Conférence de presse du 25 novembre 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2019/11/25

Q : L'Institut d'études internationales de Chine tiendra le Forum sur la sécurité du Moyen-Orient les 27 et 28 novembre à Beijing. Pouvez-vous nous en dire plus ? Pouvez-vous nous dire également comment la Chine envisage la situation actuelle au Moyen-Orient et pourquoi choisir ce moment pour tenir ce forum ?

R : Le Moyen-Orient est loin d'être tranquille. Avec les tensions continues dans le Golfe, l'évolution rapide des problèmes brûlants, les perturbations politiques dans de nombreux pays et le chaos dans cette région donnent prise à la résurgence du terrorisme et produisent de graves retombées négatives.

La Chine attache une grande importance à la paix et à la sécurité au Moyen-Orient. En juillet 2018, le Président Xi Jinping a proposé, dans son discours prononcé lors de la cérémonie d'ouverture de la 8e conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-arabe, d'intensifier le dialogue et les consultations sur la sécurité entre la Chine et les États arabes. Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a annoncé, à la même occasion, la décision chinoise de créer le Forum sur la sécurité au Moyen-Orient.

La présente édition du forum que nous organisons cette fois vise à mettre en œuvre l'esprit du discours important du Président Xi Jinping. Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi aura une rencontre collective avec des invités spéciaux. Le Ministre assistant des Affaires étrangères Chen Xiaodong prononcera un discours lors de la cérémonie d'ouverture et les invités spéciaux prononceront également des allocutions. Près de 200 personnes participeront au forum, dont des responsables et spécialistes des domaines diplomatique et sécuritaire des pays concernés du Moyen-Orient et d'autres régions, des représentants du Ministère chinois des Affaires étrangères, du Ministère chinois de la Défense nationale, d'anciens chefs des missions diplomatiques chinoises et des spécialistes de think tanks. Ils débattront de l'équité et de la justice dans la région, du multilatéralisme, du développement de la sécurité, du dialogue entre les civilisations et d'autres sujets.

Nous espérons que ce forum fournira une opportunité et une plate-forme pour l'exploration de nouvelles idées et de nouvelles pratiques dans les domaines de la sécurité et de la gouvernance au Moyen-Orient.

Q : Première question, le Président américain Donald Trump a déclaré vendredi dans une interview accordée à Fox News qu'il avait personnellement empêché la Chine d'envoyer des forces militaires à Hong Kong, en prévenant que cela aurait un impact négatif sur l'accord commercial. Est-ce vrai ? Deuxième question, comment la Chine envisage-t-elle la victoire des candidats « démocrates » aux élections locales de Hong Kong ?

R : En réponse à votre première question, je tiens à souligner à nouveau que les affaires de Hong Kong sont purement des affaires intérieures de la Chine qui ne tolèrent aucune ingérence de gouvernements, d'organisations et d'individus étrangers. La Chine est fermement déterminée à préserver la souveraineté nationale, ses intérêts de sécurité et de développement ; elle est fermement déterminée à appliquer le principe d'« un pays, deux systèmes », et elle est fermement déterminée à s'opposer à toute ingérence extérieure dans les affaires de Hong Kong.

En ce qui concerne la question de l'économie et du commerce sino-américains, notre position reste constante et claire. Nous espérons que les États-Unis déploieront des efforts dans le même sens que la Chine pour trouver une solution acceptable pour les deux parties, sur la base du respect mutuel et de l'égalité, car cela est dans l'intérêt de la Chine, des États-Unis et du monde entier.

En réponse à votre deuxième question, arrêter la violence et rétablir l'ordre constitue ce qu'il y a de plus urgent à Hong Kong. Hong Kong fait partie de la Chine, ses affaires sont des affaires purement intérieures de la Chine. Le gouvernement chinois est résolument déterminé à préserver la souveraineté nationale, les intérêts de sécurité et de développement du pays, il est résolument déterminé à appliquer le principe d'« un pays, deux systèmes » et il est résolument déterminé à s'opposer à toute ingérence extérieure dans les affaires de Hong Kong.

Q : Le Vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Ryabkov a annoncé qu'il participerait aux consultations sur le contrôle des armements le 27 novembre à Beijing. Pouvez-vous le confirmer ? Quels diplomates chinois seront présents et de quoi les deux parties discuteront-elles ? Qu'attend la Chine de ces consultations ?

R : Autant que je sache, la Chine et la Russie tiendront des consultations bilatérales sur la stabilité stratégique le 27 novembre, au cours desquelles elles échangeront leurs vues sur les grandes questions d'intérêt commun concernant le contrôle des armements. Nous publierons des informations en temps opportun.

