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Le 1er avril 2010, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Qin Gang a tenu une conférence de presse.
Qin Gang : Mesdames et Messieurs, bonjour!Aujourd’hui, j’ai plusieurs nouvelles à vous annoncer :
Premièrement, le Président Hu Jintao participera sur invitation au Sommet sur la sécurité nucléaire les 12 et 13 avril à Washington, aux Etats-Unis. Du 14 au 17, il participera au 2e Sommet du BRIC à Brasilia et effectuera une visite d’Etat au Brésil. Il effectuera ensuite une visite d’Etat au Venezuela les 17 et 18 et se rendra au Chili le 18 pour une visite de travail.
Deuxièmement, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Wang Guangya partira le 5 avril pour Séoul pour tenir avec Shin Kak-soo, Premier Vice-Ministre des Affaires étrangères et du Commerce de la République de Corée, le 2e Dialogue stratégique de haut niveau entre les deux ministères. Il s’agit d’une occasion pour les deux pays d’échanger de manière approfondie leurs vues sur les relations bilatérales et les grands dossiers internationaux et régionaux d’intérêt commun.
Troisièmement, sur l’invitation du Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi, le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères et des Réformes institutionnelles du Royaume de Belgique Steven Vanackere effectuera une visite officielle en Chine du 5 au 7 avril.
Quatrièmement, sur l’invitation du Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi, le Ministre d’Etat et Ministre des Affaires étrangères portugais Luís Amado effectuera une visite officielle en Chine du 8 au 10 avril.
Maintenant, je suis prêt à répondre à vos questions.
Q : Veuillez présenter les principaux sujets à l’ordre du jour du Sommet sur la sécurité nucléaire à Washington et les attentes de la Chine à cet égard. Quelles initiatives le Président Hu Jintao prendra-t-il à cette occasion ?
R : Ce Sommet se concentrera sur les menaces du terrorisme nucléaire et les mesures à adopter aux niveaux national et international. Il s’agit d’une conférence internationale importante qui focalise l’attention de tous les pays. A notre connaissance, les dirigeants ou représentants de plus de 40 pays et les responsables de nombreuses organisations internationales et régionales dont les Nations Unies, l’AIEA et l’Union européenne y seront présents.
La Chine accorde une haute importance à la sécurité nucléaire, s’oppose à la prolifération et au terrorisme nucléaires et soutient une coopération renforcée de la communauté internationale sur ce sujet. Nous espérons que ce Sommet permettra aux différents pays de parvenir à un consensus dans le domaine de la sécurité nucléaire et aboutira à des résultats positifs.
Q : Après le double attentat dans le métro de Moscou, la Chine compte-t-elle renforcer la coopération anti-terroriste avec la Russie et les autres pays ? Si oui, quelles mesures concrètes entend-elle prendre ?
R : Après le double attentat qui a frappé il y a quelques jours le métro de Moscou, le gouvernement chinois a vite réagi en condamnant fermement cet acte terroriste. Les dirigeants chinois ont envoyé un message de sympathie à leurs homologues russes. La Chine condamne toute forme de terrorisme et soutient le gouvernement et le peuple russes dans leurs efforts de combattre le terrorisme pour préserver la sécurité nationale et la stabilité sociale. La Chine et la Russie sont liées par un partenariat de coopération stratégique dont la sécurité et la lutte contre le terrorisme constituent un volet important. Ces dernières années, les deux pays ont mené une coopération fructueuse dans ces domaines, que ce soit dans le cadre bilatérale ou au sein de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Je pense notamment à l’organisation d’exercice anti-terroriste conjoint et aux consultations régulières entre les services de sécurité et d’application de la loi des deux pays. Nous entendons continuer à renforcer notre coopération avec la Russie dans ce domaine pour combattre les trois fléaux que sont le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme et préserver la paix et la sécurité nationales et régionales.

Q : J’ai deux questions. D’abord, veuillez présenter les sujets à l’ordre du jour du Sommet des pays du BRIC. Qu’attend la Chine de la participation du Président Hu Jintao à ce Sommet ? Selon elle, comment renforcer davantage la coopération entre les pays du BRIC ? Quelles propositions ou idées avancera le Président Hu Jintao lors de ce sommet ? Deuxièmement, veuillez présenter l’objectif et la signification de la visite du Président Hu Jintao au Brésil, au Venezuela et au Chili ainsi que les résultats qu’attend la Chine ?
