la décision du gouvernement pakistanais. Le général Bajwa est un chef remarquable de l'armée pakistanaise. Vieil ami du gouvernement et des forces armées chinoises, il a apporté une contribution active au développement des relations sino-pakistanaises. Nous avons la conviction que, sous sa direction, l'armée pakistanaise contribuera davantage à la défense de la souveraineté et des intérêts sécuritaires du Pakistan, ainsi qu'à la promotion de la paix et de la stabilité dans la région.

Q : Le 19 août, le Secrétaire d'État américain Pompeo a déclaré, lors d'une interview, que la Chine avait fait bien des promesses concernant Hong Kong, la Mer de Chine méridionale, les droits de l'homme et d'autres questions, et que les États-Unis devaient parvenir à un accord commercial vérifiable et applicable pour garantir que celui-ci ne soit pas affecté par le manque de crédibilité de la Chine. La Chine a-t-elle des commentaires à faire à ce sujet ?

R : Nous, les Chinois, veillons toujours à rester fidèles à la parole donnée. Il y a plus de deux mille ans, le sage Confucius nous a appris à tenir nos promesses et à passer résolument à l'action. Cela fait partie de notre tradition culturelle et de notre savoir-faire. En ce qui concerne le respect des traités internationaux et le respect des obligations internationales, la Chine a un bilan impeccable.

Les États-Unis, au contraire, ne respectent pas leurs promesses, reviennent sur des consensus et foulent aux pieds les règles pour un oui ou pour un non. Il suffit de regarder le retrait américain de l'Accord de Paris sur le changement climatique, du JCPOA, et du traité FNI plus récemment. Ils n'hésitent jamais à revenir sur leurs engagements majeurs qui portent sur l'équilibre et la stabilité stratégiques du monde. Ont-ils le moindre sens de la crédibilité ?

Par conséquent, je tiens à dire qu'un pays qui fait constamment des volte-face et qui rompt ses engagements, qui est toujours prêt à partir ou à renverser la table pour s'en aller, n'est nullement qualifié pour parler de crédibilité, d'engagements et d'application d'accords.

Q : Certains disent que la Chine fait face à une pression énorme. L'imposition par les États-Unis de droits de douane supplémentaires fait souffrir l'économie chinoise, avec un taux de croissance économique tombé à son plus bas niveau depuis 27 ans. Le Président Trump a déclaré que des millions d'emplois avaient été perdus et que des milliers et des milliers d'usines avaient été délocalisées de Chine. En outre, les leviers dans les tractations américaines avec la Chine comprennent aussi les manifestations à Hong Kong, les ventes d'armes à Taiwan et la question de Huawei. Vous avez donné des réponses à plusieurs reprises et nous le savons tous. Pouvez-vous résumer ou expliquer brièvement quel est le facteur le plus important affectant le développement des relations sino-américaines ?

R : Comme je l'ai dit plus tôt, la relation sino-américaine est l'une des relations bilatérales les plus importantes dans le monde. Une relation sino-américaine saine et stable est non seulement dans l'intérêt des deux pays, mais répond également aux aspirations de la communauté internationale. Nous espérons que les États-Unis déploieront des efforts dans le même sens que la Chine pour faire progresser une relation sino-américaine axée sur la coordination, la coopération et la stabilité, conformément au consensus réalisé par les deux Chefs d'État.

Dans le même temps, nous espérons également que les États-Unis envisageront correctement le développement de la Chine et approfondiront leur coopération avec la Chine en rejetant la mentalité de la guerre froide et l'idée désuète du jeu à somme nulle. Si leurs idées obsolètes ne changent pas, je crains que les relations sino-américaines ne continuent à se détériorer.

Les 40 ans qui ont suivi l'établissement des relations diplomatiques sino-américaines donnent une leçon importante : la Chine et les États-Unis peuvent surmonter les différences idéologiques et instaurer un partenariat profitable aux deux peuples, aux différents pays et peuples du monde. Nous espérons que les États-Unis prendront conscience de cela.

Suggest To A Friend
  Print