Conférence de presse du 12 mars 2020 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2020/03/12

Je voudrais tout d'abord partager quelques chiffres avec vous. Selon les statistiques publiées ce matin par la Commission nationale de la Santé, 1 318 patients guéris sont sortis de l'hôpital dans la partie continentale de la Chine le 11 mars de 0 h à 24 h, ce qui porte le nombre total de patients sortis de l'hôpital à 62 793 au 11 mars à 24 h.

La Chine et les pays d'Europe centrale et orientale tiendront une vidéoconférence des experts sur le COVID-19 le 13 mars. Des représentants du Ministère chinois des Affaires étrangères et de la Commission nationale de la Santé, et des experts chinois du contrôle et de la prévention des maladies, du traitement clinique, de l'aviation civile, de la douane et de la quarantaine de proximité partageront les informations et les expériences avec leurs homologues de 17 pays d'Europe centrale et orientale, à savoir l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, la République tchèque, l'Estonie, la Grèce, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Pologne, la Roumanie, la Serbie, la Slovaquie et la Slovénie.

Depuis le début de l'épidémie, la Chine partage les informations de manière ouverte, transparente et hautement responsable avec les pays et régions concernés, y compris les pays d'Europe centrale et orientale, répondant à leurs préoccupations et renforçant la coopération internationale pour assurer conjointement la sécurité sanitaire publique régionale et mondiale. Les gouvernements et les peuples des pays d'Europe centrale et orientale ont également exprimé leur soutien et leur aide à la lutte menée par le gouvernement et le peuple chinois. Nous leur exprimons notre remerciement.

Actuellement, l'épidémie se propage dans de multiples endroits dans le monde, y compris en Europe. Cela accroît l'importance et l'urgence pour tous les pays de renforcer la communication et la coordination et d'intensifier la coopération internationale en matière de prévention et de contrôle. Nous sommes pleinement conscients que les pays d'Europe centrale et orientale sont confrontés à différents défis dans ce domaine et nous souhaitons les aider dans la mesure de nos possibilités pour vaincre ensemble cette épidémie et promouvoir la construction d'une communauté de destin pour l'humanité.

Q : Le Directeur général de l'OMS Tedros a déclaré le 11 mars que l'OMS était profondément préoccupée à la fois par les niveaux alarmants de propagation et de gravité, et par les niveaux alarmants d'inaction de certains pays. L'OMS estime donc que le COVID-19 peut être qualifié de pandémie. Quel est le commentaire de la partie chinoise à ce sujet ?

R : Selon la dernière mise à jour sur le site web de l'OMS, plus de 100 pays sont touchés et certains d'entre eux se trouvent dans une situation grave. L'OMS a donc estimé que le COVID-19 peut être qualifié de pandémie. Elle a également souligné que la qualification de pandémie ne changeait pas l'évaluation de l'OMS sur la menace posée par ce virus ou ce que l'OMS et les pays devraient faire. Son objectif est d'appeler tous les États membres à s'engager davantage sur le plan politique et à investir davantage de ressources dans la lutte contre la pandémie.

Depuis l'épidémie, avec une attitude très responsable envers le peuple chinois et les peuples du monde entier, le gouvernement chinois a adopté les mesures de prévention et de contrôle les plus complètes, les plus strictes et les plus rigoureuses. Grâce à ces efforts ardus, la situation évolue progressivement dans un sens positif et nous avons réalisé des progrès importants pour la phase actuelle.

Les efforts de la Chine sont une partie importante de la bataille mondiale de prévention et de contrôle. La Chine, par ses efforts et ses réalisations, a apporté une contribution importante à cette bataille. À l'avenir, tout en combattant la maladie dans le pays, la Chine s'efforcera de contribuer à la lutte mondiale contre le COVID-19. Hier, j'ai présenté les engagements de la Chine dans cinq domaines, notamment l'intensification de la communication et de la coordination avec l'OMS et la communauté internationale, l'échange et le partage des expériences avec d'autres pays, l'envoi d'équipes de médecins spécialistes dans les pays qui en ont besoin, l'offre à la communauté internationale de matériels pour lutter contre l'épidémie, et la coopération avec les différentes parties dans le domaine de la science et de la technologie. Nous maintiendrons une communication et une coopération étroites avec la communauté internationale pour mettre en œuvre les mesures dans ces cinq domaines.

