Conférence de presse du 23 octobre 2019 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2019/10/23

Q : Selon les médias, lors de la première séance plénière après la cérémonie d'ouverture du 70e Congrès astronomique international (CAI) tenu à Washington le 21, plus de 1 000 spectateurs sur place ont posé la question suivante en votant par l'intermédiaire de leurs smartphones : « Une importante agence spatiale me manque à ce congrès. Où est passée l'Administration spatiale nationale de Chine (ASNC) ? ». La question posée à travers le système de vote selon la méthode du panel par smartphone est restée à la Une. On dit que l'absence de la délégation chinoise est due à une obstruction dans la délivrance des visas pour les États-Unis. Pouvez-vous confirmer cela et présenter plus d'informations ?

R : J'ai lu les informations concernées dans les médias et je me suis tout de suite renseignée auprès de l'ASNC. Il est vrai que l'absence de la délégation chinoise au CAI s'explique par le fait que les États-Unis n'ont pas délivré les visas à temps.

Comme vous le savez tous, le CAI, événement majeur dans le secteur spatial, est organisé conjointement par la Fédération internationale d'astronautique (IAF), l'Académie internationale d'astronautique (IAA) et l'Institut international de droit spatial. Considéré comme les Jeux olympiques du secteur spatial, le CAI attire chaque année des milliers de représentants de gouvernements, d'entrepreneurs et de scientifiques du monde entier. Partisan de la coopération spatiale multilatérale, et acteur majeur du CAI, la Chine envoie chaque année une délégation participer au CAI.

La Chine a remis en juillet aux États-Unis une liste préliminaire des délégués participant au CAI, trois mois avant l'événement. Le 12 octobre, la délégation de l'ASNC s'est rendue à l'ambassade américaine en Chine pour les entretiens relatifs aux visas. Cependant, le chef de la délégation chinoise n'a pas reçu de visa américain avant l'ouverture du CAI. C'est pourquoi la délégation chinoise n'a pas pu assister à la cérémonie d'ouverture, au forum des directeurs des agences et à d'autres événements importants. Cela explique la scène que vous avez évoquée et qui intéressait particulièrement les médias, autrement dit une « séance du CAI sans la participation de la Chine ». C'est pourquoi le millier de spectateurs sur place, déconcertés, ont demandé à travers le système de vote selon la méthode du panel depuis leurs smartphones : « Une importante agence spatiale me manque à ce congrès. Où est passée l'Administration spatiale nationale de Chine (ASNC) ? », et la question a été affichée à la Une sur le grand écran installé dans le lieu où se tient le CAI, ce qui a attiré une grande attention de la communauté internationale.

Autant que je sache, parmi ceux qui n'ont pas obtenu de visas pour les États-Unis figurent le vice-président de l'IAF, le directeur général adjoint de la China Aerospace Science & Technology Corporation (CASC), ainsi que des membres du comité électoral de l'IAF et le secrétaire général de la Société d'astronautique de Chine.

Un phénomène très intéressant est que le Vice-Président américain Mike Pence a prononcé un discours à la cérémonie d'ouverture du CAI de cette année. Au lieu d'annoncer quelque chose de nouveau concernant la politique spatiale américaine ou la coopération internationale, il a déclaré la nécessité de promouvoir la coopération spatiale internationale dirigée par les États-Unis et de coopérer avec les pays « poursuivant un objectif commun, s'engageant dans la même voie et épris de liberté ». Ce discours hautement politique a suscité une répugnance unanime des participants venant de plusieurs pays, estimant que cela va à l'encontre de l'objectif de l'IAF, qui se prononce pour la coopération internationale.

En réalité, la question des visas pour les États-Unis que connaît l'ASNC n'est que la partie émergée de l'iceberg. Comme nous l'avons indiqué ces derniers temps, les États-Unis ont pris de multiples mesures à l'encontre de chercheurs, d'étudiants, d'entrepreneurs et de scientifiques chinois, comme le refus de leur délivrer des visas, le traitement retardé de leurs demandes de visas, l'annulation de leurs visas de longue durée aux États-Unis, ainsi que l'interpellation et le harcèlement dont font l'objet des universitaires, des étudiants, des hommes d'affaires, ce qui a entravé les échanges socioculturels et interpersonnels normaux entre la Chine et les États-Unis et porté atteinte à la sécurité et aux droits et intérêts légitimes des personnels chinois.