Q : Selon des reportages, le 22 novembre, la Commission fédérale des communications (FCC) des États-Unis a désigné, pour commencer, Huawei Technologies Company et ZTE Corp. en tant que sociétés constituant une menace pour leur sécurité nationale et interdit aux entreprises de télécommunications américaines d'utiliser le Fonds de service universel (USF) pour acheter des services et des équipements de ces deux entreprises. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Nous avons noté les reportages concernés et la réponse de la société chinoise.

Les États-Unis sont habitués à opprimer des pays spécifiques et des entreprises spécifiques en abusant de leur pouvoir d'État et en ayant recours à des accusations infondées. Une telle manœuvre a porté un coup dur à Alstom, et tente maintenant de faire pression sur des sociétés chinoises. Ce type d'intimidation économique est une négation flagrante du principe de l'économie de marché que les États-Unis prétendent défendre. S'il n'est pas nécessaire de suivre ce principe, d'autres pays pourraient faire de même avec les entreprises américaines.

Interdire aux opérateurs américains d'acheter des équipements de Huawei et de ZTE ne contribuera pas à l'amélioration de la cyber-sécurité américaine. Au contraire, cela affaiblira les cyber-services dans les zones rurales et sous-développées des États-Unis. Les départements américains concernés en sont parfaitement conscients. Cela soulève les questions suivantes : quels sont les objectifs de ces politiques censées « protéger les intérêts américains » ? Que recherchent vraiment ces officiels américains lorsqu'ils formulent ces politiques visant à opprimer les entreprises étrangères au détriment des intérêts des entreprises et des citoyens américains ?

Nous exhortons une nouvelle fois les États-Unis à cesser de généraliser le concept de sécurité nationale, à arrêter les accusations portées délibérément à l'encontre de la Chine, à mettre fin à l'oppression déraisonnable des entreprises spécifiques chinoises, et à créer un environnement juste, équitable et non discriminatoire pour les activités normales des entreprises chinoises aux États-Unis. Enfin, je tiens à rappeler à certains individus aux États-Unis qu'ils finiront par se retrouver dans une impasse s'ils ferment toutes les portes au nom de la « sécurité ».

Q : Quelle est votre réponse à la déclaration du Chinois Wang Liqiang devant les médias australiens ?

R : Comme vous le savez peut-être, le commissariat de Jing'an du Bureau de la sécurité publique de la municipalité de Shanghai a publié une déclaration le 23 novembre. Wang Liqiang est un fugitif et fait l'objet d'une enquête ouverte par l'organe de la sécurité publique pour soupçon de fraude. Le passeport de la République populaire de Chine et la carte d'identité de résident permanent de Hong Kong qu'il détient sont de faux papiers. L'organe de la sécurité publique poursuit son enquête sur cette affaire.

Nous avons également constaté qu'après que les autorités chinoises compétentes ont publié des informations faisant autorité, signalé des erreurs et apporté des éclaircissements, certains médias et individus australiens continuent, en faisant la sourde oreille, à s'accrocher à leur position erronée, et à prendre pour vrai ce qui est raconté par un suspect sans crédibilité. Ils se sont empressés de faire du tapage autour de la prétendue « menace chinoise » et se sont acharnés à faire tout ce qui est possible pour calomnier et discréditer la Chine. La farce maladroite qu'ils ont montée est vraiment surprenante et inimaginable. Nous recommandons aux médias et individus australiens concernés de respecter les faits et la vérité clairs comme le jour, de respecter les règles de conduite professionnelle minimales, de rejeter les préjugés idéologiques, de cesser d'observer les choses sous une optique tendancieuse et de cesser de faire des choses irresponsables et ridicules.

Q : Nous avons appris que le Bureau de la sécurité publique de Beijing avait mené des enquêtes et établi des sanctions contre une organisation non gouvernementale (ONG) américaine appelée Asia Catalyst, pour ses projets menés en Chine. Pouvez-vous confirmer cela ?

R : Vous semblez être bien informé à ce sujet. Selon les autorités de sécurité publique, Asia Catalyst, sans se soumettre à des formalités d'enregistrement et d'inscription, a engagé, en mars 2018, des activités sur le territoire chinois, enfreignant ainsi la Loi sur la gestion des activités des organisations non gouvernementales étrangères sur le territoire chinois. Avec des faits clairs et des preuves solides, les organes de la sécurité publique de la municipalité de Beijing ont ouvertement sanctionné cette organisation et les personnes impliquées en vertu de la Loi sur la gestion des activités d'organisations non gouvernementales étrangères sur le territoire chinois, de la Loi sur les sanctions administratives et des Règlements sur les procédures de traitement des affaires administratives par les organes de sécurité publique.

