Discours inaugural du 1er Forum de Paris sur les Nouvelles Routes de la Soie (NRS)
S.E.M. ZHAI Jun, Ambassadeur de Chine en France

Le 29 novembre 2017 - 09h00

Maison de la Mutualité

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Monsieur le Premier Ministre,

Messieurs les Ministres,

Monsieur le Directeur de l'IRIS,

Mesdames, messieurs, chers amis !

Je suis très heureux de l'occasion qui m'est offerte, de pouvoir évoquer aujourd'hui en votre compagnie l'Initiative « Ceinture et Route » (Nouvelles Routes de la Soie) (NRS) et de m'exprimer devant un si bel auditoire. Selon les chiffres fournis par notre partenaire, l'IRIS, ce forum est parmi les plus importants des événements qu'il a organisés par le nombre d'inscrits. Par ces températures d'automne parisien, votre enthousiasme fait chaud au cœur. Mais surtout, il traduit l'ardeur de votre soutien à ce Forum de Paris sur les Nouvelles Routes de la soie (NRS) et votre intérêt aux relations sino-françaises. Je tiens à vous remercier vivement pour votre présence !

Mesdames, messieurs, chers amis,

L'initiative Nouvelles routes de la soie a été évoquée pour la première fois par le Président XI Jinping en automne 2013. Cette initiative comporte deux éléments principaux : « Ceinture économique de la route de la soie » et « Route de la soie maritime du 21è siècle ».

Le Président XI l'a bien dit : cette initiative, c'est la réactualisation de l'inspiration laissée par l'ancienne Route de la soie ; c'est l'aspiration commune de tous les peuples à la paix et au développement et un programme de développement et de prospérité commun, imprégné de vieille sagesse orientale, à la disposition du monde entier.

Le cœur de cette grande vision, c'est la réalisation d'infrastructures et d'interconnexions, la concordance des politiques et des stratégies de développement de tous. C'est l'approfondissement des coopérations dans un esprit pragmatique et la coordination des dynamiques de développement, le tout, tendu vers la quête d'une prospérité commune.

Depuis plus de quatre ans, plus d'une centaine de pays et d'organisations internationales ont répondu à cet appel. Plus de 70 pays et organisations internationales ont signé avec la Chine des accords de coopération sur ce thème. La Chine a déjà investi 50 milliards USD dans les pays partenaires de l'initiative.

Les raisons qui expliquent le succès de ces Nouvelles Routes de la soie, en si peu de temps, tiennent principalement aux facteurs suivants :

Tout d'abord, les NRS, c'est la version 2.0 de la politique de réforme et d'ouverture chinoise.

Le ressort de ces trois décennies de réforme en Chine a consisté à s'appuyer sur les atouts de nos ports pour rayonner le long de la bande côtière, à nouer des liens avec les économies des pays développés et à attirer des investissements. Or, les NRS, elles, regardent vers l'ouest et relient l'Asie à l'Europe par un vaste corridor. C'est la volonté d'équilibrer le développement de l'est et de l'ouest, de créer des synergies dynamiques entre l'intérieur et l'extérieur, de créer un nouvel espace d'ouverture tous azimuts entre l'est et l'ouest, par voie terrestre et maritime.

Deuxièmement, les Nouvelles Routes de la soie sont un rééquilibrage de la mondialisation économique.

Depuis quelques décennies, la mondialisation a sans aucun doute été un important vecteur de croissance dans le monde. Cependant, elle a aussi créé des situations nouvelles et apporté des problèmes nouveaux, notamment, des déséquilibres ou des inégalités, aussi bien entre les régions, qu'entre les pays, ou bien même, au sein des pays. Or, un élément clé des NRS, c'est la promotion du dialogue entre les différentes lignes politiques, la création d'interconnexions, la facilitation des échanges, la fluidité de circulation des capitaux, la compréhension entre les peuples, le lissage des écarts entre le Nord et le Sud, la réduction des disparités de développement. C'est en quelque sorte un « remède chinois » pour une mondialisation économique tournée vers le développement, dans la tolérance pour tous.

Troisièmement, il s'agit d'une nouvelle tentative pour améliorer la gouvernance mondiale.

Traditionnellement, les Chinois ont toujours eu le souci du bien-être de tous les peuples. Ils considèrent que, s'il est légitime que le pauvre songe d'abord à lui-même, le riche se doit d'être généreux. Ils pensent aussi qu'on réussit toujours davantage à plusieurs que tout seul.

C'est pourquoi les NRS insistent tant sur une gouvernance mondiale valorisant la co-construction, la concertation et le partage. Loin de la logique traditionnelle des camps opposés, elles ne recherchent pas les antagonismes géopolitiques mais plutôt la concordance des différentes politiques pour parvenir à des dynamiques coordonnées de développement. Nous ne recherchons pas un ordre qui exclut. Nous ne considérons pas notre voisinage comme notre arrière-cour. Bien au contraire, nous préconisons l'ouverture, la tolérance, le dialogue d'égal à égal. Nous ne sommes pas dans des schémas où il n'y a qu'un seul gagnant ou encore dans des jeux à sommes nulles. Nous sommes les partisans d'une coopération dans l'ouverture, nous recherchons les bénéfices communs dans la coopération et une voie qui mène à une communauté de destin.

Mesdames, messieurs, chers amis,

Aujourd'hui, la Chine et la France se donnent la main pour bâtir ensemble ces Nouvelle Routes de la soie et pour stimuler le développement commun en ce moment historique. Ces nouvelles routes sont une nouveauté. Le potentiel qu'elles recèlent est colossal et je suis convaincu que, dans le cadre de cette grande initiative, les possibilités de coopération mutuellement bénéfiques sont considérables. Lors des entretiens qu'ont eus nos deux Présidents lors du G20 de Hambourg, ils sont parvenus à d'importantes convergences de vue au sujet de l'approfondissement de notre coopération bilatérale dans le cadre des NRS. A l'heure où je vous parle, ces convergences de vue politiques sont en train de se transformer de façon accélérée en moteurs de croissance et de création d'emplois pour nos deux pays. Récemment, un train spécial de marchandises est parti de Wuhan pour rejoindre Dourges. C'était la première fois qu'un convoi ferroviaire était affrété « sur mesure » par des entreprises de la grande distribution. On prévoit que d'ici trois ans, 15% des produits français à destination de Chine emprunteront cette voie.

Je suis convaincu que, face aux grands bouleversements que traversent les relations internationales, face à l'ampleur des profonds changements que traversent l'économie mondiale, face aux exigences grandissantes des peuples du monde entier en matière de développement et de prospérité, une nouvelle ère du partenariat stratégique global sino-français, une nouvelle ère de paix, de croissance, de réforme et de civilisation euro-asiatique, auront une résonnance démultipliée.

Merci de votre attention !

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