| Le Ministre Li Zhaoxing répond aux questions de la presse chinoise et étrangère sur la politique diplomatique de la Chine et les dossiers internationaux |
| 2006-03-16 |
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Dans l'après-midi du 7 mars 2006, une conférence de presse a été tenue au Grand Palais du Peuple dans le cadre de la 4e session de la Xe Assemblée populaire nationale (APN). Sur l'invitation du porte-parole de cette session Jiang Enzhu, le Ministre des Affaires étrangères Li Zhaoxing a répondu aux questions de la presse chinoise et étrangère sur la politique diplomatique de la Chine ainsi que les dossiers internationaux et régionaux.
Li Zhaoxing : Dans son rapport sur les activités gouvernementales soumis à la présente session de l'APN, le Premier Ministre Wen Jiabao a déjà exposé d'une manière complète la politique étrangère de la Chine. Nous continuerons de concrétiser l'idée de gouverner pour le peuple, soulignée par le Président Hu Jintao, de poursuivre la politique étrangère d'indépendance et de paix, et de travailler ensemble avec la communauté internationale pour préserver la paix dans le monde, promouvoir un développement commun, renforcer la coopération mutuellement avantageuse, et réaliser le progrès de l'humanité. Maintenant, je suis prêt à répondre à vos questions.
CCTV : Parallèlement à la multiplication de déplacements de citoyens chinois à l'étranger pour faire du tourisme, rendre des visites aux parents, faire du commerce ou y vivre, les problèmes liés à l'atteinte à leur sécurité en vie et en biens matériels ainsi qu'à leurs autres droits et intérêts se posent d'une manière de plus en plus aiguë. M. le Ministre, quelles sont les mesures concrètes que le Ministère des Affaires étrangères va prendre pour bien incarner l'idée de mettre l'homme au centre de nos préoccupations, et pour rendre plus sûrs le déplacement à l'étranger de ces citoyens ? Quels sont vos suggestions et conseils aux citoyens chinois pour qu'ils puissent mieux se protéger à l'étranger ?
Li Zhaoxing : La diplomatie chinoise a pour but de servir le peuple. Elle se met tout d'abord au service de la paix, du développement et de la coopération. Elle vise en même temps à défendre les droits et intérêts légitimes des nos compatriotes et des personnes morales de Chine à l'étranger, et à offrir un service consulaire qui place la personne au-dessus de toute autre considération.
L'année dernière, la Chine a enregistré plus de 31 millions de sorties à l'étranger, tandis que les ambassades et les consulats de Chine à l'étranger ont traité au total environ 30 mille affaires consulaires. Entre autres, après l'accident de route survenu en Egypte à nos compatriotes hongkongais pendant la fête du printemps de cette année et la mort récente des 3 ingénieurs chinois dans un attentat au Pakistan, le Comité central du Parti communiste chinois et le Conseil des Affaires d'Etat y ont accordé une grande importance. Le Ministère des Affaires étrangères, le Ministère du Commerce et les ambassades et consulats concernés ont rapidement réagi pour traiter ces affaires d'une manière appropriée, ce qui leur a valu l'éloge des citoyens chinois et le respect des amis étrangers. Certains ressortissants chinois m'ont dit que ces affaires leur avaient fait ressentir la fierté d'être Chinois dans le monde d'aujourd'hui.
Selon le droit et les usages internationaux, la sécurité de nos citoyens en voyage à l'étranger doit être essentiellement assurée par les services concernés des pays destinataires. En Chine, un vieil adage dit que l'on compte sur ses parents en famille, et les amis à l'extérieur. En se rendant à l'étranger pour des affaires ou du tourisme, les citoyens chinois ont également besoin d'acquérir autant que possible des connaissances pour se protéger. Par exemple, il faut se renseigner sur la législation et les us et coutumes du pays destinataire et les respecter, il vaux mieux de s'informer aussi de la situation sociale et sécuritaire locale. Pour parer à toute éventualité, ce serait préférable de connaître le numéro de téléphone de l'ambassade ou du consulat chinois le plus proche de l'endroit de visite pour faciliter les contacts en cas de besoin. L'ambassade et le consulat chinois dans les pays ou régions concernés ne ménageront aucun effort pour prêter leurs assistances conformément à la loi.
Je voudrais vous informer, en passant, qu'aujourd'hui, le Ministère des Affaires étrangères et plus de 30 autres institutions chinoises ont au total plus de 5 000 personnes en résidence permanente à l'étranger. C'est un contingent digne de confiance. Beaucoup d'entre eux travaillent dans des régions où les conditions sont très dures : soit avec une altitude de plus 4 000 mètre ou une température au-dessus de 40 degrés pendant toute l'année, soit avec des guerres incessantes ou une pollution nucléaire. Pourtant, nous diplomates, tous fidèles à la patrie et au peuple, travaillent avec diligence.
