Conférence de presse du 29 septembre 2021 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2021/09/29

CCTV : Le 28 septembre, le Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi a dit que la coopération entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie sur les sous-marins à propulsion nucléaire était une « question très délicate » pour les garanties et la surveillance de l'AIEA. Ce sera la première acquisition de sous-marin à propulsion nucléaire par un État non doté d'armes nucléaires au sens du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), ce qui signifie que l'uranium hautement enrichi contenu dans les réacteurs des sous-marins nucléaires se soustraira aux garanties et à la surveillance de l'AIEA. L'agence mènera des négociations techniques complexes avec les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie et s'engagera à assurer que le système de non-prolifération international ne s'affaiblira pas. Le même jour, un porte-parole du Président philippin a dit que le Président philippin Rodrigo Duterte s'inquiétait que le partenariat trilatéral en matière de sécurité (AUKUS) noué entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie susciterait une éventuelle « course aux armements nucléaires ». Quels sont les commentaires de la Chine ?

Hua Chunying : Les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie ont noué un partenariat trilatéral en matière de sécurité et envisagent de mener une coopération sur les sous-marins à propulsion nucléaire, ce à quoi la communauté internationale accorde une grande attention et prend garde, et de nombreux pays expriment leurs préoccupations et doutes. La partie chinoise a également remarqué les déclarations du Directeur général Rafael Grossi et du Président Rodrigo Duterte.

Hier, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a indiqué, lors du dialogue stratégique de haut niveau Chine-Union européenne (UE) qu'il a coprésidé avec le Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité Josep Borrell, que cet acte des trois pays poserait trois risques pour la paix et la stabilité régionales ainsi que l'ordre international.

Premièrement, le risque de la recrudescence de la guerre froide. Les trois pays ont tracé une ligne idéologique pour créer un nouveau bloc militaire, ce qui accentuera les tensions géopolitiques. Alors que la communauté internationale s'oppose généralement à la guerre froide et à la division, la partie américaine a ouvertement violé sa déclaration politique de ne pas engager une nouvelle guerre froide et a formé un « petit clan » anglo-saxon, en plaçant ses intérêts géopolitiques égoïstes au-dessus de la solidarité internationale, ce qui relève d'une mentalité typique de la guerre froide.

Deuxièmement, le risque de la course aux armements. Cet acte incitera certains pays de la région à accélérer leur développement militaire, même à chercher à franchir le seuil nucléaire, et aggravera le risque de conflit militaire. Les États-Unis, d'une part, sanctionnent et répriment d'autres pays sous prétexte de développement de technologies nucléaires, et d'autre part, transfèrent eux-mêmes ouvertement des technologies nucléaires à un État non doté d'armes nucléaires. Il s'agit là d'une pratique typique du « deux poids deux mesures ».

Troisièmement, le risque de la prolifération nucléaire. Fournir des matières nucléaires permettant de fabriquer des armes nucléaires à un État non doté d'armes nucléaires sous prétexte de la construction de sous-marins à propulsion nucléaire laissera l'uranium hautement enrichi de qualité militaire se soustraire à la surveillance nécessaire et engendrera un énorme risque de prolifération. Cette pratique ébranlera le système de non-prolifération et portera atteinte au Traité sur la zone dénucléarisée du Pacifique Sud et aux efforts des pays de l'ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) dans la construction d'une zone dénucléarisée en Asie du Sud-Est. Il s'agit d'une méprise typique de règles.