Le virus est un ennemi commun de l'humanité tout entière, car il ne connaît pas de frontières. La Chine travaillera de concert avec les différents pays du monde, toujours dans un esprit de solidarité et de soutien mutuel, pour apporter force et sagesse dans le but de remporter une victoire finale contre la pandémie et bâtir une communauté de destin pour l'humanité.

Q : Le 11 mars, le Département d'État américain a publié le rapport 2019 sur la situation des droits de l'homme dans le monde. Lors du point de presse sur cette publication, le Secrétaire d'État américain Pompeo a critiqué les conditions des droits de l'homme en Chine et la politique à l'égard du Xinjiang. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Le soi-disant rapport sur la situation des droits de l'homme dans le monde publié par les États-Unis reprend toujours le même refrain, en faisant fi des faits et en confondant le juste et l'injuste. Ce rapport et le discours de Pompeo sont pleins de mensonges politiques et de préjugés idéologiques. Nous nous y opposons fermement.

Le gouvernement chinois attache toujours une grande importance à la protection et à la promotion des droits de l'homme. Depuis la fondation de la République populaire de Chine, notre cause des droits de l'homme a connu des progrès considérables, au vu et au su de la communauté internationale. La situation des droits de l'homme en Chine n'a jamais été aussi bonne. Le peuple chinois est le mieux placé pour le juger. Ce fait ne peut être dénigré par quelques remarques ou un rapport publié par certaines personnes aux États-Unis.

Les affaires du Xinjiang sont purement des affaires intérieures de la Chine, qui ne tolèrent aucune ingérence étrangère. Les efforts légitimes de lutte antiterroriste et de déradicalisation déployés par le gouvernement chinois dans le Xinjiang ont gagné le soutien et l'approbation du peuple chinois de toutes les ethnies. Ils ont également été reconnus et salués par la communauté internationale. Les États-Unis n'ont pas le droit de faire des remarques irresponsables à ce sujet.

Nous exhortons les États-Unis à procéder à un examen de conscience et à corriger leur erreur. Ils devraient cesser de s'immiscer dans les affaires intérieures de la Chine sous le couvert de la question des droits de l'homme, sinon leur pratique ne fera que l'objet d'une opposition plus forte du peuple chinois.

Q : Robert O'Brien, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, a déclaré hier que la Chine n'a pas adopté la meilleure approche au début de l'apparition de la pneumonie au nouveau coronavirus, mais a plutôt dissimulé la situation épidémique, si bien que la communauté internationale a réagi deux mois plus tard. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : L'OMS vient d'annoncer que le COVID-19 peut être qualifié de pandémie, indiquant qu'il est devenu un défi commun à l'humanité tout entière. Nous espérons que certains responsables américains se concentreront sur ce qu'il y a à faire pour affronter l'épidémie dans le pays, ainsi que sur la coopération internationale, au lieu de tenter de rejeter la responsabilité sur la Chine en dénigrant les efforts déployés par le gouvernement et le peuple chinois pour lutter contre l'épidémie. Leur comportement, immoral et irresponsable, n'aidera en rien à faire face au COVID-19 aux États-Unis.

L'officiel américain en question a accusé la Chine de « dissimuler » l'épidémie, tandis que la communauté internationale est d'avis que la Chine a publié les informations dans un esprit ouvert et transparent, identifié les agents pathogènes dans un délai record et partagé activement la séquence génétique du virus avec l'OMS et d'autres pays, y compris les États-Unis. Dernièrement, un groupe d'experts de l'OMS, comprenant des experts américains, est venu en Chine pour une inspection de 9 jours et a hautement évalué la transparence des informations publiées par la Chine pendant la lutte contre l'épidémie. Je ne commenterai pas si la réaction américaine à l'épidémie est ouverte et transparente. Mais il est évident que certains individus aux États-Unis ont fermé les yeux sur la haute évaluation donnée à la Chine par la communauté internationale.

