Conférence de presse du 13 avril 2010
2010/04/13

Le 13 avril 2010, la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Jiang Yu a tenu une conférence de presse.

Jiang Yu : Mesdames et Messieurs, bonjour.

Je vais tout d’abord publier deux nouvelles :

Premièrement, sur l’invitation de Sa Majesté le Sultan de Negara Brunei Darussalam Haji Hassanal Bolkiah Mu'izzaddin Waddaulah, du Président de la République d’Indonésie Susilo Bambang Yudhoyono et du Premier Ministre de l’Union du Myanmar Thein Sein, le Premier Ministre du Conseil des Affaires d’Etat Wen Jiabao effectuera une visite officielle dans ces trois pays du 22 au 25 avril.

Deuxièmement, la 4e Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-arabe se tiendra à Tianjin les 13 et 14 mai, et y seront présents les ministres des Affaires étrangères de la Chine et des pays arabes ou leurs représentants, ainsi que le Secrétaire général de la Ligue arabe. Ayant comme thème « l’approfondissement de la coopération globale pour un développement partagé », la conférence qui sera une occasion pour la Chine et les pays arabes de mener des discussions approfondies sur les relations sino-arabes, la construction du Forum, la coopération pragmatique et les questions internationales et régionales d’intérêt commun, contribuera activement au développement des relations d’amitié sino-arabes et à l’édification du Forum.

Maintenant je suis prête à répondre à vos questions.

Q : Veuillez nous donner des informations sur l’entretien entre le Président Hu Jintao et le Président Barack Obama. Selon les Etats-Unis, la Chine serait d’accord pour une sanction sur l’Iran. Veuillez le confirmer.

R : Concernant l’entretien entre le Président Hu et le Président Obama, la délégation chinoise a déjà donné une présentation aux médias et publié une nouvelle là-dessus. Lors de cet entretien, le Président Hu Jintao a avancé une proposition en cinq points sur le développement des relations sino-américaines : premièrement, maintenir l’orientation des relations Chine-Etats-Unis ; deuxièmement, respecter mutuellement les intérêts vitaux et les préoccupations majeures ; troisièmement, poursuivre les échanges de haut niveau et à tous les échelons ; quatrièmement, approfondir la coopération pragmatique ; cinquièmement, intensifier la concertation et la coordination sur les questions internationales et régionales d’importance majeure. Les deux chefs d’Etat ont par ailleurs échangé leurs vues sur les relations économique et commerciale sino-américaines et d’autres questions d’intérêt commun.

A notre avis, une bonne relation sino-américaine correspond aux intérêts communs des deux pays et profite à la paix, à la stabilité et à la prospérité dans le monde. Nous entendons travailler ensemble avec la partie américaine pour intensifier le dialogue, accroître la confiance mutuelle, élargir la coopération, et enfin, faire progresser sans cesse les relations entre nos deux pays.

Sur le dossier nucléaire iranien, notre position est constante. Nous sommes pour la préservation du système international de la non prolifération nucléaire et la sauvegarde de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient, et contre la possession par l’Iran des armes nucléaires. Nous soutenons la stratégie de la « double approche », estimant toujours que le dialogue et les négociations constituent le meilleur choix pour régler le problème, et que la sanction et la pression n’aident pas à trouver des solutions de fond. Les actions du Conseil de Sécurité doivent permettre d’améliorer la situation et de promouvoir un règlement adéquat de ce problème par voie du dialogue et des négociations.

Q : Selon certaines sources, il serait peu probable qu’un nouvel accord soit conclu lors des prochaines conférences sur le changement climatique, étant donné que la Chine et les Etats-Unis, les deux plus grands émetteurs de carbone, ne voudraient pas accepter un accord contraignant sur le plan juridique. Quel est le commentaire de la Chine là-dessus ?

R : Bonne question. Le Protocole de Kyoto a défini clairement les obligations chiffrées de réduction des émissions à assumer par les pays développés pendant la période 2008-2012 (première période d’engagement). Or, cette première période d’engagement touchera bientôt à sa fin, la plupart des pays développés n’ont pas rempli leurs obligations, et pire encore, leurs émissions se sont même considérablement accrues. Leur proposition de remplacer le Protocole de Kyoto par un nouvel accord montre en effet qu’ils cherchent à se dérober à leurs propres responsabilités. La Chine est favorable à la conclusion, à travers les négociations, d’un accord juridiquement contraignant qui inclura la question de la réduction des émissions par les pays développés pendant la deuxième période d’engagement. Nous estimons que l’accomplissement strict par toutes les parties signataires des obligations énoncées dans l’instrument existant qu’est le Protocole de Kyoto revêt une signification importante pour la coopération internationale contre le changement climatique.

