Question-Réponse du porte-parole de l'Ambassade de Chine en France au sujet d'un récent « rapport » de l'IRSEM sur la « stratégie d'influence » de la Chine
2021/09/22

Q : Récemment, l’IRSEM a sorti un rapport sur les « opérations d’influence chinoises », qui estime que plusieurs millions de personnes participeraient à la propagation de messages de « désinformation » pour manipuler l’opinion publique et fragiliser les adversaires. Quel est votre commentaire là-dessus ?

R : Nous sommes scandalisés par ce que l’IRSEM vient de sortir. Ce n’est pas du tout un « rapport », mais purement et simplement une opération de stigmatisation contre la Chine. Il accuse la Chine de désinformation, mais en réalité, c’est lui qui est en train désinformer le public français. Il n’y a pas un mot de vrai dans ce qu’il dit.

Par exemple, ce soi-disant « rapport » s’en prend à un écrivain français qui s’appelle Maxime Vivas. M. Vivas s’est rendu deux fois dans la région chinoise du Xinjiang et a écrit un livre intitulé « Ouïghours, pour en finir avec les fake news » pour démentir les fake news répandus par certains médias occidentaux sur le Xinjiang. Il n’a fait que dire la vérité sur la base de ce qu’il a vu de ses propres yeux. Alors que les auteurs de l’IRSEM le traitent d’« idiot utile » de la Chine. C’est de la diffamation et c’est même mépriser le discernement du public français.

Un autre exemple, ce soi-disant « rapport » accuse le gouvernement chinois d’« embaucher des étudiants et ressortissants chinois à l’étranger » comme des « trolls » pour défendre la Chine sur Internet. Mais le gouvernement chinois n’a pas besoin d’« embaucher qui que ce soit » ! Quand leur patrie est stigmatisée et accusée à tort, bien sûr les ressortissants et les étudiants chinois la défendront spontanément. C’est tout à fait normal. Les Français à l’étranger feront la même chose, quand il s’agit de la dignité et de l’honneur de leur pays.

Ce que ce soi-disant « rapport » dit sur le « front uni » de la Chine est révélateur de l’ignorance ou de l’hypocrisie de ses auteurs. Ceux qui connaissent la Chine savent tous que durant la seconde guerre mondiale, c’était le « front uni » qui a permis de rassembler toutes les forces vives de la nation chinoise pour vaincre les envahisseurs militaristes japonais. Depuis lors, le « front uni » a toujours été une noble initiative et un élément fédérateur qui peuvent mobiliser largement la nation chinoise autour des bonnes causes. Alors que le soi-disant « rapport » de l’IRSEM le dépeint comme un « complot ». C’est totalement scandaleux. En fait, quand vous savez que le premier qui a commencé à stigmatiser le « front uni » n’était autre que l’ancien Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, vous comprendrez que ce « rapport » n’est qu’un faux rapport qui sert les intérêts américains.

Par ailleurs, ce soi-disant « rapport » constitue une menace pour les échanges normaux entre la Chine et la France, et aussi une menace pour la liberté académique. Il accuse par exemple une maison d’édition française - la Route de la Soie - d’être un « relais local d’opérations chinoises ». Nous avons remarqué que la responsable de la maison d’édition a déjà réfuté en bloc cette accusation et apporté des clarifications. Effectivement, ni le directeur de l’IRSEM qui a co-rédigé ce soi-disant « rapport », ni les journalistes qui l’ont relayé, n’ont pris la peine de contacter cette maison d’édition pour vérifier la réalité. Ce soi-disant « rapport » est totalement basé sur des ouï-dire. En effet, la maison d’édition de la Route de la Soie publie la revue Dialogue Chine-France, seule revue qui permet aux représentants français et chinois de dialoguer ouvertement sur de grands thèmes, elle publie aussi plus de 60 auteurs issus de différents milieux, différentes nationalités, certains des livres géopolitiques sont même signés par du personnel des armées françaises. Cela fait partie des échanges académiques normaux entre la Chine et la France. Mais apparemment, les auteurs de l’IRSEM n’en sont pas contents. Ils sont encore dans une mentalité de Guerre froide et cherchent à perturber, voire à casser le dialogue normal entre la Chine et la France en intimidant ceux qui osent parler avec la Chine. C’est extrêmement inquiétant.

Si vous lisez les plus de 600 pages du soi-disant « rapport » de l’IRSEM, vous trouverez qu’il n’y a rien de nouveau dedans et qu’il reprend et copie systématiquement ce que disent les quelques « pseudo-chercheurs » des think tanks antichinois des pays occidentaux, notamment des Etats-Unis, par exemple les « rapports » antichinois de Rand Corporation et de l’Institut australien de stratégie politique. C’est pourquoi c’est une opération de stigmatisation contre la Chine sous le couvert de la « liberté académique ».

Franchement, nous sommes extrêmement choqués par l’attitude irresponsable et hostile vis-à-vis de la Chine de l’IRSEM, d’autant plus qu’il est un institut de recherches attaché au gouvernement français. Nous nous préoccupons aussi des possibles influences négatives de ce faux rapport sur la connaissance objective des autorités françaises à l’égard de la Chine et sur la politique chinoise de la France.

Suggest To A Friend
  Print