Lettre adressée par le porte-parole de l'Ambassade de Chine en France au Monde au sujet d'un article concernant la Chine
2021/02/17

L'Ambassade de Chine en France a pris note d'un article publié le 9 février par Le Monde intitulé Covid-19 : un an après la mort de Li Wenliang, les Chinois se souviennent du médecin lanceur d'alerte, rédigé par son correspondant en Chine Simon Leplâtre. Ce que raconte cet article ne correspond pas à la réalité. En application des dispositions de l'article 13 de la Loi du 29 juillet 1881 sur le droit de la presse, l'Ambassade de Chine exerce son droit de réponse et demande au Monde de publier l'intégralité de ce qui suit dans sa prochaine édition :

Le Monde a publié le 9 février un article de son correspondant en Chine Simon Leplâtre, intitulé Covid-19 : un an après la mort de Li Wenliang, les Chinois se souviennent du médecin lanceur d'alerte. L'Ambassade de Chine en France estime que les points de vue exprimés dans cet article sont biaisés, ce qu'il raconte ne correspond pas à la réalité et risque d'induire les lecteurs en erreur et de nuire à la réputation de la Chine. Elle se doit d'en faire des remarques.

I. L'article prétend que « le médecin lanceur d'alerte » Li Wenliang a été « arrêté pour avoir alerté sur la dangerosité du SARS-CoV-2 ». En réalité, le premier cas de COVID-19 en Chine a été détecté et signalé le 27 décembre 2019 par Dr Zhang Jixian, cheffe du Service des maladies respiratoires et des soins intensifs de l'Hôpital de Médecine chinoise et occidentale du Hubei. Trois jours plus tard, dans l'après-midi du 30 décembre, l'ophtalmologue Li Wenliang a envoyé, dans une conversation sur WeChat avec ses anciens camarades de classe un message affirmant qu'« il y avait sept cas confirmés de SRAS », et leur a demandé de ne pas diffuser l'information. Cependant, des captures d'écran de la conversation se sont propagées rapidement sur Internet et ont provoqué la panique. Le 3 janvier 2020, Li Wenliang a été convoqué à un commissariat de la police de Wuhan pour un procès-verbal et s'est vu adresser une lettre de réprimande lui demandant de cesser de diffuser des informations non confirmées.

Par conséquent, le docteur Li Wenliang n'était pas « lanceur d'alerte », ni n'a été « arrêté ». Confucius disait : « Répéter à tous les passants ce que l'on a appris de bon en chemin, c'est jeter la Vertu au vent ». Tandis que la vérité et les faits ont été établis depuis longtemps, le correspondant en Chine d'un grand journal de renom, au mépris de la moindre déontologie, se livre encore délibérément et sans aucun scrupule aux colportage et propagation des désinformations. C'est ignoble et coupable. Qualifiant Li Wenliang de « lanceur d'alerte », l'article affirme plus bas qu'«  il n'avait pas cherché à informer le grand public » : logique contradictoire qui prête à rire.

II. L'article prétend que « pendant les trois semaines qui ont suivi sa convocation, les autorités chinoises allaient continuer d'affirmer que le virus n'était pas contagieux ». Cette allégation concoctée de toutes pièces a tordu le cou à la réalité. Après la détection du premier cas de COVID-19, les services de contrôle et de prévention des maladies du gouvernement chinois et des experts médicaux ont mené d'arrache-pied des recherches sur le virus. La Chine a isolé la souche du coronavirus le 7 janvier 2020 et réalisé le séquençage du génome du virus le 12 janvier 2020. Le 20 janvier 2020, le groupe d'experts de haut niveau de la Commission nationale de la Santé de Chine a confirmé l'existence de la contamination de personne à personne et la contamination des personnels soignants. La Commission a ensuite immédiatement inclus la COVID-19 sur la liste des maladies infectieuses de catégorie B définie par la loi chinoise et mis en place des mesures de prévention et de contrôle destinées à des maladies infectieuses de catégorie A. Trois jours plus tard, le 23 janvier 2020, le gouvernement chinois a annoncé le confinement de la ville de Wuhan. Si le gouvernement chinois a fait autant de travail au cours de ces trois semaines, n'est-ce pas justement parce qu'il soupçonnait que le virus était contagieux ? L'identification et l'annonce d'une nouvelle maladie infectieuse doivent être faites avec une extrême prudence et la rigueur scientifique pour éviter toute panique inutile du public. Ce correspondant en Chine ne le comprend-il pas ?