R : Le 2e Sommet des pays du BRIC sera consacré notamment à la situation économique et financière internationale, aux affaires du G20, à la réforme du système financier international, au changement climatique et à la coopération entre les pays du BRIC. Attachant une haute importance à ce Sommet, la Chine espère que les pays participants pourront, lors du Sommet, discuter des grandes questions globales dans un esprit « gagnant-gagnant » pour promouvoir ensemble une reprise et une croissance durables de l’économie mondiale et qu’ils travailleront au renforcement de leur coopération pragmatique afin de préserver leurs intérêts communs.
La Chine participe depuis toujours à la coopération des pays du BRIC dans un esprit positif, pragmatique, ouvert et transparent. Que les pays du BRIC discutent des grandes questions sur l’économie et le développement du monde et renforcent leur coopération pragmatique permettent de renforcer la voix et l’influence des marchés émergents et des pays en développement dans leur ensemble et contribuent au renforcement du multilatéralisme.
Ces dernières années, la Chine et les pays d’Amérique latine ont vu leur confiance mutuelle s’approfondir sans cesse sur le plan politique, leur coopération mutuellement avantageuse s’élargir et leurs échanges humains et culturels se multiplier. Et dans les affaires internationales ils ont su maintenir une étroite coordination. Les relations entre la Chine et les pays latino-américains connaissent actuellement un développement rapide dans tous les domaines. La tournée du Président Hu Jintao au Brésil, au Venezuela et au Chili a pour objectif d’approfondir l’amitié, de promouvoir la confiance mutuelle et d’élargir la coopération en vue d’un développement partagé. Elle est donc d’une importance toute particulière pour la promotion des relations entre la Chine et ces trois pays, l’approfondissement de leur coopération amicale et mutuellement avantageuse et le développement des relations entre la Chine et l’Amérique latine dans leur ensemble. Nous sommes convaincus qu’elle sera couronnée d’un plein succès.
Q : Selon des officiels américains, bien que réticente, la Chine a accepté de discuter des sanctions contre l’Iran. Est-ce que cela signifie qu’elle a cédé sur cette question ? Si oui, pourquoi ? D’autre part, Saïd Jalili est en visite à Beijing et rencontrera le Conseiller d’Etat Dai Bingguo. Veuillez présenter le contenu de leur entretien. Allez-vous toujours essayer de le persuader ? En cas de discussion sur les sanctions, comment les deux pays vont-ils coopérer ? Une autre question, le dirigeant de la RPDC, Kim Jong-il viendra-il prochainement en Chine ?
R : Concernant le dossier nucléaire iranien, la Chine continuera à travailler pour une solution pacifique.
Le Secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale de l’Iran Saïd Jalili a entamé une visite en Chine le 1er avril. Il sera reçu respectivement par le Conseiller d’Etat Dai Bingguo et le Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi. Nous communiquerons des informations sur cette visite le moment venu.
A propos de votre troisième question, sachez que le Parti communiste chinois et le Parti du Travail de la RPDC entretiennent des échanges amicaux traditionnels. Cela dit, nous ne disposons pas d’information sur une éventuelle visite de M. Kim Jong-il en Chine.
Q : Le Président Hu Jintao rencontrera-t-il le Président Barack Obama pendant son séjour à Washington pour le Sommet sur la sécurité nucléaire ? Les Etats-Unis étant le pays hôte de ce Sommet, quel sera l’impact de la présence du Président Hu Jintao sur les relations sino-américaines ?
R : Concernant le programme du Président Hu Jintao durant le Sommet, nous en donnerons des informations dès que possible.
Comme je viens de le dire, le Sommet sur la sécurité nucléaire est une conférence multilatérale importante, où l’on discutera des menaces du terrorisme nucléaire et des mesures à prendre pour la communauté internationale. S’agissant des relations sino-américaines, comme nous l’avons rappelé depuis toujours, elles sont très importantes. Nous y accordons un grand prix et souhaitons qu’elles avancent dans une voie de développement durable, sain et régulier. Pour ce faire, il est important de se respecter, de se traiter d’égal à égal et dans un esprit de gagnant-gagnant, et de bien concrétiser les consensus des dirigeants des deux pays. Il faut respecter les principes et l’esprit des trois communiqués conjoints et de la Déclaration conjointe sino-américaine, bien gérer les sujets sensibles et œuvrer pour une relation américano-chinoise positive, coopérative et globale.