Par ailleurs, vous avez peut-être aussi remarqué des informations selon lesquelles les États-Unis ont refusé de délivrer des visas aux délégués russes et iraniens pour la 74e Assemblée générale de l'ONU, ce qui constitue une violation de l'Accord de Siège de 1947 entre l'ONU et les États-Unis.

Les États-Unis, en faisant de la question des visas une « arme », au mépris maintes fois des responsabilités et obligations internationales, ont entravé les échanges et la coopération internationaux normaux et porté atteinte aux droits et intérêts légitimes des différentes parties concernées de la communauté internationale. Nous exhortons les États-Unis à faire un examen de conscience avec tout le sérieux qui s'impose et à corriger effectivement ce qu'ils ont commis.

Q : Le porte-parole des talibans a déclaré hier soir que la Chine avait invité une délégation à participer au dialogue interne entre les différentes factions afghanes. Pouvez-vous nous donner des détails à ce sujet ?

R : La Chine soutient fermement le processus de paix et de réconciliation largement inclusif, « conduit par les Afghans et pour les Afghans ». Nous soutenons le dialogue entre les différentes factions en Afghanistan, y compris le gouvernement afghan et les talibans afghans. Nous sommes prêts à apporter commodités et assistance au processus de paix et de réconciliation en Afghanistan sur la base du respect de la volonté de toutes les parties afghanes concernées. Nous publierons en temps opportun les informations que vous avez demandées, si nous les obtenons.

Q : Un dirigeant américain a déclaré le 21 octobre, lors d'une réunion du gouvernement, que la Chine voulait conclure un accord économique et commercial et que son taux de croissance économique, peut-être négatif, est le plus bas depuis les 57 dernières années, ce qui est favorable pour parvenir à un accord. Quelle est l'opinion de la Chine sur ces remarques ?

R : La Commission nationale du développement et de la réforme de la Chine vient de tenir une conférence de presse sur le fonctionnement macro-économique de notre pays. Cette année, notre économie a continué à progresser de façon régulière sur la base d'une croissance stable. Pendant les trois premiers trimestres, le PIB a progressé de 6,2% sur un an, un niveau sans égal dans les principales économies du monde. Face à une augmentation évidente des risques et des difficultés internes et externes, la Chine a obtenu ces performances au prix de grands efforts. Le taux de croissance économique, bien que légèrement ralenti, est conforme à l'orientation du développement de l'économie chinoise, qui passe de l'étape de la croissance à grande vitesse à celle du développement de haute qualité. Le doute de certaines personnes sur les données économiques chinoises est sans fondement et ne tient pas debout.

Je tiens à souligner que la Chine reste l'un des principaux moteurs et un important contributeur à la croissance économique mondiale. Selon les statistiques du FMI, la Chine a contribué à hauteur de 34% à la croissance du PIB mondial de 2009 à 2018. Aujourd'hui, avec l'approfondissement de la mondialisation, l'économie mondiale et l'économie chinoise sont profondément intégrées et liées pour le meilleur et pour le pire. La communauté internationale a déjà fait un jugement objectif sur l'économie chinoise et sa contribution à l'économie mondiale, ce qui ne peut être changé par quelques propos de quelques individus. En fait, ternir les autres n'aidera pas à résoudre ses propres problèmes domestiques, ni à résoudre les divergences par consultation. Confrontés à une instabilité accrue, aux incertitudes et aux pressions à la baisse de l'économie mondiale, tous les pays devraient s'en tenir à une coopération mutuellement avantageuse et déployer des efforts réels en faveur d'une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive de l'économie mondiale, au lieu de faire le contraire.

