Conférence de presse du 5 novembre 2019 tenue par le Porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2019/11/05

Q : Les Etats-Unis ont imposé lundi des sanctions à l'état-major général des forces armées iraniennes et à neuf individus de l'entourage du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, dont l'un de ses fils. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : La Chine s'oppose depuis toujours aux sanctions unilatérales et à la prétendue « juridiction au bras long ». Les sanctions arbitraires ou les menaces de sanctions ne peuvent résoudre les problèmes. Le dialogue et la négociation sont la solution. Nous espérons que, conformément au principe d'égalité et de respect mutuel, les parties concernées résoudront leurs divergences par le dialogue et les consultations et défendront ensemble la paix et la stabilité de la région et du monde.

Q : Des questions similaires à celle que j'ai posée hier sur les consultations économiques et commerciales sino-américaines. Y a-t-il de nouvelles avancées ? Quand et où les dirigeants chinois et américain pourront-ils se rencontrer ? En ce qui concerne la signature de l'accord commercial de phase I, y a-t-il de nouvelles avancées ? Quelles exigences ou demandes la Chine fait-elle aux Etats-Unis dans ces consultations ?

R : Vous devriez poser ces questions au Ministère du Commerce.

Ce que je peux vous dire, c'est que la Chine et les Etats-Unis restent en contact. Les consultations économiques et commerciales entre les deux parties ont enregistré des progrès et progressent maintenant selon le calendrier fixé. Quant à savoir si les chefs d'Etat des deux pays vont se rencontrer, comme je l'ai dit, ils restent en contact par divers moyens.

Q : Le Conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Robert O'Brien, a affirmé, le 4 novembre lors du sommet Etats-Unis-ASEAN, que la partie chinoise utilisait l'intimidation pour empêcher les pays de l'ASEAN d'exploiter leurs ressources côtières. « Ce n'est pas la manière d'agir du 21e siècle. C'est une conquête. Les grands pays ne devraient pas intimider d'autres pays. Nous ne pensons pas que nous jetons le trouble. Nous venons toujours quand nous sommes invités. » Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : Les propos du fonctionnaire américain semblaient fondés, mais visaient en réalité à rejeter sa propre faute sur autrui en confondant le noir et le blanc. Ces propos semblent plutôt être un aveu des agissements des Etats-Unis en mer de Chine méridionale.

Grâce aux efforts conjugués de la Chine et des pays de l'ASEAN, la situation en mer de Chine méridionale reste globalement stable. Nous maintenons une bonne communication et une bonne coopération sur cette question, et nous avons la volonté, la capacité et la confiance pour sauvegarder la paix et la stabilité tout en œuvrant pour une amélioration constante de la situation en mer de Chine méridionale.

Nous conseillons aux Etats-Unis de respecter et de soutenir les efforts des pays de la région, et de ne pas semer la discorde, déstabiliser la région ou saper la coopération en Asie de l'Est.

Q : Le Premier ministre russe a déclaré que la partie russe se félicitait de la tenue d'un nouveau cycle de pourparlers intra-afghans à Beijing avec la participation de toutes les parties, y compris le gouvernement afghan, d'autres dirigeants afghans et des talibans. Pourriez-vous nous donner des détails sur cette réunion ?

R : La Chine soutient fermement le processus de paix et de réconciliation global et inclusif « dirigé et pris en charge par les Afghans ». Nous soutenons le dialogue intra-afghan entre toutes les parties en Afghanistan, y compris le gouvernement afghan et les talibans afghans. Nous sommes prêts, dans le respect de la volonté de toutes les parties afghanes, à fournir des facilités et des aides pour promouvoir le processus de paix et de réconciliation en Afghanistan, y compris le dialogue et les négociations intra-afghans. Nous allons publier les informations concernées en temps voulu.

Q : Selon la présidence française, lors de la visite du Président Macron en Chine ce mercredi, les deux parties vont signer un accord incluant un paragraphe sur le caractère irréversible de l'Accord de Paris. Pourriez-vous confirmer cela ? La signature de ce texte interviendra au moment où les Etats-Unis ont entamé le processus de retrait de l'Accord de Paris. Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : Je suppose que notre point de vue sur le retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris vous intéresse plus. (Le journaliste a fait un signe affirmatif de la tête.)

La Chine regrette que les Etats-Unis aient entamé le processus de retrait de l'Accord de Paris.