Yonhap News Agency: Ce qui m'intéresse le plus, ce sont les pourparlers à six. La Chine joue un rôle très important dans les pourparlers à six. Le Président chinois Hu Jintao va se rendre en visite aux Etats-Unis en avril. Est-il possible de reprendre les pourparlers à six avant cette visite ? Par ailleurs, la question de Taiwan est devenue récemment très importante, la Chine et les Etats-Unis ont parfois des points de vues identiques, et parfois des avis différents. La question de Taiwan pourra-t-elle affecter les pourparlers à six ?
Li Zhaoxing : Concernant la question nucléaire de la péninsule coréenne, les pourparlers à six ont abouti l'année dernière à une déclaration commune dans laquelle a été défini clairement l'objectif général de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, et on a eu des discussions préliminaires sur la concrétisation de cette déclaration. Ces premiers résultats ont été chèrement acquis, nous devons tous les chérir. D'ailleurs, ils montrent pleinement que tant que les diverses parties font preuve de sincérité et de souplesse, et prennent en considération l'intérêt général de la sécurité en Asie du Nord-Est, les pourparlers pourront s'avancer progressivement. La Chine œuvre toujours sans relâche à la promotion du règlement pacifique de la question nucléaire de la péninsule coréenne. Elle maintient des communications et coordinations avec les diverses parties et mène aujourd'hui un travail d'une manière patiente et approfondie en vue de reprendre les pourparlers à six dans les meilleurs délais. Quelles que soient les difficultés, nous poursuivrons toujours nos efforts en faveur de la réconciliation et des pourparlers. Nous souhaitons que les parties concernées s'en tiennent au principe de dialogue et de consultation pour accrocher une solution, et qu'elles oeuvrent davantage pour renforcer la confiance, faire preuve de pragmatisme et de souplesse et mettre en œuvre la déclaration commune, ce qui revêt une signification importante pour la préservation de la paix sur la péninsule, voire de la paix et de la stabilité dans la région de l'Asie du Nord-Est, et correspond également aux intérêts communs des diverses parties.
Votre remarque est juste et intéressante. La Chine et les Etats-Unis, tous les deux pays importants, ont une identité de vues sur certaines questions, et des divergences sur d'autres ; ils ont parfois des consensus, et parfois des désaccords. Je vois que vous avez révélé une raison universellement applicable, il ne serait pas faux de l'utiliser pour apprécier les rapports entre deux grands pays, quels qu'ils soient. Si deux pays, surtout deux grands pays, sont parfaitement identiques sur tous les plans, ce monde serait trop monotone, et je vois que beaucoup de journalistes seront en chômage.
La question de Taiwan est le facteur le plus important qui agit sur les relations sino-américaines. Nous souhaitons que les Etats-Unis s'en tiennent à la politique d'une seule Chine, observe les 3 communiqués conjoints sino-américains, mesure pleinement la dangerosité des forces sécessionnistes pour l'« indépendance de Taiwan » et de leurs activités, s'oppose effectivement aux activités sécessionnistes visant l'« indépendance de Taiwan », s'abstienne de lancer aucun signal erroné aux forces sécessionnistes pour l'« indépendance de Taiwan », et préserve ensemble la paix et la stabilité dans le Détroit de Taiwan de même que l'intérêt général des relations sino-américaines.
Nous entendons oeuvrer de concert avec la partie américaine à l'approfondissement de la connaissance, à l'élargissement du consensus, au renforcement de la confiance mutuelle, au développement de la coopération et au traitement approprié des divergences, ceci afin de promouvoir le développement saint des rapports sino-américains.
Le Président Hu Jintao effectuera sur invitation une visite aux Etats-Unis prochainement. Ce sera la première visite du Président Hu aux Etats-Unis en qualité de Président de la République. Cette visite revêt donc une grande signification. Les deux parties sont en train de préparer solidement cette visite afin d'en assurer le succès.
HKATV : Récemment, le Vatican a nommé Chen Rijun de Hong Kong cardinal, quel est le commentaire du gouvernement central sur cette affaire ? Cette nomination affectera-t-elle l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et le Vatican ?
Li Zhaoxing : Hong Kong appartient à la Chine, et au peuple chinois, y compris les compatriotes de Hong Kong. Pour traiter les affaires de Hong Kong, nous procédons conformément à la Constitution chinoise et à la Loi fondamentale de la Région administrative spéciale de Hong Kong. Nous nous réjouissons des succès obtenus sur tous les plans par les compatriotes de Hong Kong sous la direction du gouvernement de la Région administrative spéciale.
S'agissant du Vatican, nous souhaitons qu'il ne s'immisce pas dans les affaires intérieures de la Chine sous quelque forme que ce soit, et qu'il ne maintienne pas de soi-disant relations diplomatiques avec une collectivité territoriale ou une province chinoise.
Bloomberg News Agency : Comme tout le monde le sait, beaucoup de militaires en Chine touchent pendant de longues années un salaire très bas. Si la tension existe entre les deux rives du Détroit de Taiwan, une augmentation des dépenses militaires est nécessaire. Pourtant, nous avons assisté cette année-ci à une augmentation de 14.7%, probablement la plus importante depuis les 4 ou 5 dernières années. Beaucoup de pays se sont inquiétés de l'augmentation sans discontinuer des dépenses militaires chinoises malgré l'affirmation de la Chine de son renouveau pacifique. Quelle est votre réaction ? Les autres pays auront-ils raison de ne pas s'en inquiéter ? Si tel est le cas, pourquoi une augmentation si élevée des dépenses militaires ?