Q : Le Ministre indien des Affaires étrangères Somanahalli Mallaiah Krishna arrivera en Chine lundi prochain. Qui le recevra ? Quels seront les sujets à aborder ? Cette année marque les 60 ans des relations diplomatiques entre la Chine et l’Inde. Comment la Chine voit-elle sa relation avec l’Inde ? Quel est le plus grand défi pour cette relation ?
R : La Chine et l’Inde sont pays voisins importants l’une pour l’autre et grands pays émergents. Le bon voisinage, la coopération mutuellement bénéfique et le développement partagé entre la Chine et l’Inde sont d’une grande importance pour les deux pays et leurs peuples, pour la recherche commune d’une solution aux problèmes et défis majeurs du monde, de même que pour la paix, la stabilité et le développement de toute la communauté internationale. Nous attachons une grande importance au développement de notre partenariat global et stratégique avec l’Inde.
Ces dernières années, les relations sino-indiennes présentent une bonne dynamique de développement. Les deux pays ont instauré un partenariat stratégique pour la paix et la prospérité, adopté les « Dix stratégies » visant à approfondir leur coopération mutuellement avantageuse dans différents domaines et publié Une vision partagée du 21e siècle. S’agissant de la question frontalière, nous sommes parvenus là-aussi à une entente sur les principes politiques directeurs. Ce sont là des fruits importants que nous avons obtenus ces dernières années dans nos relations bilatérales.
La Chine et l’Inde partagent une histoire d’échanges amicaux de plus de mille ans. Nous souhaitons que l’amitié traditionnelle entre les deux pays s’approfondissent sans cesse et qu’ils traitent adéquatement les problèmes et défis avec une vision stratégique et globale. Nous entendons également travailler à accroitre la confiance stratégique, à renforcer la coopération mutuellement avantageuse et à intensifier les concertations et le dialogue avec l’Inde dans les affaires internationales afin de faire avancer sans cesse les relations bilatérales. C’est dans cet esprit que nous souhaitons la bienvenue au Ministre Somanahalli Mallaiah Krishna en Chine et nous accordons une grande importance à cette visite. Durant sa visite, il rencontrera le Premier Ministre Wen Jiabao et s’entretiendra avec son homologue Yang Jiechi. En plus, il est attendu à l’Institut d’Etudes internationales de Chine pour prononcer un discours. Nous sommes convaincus que nos deux pays profiteront de cette visite pour promouvoir le dialogue, la coopération et le développement des leurs relations.
Q : Sur le dossier nucléaire iranien, avant, vous disiez toujours que la Chine privilégiait le dialogue plutôt que les sanctions. Cependant, tout à l’heure, vous avez parlé seulement d’une solution pacifique. Est-ce que cela signifie que la Chine est plutôt pour les sanctions contre l’Iran ? Pouvez-vous répéter encore une fois la position chinoise ?
R : Nous avons rappelé à maintes reprises notre position sur le dossier nucléaire iranien. Cette position est claire et constante : nous continuerons à œuvrer pour un règlement pacifique de cette question, maintenons et maintiendrons des contactes et consultations sous différentes formes avec les parties concernées.
Q : Une célèbre société américaine de logiciels anti-virus a publié son rapport sur la sécurité de mars dans lequel elle a dit que la plupart des récents e-mails malveillants (spam) sont venus de la province du Zhejiang de Chine. Quel est votre commentaire ?
R : Comme nous l’avons réitéré à maintes reprises, le gouvernement chinois et la loi chinoise interdisent strictement le piratage et d’autres actes de cyber-attaque et combattent ces phénomènes avec la plus grande fermeté. Ces derniers temps, certains étrangers et organisations étrangères font un grand tapage sur les cyber-attaques en pointant du doigt la Chine. En réalité, la Chine est elle-aussi une victime des cyber-attaques. Pourquoi ? D’abord, la toile et les ordinateurs en Chine sont aussi attaqués par des pirates. Le piratage informatique est un crime transnational qui opère dans un espace virtuel. La communauté internationale doit renforcer sa coopération pour le combattre ensemble. Deuxièmement, crier aux pirates chinois sans la moindre enquête ni vraies preuves, voire accuser, explicitement ou implicitement le gouvernement chinois d’être derrière ces actes, n’est-ce pas irresponsable et malhonnête ? N’est-ce pas là-aussi une cyber-attaque ? D’autre part, là vous le savez mieux que moi, pour peu que vous allumez votre ordinateur et que vous vous connectez à Internet, vous pouvez trouver tous les jours des attaques infondées et des calomnies volontaires contre la Chine, n’est-ce pas une forme de cyber-attaque contre la Chine ? Nous nous opposons fermement à ce genre de cyber-attaque.