Le changement climatique est un défi pour tous les êtres humains. Tous les pays doivent conjuguer leurs efforts pour y répondre. Lors du Sommet Action Climat des Nations unies, tenu en septembre dernier, toutes les parties ont souligné l'importance du maintien du multilatéralisme, la nécessité de la coopération pour lutter contre le changement climatique et le soutien à une mise en œuvre intégrale de l'Accord de Paris.

Il y a maintenant 187 parties liées à l'Accord de Paris, après la récente adhésion de la Russie. En ce qui concerne la coopération multilatérale, nous espérons que les Etats-Unis agiront de manière proactive et responsable au lieu de se retirer.

En tant que plus grand pays en développement, la Chine soutient fermement le multilatéralisme. Nous soutenons l'Accord de Paris, remplissons activement nos obligations internationales qui correspondent à notre stade de développement et à la situation de notre pays, et prenons réellement des mesures et des actions pour lutter contre le changement climatique. Nous continuerons d'œuvrer dans ce sens, participerons au processus multilatéral et défendrons la gouvernance mondiale dans ce domaine.

Nous allons également maintenir une communication et une coordination étroites avec les autres pays. Vous avez évoqué la visite du Président Macron en Chine. D'après ce que je sais, lui et les dirigeants chinois échangeront de manière approfondie leurs points de vue sur le changement climatique. En ce qui concerne l'accord spécifique que vous avez mentionné, s'il y a des informations à ce sujet, nous les publierons en temps voulu.

Je voudrais réaffirmer l'engagement de la Chine à travailler avec tous les pays pour promouvoir une mise en œuvre complète et effective de l'Accord de Paris et un développement mondial vert, sobre en carbone et durable.

Q : Le Président américain Trump a déclaré que la Chine et la Russie souhaitaient conclure un accord de maîtrise des armements avec les Etats-Unis. Il a ajouté que les Etats-Unis menaient des consultations avec la Chine et la Russie. « Je pense qu'elles aimeraient toutes les deux conclure cet accord, surtout s'agissant d'armes nucléaires ». Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : En ce qui concerne les négociations trilatérales sur le contrôle des armements impliquant la Chine et la Russie comme le prétendent les Etats-Unis, nous avons exposé notre position à de nombreuses reprises.

L'attitude de la Chine est très claire. La prémisse et la base d'une négociation trilatérale sur le contrôle des armements n'existent pas du tout et la Chine n'y prendra pas part. Comme nous l'avons dit, les Etats-Unis tentent de mêler la Chine à une telle négociation. Nous nous demandons si les Etats-Unis veulent voir augmenter l'arsenal nucléaire de la Chine à leur niveau ou réduire leur quantité d'armes nucléaires au niveau de la Chine.

En tant que détenteur de l'arsenal nucléaire le plus important et le plus sophistiqué du monde, les Etats-Unis doivent s'acquitter de leurs responsabilités particulières en matière de désarmement nucléaire, répondre à l'appel de la Russie à prolonger le nouveau traité de réduction des armements stratégiques (New START), réduire davantage son vaste arsenal nucléaire et créer les conditions nécessaires pour que d'autres Etats dotés d'armes nucléaires participent aux négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire.

Q : Selon la BBC, la Chine loue une grande quantité de terres dans la région de l'Extrême-Orient russe, ce qui a suscité le mécontentement de la population locale et a été considéré comme une « expansion ». Avez-vous des commentaires à faire à ce sujet ?

R : La soi-disant « expansion de la Chine » dans la région de l'Extrême-Orient russe a été prouvée depuis longtemps comme étant une fausse nouvelle. Au mépris de la réalité, certains médias chantent le même refrain pour remettre en cause et discréditer la coopération sino-russe. Une telle pratique est très irresponsable.

Cette année marque le 70e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la Russie. Notre coopération pragmatique a donné des résultats remarquables, notamment dans la région de l'Extrême-Orient. La Chine est le principal partenaire commercial de la région de l'Extrême-Orient depuis de nombreuses années. Participant aux projets de la zone de développement à grandes enjambées et du port franc de la région, nous sommes également sa principale source d'investissements étrangers directs. L'agriculture est un autre domaine majeur de la coopération sino-russe dans l'Extrême-Orient. La Chine et la Russie ont signé le Plan de développement sur l'approfondissement de la coopération dans le secteur du soja et le Plan de développement de l'agriculture dans le nord-est de la Chine et dans les régions de l'Extrême-Orient et du Baïkal en Russie. Nous discutons activement du renforcement de la coopération dans le commerce des produits agricoles, la transformation, l'entreposage et la logistique. La coopération agricole joue un rôle important dans notre croissance économique, notre développement social et l'amélioration du bien-être de nos populations. A la lumière du principe des avantages mutuels, la Chine continuera à travailler avec la Russie pour une coopération pragmatique plus approfondie et des avantages plus tangibles.

