Observation d'un membre de l'ambassade de Chine en France des quelques vérités sur l'épidémie de Covid-19
2020/03/22

Ces derniers temps, la propagation du Covid-19 s’est accélérée dans le monde, au point que l'OMS a officiellement qualifié le phénomène de pandémie et appelé les différents Etats à s’impliquer davantage, tant politiquement que matériellement.

La situation épidémique en Europe, y compris en France, est tendue. Certains médias, tout en faisant largement état des difficultés et des défis auxquels sont confrontés les gouvernements et les populations dans leur lutte contre le virus, n’ont pas oublié d’égratigner la Chine au passage. Ils ont osé affirmer que la Chine avait « fabriqué » le virus, pris du retard dans son contrôle, et puis l’avait « exporté » dans d'autres pays, provoquant ainsi cette « pandémie mondiale ». Ce discours est destiné à faire porter à la Chine la responsabilité des insuffisances des pays européens et des Etats-Unis dans leur riposte contre le virus.

En fait, des recherches menées par des scientifiques de différents pays, dont les Etats-Unis, l’UE, le Japon, la Chine, ainsi que de l'Organisation Mondiale de la Santé, ont montré qu’il était impossible de déterminer avec certitude l’origine du Covid-19 et que, même si l’épidémie avait éclaté en Chine, cela ne signifiait pas pour autant que sa source était en Chine. Il était encore plus absurde de prétendre que le virus était « Made in China » alors que le peuple chinois en était la victime. Il y a quelques jours, au cours d’une audition à la Chambre des Représentants américaine, le Directeur du Center for Disease Control, M. Redfield, a reconnu qu’au début de l’épidémie de grippe apparue aux Etats-Unis en septembre dernier, des décès attribués -à tort- à la grippe étaient en fait dûs à une pneumonie provoquée par le nouveau coronavirus. Et cela a été trois mois avant le premier cas découvert à Wuhan. Alors que l’OMS avait depuis longtemps baptisé l’épidémie « Covid-19 », les États-Unis - du Président au Secrétaire d’État, jusqu’aux membres du Congrès - persistent à parler systématiquement sans vergogne du « virus chinois » et du « virus de Wuhan ». Loin de flétrir la Chine, cela ne fait qu’exposer au grand jour leur racisme et révéler leur bassesse. Des journaux qui se présentent comme grands quotidiens français indépendants et respectables ne devraient jamais s’aligner sur les tours les plus bas des bateleurs politiques américains.

La Chine, dès les premiers signes d’épidémie, a stoppé le tourisme hors de ses frontières et pris des mesures strictes pour éviter la propagation du virus à l’étranger. Le 10 janvier, la Chine a partagé avec l’OMS la séquence du génome du virus. Lorsque le 23 janvier, la Chine a déclaré Wuhan « ville fermée », il n’y avait que 9 cas confirmés hors de Chine, soit 1% du total mondial. C’est un mois plus tard, au moment où la Chine était sur le point de vaincre l’épidémie, qu’elle a brutalement éclaté en Corée, au Japon, en Europe et aux États-Unis. Actuellement, les nombres des cas confirmés et des décès en dehors de Chine dépassent tous largement ceux de la Chine. Cela montre bien que la pandémie mondiale n'est pas de la faute de la Chine.

L'Italie, qui est le pays européen le plus sévèrement frappé, n’a toujours pas identifié son « patient zéro ». Mais, selon Le Figaro du 11 mars, le 25 janvier, deux jours après la mise en quarantaine de Wuhan, le "Patient N°1" a dîné avec un collègue de travail tout juste rentré de Chine. L’homme est plus tard testé négatif, conduisant les épidémiologistes à considérer une hypothèse de la circulation préexistante du virus localement. L'épidémie en Italie a commencé à se propager à grande échelle fin février. A cette date, l'épidémie en Chine était déjà bien sous contrôle et les nouveaux cas recensés étaient peu nombreux. Les experts de l'OMS ont déclaré que la Chine, par l’ampleur de son immense sacrifice, avait offert au monde une précieuse fenêtre d’opportunité pour riposter à l’épidémie. Malheureusement, il semble que de nombreux pays n’ont pas su la saisir.

Le Covid-19 est l’énnemi de l’humanité toute entière. Cependant, il est perçu par certains correspondants de presse français, comme un allié pour s’en prendre à la Chine. Quand la Chine s’enfonce dans l’épidémie, ils se réjouissent et en rajoutent. Quand la Chine parvient à contenir l'épidémie sur son sol mais qu’elle éclate à l’étranger, ils accusent la Chine d'avoir, dans un premier temps, tardé à l’endiguer et d’avoir ainsi provoqué sa dissémination dans le monde entier. Quand la Chine, dans un souci humanitaire, propose généreusement son aide sous forme de matériel médical pour les pays les plus touchés, ils persiflent sur la « diplomatie du masque ». Bref, quoi que fasse la Chine, c’est mal.

Ces correspondants permanents basés en Chine sont imbus de préjugés idéologiques. Ils sont en Chine, non pas pour connaître le pays tel qu’il est et le peindre aux Français dans toutes ses composantes, mais bien au contraire, pour ne gratter que son côté sombre et amplifier les discours pleins de ressentiments d’opposants au gouvernement (population qu’on trouve d’ailleurs dans tous les pays) et faire croire qu’ils représentent le pays réel. Ils ont accusé un Porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères de « colporter » par son Tweet des rumeurs sur les Etats-Unis, mais jamais ils n’ont critiqué les dirigeants américains pour leur rhétorique raciste contre la Chine.