La clé pour faire aboutir les négociations internationales sur le changement climatique est de définir, conformément au mandat de la feuille de route de Bali et dans le cadre du processus de négociations à double voie, les obligations de réduction des émissions des pays développés, y compris des parties non signataires du Protocole de Kyoto, pendant la deuxième période d’engagement, et de mettre en place des dispositifs financiers et technologiques. Et les pays en développement, quant à eux, peuvent adopter volontairement des actions de réduction des émissions dans le cadre du développement durable. Poser les mêmes exigences aux pays développés et aux pays en développement, c’est, autrement dit, de nier le principe de « responsabilités communes mais différenciées » consacré par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, et d’ôter la base aux négociations. Ceci est inacceptable pour tous les pays en développement, y compris la Chine.

Q : Veuillez nous présenter le programme du prochain déplacement du Premier Ministre Wen dans trois pays d’Asie du Sud-Est. Lors de sa visite au Myanmar, quels sont les sujets qui seront abordés entre les deux parties ? La Chine évoquera-t-elle la question des élections législatives au Myanmar ? Une autre question, vous avez parlé tout à l’heure des « actions concernées du Conseil de Sécurité », est-ce que l’on pourrait le comprendre comme si la Chine est prête à donner son aval à la sanction sur l’Iran ?

R : Concernant la tournée du Premier Ministre Wen Jiabao dans trois pays de l’Asie du Sud-Est, nous tiendrons jeudi, à 15 heures et demie, dans cette salle, une réunion d’information durant laquelle le Ministre assistant Hu Zhengyue vous donnera des détails là-dessus. D’après ce que je sais pour le moment, cette tournée aura lieu du 22 au 25 courant. Lors de sa visite au Brunei, le Premier Ministre Wen s’entretiendra avec le Sultan Haji Hassanal Bolkiah et rencontrera des membres de la famille royale. En Indonésie, il aura des entretiens et entrevues avec le Président Susilo Bambang Yudhoyono et d’autres dirigeants indonésiens. Au Myanmar, il s’entretiendra avec le Premier Ministre Thein Sein et rencontrera le Président du Conseil d’Etat pour la paix et le développement Than Shwe et d’autres dirigeants du pays. Par ailleurs, le Premier Ministre Wen assistera, avec les dirigeants indonésiens et du Myanmar, aux célébrations du soixantenaire des relations diplomatiques Chine-Indonésie et Chine-Myanmar, et aura d’amples contacts avec les personnalités de différents milieux.

Quant aux élections au Myanmar, en tant que pays voisin ami du Myanmar, la Chine souhaite voir les différentes parties de ce pays parvenir à la réconciliation nationale à travers les consultations et réaliser progressivement la stabilité, la démocratie et le développement.

Nous espérons que la visite du Premier Ministre Wen permettra de resserrer les liens d’amitié traditionnelle entre la Chine et ces trois pays, d’approfondir la coopération mutuellement avantageuse dans tous les domaines et de faire développer davantage les relations entre la Chine et ces trois pays, de même que les relations Chine-ASEAN.

Sur le dossier nucléaire iranien, la Chine a toujours adopté une attitude responsable et pris une part active aux efforts diplomatiques de la communauté internationale visant à trouver une solution à ce problème. En tant que membre du mécanisme des Six, la Chine a participé et continuera à participer aux discussions sur les solutions diplomatiques permettant de régler le problème et les propositions avancées par différentes parties.

Q : Selon certaines sources, Israël envisage d’expulser plus de 70 000 Palestiniens de la Cisjordanie, ce qui a été condamné par le Secrétaire général de la Ligue arabe. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Nous ne sommes pas au courant de ce que vous avez mentionné. La Chine soutient les efforts de la communauté internationale visant à faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient et s’oppose à tout acte susceptible de détruire la base des négociations palestino-israéliennes et la confiance mutuelle. Nous espérons que la partie israélienne agira de façon effective pour contribuer à la reprise des négociations de paix.

Q : Le présent sommet sur la sécurité nucléaire sera consacrée aux discussions sur le terrorisme nucléaire. Les médias occidentaux craignent que les savoir-faire nucléaires ne tombent dans les mains des terroristes et qu’Al Qaïda ne recoure au terrorisme nucléaire. Est-ce que la Chine partage également cette inquiétude ?

R : La réponse face à la menace du terrorisme nucléaire est l’un des sujets de discussions de cette conférence. Très attachée à la sécurité nucléaire, la Chine assume activement ses obligations internationales en la matière et a pris des mesures efficaces à cette fin. Il est dans l’intérêt commun de tous les pays de renforcer la sécurité nucléaire et nous sommes disposés à intensifier la coopération avec la communauté internationale pour faire face ensemble à ce défi.

Q : La partie japonaise a qualifié les vols effectués par des hélicoptères de la marine chinoise aux abords des eaux territoriales japonaises d’« actes dangereux ». Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Comme je viens d’apprendre cette information, je ne connais pas davantage de précisions à ce sujet. Mais j’ai remarqué que l’endroit mentionné par les reportages est en effet sur la haute mer.