Plus loin, notant que « des millions de tests sont parfois effectués pour une dizaine de cas » en Chine, l'article qualifie la réponse sanitaire chinoise d'« agressivité ». Ce mot « agressivité » comporte manifestement de forts préjugés idéologiques. En effet, la Chine procède à des tests à grande échelle pour prévenir la propagation du virus et protéger au maximum la vie du peuple. Pardonnez ma question, mais si la réponse sanitaire de la Chine pouvait être qualifiée d'«  agressivité », qu'est-ce qu'on pourrait appeler ce qu'ont fait certains pays dont l'approche de gestion de la pandémie a induit des dizaines voire des centaines de milliers de morts et des millions voire des dizaines de millions de contaminés ?

III. L'article prétend que « si les autorités ont réussi à changer la situation sanitaire, elles n'ont en rien modifié leurs méthodes de contrôle de l'opinion » et qu'elles ont réprimé Zhang Zhan et d'autres « journalistes citoyens ». Mais s'il n'y avait pas de liberté d'expression en Chine, à entendre l'auteur, d'où viendraient ces « quelques milliers de commentaires » à la mémoire de Li Wenliang postés sur les réseaux sociaux, tel que l'affirme l'article ? Est-ce inventé par l'auteur ? La Chine est un Etat de droit où toute infraction à la loi doit être punie. Si Zhang Zhan a été condamnée, c'était parce qu'elle avait enfreint la loi et non parce qu'elle était une soi-disant « journaliste citoyenne ». Y a-t-il en France un métier « journaliste citoyen »? Aucun pays n'autorise un « citoyen » à se comporter comme bon lui semble sous le couvert de « journaliste ». L'article fait référence à une phrase de Li Wenliang : « Une société en bonne santé ne peut pas avoir une seule voix ». Néanmoins, nous n'entendons qu'« une seule voix » dans la société occidentale quand il s'agit de la Chine : la voix qui la calomnie et la dénigre. La société occidentale est-elle « en bonne santé » ?

Dans la lutte du peuple et du gouvernement chinois contre l'épidémie, de nombreux personnels soignants, dont le docteur Li Wenliang, ont donné leur vie. Ils sont des héros aux yeux du peuple chinois et seront mémorisés pour toujours. Les Chinois estiment qu'il faut témoigner d'un respect absolu envers les défunts. Madame Fu Xuejie, veuve de Li Wenliang, a déjà dit clairement : « Le docteur Li Wenliang était membre du Parti communiste chinois et avait un profond amour pour sa patrie. S'il était encore vivant, il ne permettrait jamais à personne d'attaquer sa patrie à son nom. Nous ne voulons vraiment plus qu'on crée des histoires en instrumentalisant Li Wenliang. » Nous espérons sincèrement que les défunts pourront reposer en paix et que les vivants seront protégés des harcèlements.

Certains médias aiment « manger du pain trempé de sang humain », pour prendre une expression chinoise. Ils font fi de la moindre déontologie du journalisme et ne cessent de faire grand tapage en instrumentalisant Li Wenliang. C'est une grande offense au docteur Li Wenliang et à sa famille. Le vrai dessein de ces médias n'est ni savoir si Li Wenliang a subi des traitements injustes, ni se soucier de la situation sanitaire en Chine, mais attaquer et calomnier le gouvernement chinois. Mais les efforts et les résultats de la lutte chinoise contre l'épidémie sont mondialement connus et reconnus. Ils ne sauront être éclipsés par quelques reportages irresponsables de quelques médias malhonnêtes. Au moment où la situation épidémique dans le monde reste grave, nous exhortons ces médias à cesser la manipulation politique. Répandre des propos calomnieux et diffamatoires contre la Chine ne fera que saper la lutte solidaire de la communauté internationale contre la COVID-19 et sa confiance dans une réponse collective aux difficultés du moment.

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