La communauté internationale doit accorder une attention particulière à la question de savoir si la matière nucléaire dans les réacteurs des sous-marins nucléaires, invérifiables par le système de garanties et de surveillance de l'AIEA, sera utilisée pour des armes nucléaires. Comme le dit le Directeur général Rafael Grossi, la coopération entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie sur les sous-marins à propulsion nucléaire conduira à la première acquisition de sous-marin nucléaire par un État non doté d'armes nucléaires, ce qui laissera l'uranium hautement enrichi se soustraire aux garanties et à la surveillance de l'AIEA. Bref, les trois pays ont profité, de façon malintentionnée, de lacunes des règles internationales pour mener ouvertement des activités de prolifération. L'AIEA créera un précédent pour les garanties et la surveillance des sous-marins nucléaires de l'Australie, ce qui implique les droits et obligations de tous les États membres de l'AIEA, surtout des États parties au TNP, et exercera un profond impact sur le système de non-prolifération international. Cela n'est en aucun cas une question entre le Secrétariat de l'AIEA, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie, mais nécessite les consultations et la gestion communes de tous les États membres de l'AIEA. La Chine communiquera avec le Secrétariat de l'AIEA et les autres États membres pour défendre fermement l'autorité et l'efficacité du système de non-prolifération international.

TASS : Selon Reuters, les États-Unis ont eu des échanges diplomatiques avec la Chine pour réduire les achats de pétrole brut iranien. Selon des informations, il s'agit d'une des questions soulevées par la Secrétaire d'État adjointe américaine Wendy Sherman lors de sa visite en Chine à la fin du mois de juillet dernier. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

Hua Chunying : Sur la question de la coopération économique et commerciale normale entre la Chine et l'Iran, la position de la Chine est très claire et constante. La Chine et l'Iran respectent toujours les principes d'égalité, de bénéfices mutuels, de coopération gagnant-gagnant et commerciale, et mènent une coopération dans le cadre du droit international. Nous nous opposons fermement à toute sanction unilatérale et exhortons les États-Unis à lever rapidement la soi-disant « exterritorialité » judiciaire visant les entités et individus tierces.

NHK : L'élection présidentielle du Parti libéral-démocrate (PLD), au pouvoir au Japon, a eu lieu aujourd'hui. L'ancien Ministre des Affaires étrangères Fumio Kishida est sorti gagnant. Il succèdera à Yoshihide Suga pour occuper le poste de Premier Ministre. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Nous avons remarqué le résultat de l'élection qui vient d'être annoncé. La Chine est disposée à travailler avec la nouvelle équipe dirigeante du Japon, tout en respectant scrupuleusement les principes et l'esprit énoncés dans les quatre documents politiques entre la Chine et le Japon, pour approfondir la coopération pragmatique dans divers domaines et promouvoir le développement sain et stable des relations sino-japonaises sur la bonne voie.

HRTN : Selon des reportages, le 27 septembre, en marge de la 48e session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, les Missions permanentes de la Chine, du Bélarus, de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et du Venezuela ont tenu conjointement une vidéoconférence à Genève sur la violation des droits des peuples autochtones par les États-Unis, le Canada et l'Australie. Des représentants des peuples autochtones canadiens et australiens et des universitaires chinois ont révélé lors de la conférence les crimes graves commis par les trois pays à l'encontre des peuples autochtones. Les représentants de nombreux pays ont exhorté les trois pays à prendre des mesures concrètes pour améliorer la situation des droits de l'homme des peuples autochtones. Pourriez-vous présenter davantage les informations concernées ? Quels sont vos commentaires à cette conférence ?

Hua Chunying : Cette vidéoconférence, organisée conjointement par les Missions permanentes de la Chine et des trois autres pays à Genève, a vu la participation des Missions permanentes, des représentants d'organisations non-gouvernementales et des journalistes de nombreux pays.

Les représentants chinois ont indiqué lors de la conférence que les droits des peuples autochtones aux États-Unis, au Canada et en Australie étaient devenus un « trou noir » en matière des droits de l'homme. Cette conférence est tenue pour les peuples autochtones dans ces trois pays, parce que leurs voix doivent être entendues davantage et que leurs droits doivent être valorisés par plus de personnes. La communauté internationale doit porter une plus grande attention à la question de droits de l'homme des peuples autochtones aux États-Unis, au Canada et en Australie, mener des enquêtes sur les violations des droits de l'homme des peuples autochtones et traduire les auteurs en justice. Les trois pays doivent réfléchir sur eux-mêmes, enquêter à fond sur l'histoire des pensionnats autochtones, rendre la justice et la vérité aux peuples autochtones et résoudre réellement leurs graves problèmes de droits de l'homme.