Q : Qui sera le représentant chinois au 1er Sommet du Comité du Mékong qui aura lieu en Thaïlande la semaine prochaine ? Deuxième question, une heure après le jugement de l’affaire Rio Tinto, deux salariés d’aciéries chinoises ont aussi été condamnés, mais le jugement n’a pas été publié jusqu’à maintenant. Quelles sont les peines prononcées contre eux ? Troisième question, les Etats-Unis ont exprimé leur volonté de faire adopter des sanctions contre l’Iran dans plusieurs semaines. Quels sont vos commentaires là-dessus ? Avez-vous le même sentiment d’urgence que les Etats-Unis quant au règlement du dossier nucléaire iranien ?
R : Le 1er Sommet du Comité du Mékong aura lieu en Thaïlande les 4 et 5 avril. Le Vice-Ministre chinois des Affaires étrangères Song Tao sera le chef de la délégation chinoise. La Chine travaillera, dans un esprit dit « consultations sur un pied d’égalité, renforcement de la coopération, gagnant-gagnant et développement partagé », à renforcer son dialogue avec les autres pays participants et à intensifier sa coopération avec le Comité du Mékong et les pays en aval du Mékong, afin de promouvoir ensemble un développement socio-économique durable de la région.
Sur le dossier nucléaire iranien, la Chine exprime sa profonde préoccupation quant à l’évolution du dossier nucléaire iranien. Elle multiplie actuellement les contacts et les interventions auprès des parties concernées pour faire évoluer la situation vers une solution diplomatique. Nous espérons que des résultats seront obtenus à cet égard.
S’agissant des personnes impliquées dans l’affaire Rio Tinto, c’est aux autorités judiciaires de répondre à votre question. Je suis persuadé qu’elles poursuivront les enquêtes conformément à la loi.

Q : Premièrement, les Etats-Unis ont déclaré hier qu’un certain consensus avait été dégagé lors de la conférence téléphonique des directeurs généraux politiques des six. Est-ce que cela signifie que la Chine est maintenant favorable à des sanctions contre l’Iran, ou elle commence à envisager cette possibilité ? Deuxièmement, le Président Hu Jintao va participer au Sommet sur la sécurité nucléaire. Quelles sont les préoccupations précises de la Chine sur la sécurité nucléaire ?
R : Dans le soir du 31 mars heure de Beijing, les directeurs généraux politiques des Ministères des Affaires étrangères chinois, américain, russe, britannique, français et allemand ont tenu une conférence téléphonique pour échanger leurs vues sur le dossier nucléaire iranien. Ils sont convenus de rester en contact par différents canaux. La Chine continuera à jouer un rôle constructif pour un règlement diplomatique de ce dossier.
Concernant le Sommet sur la sécurité nucléaire, comme je l’ai dit tout à l’heure, la Chine accorde une grande attention à la sécurité nucléaire et aux défis de la prolifération et du terrorisme nucléaires auxquels la communauté internationale est confrontée. Nous espérons renforcer les échanges et la coopération avec cette dernière pour relever ensemble ces défis et nous souhaitons que ce Sommet donne des résultats positifs.
Q : Les six pays pour le dossier nucléaire iranien ont décidé de discuter des sanctions contre l’Iran. La Chine soutient-elle une sanction générale contre l’Iran ou une sanction qui ne vise que les quelques groupes liées au programme nucléaire iranien ? La Chine possède-t-elle maintenant des preuves que le programme nucléaire iranien n’est pas pacifique, mais militaire ?
R : Sur le dossier nucléaire iranien, la Chine préconise la préservation du système international de non-prolifération, mais aussi la sauvegarde de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionales. Lorsque nous abordons cette question, nous essayerons toujours de jouer un rôle responsable, positif et constructif et de trouver une solution appropriée en partant de ces deux soucis majeurs. Nous estimons que toute solution ou issue doit répondre à ces deux objectifs.