Cet officiel américain a affirmé que la Chine devrait assumer la responsabilité du fait que les États-Unis et la communauté internationale ont réagi à l'épidémie avec retard, tandis que la communauté internationale a reconnu que la vitesse et l'ampleur de la Chine, rarement vues dans le monde, montrent la vitesse, l'ampleur et l'efficacité propres à la Chine, et que grâce aux mesures énergiques de la Chine et à l'énorme sacrifice du peuple chinois, la propagation du COVID-19 dans d'autres pays a été endiguée, ce qui a permis au monde de gagner un temps précieux. Selon une récente déclaration de l'OMS, des pays comme Singapour et la République de Corée ont pris les mesures nécessaires et maîtrisé l'épidémie, car ils ont pleinement utilisé ce temps précieux que la Chine a gagné pour le monde. Quant à savoir si les États-Unis ont profité de ce temps précieux pour le monde entier, je ne ferai pas de commentaires à ce sujet, mais je pense que les Américains et la communauté internationale en sont témoins.

Face à l'épidémie, la solidarité et l'entraide constituent le consensus universel et le principe fondamental de la communauté internationale pour surmonter ensemble les difficultés. Rejeter les responsabilités des contradictions et accuser autrui sans fondement n'est ni constructif, ni populaire. « Celui qui subit des échecs et qui rencontre des difficultés dans les relations avec les autres devra faire un examen de conscience et en trouver la cause en lui-même », dit un vieil adage chinois. Nous exhortons l'officiel américain concerné à respecter les faits objectifs et l'opinion publique internationale et à consacrer son temps à apporter une réponse à l'épidémie et à renforcer la coopération, au lieu de perdre du temps à attaquer les autres et à se plaindre de tout et de tous.

Q : Dernièrement, le COVID-19 s'est propagé rapidement en Europe, en particulier en Italie, avec une augmentation des cas confirmés et des décès. Qu'est-ce que la Chine et l'Europe ont fait dans la coopération en matière de prévention, de contrôle, de diagnostic et de traitement ?

R : Depuis l'apparition du COVID-19, la Chine et l'Europe ont toujours maintenu une communication et une coopération étroites. La Commission nationale de la Santé et le CDC de la Chine, avec la direction générale de la santé de la Commission européenne et le CDC de l'Europe, ont mis en place un groupe conjoint d'experts en réponse à l'épidémie de pneumonie au nouveau coronavirus. Hier, le groupe d'experts a tenu la troisième téléconférence pour échanger des vues approfondies sur les derniers développements de l'épidémie dans les pays européens et en Chine, ainsi que sur les mesures de prévention et de contrôle, le diagnostic et le dépistage, etc. Les experts ont convenu de renforcer le partage des expériences et l'échange du savoir-faire technique pour lutter ensemble contre le virus et maintenir la sécurité sanitaire régionale et mondiale. Auparavant, Zhong Nanshan, chef du groupe d'experts de haut niveau de la Commission nationale de la Santé et membre de l'Académie d'Ingénierie de Chine, a présenté les résultats et les expériences de la Chine contre l'épidémie, par liaison vidéo, avec la responsable de la Société respiratoire européenne.

Dans le même temps, la Chine mène activement une coopération médicale et sanitaire avec l'Italie et d'autres pays et partage ses expériences de traitement. Plusieurs experts de la Commission nationale de la Santé et de la Société de la Croix-Rouge de Chine ont participé à une vidéoconférence avec leurs homologues de l'OMS et du Ministère italien de la Santé. Les institutions médicales chinoises aux niveaux provincial et municipal ont eu des échanges ciblés avec la partie italienne par la télésanté et d'autres moyens. Par ailleurs, le gouvernement chinois a envoyé un groupe d'experts médicaux en Italie pour l'aider à combattre le virus. Je viens d'apprendre que ce groupe de neuf personnes partira de Shanghai aujourd'hui pour Rome, en amenant avec eux des matériels médicaux pour combattre le COVID-19.

Face à la pandémie, la coopération internationale et la solidarité sont d'une importance capitale. Nous entendons renforcer davantage la communication sur les informations avec la partie européenne, échanger les expériences et le savoir-faire technique, et coopérer dans les solutions de diagnostic et de traitement ainsi que dans le développement de médicaments et de vaccins. « Nous sommes des vagues de la même mer, des feuilles du même arbre, des fleurs du même jardin », a dit le philosophe romain Sénèque. Nous sommes convaincus que, grâce aux efforts conjugués de la Chine, de l'Europe, et du reste de la communauté internationale, le monde remportera sûrement la victoire finale sur le virus.