Je tiens à souligner que nous souhaitons toujours la bienvenue aux ONG étrangères pour mener des échanges et une coopération d'amitié en Chine. Nous sommes disposés à faciliter leurs activités tant qu'elles respectent les lois et règlements chinois. Dans le même temps, nous espérons que les ONG étrangères ne feront rien d'illégal en Chine. Les organisations qui violent les lois et les règlements et qui portent atteinte à la sécurité nationale de la Chine doivent être traitées conformément à la loi.

Q : L'ambassade de Chine à Londres a déclaré que les documents internes concernant le Xinjiang publiés par les médias internationaux dimanche avaient été fabriqués de toutes pièces et constituaient de fausses informations. Le Ministère chinois des Affaires étrangères a-t-il des explications ou des commentaires à faire sur les raisons pour lesquelles 17 médias différents ont publié les mêmes « fausses informations » sur des documents internes ?

R : J'ai répondu, la semaine dernière, à des questions concernant de soi-disant « documents internes » dont le New York Times a parlé à profusion. Je tiens à réitérer que les affaires du Xinjiang sont des affaires purement intérieures de la Chine, que la tentative de certains médias cherchant à dénigrer les efforts de la Chine dans la lutte antiterroriste et la déradicalisation au Xinjiang est vouée à l'échec. Le maintien de la stabilité, de la solidarité ethnique et de l'harmonie sociale au Xinjiang constitue la meilleure réponse à ces médias répandant des rumeurs.

Q : Compte tenu des résultats des élections locales à Hong Kong, Carrie Lam doit-elle continuer à rester à son poste de chef de l'exécutif de la Région administrative spéciale de Hong Kong ?

R : Vous devez savoir que notre position est très claire. Le gouvernement central soutient sans réserve le chef de l'exécutif Carrie Lam, qui dirige le gouvernement de la Région administrative spéciale dans l'administration de Hong Kong, il soutient sans réserve la police de Hong Kong dans l'application de la loi et le rétablissement de l'ordre public, et il soutient sans réserve les organes judiciaires de Hong Kong dans la punition des criminels violents.

Q : Alice Wells, la secrétaire américaine adjointe par intérim pour l'Asie du Sud et l'Asie centrale, dans un discours prononcé au Woodrow Wilson International Centre for Scholars, a affirmé que le corridor économique Chine-Pakistan a lourdement endetté le Pakistan et que le modèle américain de coopération économique est meilleur que celui de la Chine. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Vous devez avoir noté que l'ambassadeur de Chine au Pakistan a réagi rapidement. Des personnalités de différents milieux pakistanais, dont le Ministre des Affaires étrangères, le Ministre de la Planification et du Développement, le Président de l'Assemblée nationale et le Président de la Commission sénatoriale des affaires étrangères, ont également aussitôt réfuté les propos américains.

Les remarques de Mme Wells ne sont pas neuves. Elles s'inscrivent quasiment mot pour mot dans le droit fil des calomnies à l'encontre de la Chine, du corridor économique Chine-Pakistan et de l'initiative « la Ceinture et la Route », à l'instar de ceux répétés par certains Américains.

La Chine et le Pakistan ont clarifié et réfuté ces propos à maintes reprises. Cependant, certains Américains utilisent toujours le même scénario et jouent le même répertoire. Ils ne s'arrêtent pas, même si leur exhibition est devenue un désastre complet, et ils restent toujours sur la scène même s'ils se font huer par le public.

Puisque la partie américaine est si obstinée, je ferai de même aujourd'hui, je vais répéter les points essentiels que j'ai énoncés maintes et maintes fois.

Premièrement, la Chine s'en tient toujours, dans l'édification du corridor économique Chine-Pakistan, au principe dit de « concertation, synergie et partage ». Nous mettons toujours les intérêts du peuple pakistanais en priorité. Des progrès importants ont été réalisés depuis les cinq dernières années, de premiers fruits ont été obtenus dans 22 projets au moins, ce qui a considérablement amélioré les infrastructures de transport et l'approvisionnement en électricité au Pakistan, créé des dizaines de milliers d'emplois pour les Pakistanais et contribué à 1 ou 2% de la croissance économique du Pakistan. Cela montre que le corridor économique Chine-Pakistan joue un rôle de plus en plus important dans le renforcement du développement socio-économique du Pakistan et l'amélioration des conditions de vie de la population pakistanaise. À la question de savoir si l'édification du corridor économique Chine-Pakistan va bien ou non, et si la coopération sino-pakistanaise est bonne ou non, les faits et les chiffres donnent la réponse.

