Conférence de presse du 7 septembre 2010
2010/09/07

Le7 septembre 2010, la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Jiang Yu a tenu une conférence de presse.

Jiang Yu : Mesdames et Messieurs, bonjour. N'ayant pas de nouvelles à vous annoncer, je suis prête à répondre à vos questions.

Q : Le Premier Ministre indien a dit, lors d'une interview qu'il accordait récemment à la presse, que la Chine avait l'intention d'intervenir dans les affaires en Asie du Sud et que l'Inde serait obligée d'y réagir. Quel en est votre commentaire ?

R : La Chine est un membre important de l'Asie. Nous avons œuvré, ensemble avec les pays voisins, à préserver la paix et la stabilité en Asie, y compris dans le Sud du continent asiatique, et à y promouvoir la coopération mutuellement bénéfique pour un développement partagé, car ceci est dans l'intérêt commun de nos pays respectifs.

Le fait que la Chine et l'Inde, deux grands pays en développement émergents voisins l'un de l'autre, entretiennent une relation d'amitié et de bon voisinage et coopèrent la main dans la main en vue d'un développement partagé correspond à leurs intérêts communs. Nous souhaitons voir une Asie du Sud pacifique, stable et prospère. Nous entendons continuer, sur la base des Cinq Principes de la Coexistence pacifique, à développer l'amitié et le bon voisinage avec tous les pays de la région, y compris l'Inde, et à mener une coopération mutuellement avantageuse avec eux.

Q : En novembre prochain, le Myanmar tiendra ses premières élections générales depuis vingt ans. Qu'attend la partie chinoise de ces élections ? Fera-t-elle pression sur le Myanmar pour obtenir le résultat qu'elle souhaite ?

R : Le Président Than Shwe arrivera cet après-midi à Beijing pour une visite d'Etat en Chine. Il s'entretiendra demain avec le Président Hu Jintao et sera reçu après-demain par le Président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale Wu Bangguo et le Premier Ministre Wen Jiabao.

La Chine et le Myanmar sont deux pays voisins amis. Cette année marque le 60e anniversaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques. Nous entendons saisir l'opportunité offerte par cette visite pour consolider l'amitié traditionnelle entre les deux pays et apporter une nouvelle contribution au maintien de la paix et de la stabilité dans la région.

Les élections générales relèvent des affaires intérieures du Myanmar. La non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui est un principe que nous observons depuis toujours. Nous souhaitons que la communauté internationale puisse accorder des assistances constructives au Myanmar et s'abstenir d'exercer une influence négative sur le processus politique à l'intérieur de ce pays et sur la paix et la stabilité régionales.

Q : Veuillez nous donner des informations sur la visite du Conseiller adjoint à la Sécurité nationale du Président américain Thomas E. Donilon et du Directeur du Conseil économique national de la Maison Blanche Lawrence Summers en Chine. La question du taux de change du RMB sera-t-elle évoquée à cette occasion ?

R : Le Conseiller adjoint à la Sécurité nationale du Président américain Thomas E. Donilon et le Directeur du Conseil économique national de la Maison Blanche Lawrence Summers sont actuellement en visite en Chine pour avoir des échanges de vues avec la partie chinoise sur les relations sino-américaines et d'autres grands dossiers d'intérêt commun. Des rencontres sont prévues pour eux et les parties concernées vous en tiendront au courant.

La Chine accorde une grande importance aux échanges des différents niveaux avec la partie américaine. Nous espérons que cette visite nous permettra d'échanger des vues avec la partie américaine sur les relations bilatérales à l'heure actuelle et à l'avenir afin d'approfondir la compréhension et la confiance mutuelles et d'élargir la coopération.

S'agissant de la relation sino-américaine, je voudrais souligner qu'une bonne relation sino-américaine profite à la Chine, aux Etats-Unis et aussi au monde entier, et que cela nécessite des efforts inlassables des deux parties. Nous espérons que la partie américaine travaillera ensemble avec nous pour bien préserver et mettre en œuvre les consensus des deux chefs d'Etat, renforcer le dialogue, les échanges et la coopération, améliorer sans cesse la confiance mutuelle, gérer adéquatement les divergences et les questions sensibles, et enfin, assurer un développement continu de la relation sino-américaine.

Concernant le taux de change du RMB que vous venez d'évoquer, les services chinois compétents ont à plusieurs reprises exposé la position chinoise. Je voudrais souligner que la réforme du mécanisme de formation du taux de change du RMB sera poursuivie et que nous continuerons à gérer et à réajuster de manière dynamique le taux de change du RMB conformément à la marge de fluctuation que nous avons annoncée, afin de maintenir la stabilité relative du taux de change de RMB à un niveau rationnel et équilibré. La Chine s'oppose fermement à la politisation des questions économiques et commerciales. La réforme du mécanisme de la formation du taux de change du RMB ne pourra pas être poursuivie sous une pression extérieure.

Q : Est-ce que durant leurs entretiens d'hier, le Premier Ministre Wen Jiabao et l'ancien Président américain Jimmy Carter ont évoqué les pourparlers à six ?

R : Des informations sur cette rencontre ont déjà été publiées et je n'en dispose pas davantage. Le Ministère des Affaires étrangères n'est pas en charge de l'accueil de cette délégation.

Concernant les pourparlers à six, actuellement, le représentant spécial Wu Dawei est en visite en Russie. Son objectif est d'avoir des échanges de vues avec les différentes parties, et notamment de connaître leurs avis et préoccupations concernant la situation actuelle sur la Péninsule coréenne et la reprise des pourparlers.