Lors de la conférence, des représentants des communautés autochtones et des descendants des peuples autochtones au Canada et en Australie ont indiqué l'un après l'autre que depuis des siècles, pour s'emparer des intérêts, les colonisateurs s'étaient approprié les terres où les peuples autochtones avaient vécu pendant des générations, et avaient pillé arbitrairement diverses ressources. Par conséquent, les peuples autochtones ont été soumis à la discrimination raciale et à l'exploitation économique pendant longtemps et même aux risques du génocide ethnique et culturel. Les colonisateurs ont obligé des enfants autochtones à quitter leurs parents et à entrer dans des « pensionnats autochtones » sous le couvert de la protection. Cependant, leur but réel est d'éradiquer les langues parlées et écrites, les systèmes de connaissances et les identités des peuples autochtones afin de les assimiler. Des siècles sont passés. Aujourd'hui, les lois et politiques discriminatoires à l'encontre des peuples autochtones sont encore en vigueur dans ces trois pays. Les peuples autochtones restent le groupe le plus opprimé et le plus touché par la pauvreté dans la société des trois pays.

Les diplomates de tous les pays participant à la conférence ont aussi déclaré que les États-Unis, le Canada et l'Australie se prenaient pour des « pionniers des droits de l'homme », mais leurs propres situations des droits de l'homme étaient « criblées de trous ». La communauté internationale doit condamner les violations arbitraires des droits de l'homme par ces pays. Tous les participants ont remercié les Missions permanentes de la Chine et d'autres pays pour avoir tenu cette conférence et exprimé leur admiration à ceux qui avaient le courage de se prononcer pour les peuples autochtones. Ils ont émis le souhait que la communauté internationale agisse pour éradiquer l'injustice sociale et historique et exhorte les États-Unis, le Canada et l'Australie à donner une explication aux peuples autochtones.

Kyodo News : Le règlement de l'affaire Meng Wanzhou a permis d'enlever une épine enfoncée dans les relations sino-américaines. Alors sera-t-il possible que le Président Xi Jinping et le Président américain Joe Biden se rencontrent en marge du Sommet du G20 qui se tiendra en Italie en novembre ? Une éventuelle rencontre entre les dirigeants des deux pays est-elle plus probable qu'avant ?

Hua Chunying : À travers votre question, je peux ressentir votre vif souhait de voir les relations sino-américaines s'améliorer le plus tôt possible et de voir toutes les grandes et petites épines qui existent encore dans les relations sino-américaines s'enlever grâce aux contacts continus entre les deux parties. Nous vous remercions pour ce bon souhait. Cependant, les contacts et les échanges entre les Chefs d'État doivent être déterminés par les consultations entre les deux parties. Je n'ai aucune information à cet égard pour le moment.

Comme je l'ai dit hier, nous avons présenté deux listes à la partie américaine lors des pourparlers sino-américains à Tianjin. Nous espérons que les États-Unis prêteront attention aux préoccupations de la Chine et prendront des mesures concrètes pour raccourcir ces deux listes jusqu'à néant dès que possible.

Associated Press du Pakistan : Le 27 septembre, le Forum des médias Chine-Pakistan s'est tenu par liaison vidéo. Les participants ont appelé les médias des deux pays à renforcer leur coopération et à lutter ensemble contre les fausses nouvelles afin de promouvoir la paix, la stabilité et le développement régionaux. Quelle est votre réponse ?

Hua Chunying : Merci pour votre attention à ce forum. Le Forum des médias Chine-Pakistan a été organisé le 27 septembre par liaison vidéo par l'Institut des études sur la paix et la diplomatie (IPDS), un think-tank pakistanais. L'Ambassadeur de Chine au Pakistan Nong Rong a également participé au forum et y a prononcé un discours.