Q : Le Monde a publié un article sur une banque chinoise suspecte de blanchiment d'argent en France alors que le Président français Macron est toujours en visite en Chine. Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : Nous avons noté le reportage en question. Le gouvernement chinois demande aux entreprises chinoises de se conformer à la loi et à la réglementation au cours de leur exploitation. La Chine et la France ont conclu un accord sur l'entraide judiciaire et nos organes judiciaires entretiennent une bonne communication et une bonne coopération dans cette affaire. Comme le Président Macron est toujours en visite en Chine, j'espère que certains médias arrêteront de dramatiser un cas normal d'assistance judiciaire sur la base d'intentions douteuses.

Actuellement, les relations entre la Chine et la France maintiennent un développement sain, stable et de haut niveau. La Chine souhaite profiter de l'occasion de la visite du Président Macron pour pousser leurs échanges et leur coopération dans divers domaines à un niveau supérieur.

Q : Le Président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi, a déclaré le 4 novembre que l'Iran avait lancé 30 centrifugeuses IR-6 et que 60 centrifugeuses avancées IR-6 fonctionnaient dans le pays. Dans le même temps, des scientifiques iraniens travaillent sur un prototype d'IR-9. Le même jour, des fonctionnaires européens et allemands ont appelé l'Iran à faire preuve de retenue et à observer le Plan d'action global commun (PAGC). Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : J'ai noté les reportages concernés. Comme nous l'avons souligné à maintes reprises, le retrait unilatéral des Etats-Unis du PAGC et l'application d'une politique de pression extrême contre l'Iran sont à l'origine des tensions persistantes autour de la situation du nucléaire iranien.

Comme le dit le proverbe chinois : « Seul celui qui a noué saura dénouer ». Pour atténuer la crise actuelle, les Etats-Unis doivent abandonner les pratiques erronées, telles que les sanctions unilatérales et les pressions extrêmes. Parallèlement, l'Iran et toutes les autres parties au PAGC doivent faire preuve de retenue, mettre en œuvre l'accord de manière efficace et intégrale et s'en tenir au règlement des divergences dans le cadre du PAGC.

Nous exhortons les parties concernées à aller dans la même direction, à intensifier leurs efforts diplomatiques et à œuvrer en faveur de la détente de la situation du nucléaire iranien. La Chine continuera à travailler avec d'autres parties à cette fin.

Q : J'ai des questions concernant le commerce sino-américain. Selon des reportages, les fonctionnaires américains et chinois envisagent activement de réduire certains droits de douane dans le cadre de l'accord commercial de phase I en cours de discussion. La Chine abaisserait-elle certains droits de douane si les Etats-Unis le faisaient ?

R : Comme je viens de le dire en répondant à la question d'un autre journaliste, en ce qui concerne la situation spécifique sur les consultations économiques et commerciales sino-américaines, je vous conseille de vous informer auprès du Ministère du Commerce.

Voici ma réponse de principe. L'imposition de droits de douane supplémentaires n'est pas la bonne façon de régler les problèmes économiques et commerciaux, et l'escalade des frictions commerciales ne sert l'intérêt de personne. Actuellement, les consultations économiques et commerciales sino-américaines ont enregistré des progrès et avancent. Nous espérons que les deux parties iront dans la même direction et trouveront une solution sur la base du respect mutuel, de l'égalité et des avantages mutuels.

Q : Selon des reportages, craignant que l'afflux de produits chinois sur le marché indien aggrave le déséquilibre commercial entre les deux parties, l'Inde a décidé de ne pas adhérer au RCEP. Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : Le RCEP est un accord de libre-échange régional, mutuellement bénéfique par nature. Une fois signé et mis en place, le RCEP aidera les produits chinois à entrer dans les marchés de l'Inde et des autres pays participants. De même, il aidera les produits indiens à entrer dans les marchés de la Chine et des autres pays participants. C'est un arrangement à double sens et complémentaire.

En tant que marchés émergents et grands pays en développement, la Chine et l'Inde représentent des marchés de 2,7 milliards de personnes, avec un potentiel commercial considérable. La Chine ne recherche pas d'excédent commercial contre l'Inde. Au cours des cinq dernières années, les importations chinoises en provenance d'Inde ont augmenté de 15 %. Les deux parties devraient explorer davantage de moyens et de mesures globales pour renforcer la coopération en matière d'investissement, de capacité de production et de tourisme, en agrandissant constamment le gâteau de la coopération, afin de réaliser un développement équilibré et durable des relations économiques et commerciales entre les deux pays.