Li Zhaoxing : A mon avis, pour bien comprendre une chose, il convient de voir les faits les plus essentiels. On ne peut pas se borner à regarder un chiffre ou un pourcentage tout en oubliant dernière ce pourcentage quelles sont les chiffres de base de ces deux dernières années. Si vous ne les connaissez pas, je vous conseille de lire l'interview exclusive qu'a accordée le général Liao Xilong de l'Armée populaire de Libération à l'Agence de Presse Xinhua, et qui vient de paraître dans le « Quotidien de Beijing » d'aujourd'hui. Je voudrais en réalité ajouter quelques points à ce qu'a dit le général Liao Xilong. Le budget militaire chinois, même augmenté, reste toujours de loin inférieur à celui du pays d'où vous venez. Le budget militaire chinois par tête d'habitant représente 1/77 de celui du pays d'où vous venez. Ce qui est plus important, c'est que la politique de la défense nationale de Chine est transparente, qui prévoit une défense nationale purement défensive.
Citons un exemple classique : le 16 octobre 1964, le jour même où la Chine a réussi son premier essai nucléaire, elle a déclaré clairement au monde entier qu'elle n'utilisera pas la première l'arme nucléaire à n'importe quel moment et dans n'importe quelle circonstance. Plus tard, elle s'est engagée sans condition à ne pas recourir à l'usage ou à la menace de l'usage de l'arme nucléaire contre les pays et les régions sans armes nucléaires. Vous avez accordé une attention aux dépenses militaires chinoises, et il me semble que vous les avez étudiées consciencieusement. Je ne sais pas si vous avez également fait des études pour savoir si les autres pays nucléaires avaient pris un engagement aussi transparent et sincère au monde entier au sujet de l'arme nucléaire comme l'a fait la Chine.
RCI : Au même moment de l'année dernière, toujours dans cette salle, vous avez dit que la diplomatie chinoise consiste à se faire des amis partout dans le monde. Cette année marquera le 50e anniversaire de l'inauguration des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains et arabes. On peut dire que les nombreux pays en développement sont de vieux amis de la Chine, et beaucoup d'auditeurs de ces pays sont également de vieux amis de la RCI. Nos auditeurs nous ont posé, par divers moyens, une telle question : à l'avenir, que fera la Chine pour renforcer ses relations avec ces vieux amis et ces pays en développement ?
Li Zhaoxing : Cette année marque le 50e anniversaire de l'inauguration des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains. La Chine et l'Afrique, qui ont vu leurs relations soutenir l'épreuve du temps et des aléas de la situation internationale, sont devenus de bons amis qui se traitent sur un pied d'égalité, de bons frères qui se soutiennent mutuellement, et de bons partenaires qui collaborent pour les avantages réciproques. Renforcer et développer la solidarité et la coopération avec l'Afrique est un volet important dans la diplomatie chinoise. Tout en continuant et renforçant les traditions d'amitié sino-africaine, nous entendons développer, avec l'Afrique, un nouveau partenariat stratégique caractérisé par l'égalité et la confiance mutuelle sur le plan politique, la coopération gagnant-gagnant sur le plan économique, et les échanges et l'enrichissement mutuel sur le plan culturel.
La coopération entre la Chine et l'Afrique dans les domaines de l'énergie, des ressources et autres est complémentaire et mutuellement avantageuse. Elle profite au développement économique des pays africains, correspond aux intérêts communs des deux parties, et contribue à la réalisation d'un développement partagé. La Chine veille aussi à aider à développer les infrastructures et le bien-être social dans les pays africains, ce qui lui a valu un accueil favorable de leur part.
Tout récemment, j'ai visité quelques pays africains, et j'ai constaté que les relations entre la Chine et les pays africains sont devenues de plus en plus étroites, et reposent sur une base toujours plus solide. Au Libéria, j'ai vu que la force de maintien de la paix envoyée par la Chine vivait en bons termes avec la population locale, jouant par-là un excellent rôle pour préserver la stabilité locale. Le Nigéria, pays le plus peuplé de l'Afrique, est notre vieil ami. Pourtant, à cause des emplois du temps très chargés des deux Ministres des Affaires étrangères, ma visite dans ce pays n'a duré que 2 heures. Les deux parties ont eu un entretien officiel dans le salon d'honneur de l'aéroport. Malgré la courte durée, cette visite est couronnée de succès. La Chine et le Nigéria vont approfondir et élargir sans cesse leur coopération mutuellement avantageuse dans tous les domaines. J'ai également visité un pays africain très peu peuplé, le Cap Vert. Les dirigeants de ce pays, très chaleureux et fort bien aimables, ne cessaient de me dire que le Cap Vert est un très petit pays. J'étais touché par leur modestie, mais j'ai aussi très sincèrement dit à mes amis du Cap Vert : « Une montagne, quelle que soit sa hauteur, est merveilleuse dans la mesure où elle est habitée par un dieu » ; un pays, quelle que soit sa taille, est louable lors qu'il est attaché à la paix et à la justice. Ce qui me touche particulièrement, c'est qu'il existe un pays tel que le Cap Vert qui défend vraiment la justice sur la scène internationale. Il reste fidèle au principe d'une seule Chine et tient à agir conformément à la Charte des Nations Unies sur les questions comme la réforme des Nations Unies. Je voudrais simplement citer quelques exemples, et je sais également que les émissions de votre radio sont très prisées dans ces pays.