Comme vous l'avez mentionné, tous les invités participant à ce forum ont appelé les médias des deux pays à renforcer la coopération et à lutter ensemble contre les fausses nouvelles. Je pense que cela est très nécessaire et très urgent dans la situation actuelle, car nous avons vu que certains pays et individus avaient fabriqué et diffusé beaucoup de fausses informations malveillantes à des fins politiques de s'ingérer dans les affaires intérieures d'autres pays, de mettre en danger la sécurité et de discréditer l'image d'autrui. Ces fausses informations malveillantes créent le chaos, minent la solidarité, nuisent à la confiance mutuelle et entravent la coopération, constituant l'ennemi commun de tous les pays du monde. Par conséquent, non seulement la Chine et le Pakistan devraient travailler ensemble pour lutter contre les fausses informations, mais nous espérons également que de plus en plus de pays se rendront compte des dangers des fausses informations, travailleront ensemble pour lutter contre les fausses informations et créeront un environnement médiatique international sain, rationnel, objectif et amical pour les reconnaissances mutuelles correctes, les échanges amicaux et la coopération mutuellement bénéfique entre les peuples de divers pays.

MASTV : Le chef du Commandement central des États-Unis Frank McKenzie a récemment déclaré qu'il assumait toute la responsabilité de l'attaque de drone qui a tué 10 civils afghans en août dernier. Dans le même temps, le porte-parole des Talibans afghans Zabihullah Mujahid a affirmé que les États-Unis avaient violé la souveraineté de l'Afghanistan ainsi que les normes du droit international en envoyant des drones dans son espace aérien. Il a averti les États-Unis des « conséquences » qu'ils subiraient s'ils poursuivaient leurs activités illégales en utilisant les drones dans l'espace aérien afghan. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Tout d'abord, je tiens à souligner que l'Afghanistan est un pays indépendant et souverain. La partie américaine doit respecter effectivement la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Afghanistan.

Les 20 ans pendant lesquels les États-Unis sont restés en Afghanistan ont été marqués par d'innombrables tragédies, dont la mort de civils et leur déplacement. Comme vous l'avez mentionné, le 29 août dernier, l'armée américaine a envoyé un drone tuer 10 civils à Kaboul, dont plusieurs enfants, et ce n'est que la partie émergée de l'immense iceberg des innombrables tragédies et crimes commis par les États-Unis en Afghanistan. J'ai vu des reportages selon lesquels, en 2008, les forces américaines ont lancé une frappe aérienne dans un village de la province d'Hérat, tuant près de 100 civils, dont 50 enfants et 19 femmes. J'ai également vu des reportages indiquant que durant leur présence en Afghanistan, les militaires américains ont mis en œuvre un projet mondial de laboratoires de production de drogue, ce qui a entraîné l'augmentation de plus de 40 fois de la production d'opiacés en Afghanistan pendant cette période. La Cour pénale internationale (CPI) a également souligné qu'entre 2003 et 2014, l'armée américaine avait commis de graves violations des droits de l'homme telles que des méthodes cruelles et violentes pour extorquer des aveux, des tortures et de mauvais traitements, ce qui pourrait constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Comme nous le savons tous, c'est pour cette raison que l'administration américaine a annoncé l'année dernière des sanctions sur le personnel de la CPI impliqué dans l'enquête sur les crimes en question, ce qui a suscité le mécontentement de la communauté internationale.

Les troupes américaines se sont retirées de l'Afghanistan de manière irresponsable et précipitée. Elles sont parties, mais ont laissé au peuple afghan innocent le désastre et la souffrance, ainsi que de graves défis liés à la condition de vie et à l'épidémie. Aujourd'hui, alors que le peuple afghan a finalement retrouvé une opportunité pour la paix et la reconstruction de son pays, la communauté internationale doit soutenir le peuple afghan pour qu'il prenne en main son propre destin et l'aider à maintenir la stabilité, à prévenir le chaos et à s'orienter vers un bon développement, tout en respectant la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Afghanistan.