Deuxièmement, les États-Unis, au mépris des faits, ne cessent de faire un grand tapage autour du prétendu problème de la dette, dans le véritable objectif de perturber l'édification du corridor économique Chine-Pakistan et de semer la discorde dans les relations sino-pakistanaises. Leur intention est extrêmement sinistre. En fait, la moitié de la dette extérieure du Pakistan provient d'institutions financières multilatérales. Plus de 80% des projets du corridor économique Chine-Pakistan sont financés par des investissements directs ou des subventions en provenance de Chine, et moins de 20% par des prêts chinois. Selon les statistiques publiées par la partie pakistanaise, la dette contractée auprès du corridor économique Chine-Pakistan s'élève à 4,9 milliards de dollars, soit moins d'un dixième de la dette totale du Pakistan. Je pense que certaines personnes aux États-Unis peuvent ne pas être mauvaises en arithmétiques, mais elles sont nourries de mauvaises intentions.

Troisièmement, si les États-Unis souhaitent coopérer avec le Pakistan et contribuer à son développement accéléré, ils doivent honorer leurs engagements par des actions concrètes, au lieu d'être forts en gueule et perturbateurs. C'est une mentalité malsaine et indigne d'empêcher les autres de faire ce que l'on ne peut pas faire ou de diffamer les efforts des autres que l'on ne peut pas déployer.

Enfin, quoi que les États-Unis disent ou fassent pour perturber et saboter la coopération sino-pakistanaise, nous travaillerons fermement avec le Pakistan pour faire progresser l'édification du corridor économique Chine-Pakistan et le partenariat de coopération stratégique sino-pakistanais à toute épreuve, afin d'apporter plus d'avantages au peuple pakistanais, à la région et aux autres pays du monde.

Q : Les résultats actuels des élections locales de Hong Kong sont plus favorables au camp « pro-démocratie ». Ce résultat signifie-t-il que le gouvernement central chinois devrait ou va reconsidérer la manière dont il va gérer la situation à Hong Kong ?

R : Comme je l'ai dit plus tôt, la tâche la plus urgente à Hong Kong consiste à mettre fin à la violence et à rétablir l'ordre. Hong Kong fait partie de la Chine, ses affaires sont des affaires purement intérieures de la Chine. Le gouvernement chinois est fermement déterminé à préserver la souveraineté nationale, les intérêts de sécurité et de développement, il est fermement déterminé à appliquer le principe d'« un pays, deux systèmes », et il est fermement déterminé à s'opposer à toute ingérence extérieure dans les affaires de Hong Kong.

Q : Les services de renseignements australiens ont déclaré qu'ils enquêtaient sur un complot chinois visant à implanter un espion chinois au Parlement du Commonwealth d'Australie. Avez-vous un commentaire à faire à ce sujet ?

R : La Chine poursuit toujours le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. Nous développons des relations de coopération d'amitié avec l'Australie et d'autres pays sur la base du respect mutuel, de l'égalité et des avantages mutuels. Nous n'avons jamais et nous ne sommes jamais intéressés à nous immiscer dans les affaires intérieures d'autres pays.

Depuis un certain temps, des politiciens, institutions et médias australiens ont été extrêmement tendus sur les questions liées à la Chine. Ils semblent avoir atteint un état d'hystérie et de nervosité extrême. Des histoires comme l'« espionnage chinois » ou l'« infiltration de la Chine en Australie », avec des intrigues aussi bizarres et des détails accrocheurs, ne sont que des mensonges. Nous espérons que ces politiciens, institutions et médias australiens pourront considérer la Chine et les relations entre la Chine et l'Australie avec une attitude saine, ce qui contribuera à un développement sain et stable des relations bilatérales, ainsi qu'à leur propre santé physique et mentale.

Q : Un article publié dans le Global Times a déclaré que la Chine et les États-Unis étaient très proches de l'accord de première phase. Pouvez-vous confirmer cela ?

R : En ce qui concerne la question économique et commerciale entre la Chine et les États-Unis, je peux vous dire que les deux parties entretiennent des relations étroites. Nous espérons que les deux parties trouveront une solution mutuellement acceptable sur la base de l'égalité et du respect mutuel, cela est dans l'intérêt de la Chine, des États-Unis et des autres pays.

Je vous conseille de vous renseigner auprès du Ministère chinois du Commerce pour les détails et l'avancement des consultations.

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