Q : Selon des reportages, le dirigeant suprême de la RPDC, Kim Jong-un, a ordonné, lors de sa visite au mont Kumgang, le retrait des installations de la République de Corée sur le mont. Certains analystes estiment que cela affectera les relations entre la République de Corée et la RPDC. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : La RPDC et la République de Corée sont de la même nation, et les relations Nord-Sud sont un facteur important qui influe sur la situation dans la péninsule coréenne et sur la paix et la stabilité régionales. En tant que voisin proche, la Chine encourage toujours la RPDC et la République de Corée à améliorer leurs relations mutuelles et à promouvoir la réconciliation et la coopération par le dialogue et la consultation, ce qui est dans l'intérêt commun des populations de la RPDC et de la République de Corée et des populations de la région.

Q : Selon certaines informations, le Secrétaire d'État américain Pompeo a déclaré lors de la réunion annuelle du club des présidents de Heritage Foundation, le 22 octobre, que « la Chine est tout au plus un concurrent stratégique qui utilise la contrainte et la corruption comme ses instruments de gouvernance ». Quelle est la réponse de la partie chinoise à cet égard ?

R : Dans les relations interpersonnelles, on appelle souvent « personnes mesquines » les menteurs invétérés et ceux qui disent partout du mal d'autrui, et on choisit souvent de les mépriser et de les ignorer. Cependant, dans les relations internationales, nous devons clarifier les faits et afficher notre position face à la calomnie malveillante contre d'autres pays.

Premièrement, en tant que grand pays responsable, la Chine se comporte avec dignité, honnêteté et transparence. Nous n'avons jamais la manie de la guerre, nous ne nous prenons jamais comme le maître du monde, nous ne manquons jamais à nos engagements, nous n'intimidons jamais les autres et nous ne nous plaignons jamais contre du ciel et de l'homme. Le mot « coercition » n'a rien à voir avec la Chine. Au contraire, tout le monde pense que cette étiquette convient tout à fait aux États-Unis. Sur cette question, les États-Unis n'ont pas besoin d'une modestie affectée.

Deuxièmement, ces dernières années, le Parti communiste chinois a adhéré à une gestion stricte tout en intensifiant sa lutte contre la corruption, et a obtenu des résultats remarquables. Il a gagné l'adhésion et le soutien des masses populaires, et le respect et les éloges de la communauté internationale.

En revanche, selon NBC et le journal britannique The Guardian, ainsi que d'autres médias européens et américains, le public américain est généralement convaincu du phénomène du « bulletin de vote contre de l'argent » aux États-Unis, où des membres du Congrès sont captés par des entreprises, des riches et des groupes d'intérêts particuliers. Selon les reportages, le coût moyen pour remporter un siège au Sénat américain est de 19,4 millions de dollars, tandis que celui pour remporter un siège à la Chambre des représentants est de 1,5 million de dollars. Pour nous, en Chine, c'est inimaginable.

Un mensonge, même répété mille fois, ne deviendra jamais la vérité. Un pays qui a des problèmes domestiques doit se concentrer sur l'amélioration de soi-même et ne pas rejeter la responsabilité sur les autres. Vouloir faire taire les autres avec une rhétorique vide ne fera que saper sa propre crédibilité et l'intéressé finira par devenir la risée.

Q : Le Président russe Poutine a signé le 22 octobre un accord avec le Président turc Erdogan sur la situation dans le nord de la Syrie. Selon cet accord, l'armée russe et les troupes syriennes à la frontière aideront la milice kurde et ses équipements à se retirer des zones frontalières entre la Turquie et la Syrie dans six jours. Après cela, les forces russes et turques commenceront des patrouilles conjointes jusqu'à 10 km de la frontière syro-turque à l'ouest et à l'est de la zone de l'opération turque. Quel est le commentaire chinois à ce sujet ?

R : La Chine espère que cet accord entre la Russie et la Turquie contribuera à la détente de la situation dans la région. Nous espérons que toutes les parties concernées travailleront ensemble, respecteront et protégeront de manière sérieuse la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de la Syrie, pour créer les conditions favorables au développement du processus de règlement politique de la question syrienne et lutter contre le terrorisme en faisant preuve de solidarité.