En tant qu'auteur de la question afghane, les États-Unis, face aux accusations et condamnations de la communauté internationale, doivent faire preuve de sens des responsabilités en tant que grand pays, présenter des excuses sincères, mener une enquête sérieuse et approfondie, réfléchir en profondeur sur eux-mêmes et offrir une compensation complète. Et plus important encore, les États-Unis doivent corriger leurs défauts chroniques qui consistent à s'ingérer militairement et arbitrairement dans d'autres pays et à imposer leur volonté à d'autres pays, afin de ne plus laisser les tragédies historiques se reproduire.

Agence de presse Yonhap : Selon des reportages de Korean Central News Agency du 29 septembre, l'Académie des sciences de la défense de la RPDC a lancé avec succès dans la matinée du 28 septembre un missile hypersonique nouvellement développé. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La Chine a noté les reportages concernés et les nouvelles tendances récentes dans tous les aspects liés à la Péninsule coréenne. Nous espérons que les parties concernées prendront en compte l'intérêt général de la paix et de la stabilité dans la péninsule, garderont leur sang-froid et feront preuve de retenue, iront dans la même direction et rechercheront des solutions réalisables pour répondre de manière équilibrée aux préoccupations de chacun conformément à l'« approche à double voie » et au principe d'actions échelonnées et synchronisées, et faire progresser conjointement le règlement politique de la question de la péninsule.

Concernant la situation dans la Péninsule coréenne, car l'Agence de presse Yonhap y accorde toujours une grande attention, j'aimerais en dire quelques mots de plus. Nous avons remarqué qu'un haut fonctionnaire du Département d'État des États-Unis avait récemment déclaré que les États-Unis avaient exprimé directement à la RPDC leur volonté d'entamer un dialogue et d'organiser une rencontre sans conditions préalables. Le Représentant permanent de la RPDC auprès des Nations Unies a également appelé les États-Unis à annuler définitivement les exercices militaires conjoints et les déploiements stratégiques autour de la Péninsule coréenne, et à prendre des mesures concrètes pour renoncer à leurs politiques hostiles à la RPDC. Quelle que soit l'évolution de la situation, la Chine préconise toujours que toutes les parties concernées doivent faire preuve de retenue et aller dans le même sens, établir une confiance mutuelle et régler la question par le dialogue et la consultation.

Dans les circonstances actuelles, la clé pour sortir de l'impasse dans la péninsule et relancer le dialogue est de prendre au sérieux et de résoudre les préoccupations légitimes et raisonnables de la RPDC. Au lieu de crier des slogans vides pour le dialogue, les États-Unis doivent faire preuve de sincérité et présenter un plan de dialogue attirant. Il est impératif d'activer dès que possible les clauses réversibles des résolutions du Conseil de Sécurité relatives à la RPDC et de faire des réajustements nécessaires pour les mesures de sanctions pertinentes, notamment celles liées aux aspects humanitaires et au bien-être de la RPDC. Cela contribue à relancer le dialogue dans la péninsule et à y maintenir la paix et la stabilité, et constitue également une obligation pour la mise en œuvre complète des résolutions du Conseil de Sécurité relatives à la RPDC.

TASS : Selon Times of India, l'armée indienne a déployé une artillerie plus sophistiquée le long de la ligne de contrôle réel (LAC) sur la frontière entre la Chine et l'est du Ladakh. Selon des informations, trois régiments d'obusiers M777 auraient été déployés. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

Hua Chunying : L'Inde poursuit depuis longtemps une « politique d'avancement » et traverse illégalement la LAC pour grignoter le territoire chinois, ce qui est la cause profonde des tensions dans la situation frontalière Chine-Inde. La Chine s'oppose à toute course aux armements dans les zones frontalières contestées à des fins de compétition militaire pour le contrôle et sauvegarde toujours fermement la souveraineté et la sécurité territoriales nationales, tout en s'engageant à maintenir la paix et la stabilité dans les zones frontalières avec l'Inde.