Après l’inversion de la courbe de l’épidémie, quelques soi-disant spécialistes de la Chine ont commencé à se sentir mal. Dénigrant les immenses efforts et sacrifices consentis par le gouvernement et le peuple chinois, ignorant superbement les avis objectifs et impartiaux des experts de l’OMS sur ses méthodes et ses effets contre l’épidémie, ils affirment sans en démordre que le virus est né en Chine, que le pays a perdu trois semaines sans lesquelles on aurait pu éviter cette « pandémie mondiale » et pour finir, ils blâment la Chine pour les difficultés auxquelles ils sont eux-mêmes aujourd’hui confrontés.

D’autres experts et universitaires versés dans le benchmarking politique, ont conclu sans appel que « l’épidémie mondiale de Covid-19 a mis en lumière la faillite de l’idéologie communiste. » Au début de ce mois, un grand journal français a publié l’analyse d’une spécialiste selon qui « Les démocraties libérales ont été beaucoup plus efficaces. Alors que les dictatures ont été déstabilisées par l’imprévu, les démocraties ont réagi avec calme, transparence et rationalité. Elles ont su anticiper et expliquer. Leurs systèmes de santé ouverts et coordonnés, ont réagi rapidement. La transparence des démocraties et la circulation des informations sont des garants d’efficacité face aux épidémies. » La spécialiste a rajouté que « Les démocraties libérales doivent assumer les conséquences de leurs choix dans les urnes, car leurs dirigeants sont responsables devant les électeurs. C’est pourquoi elles ne sauraient avoir recours à la contrainte déshumanisée pour étouffer les manifestations et les mouvements sociaux. » Un autre quoditien a publié l’article d’un spécialiste de la Chine, disant que « le modèle de gouvernance autoritaire chinois n’est pas à suivre ».

On aimerait tant qu’ils disent vrai, mais hélas… la réalité est cruelle.

Chaque pays a son histoire et ses traditions. Chacun a son régime politique et sa gouvernance qui lui est propre. Il n’est pas question pour moi de comparer ici les atouts et les faiblesses des différents régimes, pas plus que j’aimerais coller telle ou telle étiquette à qui que ce soit. Mais permettez-moi juste de dire deux mots sur la manière dont a fonctionné le système socialiste aux caractéristiques chinoises, face à l’irruption de cette crise sanitaire mondiale d’un genre si rare.

Tout d'abord, pour nous, l’homme est au cœur de notre conception de la gouvernance. Nous plaçons sa sécurité physique et sa santé au sommet de nos priorités. Cela passe par les mesures préventives les plus complètes, les plus strictes et les plus rigoureuses, même au prix de l’arrêt de l’activité et de la production. Quel qu’en soit le coût économique, nous devons tout mettre en œuvre pour stopper l’épidémie et sauver des vies.

Deuxièmement, notre culture traditionnelle a toujours valorisé la collectivité, la solidarité et l’entraide. C’est pourquoi, dès le début de la catastrophe, les Chinois, loin de s’éparpiller et de fuir, se sont rassemblés comme un seul homme, et dans même un élan de solidarité, se sont battus contre ce démon du virus.

Troisièmement, l’avantage de notre système est qu’il nous permet de concentrer notre énergie pour réaliser de grandes choses. Nous avons, en 10 et 12 jours, réalisé la construction de deux hôpitaux aux normes épidémiologiques exigeantes pour un total de 2 500 lits, et converti en quelques jours une série de bâtiments publics en hôpitaux de campagne pourvus de dizaines de milliers de lits. Plus de 40 000 personnels soignants provenant des quatre coins de la Chine ont été mobilisés pour soutenir le Hubei. Ils ont examiné l’ensemble des 11 millions de Wuhanais en un peu plus de dix jours, trié les cas confirmés et suspects, décidé des prises en charges, des quarantaines et des mises en observation, parvenant ainsi à bloquer la transmission du virus de sorte qu’en à peine un mois, la prévalence du Covid-19 en Chine est passée de deux à trois mille cas par jour, à moins de dix. Après quoi, plus aucun nouveau cas local n'a été enregistré dans le pays.

Quatrièmement, nous bénéficions des super capacités de mobilisation et d'exécution du Parti communiste chinois qui est à la manœuvre. Qu'il s'agisse de fermer Wuhan ou de fermer la province du Hubei, d'imposer le confinement chez eux aux citoyens, d'organiser les visites de malades à domicile, d'assurer le ravitaillement quotidien des gens, de la prévention et de la coordination des efforts de lutte entre les provinces et municipalités, tout s’est effectué sous la direction et la planification unifiées du Parti et du Gouvernement, le tout, sans le moindre désordre social.

Nous entamons maintenant la deuxième mi-temps du combat contre le Covid-19. Parallèlement à la poursuite de nos efforts d’auto-préservation, nous ferons tout notre possible pour offrir à tous ceux qui luttent contre l’épidémie, partage d’expérience et assistance matérielle. Nous nous efforcerons également de reprendre le travail et la production pour faire redémarrer le moteur de l'économie internationale, en assurant la fluidité des chaînes de valeur et d'approvisionnement mondiales pour préserver la stabilité de l'économie mondiale et aider les pays dans leur lutte contre l’épidémie.

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