Q : Quel est le commentaire de la Chine au sujet de la décision des États-Unis de suspendre les vols en provenance de l'Europe ?

R : Nous suivons de près l'évolution de l'épidémie dans le monde et prendrons des mesures scientifiques et appropriées en fonction de l'évolution de la situation. Nous travaillerons avec les pays concernés pour coordonner les approches multisectorielles de prévention et de contrôle, de dépistage et de quarantaine afin de garantir conjointement la santé et la sécurité des populations de différents pays et remporter la victoire sur l'épidémie dans les meilleurs délais.

Q : La Chine peut-elle prouver que le coronavirus n'est pas originaire de Chine ? Si le virus n'est pas originaire de Chine, d'où vient-il alors ? Si la Chine affirme que le virus n'est pas originaire de Chine en l'absence de preuves, cela n'affectera-t-il pas la connaissance de la communauté internationale sur la propagation du virus ?

R : J'ai répondu hier à la même question posée par l'AFP et je peux répéter ma réponse.

L'origine du virus ne peut être déterminée que par la science. Nous devons nous appuyer sur des opinions scientifiques et professionnelles. Nous nous opposons à la stigmatisation politique de cette question. À présent, l'épidémie de pneumonie au nouveau coronavirus est devenue une pandémie mondiale. Face à l'épidémie, les membres de la communauté internationale doivent travailler ensemble, au lieu de s'attaquer mutuellement et de se faire des reproches mutuellement, ce qui n'est pas du tout constructif.

Q : Le Président américain Trump a déclaré aujourd'hui dans son discours télévisé que le virus était apparu en Chine et s'était propagé dans le monde entier. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : La Chine a adopté, dans un esprit ouvert, transparent et hautement responsable, les mesures les plus complètes, les plus strictes et les plus vigoureuses. Uni comme un seul homme, le peuple chinois a mené une bataille populaire et globale de résistance. Après des efforts acharnés, la situation de la prévention et de la lutte contre l'épidémie en Chine a connu des évolutions positives, et de premiers résultats importants ont été obtenus, ce qui a apporté une contribution importante à la lutte mondiale contre le COVID-19. Les efforts de la Chine pour lutter contre l'épidémie et les résultats positifs obtenus ont gagné un large soutien et des éloges universels de la communauté internationale.

À l'heure actuelle, l'épidémie s'est propagée dans de nombreux endroits du monde et continue de se propager, devenant une pandémie. La Chine renforcera sa coopération avec la communauté internationale pour garantir la victoire sur l'épidémie dans les meilleurs délais.

Q : Le Secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, a déclaré hier que les États-Unis veillaient à ce que les fonds fournis par le FMI et la Banque mondiale aux pays participant à l'initiative « la Ceinture et la Route » ne soient pas utilisés pour rembourser les dettes qu'ils doivent à la Chine. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Les institutions financières internationales ont toujours évalué positivement la mise en œuvre conjointe de l'initiative « la Ceinture et la Route ». Selon le rapport de la Banque mondiale intitulé Économie de « la Ceinture et la Route », la mise en œuvre globale de ladite initiative dans le domaine des transports permettra de stimuler la croissance commerciale dans les économies riveraines de 2,8% à 9,7% et de sortir 7,6 millions de personnes de la pauvreté extrême.

La Chine et les partenaires de l'initiative « la Ceinture et la Route » œuvrent à un développement de qualité dans le cadre de l'initiative. La Chine et 27 autres pays ont adhéré aux Principes directeurs pour le financement du développement de l'initiative « la Ceinture et la Route ». Nous avons également publié, à l'attention de tous ceux qui en ont besoin, le Cadre d'analyse de viabilité de la dette de l'initiative « la Ceinture et la Route », salué par le FMI.

Les institutions financières internationales que vous avez mentionnées sont d'importantes plateformes de coopération, et non des outils politiques soumis à la manipulation d'un petit nombre de pays. Les affaires internationales devraient être gérées par les membres de la communauté internationale par voie de consultation. Aucun individu ni aucun pays ne devrait tenter d'imposer sa volonté ou ses règles à autrui.

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