Beijing Daily : Selon des reportages, la Commission fédérale des communications (FCC) des États-Unis a déclaré le 27 septembre qu'elle lancera un programme de 1,9 milliard de dollars américains pour rembourser les opérateurs de télécommunications américains des régions rurales qui désinstallent les équipements fabriqués par des entreprises chinoises telles que Huawei. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Alors que la pandémie et la situation économique aux États-Unis sont toutes très graves, ces 1,9 milliard de dollars américains pourraient être utilisés là où les besoins sont plus urgents. Les États-Unis ne cessent de diffamer et de salir Huawei et d'autres entreprises chinoises, sans jamais montrer des preuves factuelles. La soi-disant « sécurité nationale » n'est qu'une excuse maladroite des États-Unis pour imposer l'« intimidation nationale » à des entreprises chinoises de haute technologie et pratiquer le protectionnisme commercial. Nous ne nous intéressons point à ce que les États-Unis font chez eux. Mais ils doivent corriger leurs erreurs et cesser d'abuser du pouvoir d'État, arrêter d'inventer des accusations infondées ainsi que de recourir à toutes sortes de moyens pour réprimer les entreprises chinoises. Le gouvernement chinois continuera de défendre fermement les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises.

Beijing Youth Daily : Daniel Drezner, professeur à l'Université Tufts des États-Unis et chercheur senior de l'Institution Brookings, a récemment publié un article dans le magazine Foreign Affairs, dans lequel il a critiqué les administrations américaines pour avoir abusé de la coercition et de la violence économiques et avoir pris les sanctions pour la solution de prédilection aux problèmes diplomatiques, ce qui, selon lui, non seulement n'a pas donné de résultats mais a causé des catastrophes humanitaires. Il a écrit que « les États-Unis d'Amérique » étaient déjà devenus « les États-Unis des sanctions ». Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : Je pense que ce professeur de l'Université Tufts que vous avez mentionné est d'une grande ingéniosité. « Les États-Unis des sanctions » est un nom taillé sur mesure et bien mérité pour les États-Unis. Depuis longtemps, les États-Unis ont adopté de façon fréquente des pratiques d'intimidation unilatérales en abusant de leur hégémonie financière et de leurs avantages technologiques. Ils ont imposé des sanctions à long terme à des pays tels que Cuba, la RPDC, l'Iran et le Venezuela, ont provoqué des « guerres commerciales » contre de nombreux pays à leur gré et ont arbitrairement réprimé les entreprises étrangères de hautes technologies au nom de la sécurité nationale. Les États-Unis ne se contentent pas de sanctionner les pays qu'ils considèrent comme ennemis ou rivaux, mais ils ont également adopté des pratiques d'extraterritorialité illégales et unilatérales contre les tierces parties ayant des échanges avec ces pays, sans même épargner les entités et les individus de leurs alliés.

Les sanctions et les actes arbitraires des États-Unis sans discernement ont gravement porté atteinte à la souveraineté et à la sécurité des autres pays, ont sévèrement impacté les économies et les conditions de vie des pays concernés, ont sérieusement violé les principes de l'économie de marché et les règles économiques et commerciales internationales, et ont sapé la sécurité et la stabilité des chaînes industrielles et d'approvisionnement mondiales. Dans le même temps, cela nuit également à leurs propres intérêts.

Puisque certaines personnes aux États-Unis continuent toujours de parler de « coercition », il faut souligner que la « coercition économique » trouve son origine et son siège à Washington, et que la « coercition » a toujours été un point fort et une caractéristique des États-Unis. L'administration américaine elle-même n'a jamais hésité à utiliser le terme « diplomatie de coercition » et en est même très fière. Les États-Unis ont donné au monde des exemples typiques de diplomatie coercitive par leurs politiques et actions, à savoir la réalisation de leurs objectifs stratégiques à travers notamment la menace militaire, l'isolement politique, les sanctions économiques et le blocus technologique. Les étiquettes de « coercition économique » et de « diplomatie de coercition » conviennent, sans aucun doute, le plus aux États-Unis.