ITAR-TASS : Cette année, la Chine accueillira « l'Année de la Russie ». Le Président Poutine viendra bientôt en visite en Chine. Quel est l'état actuel des relations sino-russes ? Comment se développent-t-elles ? Quelles sont les orientations de coopération ? Y a-t-il des problèmes dans ces rapports ?
Li Zhaoxing : Les dirigeants chinois et russes entretiennent des liens étroits, et partagent un large consensus sur les relations bilatérales et les questions internationales et régionales d'importance majeure. La Chine et la Russie ont résolu entièrement les problèmes frontaliers, et ont organisé avec succès les premières manœuvres militaires conjointes. Leur commerce bilatéral a connu une croissance fulgurante pendant sept ans consécutifs, tandis que leur coopération en matière d'énergie et d'investissement a enregistré des progrès importants. En 2004, rien que pour le pétrole brut, la Chine en a importé plus de 12 millions de tonnes de la Russie. Dans d'autres domaines, leur coopération s'est aussi avérée fructueuse, ce qui a apporté des bénéfices tangibles aux peuples des deux pays. En 2006 et 2007, les deux pays vont organiser une série de manifestations dans le cadre des « Années croisées » pour renforcer l'amitié entre les deux peuples et promouvoir une coopération pragmatique dans tous les domaines.
Sur l'invitation du Président Hu Jintao, le Président Poutine viendra effectuer une visite d'Etat en Chine dans la troisième décade du mois courant. Durant sa visite, les deux chefs d'Etat vont participer ensemble à la cérémonie d'ouverture de « l'Année de la Russie » et au « Forum sino-russe de haut niveau du monde industriel et commercial ». Les deux parties vont encore publier un document final politique et signer une série d'accords de coopération bilatérale. La prochaine visite du Président Poutine contribuera à promouvoir le développement global du partenariat de coordination stratégique sino-russe et profitera à la paix, à la stabilité et au développement dans le monde. La coopération entre la Chine et la Russie dans le cadre de l'Organisation de Coopération de Shanghai et au sein d'autres organisations internationales, y compris les Nations Unies, ne cesse, elle aussi, de s'intensifier.
Al Jazeera: Cette année marque le 50e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les pays arabes. Les intérêts de la Chine au Moyen-Orient sont devenus de plus en plus importants, tandis que les problèmes et les conflits d'intérêts dans cette région se sont également multipliés. Selon certains analystes, la Chine n'a pas joué un grand rôle dans cette région, et sa position à l'égard du Moyen-Orient reste peu claire. Est-il possible aujourd'hui d'entendre, de la part du chef de la diplomatie chinoise, des positions relativement claires sur ces questions : par exemple, le problème nucléaire iranien, l'Irak, l'accession du Hamas au pouvoir et la violation répétée des traités internationaux par Israël ?
Li Zhaoxing : Depuis la création du Forum sur la coopération sino-arabe, la Chine et les pays arabes mènent une coopération étroite, et la construction du Forum a enregistré des progrès. L'année dernière, la première conférence des entrepreneurs, la deuxième conférence des hauts fonctionnaires, le colloque sur les investissements et le colloque sur le dialogue entre les civilisations ont eu lieu dans le cadre du Forum. Les deux parties ont également entamé leur coopération dans le domaine de la formation des ressources humaines. Les faits montrent que ce Forum est déjà devenu une nouvelle plate-forme pour renforcer le dialogue et la coopération régionaux entre la Chine et le monde arabe. La deuxième conférence ministérielle se tiendra cette année à Beijing. Nous sommes disposés à travailler ensemble avec les pays arabes pour approfondir dans le cadre du Forum notre coopération sur tous les plans, et faire progresser sans cesse les relations sino-arabes dans la nouvelle époque.
Vous avez dit que la politique chinoise à l'égard du Moyen-Orient n'est pas assez claire. Je crois que peut-être vous aviez l'esprit ailleurs pendant les conférences de presse tenues par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Kong Quan. La Chine accorde une grande attention aux affaires du Moyen-Orient, et œuvre pour réaliser au plus tôt la paix et la stabilité dans la région. Nous estimons qu'il convient de développer, sur la base du respect mutuel et des avantages réciproques, les relations entre les pays au Moyen-Orient, et nous déployons depuis toujours des efforts agissants pour favoriser la réconciliation et les négociations. Nous continuerons de travailler ensemble avec la communauté internationale pour contribuer à la résolution des divers problèmes de cette région, dont le conflit israélo-palestinien.