Q : Première question, certains pensent qu’une visite en Chine du dirigeant de la RPDC Kim Jong-il favorisera la reprise des pourparlers à six et l’apaisement de la situation sur la Péninsule coréenne. Mais cette visite n’a pas encore lieu. Comment la partie chinoise voit-elle les perspectives des pourparlers à six et la situation dans la Péninsule ? Deuxième question, étant donné les problèmes récents, tels que celui des voyages touristiques au mont Kumgang-san, comment la Chine voit-elle l’état actuel des relations entre le Nord et le Sud de la Péninsule coréenne ?

R : Sur la reprise des pourparlers à six, les parties concernées ont multiplié depuis un certain temps leurs contacts et travaillé ensemble pour voir comment les relancer. Nous espérons que les différentes parties poursuivront leurs contacts et dialogue, feront preuve de souplesse et travailleront dans le même sens, afin de créer des conditions propices à la reprise des pourparlers à six.

En tant que pays voisin de la Péninsule coréenne et ami de la RPDC comme de la République de Corée, la Chine estime toujours que l’amélioration des relations entre ces deux pays et la réalisation de leur réconciliation et coopération sont dans l’intérêt commun des peuples de la Péninsule et profitent à la paix, à la stabilité et à la prospérité de la région. La Chine continuera de soutenir la réconciliation et la coopération entre ces deux pays.

Q : Selon des officiels chinois, les positions chinoise et américaine sur la question nucléaire iranienne sont proches. La Chine a-t-elle changé donc sa position sur les sanctions contre l’Iran? Quelle est en effet votre position ?

R :Je viens de vous rappeler la position chinoise sur la question nucléaire iranienne, qui est constante et claire. Nous soutenons la stratégie de la « double approche » et préconisons le dialogue et les négociations pour régler adéquatement cette question.

Q : Comment la Chine voit-elle les relations sino-américaines actuelles ? Pensez-vous que ces relations seront améliorées après la rencontre entre les deux Chefs d’Etat ?

R : Vous avez déjà les informations sur la rencontre entre les Chefs d’Etat chinois et américain. La Chine et les Etats-Unis sont tous les deux d’une grande influence dans le monde. Ils font face aux mêmes missions et assument les mêmes responsabilités pour préserver la paix et la stabilité du monde et promouvoir le développement. Il est dans leur intérêt commun d’avoir une bonne relation bilatérale. Le respect mutuel des intérêts vitaux et des préoccupations majeures de l’un et de l’autre est une condition préalable à un développement sain et régulier de cette relation. Nous espérons donc travailler ensemble avec la partie américaine pour envisager et traiter nos relations avec une vision stratégique et à long terme, renforcer le dialogue, les échanges et la coopération, régler adéquatement les divergences et les problèmes entre nous, et enfin, faire avancer les relations sino-américaines de manière saine et régulière dans le nouveau contexte.

Q : Vous avez dit que la Chine soutient le règlement de la question nucléaire iranienne selon la stratégie de la « double approche », qui signifie le dialogue et les sanctions. Est-ce qu’on peut ainsi comprendre que la Chine est également favorable au recours aux sanctions pour résoudre cette question ?

R : La Chine a toujours joué un rôle constructif sur cette question. Nous avons pris une part active aux efforts diplomatiques de la communauté internationale en vue de résoudre ce dossier et déployé des efforts de médiation entre les parties. En tant que membre du mécanisme des Six, nous avons participé et continuerons à participer aux discussions visant à trouver une solution diplomatique à ce dossier et à étudier les propositions des différentes parties. Nous allons continuer à jouer un rôle constructif pour résoudre cette question par voie du dialogue et des négociations.

Q : Lors d’une conférence de presse qui vient de terminer, la Russie a annoncé qu’elle connaît le contenu du programme américano-israélien de bombardement de l’Iran. Est-ce que la Chine le connaît aussi ? Quels sont vos commentaires là-dessus ?

R : Je ne suis pas au courant de cela et je n’ai pas entendu non plus les Etats-Unis ou d’autres parties faire une telle déclaration. Nous estimons qu’il convient d’observer le principe du respect mutuel et de l’égalité dans la gestion des relations interétatiques et de faire preuve de raison, de souplesse et d’esprit constructif sur le dossier nucléaire iranien.

Q : Le navire chinois « Shenneng 1 » a échoué au large de la côte australienne, portant atteinte à l’environnement aux environs de la Grande Barrière de Corail. Quelles sont les mesures prises par la Chine pour remédier aux dégâts et quel est votre commentaire sur cette affaire ?

R : A ma connaissance, les services compétents chinois et australiens sont en concertation étroite et efficace pour essayer de trouver rapidement une solution adéquate à cette affaire.

Q : Selon le Ministre japonais de la Défense, des navires de la marine chinoise sont actuellement sur la haute mer pour un entraînement , mais l’intention de la partie chinoise n’est pas claire. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Comme je l’ai dit tout à l’heure, je venais d’apprendre cette information et ne connais donc pas davantage de précisions. Je vous propose de vous renseigner auprès de l’armée chinoise.

Si vous n’avez plus de questions, je lève la séance. Merci de votre présence.

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