La recherche de l'origine du nouveau coronavirus appelle à l'esprit scientifique
2020/12/31

Récemment, suite à la publication de la nouvelle d'une visite prochaine en Chine en janvier 2021 d'un groupe d'experts de l'OMS chargé de l'identification de l'origine du nouveau coronavirus, des médias français ont consacré beaucoup de pages de reportages à ce sujet. A première vue, ces reportages citent de nombreuses recherches scientifiques et semblent être impartiaux et objectifs. Pourtant, une lecture attentive permet de trouver des remarques imprégnées de présomption de culpabilité et de préjugés idéologiques. Ces reportages ne cherchent pas à trouver la vérité, mais à « demander des comptes » à la Chine en dénigrant ses efforts de lutte contre l'épidémie, afin de disculper des pays occidentaux de leurs erreurs dans la riposte contre le virus.

Le monde scientifique a rejeté et condamné depuis le début les thèses complotistes de la piste du laboratoire et de la fabrication humaine du nouveau coronavirus. Pourtant, dans un article intitulé Les origines toujours énigmatiques du SARS-CoV-2 publié dans Le Monde du 23 décembre, l'auteur cherchait toujours à établir en filigrane une certaine corrélation entre le nouveau coronavirus et l'Institut de virologie de Wuhan, et à donner aux lecteurs l'impression que le virus « aurait fui » du laboratoire. Or déjà en février dernier, 27 virologues et épidémiologues venus des instituts de recherche de huit pays ont publié dans la revue The Lancet une déclaration conjointe, par laquelle ils se sont prononcés contre les théories du complot qui suggèrent que la COVID-19 n'a pas une origine naturelle. Charles Calisher, un des signataires, ancien directeur de la section arbovirus du CDC américain et professeur émérite à l'Université d'État du Colorado, interrogé par un journaliste sur la question de savoir s'il signerait aujourd'hui la même déclaration, a répondu sans ambiguïté : « Oui, je la signerais. »

L'éditorial du Monde paru le même jour est truffé de propos malveillants et discriminatoires envers la Chine. On assiste à un spectacle de diffamations contre la Chine, basées sur des préjugés idéologiques et des conjectures subjectives. Par exemple, cet article laisse croire que « les lanceurs d'alerte sont intimidés ou sanctionnés » par la Chine. En réalité, le premier cas de COVID-19 en Chine a été détecté et signalé par Dr Zhang Jixian qui a été mise à l'honneur par le gouvernement chinois pour ses actions. Quant à Dr Li Wenliang, ophtalmologue, il n'était pas « lanceur d'alerte » ni n'a été arrêté. Il était membre du Parti communiste chinois et un médecin dévoué, au lieu d'être quelqu'un « contre le système ». Coller à Dr Li Wenliang des étiquettes de « héro et éveilleur se battant contre le système » est un immense irrespect pour lui et sa famille. C'est une manipulation politique au mépris de toute moralité, dans le but de tirer profit des malheurs d'autrui. En Chine, on appelle cela « manger du pain trempé de sang humain ». Certains en Occident parlent tout le temps de « lanceurs d'alerte ». Mais comment ont-ils traité les meilleurs experts médicaux comme Anthony Fauci, ou les « lanceurs d'alerte » comme Dr Helen Chu et le capitaine Brett Crozier ? Premier pays à avoir signalé et contrôlé l'épidémie, la Chine a sonné l'alarme pour le reste du monde et lui a procuré deux mois pour se préparer. Elle a été de ce fait un « lanceur d'alerte » pour toute l'humanité.

L'éditorial accuse la Chine de « manque de coopération scientifique pour déterminer l'origine de la pandémie », de « garder la haute main » sur la mission d'experts de l'OMS et d'avoir « coopté ses participants ». C'est une pure et simple affabulation. En février et en juillet 2020, la Chine a déjà accueilli des experts de l'OMS, qui se sont rendus sur le terrain. Après, les scientifiques chinois ont régulièrement mené des échanges par vidéoconférence avec les experts de l'OMS et les scientifiques internationaux, afin de partager leurs recherches sur l'origine du virus et les expériences chinoises dans la lutte contre l'épidémie. Dr Fabian Leendertz, spécialiste de l'OMS, a récemment affirmé dans un entretien à l'AFP que « les réunions avec les collègues chinois ont été très productives et très bonnes », « la plus grande partie du travail, en particulier son aspect pratique, sera faite par les experts chinois », « il ne s'agit pas de trouver un pays ou des autorités coupables. Il s'agit de comprendre ce qui s'est passé » et « mon impression pour le moment est que les Chinois, au niveau du gouvernement mais aussi au niveau de la population, veulent vraiment savoir ce qui s'est passé »

Les virus sont l'ennemi commun de l'humanité. L'identification de leur origine a pour objectif de prévenir de futurs dégâts causés par des épidémies similaires aux êtres humains. Elle est une question scientifique extrêmement sérieuse et doit être appuyée sur des chaînes de preuves se corroborant mutuellement sur la base d'un grand nombre d'informations biologiques et de cas épidémiologiques. La COVID-19 est un virus nouveau, caractérisé par une forte capacité de transmission, de mutation et une grande étendue de répartition. L'identification de son origine est loin d'être facile. Il revient aux scientifiques d'effectuer des recherches dans un esprit scientifique. Elle ne doit en aucun cas être politisée, instrumentalisée ou weaponizée, ni servir de prétexte pour stigmatiser.

La COVID-19 sévit toujours dans le monde. Les accusations gratuites contre la Chine n'aident pas à lutter contre la pandémie, mais ne feront qu'engendrer l'hostilité et perturber la solidarité et la coopération internationales face au virus. Comme l'a souhaité Dr Fabian Leendertz, la politique doit « rester aussi loin que possible » de la recherche de l'origine du nouveau coronavirus. Au fond, ce n'est qu'en retournant à la science et en respectant la science que nous pourrons lever le brouillard sur l'origine du virus. Le devoir des médias est de diffuser les informations, au lieu de les « fabriquer », et encore moins de fabriquer de fausses informations. Nous espérons sincèrement que la mission en Chine des experts de l'OMS réussira. Nous espérons également que d'autres pays concernés coopéreront activement avec l'OMS, comme le fait la Chine, et inviteront les experts de l'OMS à enquêter sur la mutation du virus et l'origine virale liée aux cas de COVID-19 apparus chez eux pendant la période été-automne 2019. Il est temps d'arrêter les rejets de responsabilité et les accusations et de travailler ensemble pour gagner cette guerre populaire mondiale contre le nouveau coronavirus.

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