Sur la récente affaire des caricatures qui est également très sensible, le gouvernement et le peuple chinois ont exprimé clairement leur position. Nous préconisons le respect mutuel entre les différentes civilisations. Comme le Moyen-Orient possède des histoires, traditions, croyances religieuses et caractéristiques culturelles qui lui sont propres, toute action ayant regard à cette région doit favoriser le règlement pacifique de ses points chauds et la réalisation de la paix, de la stabilité et du développement. Elle doit s'entreprendre dans le respect de la volonté des pays et des peuples de la région, et avec de larges concertations entre les différents Etats de la région.
S'agissant de la question de l'Irak, notre position est aussi très claire. A notre avis, il faut préserver fermement l'unité, la souveraineté et l'indépendance de l'Irak, encourager les différentes parties du pays à renforcer le dialogue et la solidarité pour promouvoir ensemble la reconstruction et stabiliser la situation. Par ailleurs, nous estimons nécessaire de faire jouer les rôles importants des Nations Unies et de la communauté internationale.
Quant à la question nucléaire de l'Iran, nous la suivons aussi de très près. La Chine, attachée au maintien du régime de la non-prolifération et s'opposant à la prolifération des armes nucléaires, préconise la voie diplomatique et les négociations pour résoudre ce problème de façon appropriée et dans les meilleurs délais. La position de la Chine correspond aux intérêts fondamentaux des parties concernées. En tant que pays signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, l'Iran bénéficie du droit d'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire et aura égalmement, et tout naturellement, à remplir les obligations en la matière. Nous espérons que l'Iran et l'AIEA pourront coopérer pleinement et œuvrer davantage pour renforcer la confiance mutuelle. Pour présenter notre position sur cette question, le Vice-Ministre chinois des Affaires étrangères Monsieur Lü Guozeng a fait une visite à Téhéran tout récemment. Nous avons pris note que le Directeur général de l'AIEA Monsieur Mohamed El Baradei avait évoqué hier soir encore des possibilités de parvenir à un certain accord sur la question nucléaire de l'Iran. Dans le contexte actuel, il est fort important pour la communauté internationale de rester attachée au consensus visant à régler ce problème par voie diplomatique. Il existe encore de l'espoir de résoudre ce problème dans le cadre de l'AIEA, par conséquent, la communauté internationale ne doit pas abandonner ses efforts. Nous espérons que les négociations entre les parties concernées pourront obtenir des résultats positifs, que ces dernières feront preuve de calme, de retenue, de patience et de flexibilité et qu'elles poursuivront leurs efforts pour trouver une solution à la question nucléaire de l'Iran par voie diplomatique. En vue d'un règlement adéquat et pour le maintien de la paix, la Chine est prête à maintenir des contacts et des concertations avec les pays concernés. Le Directeur général du Contrôle des Armements et du Désarmement du Ministère chinois des Affaires étrangères Monsieur Zhang Yan se trouve actuellement à Vienne pour participer activement aux travaux concernés.
Parlant des relations entre la Chine et la Palestine, il existe entre elles une profonde amitié traditionnelle. Nous entendons continuer à maintenir et à développer nos relations amicales avec la Palestine. Dans le passé, la Chine lui a accordé son soutien et de l'assistance dans la mesure de ses possibilités et dans l'avenir, si la Palestine lui formule une demande d'assistance, elle va toujours la considérer avec sérieux. Les moyens pacifiques et les négociations politiques sont la voie correcte pour résoudre le problème du Moyen-Orient. Nous espérons que la Palestine et Israël continueront à respecter les résolutions pertinentes adoptées par les Nations Unies et le principe de « la terre contre la paix » et à régler les conflits par le dialogue. La Chine soutient résolument le processus de la paix au Moyen-Orient. Elle n'a cessé de travailler de sa propre façon auprès des parties concernées. Elle entend continuer à coopérer avec les parties concernées et à jouer son rôle constructif dans la réalisation au plus tôt de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient.
NHK : Les consultations entre la Chine et le Japon sur les champs pétrolifères et gaziers dans la Mer de Chine orientale viennent de s'achever aujourd'hui à Beijing. Quelles sont les propositions avancées par le gouvernement chinois ? Comment va-t-il résoudre ce problème ? En plus de cela, il existe encore beaucoup de problèmes entre la Chine et le Japon. Comment voyez-vous la rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays ?