Vous avez posé une question sur la nature du programme nucléaire iranien, nous estimons qu’il faut préserver le système international de la non-prolifération et nous nous opposons à ce que l’Iran possède des armes nucléaires, mais dans le même temps nous sommes d’avis que l’Iran, en tant que pays souverain, a le droit d’utiliser pacifiquement l’énergie nucléaire. Le programme de développement et d’utilisation pacifiques de l’énergie nucléaire de tout pays doit être soumis au contrôle de l’AIEA pour s’assurer de sa nature pacifique. Nous espérons que les parties concernées renforceront leur dialogue et leur coopération pour éclaircir et traiter adéquatement les questions en suspens, afin de trouver une solution diplomatique adéquate à ce dossier.
Q : Vous avez dit tout à l’heure que les six ont tenu une conférence téléphonique hier, et que les différentes parties sont en contact sur ce sujet. Mais selon certaines sources, les six sont en train de discuter des questions concernant un projet de résolution de sanctions contre l’Iran. Veuillez le confirmer.
R : La Chine continuera à travailler à une solution diplomatique du dossier nucléaire iranien. Nous resterons en contact avec les différentes parties concernées.
Q : Les récentes affaires Rio Tinto et Google ont suscité des doutes chez certains concernant l’environnement d’investissement pour les entreprises étrangères en Chine. Le gouvernement a rendu publics les Règlements sur la certification des produits issus de l’« innovation indépendante », certains médias craignent que l’application des mesures concernées ne fassent baisser les bénéfices des investissements étrangers en Chine. Quels sont vos commentaires là-dessus ?
R : Je ne suis pas d’accord avec ce point de vue. La Chine poursuit une stratégie d’ouverture gagnant-gagnant, et sa détermination est inébranlable à cet égard. Nous accueillons favorablement, tout comme par le passé, les entreprises étrangères pour investir en Chine, et travaillons à créer pour elles un bon environnement d’investissement qui soit équitable, ouvert et transparent et à procurer des opportunités à tous. Nous sommes ouverts à d’éventuelles remarques et propositions dans l’exercice de leurs activités en Chine afin de protéger leurs droits et intérêts légitimes.
Concernant l’environnement du marché chinois, je tiens à dire les points suivants :
Premièrement, la Chine est un pays de 1,3 milliard d’habitants et un vaste marché grandissant. Cela ne saurait passer inaperçu pour aucun entrepreneur doté de vision stratégique.
Deuxièmement, la Chine a des ressources humaines abondantes, bien éduquées, hautement qualifiées et peu coûteuses.
Troisièmement, la Chine possède des infrastructures de plus en plus complètes, Les infrastructures de transports, routes, ports, et de télécommunications ont connu un développement fulgurant, et continuent à s’améliorer.
Voyons maintenant l’environnement juridique pour les investissements. Depuis le début de la réforme et de l’ouverture, la Chine a adopté plus de 200 lois et règlements sur les investissements et les activités des entreprises étrangères en Chine. Elle a signé plus de 120 accords bilatéraux de protection des investissements. Depuis l’entrée de la Chine à l’OMC en 2001, nous avons honoré scrupuleusement nos engagements pris, procédé à un réexamen général des règlements incompatibles avec les règles de l’OMC. Plus de 2 300 lois ou règlements ont ainsi été révisés ou abrogés.
En un mot, l’environnement d’investissement de la Chine s’améliore de jour en jour. En fait, la Chine est depuis des années consécutives le pays qui attire le plus d’investissements étrangers. Jusqu’à la fin de l’année dernière, 680 000 entreprises étrangères se sont implantées en Chine, dont 25 000 pour la seule année 2009. Le volume des investissements étrangers a atteint près de 1 000 milliards de dollars US. Parmi les 500 plus grandes entreprises du monde, plus de 480 se sont installées en Chine. A l’heure actuelle, tant le nombre des entreprises étrangères en Chine et que le volume de leurs investissements sont en augmentation.