Je tiens à souligner que le RCEP est une initiative ouverte. Dans un esprit de compréhension mutuelle et de concessions réciproques, la Chine continuera de travailler avec toutes les parties pour résoudre, par des consultations amicales, les problèmes en suspens dans les négociations avec l'Inde. Nous invitons l'Inde à rejoindre le RCEP dans les meilleurs délais.

Q : Selon des reportages, le dirigeant chinois serait disposé à se rendre aux Etats-Unis pour signer l'accord commercial de phase I. Quel est votre commentaire à ce propos ? La Chine a-t-elle des préférences quant au lieu de signature ? A-t-elle également proposé que le Président Trump vienne signer l'accord en Chine ?

R : Cette question a été soulevée plusieurs fois ces deux jours. Ma réponse reste la même. En ce qui concerne la réunion entre les deux présidents, je voudrais dire que le Président Xi et le Président Trump restent en contact par divers moyens.

Q : La chef de l'exécutif de la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong, Carrie Lam, devrait se rendre à Beijing demain. Pourriez-vous présenter plus de détails ? Qui va-t-elle rencontrer ? Quel est le but de sa visite ?

R : Ce n'est pas une affaire diplomatique. Si vous suivez les informations publiées par le gouvernement de la RAS de Hong Kong, vous connaîtrez le programme de la visite de la chef de l'exécutif Carrie Lam. Le gouvernement de la RAS de Hong Kong a déjà publié des informations concernées. Je vous conseille de les suivre.

Q : Vous avez dit que la Chine et l'Inde représentaient des marchés de 2,7 milliards de personnes. Etant donné que l'Inde a décidé de ne pas signer l'accord RCEP, pensez-vous que cette décision réduira l'importance de l'accord signé par les 15 pays ?

R : Le troisième sommet du RCEP s'est tenu à Bangkok hier. Une déclaration commune a été publiée à l'issue de la réunion. Selon la déclaration, les 15 pays participants ont conclu les négociations sur les 20 chapitres du texte et substantiellement sur tous les problèmes d'accès aux marchés, et procéderont à l'examen et à l'approbation du texte juridique en vue de la signature de cet accord en 2020.

La communauté internationale accorde une grande attention à ces progrès importants. On pense généralement que la conclusion des négociations sur le RCEP a envoyé un message positif en faveur de la construction d'une économie mondiale ouverte et du soutien au libre-échange. Cela contribuera également à la libéralisation et à la facilitation des échanges et des investissements dans cette région, stimulera un potentiel plus important et offrira plus d'avantages aux populations locales.

Comme je viens de le dire, Dans un esprit de compréhension mutuelle et de concessions réciproques, la Chine continuera de travailler avec toutes les parties pour résoudre, par des consultations amicales, les problèmes en suspens dans les négociations avec l'Inde. Nous invitons l'Inde à rejoindre le RCEP dans les meilleurs délais.

Q : Une question liée à la CIIE. La Chambre de commerce européenne a publié hier une enquête indiquant que la CIIE mettait trop l'accent sur « des résultats globaux et rapides au lieu de créer un environnement permettant aux entreprises européennes de se développer à long terme en Chine ». Quel est le commentaire de la Chine à ce propos ?

R : Je n'ai pas lu le rapport d'enquête que vous avez mentionné. Ici, j'aimerais vous dire ce que j'ai noté.

Tout d'abord, j'ai remarqué les propos du Président Macron lors de la cérémonie d'ouverture de la CIIE aujourd'hui. Il a chaleureusement félicité la Chine pour la tenue de cet événement et a déclaré que la partie européenne espérait profiter de cette occasion pour approfondir la coopération avec la partie chinoise dans tous les domaines, en particulier dans le domaine économique et commercial.

Deuxièmement, j'ai remarqué la déclaration publiée par la Délégation de l'Union européenne en Chine il y a quelques jours. La partie européenne a hautement salué les opportunités commerciales offertes aux entreprises européennes par la Chine par le biais de la CIIE, ce qui démontre la sincérité de la Chine.

À en juger par ces messages, je constate que la partie européenne apprécie la CIIE. La participation active et enthousiaste de pays et d'entreprises européens à la CIIE en dit long.

Suggest To A Friend
  Print