Li Zhaoxing : La Chine et le Japon sont des pays voisins. Le peuple chinois souhaite vivre en bonne entente avec le peuple japonais de génération en génération. Si les relations politiques sino-japonaises se trouvent aujourd'hui dans la difficulté, le nœud du problème consiste dans le fait qu'un certain dirigeant japonais s'obstine à rendre hommage aux criminels de guerre de classe A qui avaient déclenché et commandé la guerre d'agression. Le dirigeant japonais ne doit pas continuer à faire des choses blessant les sentiments du peuple chinois et des autres peuples victimes de cette guerre d'agression. Il s'agit là d'une question très sérieuse. Non seulement le peuple chinois ne peut pas accepter le fait que l'actuel dirigeant japonais rend toujours hommage aux criminels de guerre de classe A, les peuples de bien d'autres pays ne peuvent pas l'accepter non plus. Un officiel allemand m'a dit que les Allemands ne comprenaient pas comment un dirigeant japonais a pu faire une bêtise pareille, un acte injustifié et peu raisonnable. Selon eux, après la Seconde Guerre mondiale, aucun dirigeant allemand n'a voué un culte à Hitler ou à d'autres éléments nazis. Certes, rien ne peut ramener à la vie les victimes massacrées par les nazis. Mais du moins, on peut se garder de blesser les sentiments des descendants de ces victimes. D'après un officiel américain, ses compatriotes n'ont jamais oublié ce qui s'était passé le 7 décembre 1941. J'ai appris encore, d'un ami malaisien, qu'au même jour de l'attaque contre le Port de Perle déclenchée par les agresseurs japonais, ces derniers ont bombardé Malacca et ont tué et blessé beaucoup de civils innocents. Les exemples sont innombrables, et je ne pourrai pas les énumérer même en trois heures. Je vous prie donc de rapporter ce message à vos auditeurs.
La politique fondamentale de la Chine consistant à développer les relations de bon voisinage et de coopération amicale avec le Japon n'a pas changé. La Chine continuera à œuvrer activement pour améliorer et développer les relations sino-japonaises conformément à la proposition en 5 points avancée par le Président Hu Jintao le 23 avril 2005 à Jakarta. A savoir : Premièrement, observer strictement les trois documents politiques entre les deux pays et prendre des actions réelles pour développer les relations de coopération amicale sino-japonaises orientées vers le 21e siècle. Deuxièmement, s'en tenir résolument au principe dit « tirer la leçon de l'histoire et se tourner vers l'avenir ». Le Japon doit traiter la question de l'histoire avec une attitude sérieuse et prudente. Troisièmement, traiter correctement la question de Taiwan. Le Japon doit traduire en action réelle ses engagements sur la question de Taiwan. Quatrièmement, régler les différends entre les deux pays de façon appropriée, par le dialogue et les consultations menées sur un pied d'égalité. Cinquièmement, intensifier les échanges et la coopération dans divers domaines tout en multipliant les échanges amicaux entre les deux peuples.
J'aimerais encore souligner que dans cette question de l'histoire, la Chine est la victime. Maintenant, ce qui importe avant tout, c'est que ce dirigeant japonais doit montrer suffisamment de sincérité et de courage pour remédier à ses erreurs.
Quant à la question sur la Mer de Chine orientale, les activités d'exploitation de la partie chinoise sont menées dans la zone au large des côtes chinoises qui ne fait pas l'objet d'une dispute entre la Chine et le Japon. Il existe des divergences entre les deux pays, c'est une réalité objective. Les deux parties ont toutes deux exprimé leur volonté de trancher leurs différends par des négociations en vue de rechercher une coopération. Le Directeur général d'Asie du Ministère chinois des Affaires étrangères Monsieur Hu Zhengyue et le Directeur général d'Asie et d'Océanie du Ministère japonais des Affaires étrangères Monsieur Kenichiro Sasae viennent de terminer à Beijing le 4e tour des consultations sur la question de la Mer de Chine orientale, qui se sont avérées pragmatiques et constructives. Les deux parties sont convenues d'entamer le prochain tour de consultations le plus tôt possible.
Reuter : Le Président Hu Jintao effectuera bientôt une visite aux Etats-Unis. Pourriez-vous donner des commentaires sur les relations sino-américaines ? A Washington et dans le Pentagone, certains disent que la Chine sera le principal adversaire potentiel des Etats-Unis. Comment envisagez-vous les perspectives du développement de la Chine et les relations sino-américaines dans les 10 ans ou 20 ans à venir? Que se passera-t-il si l'on ne parvient pas à bien régler les problèmes dans ces relations ?
Li Zhaoxing : Le peuple chinois s'avance avec fermeté sur la voie de développement pacifique, et la Chine restera toujours une force militant pour la paix et un développement partagé. Son développement ne menacera aucun pays, bien au contraire, il offre de plus en plus d'opportunités de développement aux autres pays du monde. Par exemple, les échanges commerciaux entre la Chine et les Etats-Unis ont atteint 211,6 milliards de dollars américains l'année dernière, soit une augmentation de 24,8 % par rapport à l'année précédente. Cette coopération économique et commerciale a apporté de réels avantages aux deux peuples. La Chine est déjà devenue le marché pour l'exportation des produits américains qui grandi le plus vite. Selon certaines estimations, entre 4 et 8 millions d'emplois ont été crées aux Etats-Unis grâce au commerce sino-américain. Les produits chinois qui sont de bonne qualité et bon marché ont profité aux nombreux consommateurs américains et ont permis de réduire la pression de l'inflation aux Etats-Unis. Comme vous le savez peut-être, les sapins de Noël artificiels qu'utilisent pas mal de familles américaines sont fabriqués en Chine, ce qui a contribué à la protection de l'environnement et de l'écosystème aux Etats-Unis. La Chine est aussi le plus grand importateur de soja et de coton américains. En 2004, elle a importé des Etats-Unis 10,2 millions de tonnes de soja, soit 43% de l'exportation du soja américain, et elle a plus que doublé son importation du coton américain pour atteindre 1, 06 millions de tonnes. L'année dernière, la Chine a encore acheté 70 avions Boeing.