La plupart des entreprises étrangères réalisent des bénéfices et se portent bien en Chine. Selon les statistiques de fin 2009 de la Chambre de commerce américaine en Chine, plus de 58 400 entreprises américaines sont présentes en Chine. Une enquête auprès de 338 entreprises américaines montre que deux tiers d’entre elles ont fait des bénéfices, seulement 4% disent avoir subi de graves pertes. Si l’on regarde les entreprises américaines venues depuis plus de 20 ans, 93% d’entre elles reconnaissent avoir fait des bénéfices, aucune n’a subi de graves pertes.
Ces derniers temps, certains médias et entreprises étrangères disent que l’environnement d’investissement en Chine s’est dégradé. A mon avis, il faut avoir une vision globale et à long terme. L’affaire Google et l’affaire Rio Tinto que vous avez évoquées sont des cas isolés et des actes de quelques entreprises particulières. Elles ne remettent nullement en question la politique de réforme et d’ouverture et l’environnement d’investissement de la Chine, ni ne représente le point de vue de l’ensemble des entreprises étrangères sur l’environnement d’investissement en Chine.
Cela dit, la Chine est un Etat de droit. Les entreprises étrangères sont les bienvenues pour investir en Chine, mais elles sont dans le même temps invitées à respecter les lois et règlements chinois. En cas d’infraction à la loi, elles seront sanctionnées à juste titre selon la loi, afin justement de garantir un environnement d’investissement équitable aux entreprises étrangères.
Prenons l’exemple de Google. Entrée sur le marché chinois en 2007, Google a ouvert, en moins de trois ans, cinq filiales dont il détient une partie ou la totalité du capital. Ses sphères d’activités se sont rapidement étendues à la recherche sur Internet, au développement de logiciels et de matériels informatiques et à la publicité. Qu’il me soit permis de demander comment de telles performances auraient été possibles si l’environnement d’investissement n’était pas bon ? Et en réalité, aucune des cinq filiales de Google ne s’est retirée de la Chine jusqu’à maintenant, n’est-ce pas assez révélateur?
Par ailleurs, je tiens à réaffirmer que le gouvernement chinois traite sans discrimination et sur un pied d’égalité les entreprises, qu’elles soient chinois ou étrangères. Nous sommes déjà entrés dans l’OMC, nous accordons aux investisseurs étrangers le traitement national, c’est-à-dire, nous les traitons comme des Chinois. C’est aussi pour leur fournir un environnement d’investissement équitable.
Il y a là-aussi une question d’adaptation à la situation et à l’environnement nouveaux de la Chine d’aujourd’hui. Membre de l’OMC, la Chine accorde le traitement national aux investisseurs étrangers. En même temps, nous travaillons à la construction d’une société respectueuse de l’environnement et économe de ressources et faisons beaucoup d’efforts pour réduire la consommation de l’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Certains hommes d’affaires étrangers ont peut-être le sentiment que les privilèges dont ils pouvaient bénéficier au début de la réforme et de l’ouverture ont diminué, et que les règles ne sont plus les mêmes. De l’autre côté, de plus en plus de grandes entreprises chinoises ont émergé, la concurrence sur le marché chinois se font plus dure. Cependant, le marché chinois recèle toujours de nombreuses opportunités, et la Chine demeure un eldorado des investisseurs étrangers. Le fondateur de la théorie de l’évolution Charles Darwin disait : « Dans la sélection naturelle, seuls les plus aptes survivent. » J’espère que les entrepreneurs étrangers, face à la situation changeante de la Chine, sauront saisir les opportunités et relever les défis avec l’esprit d’exploration qui leur est propre et arriveront à survivre, à se développer et à gagner en puissance sur le marché chinois grâce à l’adoption d’une stratégie appropriée, aux innovations technologiques et à des offres meilleures et plus nombreuses en technologies, produits et services. Cela me rappelle qu’à la veille de l’adhésion de la Chine à l’OMC, nous avions recommandé aux entreprises chinoises de se préparer à une compétition plus acharnée. Beaucoup d’entre elles l’ont fait et ont réussi non seulement à survivre, mais aussi à grandir.
En un mot, la volonté de la Chine de poursuivre sa stratégie d’ouverture gagnant-gagnant est indéfectible et inébranlable. Nous accueillons chaleureusement les hommes d’affaires étrangers pour investir en Chine. A tous ceux qui travaillent en Chine et qui respectent la loi chinoise, je voudrais dire « Bonne chance ! »
Si vous n’avez plus de questions, la séance est levée. Merci de votre présence et à la prochaine !
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