En tant que membre de la communauté internationale, l'administration américaine doit tenir compte des conseils des personnalités clairvoyantes tant dans le pays qu'à l'étranger, abandonner l'ancienne voie consistant à imposer des sanctions et des pressions à tout bout de champ, et renoncer à l'hégémonie, à l'intimidation et aux actes arbitraires. En tant que grand pays majeur dans le monde, les États-Unis doivent vraiment jouer un rôle constructif pour la paix, la stabilité et le développement du monde.

CCTV : Des acheteurs de panneaux solaires et des développeurs d'énergie solaire américains ont déclaré le 27 septembre lors d'une séance de promotion industrielle qu'en raison des inquiétudes à l'égard de la surveillance de l'administration américaine, en particulier d'une proposition d'augmentation des droits d'importation, certains fabricants chinois de panneaux solaires avaient déjà cessé d'exporter des panneaux solaires vers les États-Unis, ou menaçaient de le faire. Selon eux, cela pourrait saper les objectifs de l'administration Biden en matière d'énergie verte et provoquer un chômage massif pour les ouvriers américains engagés dans l'installation de panneaux. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Comme nous le savons tous, les États-Unis utilisent le soi-disant « travail forcé » au Xinjiang qui est purement un gros mensonge comme excuse pour réprimer de manière déraisonnable les entreprises photovoltaïques du Xinjiang et imposer des sanctions sur leurs produits photovoltaïques. Cet acte américain sans aucun fondement moral viole les principes de l'économie de marché et les règles régissant le commerce international, perturbe et sape les chaînes d'approvisionnement et industrielles internationales. Comme l'Histoire et les pratiques l'ont prouvé à maintes reprises, ceux qui soulèvent la pierre finiront par la laisser tomber sur leurs pieds, et les sanctions illégales unilatérales, tout comme des boomerangs, finiront par revenir sur eux-mêmes et par nuire à leurs propres intérêts. Nous en avons vu de nombreux exemples. Nous espérons que les États-Unis auront une compréhension claire de cela et s'abstiendront de faire des choses qui nuisent à la fois à autrui et à eux-mêmes, sinon ce sera le peuple américain qui paie les tributs.

The Paper : Nous avons remarqué aujourd'hui que l'Ambassade de Chine aux États-Unis a tenu une conférence de presse pour le rapatriement injustifié d'un étudiant chinois par les États-Unis. Pourriez-vous fournir des informations à ce sujet ?

Hua Chunying : Récemment, des étudiants chinois aux États-Unis ont subi des interrogatoires et des rapatriements injustifiés par les forces de l'ordre américaines. Le cas rendu public par le porte-parole de l'Ambassade de Chine aux États-Unis en est un exemple. Un étudiant chinois titulaire d'un visa légal délivré par l'administration américaine a récemment été interrogé et harcelé sans raison valable par la partie américaine à l'entrée de la frontière. Après avoir été confiné dans une petite pièce pendant plus de 50 heures sans nourriture ni repos convenables, il a été expulsé par la partie américaine via un pays tiers pour des accusations gratuites. L'action des États-Unis a gravement porté atteinte aux droits et intérêts légitimes de l'étudiant chinois et a causé de graves dommages physiques et mentaux à lui et à sa famille. Ce n'est pas un cas isolé. Par exemple, il n'y a pas longtemps, une étudiante chinoise a été interrogée sans raison pendant près d'une heure par la partie américaine à l'aéroport de San Francisco avant de quitter les États-Unis pour la Chine, et a donc failli manquer son voyage de retour. En outre, moins d'un mois après que trois étudiants chinois ont été interrogés à leur entrée aux États-Unis puis rapatriés en août dernier, plusieurs autres cas similaires se sont produits. Les actions arbitraires des États-Unis sont illégales, injustes et immorales. Dans chaque cas, la Chine a déposé des représentations solennelles auprès des États-Unis en première instance et leur a demandé de corriger immédiatement leurs erreurs.