Certes, des amis américains se plaignent que leur déficit est trop important dans le commerce sino-américain. Mais ce déficit est dû à des causes compliquées, par exemple, à part les avions Boeing, les Etats-Unis ne veulent vendre à la Chine que des produits comme le soja et le coton que j'avais mentionnés tout à l'heure, le vin californien et les oranges de la Floride. Ils refusent de nous vendre d'autres produits qui coûtent plus chers, en préconisant qu'ils sont à haute teneur technologique, voire susceptibles d'être utilisés à des fins à la fois civile et militaire. En fait, il est difficile de distinguer l'usage à fin militaire de l'usage à fin civile. Je prends l'exemple de cette tasse de thé. Si Monsieur Jiang Enzhu et moi le buvons, ce thé est à l'usage civil ; mais si une fois un soldat le boit, il est à l'usage militaire. Qui peut en faire la distinction ? Donc, au lieu de politiser toutes les questions, il vaut mieux agir selon les règles de l'Organisation mondiale du Commerce. La Chine ne recherche pas une balance commerciale excédentaire. Elle entend continuer à prendre des mesures actives pour résoudre progressivement ce problème de déséquilibre commercial.
Des amis américains se plaignent encore que la Chine n'a pas fait assez d'efforts pour protéger la propriété intellectuelle. En fait, nous sommes aussi victimes de violation des droits de propriété. La Chine attache une très grande importance à la protection de la propriété intellectuelle, ce qui devrait être un point commun dans les échanges et la coopération entre les deux pays. La Chine a déjà fait des efforts pour renforcer la protection de la propriété intellectuelle par les moyens législatifs et judiciaires, l'exécution des lois et l'éducation. En 2005, les services d'administration de l'industrie et du commerce de Chine ont traité plus de 39000 cas sur la propriété de marque et les juridictions chinoises ont été saisies de plus 3 500 cas d'atteinte à la propriété intellectuelle.
Nous espérons que la partie américaine pourra prendre sérieusement en considération les préoccupations de la partie chinoise, diminuer les limites sur l'exportation de technologies vers la Chine et s'opposer à l'adoption des projets de loi qui feront obstacle à la coopération commerciale normale entre les deux pays, afin de promouvoir ensemble avec la partie chinoise un développement sain des relations économiques et commerciales sino-américaines.
Le Président Hu Jintao et le Président Bush ont abouti l'année dernière à un consensus important sur le développement global des relations de coopération constructive entre les deux pays au 21e siècle, ce qui est fort encourageant et nous en sommes très heureux. La Chine et les Etats-Unis ont mené une concertation et une coopération fructueuses dans les domaines importants comme l'économie, le commerce, la lutte contre le terrorisme, la non-prolifération, la question nucléaire de la Péninsule coréenne, le problème nucléaire de l'Iran, la réforme des Nations Unies ainsi que la prévention et le contrôle de la grippe aviaire. Tout cela profite aux deux parties, de même qu'à la paix, à la stabilité et au développement dans les différentes régions et dans le monde entier.
Pour répondre à votre question sur les relations sino-américaines dans les 10 ans ou dans les 20 ans à venir, je vois que la Chine et les Etats-Unis possèdent des intérêts communs dans de nombreux domaines. Pourvu qu'ils travaillent ensemble et agissent en observant les principes énoncés dans les trois communiqués conjoints, leurs relations de coopération amicale donneront des fruits encore plus abondants.
CTI : Certains appellent à une « trêve diplomatique » entre les deux rives du Détroit sur la scène internationale. Quel est votre commentaire ? Taiwan a annoncé tout récemment la décision de mettre fin au fonctionnement du « Conseil pour l'Unification nationale » et à l'application du « Programme pour l'Unification nationale ». D'après vous, quels sont les effets de cette décision sur les relations entre les deux rives du Détroit ? Est-ce que la Chine et les Etats-Unis vont publier une nouvelle déclaration sur la question de Taiwan lors de la visite du Président Hu Jintao aux Etats-Unis au mois d'avril ?
Li Zhaoxing : Il n'y a qu'une Chine dans le monde et Taiwan est une partie de la Chine. C'est un principe important et largement observé par la communauté internationale. Ce principe a été traduit dans les documents importants comme la « Déclaration du Caire » de 1943, la « Déclaration de Potsdam » de 1945 et la résolution 2758 adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1971. Parmi plus de 190 pays dans le monde, 167 ont établi des relations diplomatiques avec la Chine. Tous ces pays reconnaissent qu'il n'existe qu'une seule Chine dans le monde et que Taiwan fait partie de la Chine. Et 138 organisations internationales intergouvernementales, y compris les Nations Unies, reconnaissent également cette réalité.
