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Page d'accueil > La Chine au présent
L'├ęconomiste en chef de Morgan Stanley explique pourquoi faut-il que nous remerciions les Chinois (26-03-2004)
2004-05-10
Dans l'article qu'il a signé au dernier numéro de la revue Fortune, sous le titre : Pourquoi faut-il que nous remerciions les Chinois? Stephen Roach, premier économiste de Morgan Stanley explique que la Chine a bouché un grand trou que Washington a fait dans l'économie américaine.

L'auteur y dit que le système de taux de change fixe entre le renminbi (monnaie chinoise) et le dollar US a constitué un point central des débats. A la rumeur que le renminbi pourrait monter de 5 %, le président du Federal Reserve, Greenspan, a cru dernièrement que c'était « une attente assez justifiée ». Il a tout à fait tort. Roach explique que les gens pris de contrariété négligent facilement les bienfaits extraordinaires que la Chine, un pays en cours du développement rapide, a apportés au monde, surtout aux Etats-Unis. Dans le montant record de 540 milliards de dollars que ces derniers ont enregistré en 2003 à titre de déficits commercial, la Chine représentait un certain pourcentage. Pourtant, ce déficit n'est pas la faute de Beijing, mais celle de Washington. Ayant perdu le contrôle du déficit budgétaire fédéral, les Etats-Unis ont presque épuisé leur épargne nationale. Pour soutenir ce que nécessite sa croissance économique en termes d'investissement, le vide dans son épargne domestique doit être comblé par le surplus des épargnes étrangères. L'Amérique n'a pas d?autres alternatives que d'augmenter sans cesse le déficit dans la balance des paiements et le commerce pour attirer les capitaux étrangers.

Roach fait remarquer que la Chine a joué un rôle très important, en bouchant le trou dans l'économie américaine. En effet, les consommateurs sont les plus grands bénéficiaires du commerce américano-chinois. L'année dernière, les Etats-Unis ont importé des articles chinois de qualité et bon marché pour 150 milliards de dollars, ce qui contribuait à contrôler le taux d'inflation dans le pays. Sauf les produits pétroliers, les prix des articles d'importation n'ont progressé que de 1 %. Il s'agit d'une hausse très petite pour le dollar en cours d'affaiblissement et une économie en rapide croissance. Mais la faible inflation qui en est issue apporte un pouvoir d'achat supplémentaire aux consommateurs américains privés d'emploi et à faibles revenus. C'est la raison pour laquelle l'Amérique doit adresser ses remerciements à la Chine. Cette dernière a consacré la plus grande partie de ses profits en provenance des exportations à réinvestir dans les biens financiers basés principalement sur le dollar. Jusqu'en novembre dernier, la Chine possédait 144 milliards de dollars de bons du Trésor américain, soit 9,6 % du total des fonds d'Etat en devises étrangères, et le triple de ce qu'elle avait en 1994. Parmi les possesseurs étrangers de bons du Trésor américain, la Chine se place au second rang derrière le Japon, dépassant de loin la Grande-Bretagne, classée troisième. L'auteur note que ce n'est en rien une chose insignifiante. Dans la circonstance normale, les emprunts gouvernementaux massifs rehaussent le coût du financement. Mais l'achat actif par la Chine de bons du Trésor américain peut empêcher ceci d'arriver. En maintenant le taux de change au niveau bas, la Chine offrira effectivement aux Etats-Unis davantage d'opportunités pour la croissance économique.

Roach ajoute que l'Amérique n'est pas le seul pays qui doit être reconnaissant à la Chine de son redressement. L'afflux en Chine de compagnies transnationales a fait de ce pays un maillon de la chaîne d'approvisionnement mondiale. Sur les augmentations accumulées des exportations chinoises pendant ces dix dernières années, 65 % provenaient des filiales et joint-ventures en Chine de ces compagnies japonaises, américaines et européennes, qui profitent de la production à faible coût dans les pays en voie de développement comme la Chine pour remplacer l'opération à haut coût dans leurs pays. En fin de compte, les consommateurs du monde entier participent aux bénéfices qui en sont issus. En même temps, la Chine est devenue la principale source de croissance pour ses voisins et les autres pays asiatiques.

Roach croit que la théorie de « la menace de la Chine » avancée à l'époque de la mondialisation économique est complètement injustifiée. Le monde entier doit remercier la Chine pour sa persévérance dans la réforme de l'économie de propriété d'Etat. Pour la Chine, c'est la seule voie menant à la prospérité soutenue, mais pour les autres pays, il s'agit d'une opportunité pour exploiter cet immense marché.


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