Les parties sont convenues qu'il est dans l'intérêt de tous de continuer à faire avancer le processus des pourparlers à six et de préserver la paix et la stabilité sur la Péninsule, et se sont dites prêtes à maintenir le dialogue et la concertation à ce sujet. Nous espérons qu'elles pourront travailler ensemble pour changer la situation et créer des conditions favorables à la reprise des pourparlers.

Q : Ce matin, des navires de patrouille japonais sont entrés en collision avec un bateau de pêche chinois au large des îles Diaoyu. Une enquête a été déclenchée au Japon sur les opérations de pêche illégales des chalutiers chinois. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : La Chine, vivement préoccupée par cette affaire, a fait des représentations solennelles auprès du Japon. Nous avons souligné que les îles Diaoyu et les îlots adjacents font partie du territoire chinois depuis l'antiquité, et nous avons demandé aux patrouilleurs japonais de renoncer à leurs actions pour la soi-disant application de la loi au large des îles Diaoyu, et surtout de s'abstenir de tout acte mettant en péril la sécurité des bateaux de pêche et des ressortissants chinois. La Chine suivra de très près l'évolution de l'affaire et se réserve le droit de réagir davantage.

Q : Certains accusent la Chine d'avoir maintenu des liens politiques et économiques étroits avec le Myanmar, ce qui aurait, selon eux, encouragé les actions de violation des droits de l'homme dans ce pays. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : La Chine, qui poursuit une politique de bon voisinage, maintient une excellente relation de coopération avec tous ses pays voisins. Un Myanmar de paix, de stabilité et de progrès correspond non seulement aux intérêts de son peuple, mais aussi à ceux des autres pays de la région. Il appartient finalement au gouvernement et au peuple du Myanmar de régler indépendamment leurs problèmes intérieurs. La communauté internationale doit apporter des aides constructives pour la démocratie et le développement au Myanmar.

Q : Durant les entretiens entre des officiels chinois et américains de haut rang, la partie américaine a fait savoir que le Président Hu Jintao effectuerait une visite aux Etats-Unis dès que possible. À quelle date cela veut-il dire exactement ? Est-ce que le Premier Ministre Wen Jiabao rencontrera le Président Barack Obama en marge de la session annuelle de l'Assemblée générale de l'ONU ?

R : Nous attachons une haute importance aux échanges de haut niveau et à ceux aux autres échelons entre la Chine et les Etats-Unis. Et nous sommes prêts à travailler ensemble avec la partie américaine pour, entre autres, bien préparer les échanges de haut niveau, en vue d'un développement durable, sain et stable des relations sino-américaines.

Concernant le programme du Premier Ministre Wen Jiabao à la Réunion de haut niveau sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement et au débat général de la 65e session de l'Assemblée générale de l'ONU, nous vous en donnerons des informations dans les jours prochains. Le programme bilatéral en marge de ces réunions reste encore à fixer. Quant à votre question de savoir s'il y aura une telle rencontre, je n'en dispose pas d'information pour l'instant.

Q : Selon un rapport publié par l'AIEA, malgré les sanctions onusiennes, l'Iran poursuit toujours son programme nucléaire et a empêché des agents de l'AIEA à entrer sur son territoire pour faire leur travail de vérification. Avez-vous pris note de ce rapport ? Qu'en pensez-vous ?

R : Nous avons pris note du rapport publié par l'AIEA. Et nous espérons que l'Iran pourra coopérer pleinement avec l'Agence pour obtenir la confiance de la communauté internationale sur le caractère pacifique de son programme nucléaire. Nous appelons aussi les parties concernées à intensifier leurs efforts diplomatiques et à rétablir rapidement le dialogue et les négociations pour trouver une solution globale, durable et adéquate au problème nucléaire iranien.

Q : Certains accusent la Chine de fermer les yeux sur la violation des droits de l'homme au Myanmar, et certains d'autres estiment que des pratiques chinoises constituent en fait une ingérence dans les affaires intérieures d'autrui alors que la Chine se dit très attachée au principe de non-ingérence. Quel est votre commentaire ?

R : La Chine s'en tient au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. Il appartient finalement au gouvernement et au peuple du Myanmar de régler, de façon autonome et concertée, les problèmes de leur pays. Actuellement, le Myanmar se prépare aux prochaines élections générales qui marqueront une étape importante pour le développement de la démocratie dans le pays. En tant que pays voisin, la Chine souhaite voir les différentes parties œuvrer, par le dialogue, à la réconciliation nationale, à la démocratie et au développement tout en maintenant la stabilité intérieure. Cela correspond non seulement aux intérêts du Myanmar, mais favorise aussi la paix et la stabilité dans la région.

Q : Pourriez-vous nous donner plus de détails sur la visite de Than Shwe en Chine, comme par exemple la composition de sa délégation ?

R : Le Président Than Shwe sera accompagné principalement du membre du Conseil d'Etat pour la paix et le développement Thura Shwe Mann, du Premier Secrétaire du Conseil Thiha Thura Tin Aung Myint Oo et de plusieurs ministres.

Mon collègue Qin Gang partira bientôt au Royaume-Uni pour prendre la fonction de ministre à l'Ambassade de Chine dans ce pays. Il m'a chargé de vous transmettre ses salutations, ses remerciements pour l'appui et le soutien que vous lui avez apportés durant toutes ces années et son vœux de bon travail et de bonheur.

S'il n'y a plus de question, je lève la séance. Merci de votre présence et à la prochaine.

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