La souveraineté de la Chine est indivisible et son intégrité territoriale est inviolable. Le dirigeant des autorités de Taiwan a défié le principe d'une seule Chine, le droit international et la justice de l'humanité dans la vaine tentative de séparer Taiwan de la Chine, ce qui a tout naturellement provoqué de vives oppositions des compatriotes des deux rives du Détroit et la condamnation et les mépris de la communauté internationale. Les activités sécessionnistes visant l'« indépendance de Taiwan » menées par le dirigeant des autorités de Taiwan sont vouées à l'échec.
La partie continentale de la Chine et Taiwan appartiennent à une même Chine, voilà un fait qui n'a jamais changé. C'est là le statu quo des relations entre les deux rives du Détroit. Par la décision forcée de mettre fin au fonctionnement du « Conseil pour l'Unification nationale » et à l'application du « Programme pour l'Unification nationale », le dirigeant des autorités de Taiwan a franchi un pas dangereux vers l' « indépendance de Taiwan » et lancé un grave défi au principe d'une seule Chine observé universellement par la communauté internationale, à la paix et à la stabilité dans le Détroit. Nous suivrons de très près l'évolution de l'affaire et nous sommes prêts à faire face, à tout moment, à l'avènement d'une situation complexe. Nous allons faire preuve de la plus grande sincérité et déployer le maximum d'efforts pour réaliser la réunification pacifique, mais nous ne saurons absolument pas tolérer l' « indépendance de Taiwan », ni la séparation de Taiwan de la Chine par qui que ce soit et sous quelque forme que ce soit.
Je suis content d'avoir l'occasion de discuter de cette question avec un compatriote de Taiwan, ce qui me rappelle ce qu'avait dit le Vice-Président de la CCPPC Monsieur Ba Jin, qui nous a quitté il y a peu de temps. Ce sage, qui a vécu 101 ans, avait dit une fois avec émotion : « le sol de mon pays natal et la terre de ma patrie, je serai toujours avec vous ». Chacun a une seule mère, et une seule patrie. Que nous travaillions ensemble pour sauvegarder la souveraineté, l'intégrité territoriale et la dignité de notre patrie et combattre fermement toute activité sécessionniste.
Xinhua : Selon les théories traditionnelles des relations internationales, l'émergence d'un grand pays constituera inévitablement un défi à l'ordre international déjà établi. C'est aussi là où on trouve des arguments importants de la soi-disant « menace chinoise ». La Chine est en plein essor. Comment compte-t-elle jouer, de concert avec les autres pays en développement, un rôle pour la paix et le développement dans le monde ?
Li Zhaoxing : La Chine est un des pays en développement. Ensemble avec les autres pays en développement, elle entend œuvrer au développement et à l'amélioration continue de la vie de leurs peuples. Dans ce processus, nous voulons renforcer une coopération mutuellement avantageuse avec tous les autres pays en vue des résultats gagnant-gagnant. Sur 191 membres des Nations Unies, deux tiers sont des pays en développement ; sur environ 6,5 milliards d'habitants dans le monde, 5,3 milliards vivent dans les pays en développement, y compris 1,3 milliard de Chinois, soit environ 80% de la population mondiale. Nous devons être conscients qu'on ne saurait connaître la paix ni la prospérité dans le monde sans la stabilité et le développement des pays en développement.
La Chine et les autres nombreux pays en développement ont connu le même sort dans l'histoire, et ils se trouvent confrontés aux défis identiques et partagent les intérêts communs. Renforcer la solidarité et la coopération avec les autres pays en développement est la pierre angulaire de la diplomatie chinoise. Nous voulons rester bons amis et bons partenaires avec les autres pays en développement.
Nous nous témoignerons respect et soutien, et nous respectons l'option de chaque pays pour sa voie de développement à la lumière de ses réalités nationales. La Chine n'est pas très riche, mais elle est prête à accorder des assistances aux autres pays en développement dans les mesures de ses moyens, et continuera de concrétiser toutes les initiatives sur les assistances aux pays en développement annoncées par le Président Hu Jintao l'année dernière pendant le Sommet commémorant le 60e anniversaire des Nations Unies.
Dans les affaires internationales, nous allons renforcer les consultations et les coordinations avec les autres pays en développement pour défendre en commun les droits et intérêts légitimes des pays en développement. Sur la question de la réforme des Nations Unies, nous sommes d'avis qu'il convient de donner la priorité à la question de développement. Quant à la réforme du Conseil de Sécurité, nous sommes pour l'élargissement en priorité de la représentation des pays en développement, notamment des pays africains.
En un mot, dans le processus grandiose de la construction d'une société d'aisance moyenne sur tous les plans par le peuple chinois, la diplomatie chinoise s'efforcera de se mettre au service de la patrie d'une manière effective et efficace, en créant un environnement international de paix et d'amitié et en se faisant des amis partout dans le monde.
La conférence de presse a duré une heure et demi, à laquelle ont participé environ 600 journalistes chinois et étrangers.
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