Q : Le Conseiller d'État Wang Yi vient de terminer sa visite en Suisse. Pouvez-vous nous donner des détails sur sa visite ? Quel est le commentaire chinois à ce sujet ?

R : En effet, le Conseiller d'État Wang Yi vient de terminer sa visite en Suisse. Lors de cette visite, le Conseiller d'État Wang Yi a rencontré le Président de la Confédération suisse Ueli Maurer et a coprésidé, avec le Conseiller fédéral suisse et Ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis, le deuxième cycle de dialogue stratégique sino-suisse au rang des Ministres des Affaires étrangères. Les deux parties ont procédé à une communication approfondie et sont parvenues à un important consensus. Elles ont décidé de travailler de concert pour que le partenariat stratégique innovant sino-suisse remporte de nouveaux progrès.

La partie suisse a fait des remarques positives sur les relations sino-suisses en affirmant que ces relations se développent dans d'heureuses conditions et se trouvent toujours à la pointe des relations sino-européennes. La partie suisse soutient pleinement l'initiative « la Ceinture et la Route » avancée par le Président Xi Jinping, estimant que cette initiative servira de trait d'union pour une coopération de meilleure qualité entre la Chine et l'Europe, et offrira des perspectives considérables à la Suisse et à l'Europe. La Suisse entend travailler de concert avec la Chine pour consolider davantage la confiance politique mutuelle avec la Chine et approfondir la coopération dans les domaines du commerce, de l'investissement, de la finance, de la protection environnementale et de l'innovation. La Suisse souhaite la bienvenue aux entreprises chinoises qui investissent en Suisse. La Suisse estime que la Chine est un pilier et une énergie positive pour la paix et la prospérité dans le monde. Elle entend renforcer la communication avec la Chine dans les affaires internationales et régionales et mettre en pratique ensemble le multilatéralisme et le libre-échange.

Les deux parties ont également échangé leurs points de vue sur les droits de l'homme et d'autres questions. Le Conseiller d'État Wang Yi a indiqué l'importance du dialogue mené sur un pied d'égalité et dans l'esprit du respect mutuel pour assurer un développement sain et durable du dialogue. Interrogé par la partie suisse sur la situation à Hong Kong et au Xinjiang en Chine, le Conseiller d'État Wang Yi a souligné que les questions liées à Hong Kong et au Xinjiang sont des affaires intérieures de la Chine qui ne tolèrent aucune ingérence étrangère. Il a présenté la vérité sur les questions relatives à Hong Kong et au Xinjiang et la position de principe de la Chine sur ces questions.

Le Président Maurer et le Ministre des Affaires étrangères Cassis ont exprimé leur admiration sincère pour les grandes réalisations de la Chine au cours des 70 dernières années et leur volonté de mener un dialogue et une coopération dans le domaine des droits de l'homme et dans d'autres domaines, dans l'esprit de l'égalité et du respect mutuel.

Q : Concernant le cas du suspect de meurtre Chan Tong-kai, le gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong a demandé à Taiwan de l'emmener à Taiwan pour qu'il y soit jugé. Cependant, Hong Kong a rejeté la proposition de Taiwan d'envoyer une délégation pour le ramener à Taiwan. Avez-vous des explications sur les raisons pour lesquelles Hong Kong a pris cette décision ?

R : Votre question n'est pas une question diplomatique. Le gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong s'en occupe correctement.

Q : Vous venez de parler des discussions internes entre le gouvernement afghan et les talibans. Pourriez-vous nous parler du calendrier prévu et nous dire quand ces discussions auront lieu en Chine ?

R : J'ai parlé tout à l'heure de la position de principe de la Chine. Nous soutenons le processus de paix et de réconciliation largement inclusif « conduit par les Afghans et pour les Afghans » et nous sommes prêts à accorder les commodités et l'assistance nécessaires à ce dialogue et à la promotion du processus de paix et de réconciliation. Je n'ai rien de nouveau à vous dire pour le moment. Quand nous aurons des informations, nous les publierons à temps.

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