L'administration américaine actuelle prétend accueillir les étudiants chinois. Mais en réalité, elle poursuit les pratiques erronées de l'administration précédente et restreint ou supprime les études ou les recherches des étudiants chinois aux États-Unis. Dernièrement, la situation est allée de mal en pis. Sous le prétexte de l'application de la loi, les États-Unis ont utilisé des excuses intenables pour harceler, interroger ou même rapatrier des étudiants chinois. À notre connaissance, au cours de ces interrogatoires, les États-Unis n'ont cessé d'interroger les étudiants pour savoir s'ils ont adhéré au Parti communiste chinois (PCC) et s'ils servent le gouvernement chinois. Les États-Unis ont insisté pour examiner la question sous l'angle idéologique et pour lier les échanges humains, culturels et universitaires à la politique. Parfois ils ont fini par admettre qu'il n'y avait pas assez de preuves pour soutenir le rapatriement. En d'autres termes, il s'agit d'une persécution, d'une manipulation et d'une arnaque politiques visant à créer artificiellement des confrontations et des conflits. Étant donné que certains aux États-Unis accusent sans fondement la Chine de maltraiter les ressortissants étrangers en Chine, l'hypocrisie et l'insolence des États-Unis sont ainsi mises à nu.

Les échanges entre les peuples constituent le fondement social des relations sino-américaines. Les étudiants chinois aux États-Unis jouent un rôle positif dans la promotion de la compréhension mutuelle et de l'amitié entre les deux pays. Une coopération éducative et culturelle normale sert les intérêts des deux parties. Nous exhortons la partie américaine à honorer son engagement d'accueillir favorablement les étudiants chinois, à cesser immédiatement d'abuser du concept de sécurité nationale, à ne plus rapatrier, harceler et interroger les étudiants chinois, à arrêter de porter atteinte aux droits et intérêts légitimes des citoyens chinois. Les États-Unis doivent veiller à ce que de tels incidents ne se reproduisent plus. La partie chinoise continuera de soutenir les étudiants chinois dans la sauvegarde de leurs droits et intérêts légitimes conformément à la loi, et rappelle également aux étudiants chinois de prendre conscience de leur sécurité et de se prémunir contre des incidents similaires.

Reuters : Nous avons beaucoup parlé des États-Unis aujourd'hui. La Secrétaire américaine au Commerce a déclaré hier que le gouvernement chinois continuait d'empêcher les entreprises chinoises d'acheter des avions Boeing américains, dont la valeur s'élève jusqu'à des dizaines de milliards de dollars américains. Est-ce vrai ?

Hua Chunying : Veuillez vous renseigner auprès des autorités compétentes sur les détails du commerce entre la Chine et les États-Unis. Toutefois, je tiens à souligner que les relations économiques et commerciales sino-américaines sont par nature mutuellement bénéfiques et gagnant-gagnant, et qu'une guerre commerciale n'entraînera qu'une situation perdant-perdant. La Chine a toujours fermement défendu le système commercial multilatéral avec l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) en son centre, et s'est toujours comportée en conformité avec les règles commerciales internationales. Je pense que la communauté internationale voit très clairement qui a politisé, idéologisé et militarisé les questions économiques et commerciales ces dernières années en brandissant le bâton de sanctions. Nous espérons que la partie américaine respectera effectivement les principes de l'économie de marché et les règles économiques et commerciales internationales, et travaillera avec la Chine pour promouvoir le développement sain et stable des relations économiques et commerciales entre la Chine et les États-Unis.

Question de suivi : À votre connaissance, la Secrétaire américaine au Commerce dit-elle la vérité en ce qui concerne les avions Boeing ?

Hua Chunying : La question que vous avez mentionnée est de savoir si les entreprises chinoises vont acheter des avions Boeing. C'est une affaire entre les entreprises, et le Ministère des Affaires étrangères ne s'ingère pas dans des questions commerciales et économiques spécifiques entre les entreprises. Nous espérons que les deux parties développeront des relations économiques et commerciales saines, normales et mutuellement bénéfiques dans le respect des principes de l'économie de marché et des règles commerciales.

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