Déclaration du Porte-parole de l'Ambassade de Chine en France sur les élections à Taiwan
2020/01/20

La province chinoise de Taiwan a récemment organisé des élections pour choisir ses représentants et ses dirigeants locaux. Certains, en France, ont adressé leurs félicitations aux nouveaux dirigeants et ont vu dans le scrutin l’expression « d’un attachement à la démocratie, à l'Etat de droit et aux droits de l'homme ». Féliciter le résultat d’une élection est chose tout à fait naturelle. Cependant, la candidate sortie des urnes à Taiwan n’est pas une personne ordinaire puisqu’elle est ouvertement séparatiste, comme l’ont prouvé ses agissements depuis ses quatre années au pouvoir.

Il n’existe au monde qu'une seule Chine dont Taiwan fait partie intégrante. Il s’agit là d’une réalité juridique attestée par la Résolution 2758 de l'Assemblée générale des Nations Unies adoptée en 1971. C’est aussi un fait en matière de relations internationales, reconnu par 180 pays ayant des relations diplomatiques avec la Chine.

Adresser ses félicitations à une sécessioniste chinoise pour sa victoire électorale dépasse l’entendement. Il s’agit là d’une posture politique de soutien aux visées et aux actions de ceux qui veulent diviser la Chine. C’est une ingérence flagrante dans les affaires intérieures chinoises qui viole par là même les principes fondamentaux du droit et des relations internationales, ainsi que les engagements solennels des différents pays envers la Chine et la communauté internationale dans la conduite de leur politique de reconnaissance d’une Chine unique.

Oserai-je demander à ceux qui viennent de féliciter le leader séparatiste de Taiwan s’ils ont aussi félicité les séparatistes catalans pour leur victoire aux élections en Espagne il y a quelques années ? Si ce n’est pas le cas, alors pourquoi l’avoir fait à l’occasion d’élections similaires à Taiwan ? Nous sommes typiquement dans le double langage et dans le mépris de la souveraineté de la Chine.

Certains se justifieront peut-être en disant que la Chine n'est pas une démocratie à l’occidentale alors que Taiwan jouit d’un régime démocratique. Mais la souveraineté et la dignité d'un pays n'ont rien à voir avec la nature de son régime politique. Ce n'est pas parce que la Chine n'a pas de système démocratique à l’occidentale que sa souveraineté vaut moins que celle des pays occidentaux. Conditionner le respect de la souveraineté et de la dignité des nations à leurs choix politiques, c’est risquer de faire boomerang, parce que tout pays pourrait rencontrer le même problème.

Par ailleurs, le scrutin qui s’est tenu à Taiwan n'a rien d’une élection libre et équitable comme celle décrite par l’étranger. Profitant de sa position de parti au pouvoir, le Parti démocrate progressiste (DPP) a adopté quantité de mesures de subventions pour son propre profit, a dépensé sans compter pour soudoyer les électeurs, s’est doté d’une véritable « cyberarmée » pour inonder le net de fake news et calomnier ses rivaux. Agitant l’épouvantail de la « menace venant du continent », ils sont allés, la veille du scrutin, jusqu’à pousser à la hâte une « loi contre les infiltrés », à organiser une terreur « verte » et à intimider les électeurs.

Les États-Unis, qui fustigeaient tant les intrusions étrangères dans leurs élections, ne se sont pas gênés cette fois pour s’ingérer sans vergogne dans le scrutin taiwanais. Si de tels phénomènes se produisaient dans une démocratie comme la France, ils seraient considérés comme des scandales absolus. Et pourtant, certains ont vanté cela comme des modèles de démocratie, de primauté de l’Etat de droit et de respect des droits de l’homme. De telles élections sont, au mieux, des scories d'une démocratie dégradée, et les porter au pinacle, revient à salir les valeurs de la démocratie.

Certains médias ont acclamé la victoire des indépendantistes taiwanais parlant d’une gifle pour Pékin, ce qui me semble bien présomptueux. Car quelle que soit l’évolution de la situation intérieure à Taiwan, un fait fondamental demeurera intangible : il n'y a qu'une seule Chine et Taiwan en fait partie. Le Gouvernement chinois ne reconnaît qu’une seule Chine, s’oppose à l’indépendance de l’île, s’oppose à l’idée de « deux Chine » et à l’existence d’un Etat chinois et d’un Etat taiwanais. Cette position, elle aussi, ne changera jamais.

En réalité, la victoire électorale des indépendantistes et les félicitations qui s’en sont suivies ne peuvent en rien ébranler la Chine. C’est un peu comme un crapaud qui vous sauterait sur le pied. Ça ne mord pas, mais c’est dégoutant.

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