Allocution de l'Ambassadeur LU Shaye à l'occasion du 72e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine
2021/09/28

Le 27 septembre 2021, lors d'un événement tenu à l'approche du 72e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, l'Ambassadeur de Chine en France LU Shaye a échangé avec les personnalités françaises venues des divers milieux. Voici le texte intégral de son allocution :

M. le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin,

Chers invités, chers amis,

Dans quatre jours, la République populaire de Chine fêtera son 72e anniversaire. A cette heureuse occasion, au nom de l’Ambassade de Chine en France, je tiens à exprimer mes sincères remerciements à tous les invités ici présents, et à travers vous, aux amis français de tous horizons qui portent intérêt et soutien au développement de la Chine et à l’amitié sino-française !

Au cours des 72 dernières années, sous la direction du Parti communiste chinois (PCC), la Chine est passée d’un pays pauvre, fermé et arriéré à la deuxième économie mondiale, et a accompli des réalisations extraordinaires qui ont impressionné le monde entier. Aujourd’hui, c’est une Chine ouverte sur le monde et confiante en elle-même qui se dresse fièrement dans le concert des nations. Les chiffres sont les plus parlants : en Chine, le revenu national par habitant était de 27 dollars en 1949, aujourd’hui, le PIB par habitant s’est élevé à 10 000 dollars ; plus de 800 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté ; en 2019, l’espérance de vie des Chinois s’est élevée à 77 ans, contre 35 ans en 1949 ; la surface de logement par habitant urbain est passée de moins de 7 mètres carrés en 1978 à près de 40 mètres carrés aujourd’hui. Les Chinois ont vu leurs belles aspirations se transformer en réalité une par une et éprouvent désormais un plus grand sentiment de satisfaction, de bonheur et de sécurité.

Il y a deux mois, à l’occasion de la célébration du centenaire de la fondation du PCC, le président Xi Jinping a déclaré solennellement que la Chine avait réalisé l’objectif du premier centenaire, c’est-à-dire édifier intégralement dans la vaste Chine la société de moyenne aisance et mettre fin pour la première fois de son histoire à la pauvreté absolue. Dans le « Classique des Vers », une anthologie de poèmes chinois ancien de plus de 2 000 ans, nos ancêtres rêvaient déjà d’une vie de moyenne aisance. Dans la nouvelle ère du socialisme à la chinoise, ce rêve devient enfin réalité. Aujourd’hui, avec une ardeur rayonnante, la Chine continue la marche qui doit conduire à la réalisation de l’objectif du deuxième centenaire : édifier un grand pays socialiste moderne dans tous les domaines.

Dans cette nouvelle marche, le PCC mettra l’enrichissement commun de la population au cœur de son engagement pour le bien-être des Chinois, afin de mieux répondre à leur aspiration croissante à une vie meilleure. Récemment, les mesures prises par le gouvernement chinois pour renforcer, conformément à la loi, la régulation anti-monopole et sanctionner les pratiques de concurrence déloyale ont retenu l’attention des médias français. J’ai entendu certains dire que ces mesures annoncent le rétropédalage du processus de réforme et d’ouverture de la Chine. Il n’en est rien. Ces mesures s’inscrivent en fait dans nos efforts concrets pour mettre en application la vision de développement centrée sur le peuple, remédier aux inégalités de répartition des revenus et promouvoir l’équité et la justice sociales. Elles permettront de briser les monopoles, d’améliorer le cadre de concurrence équitable et de créer des espaces de développement plus larges pour tous les acteurs du marché, y compris les entreprises à capitaux étrangers. La politique chinoise de soutien au développement de l’économie privée n’a pas changé et ne changera pas. La réforme de la Chine ne s’arrêtera pas et la porte de la Chine s’ouvrira toujours plus grande.

Chers invités, chers amis,

Au cours des 72 dernières années, la Chine a toujours été un bâtisseur de la paix mondiale, un contributeur au développement dans le monde et un défenseur de l’ordre international. La Chine n’a jamais provoqué aucune guerre, ni n’a jamais occupé un seul pouce de terre d’un autre pays. Elle est le seul pays au monde à avoir inscrit le développement pacifique dans la Constitution, et aussi le plus grand contributeur de Casques bleus parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. La Chine a contribué à plus de 70 % à la réduction de la pauvreté dans le monde, et l’économie chinoise a contribué à près de 30 % à la croissance mondiale au cours des 20 dernières années. La Chine met activement en œuvre l’Accord de Paris sur le climat et s’est fixé l’objectif ambitieux de s’efforcer d’atteindre le pic de ses émissions de carbone avant 2030 et de réaliser la neutralité carbone avant 2060, apportant par là sa part de contribution à la construction d’un monde propre et beau. Récemment, le Président Xi Jinping a déclaré à l’ONU que la Chine cessera de financer les projets de centrale à charbon à l’étranger. La Chine participe énergiquement à la coopération internationale contre la COVID-19. Depuis le début 2021, nous avons fait des dons de vaccins à 105 pays et 4 organisations internationales et en avons exporté vers plus de 60 pays, pour un total de plus d’un milliard de doses. Premier à avoir renoué avec la croissance parmi les principales économies du monde, notre pays est en train de créer une nouvelle dynamique de développement qui offrira davantage d’opportunités au reste du monde.

L’objectif fondamental du développement de la Chine est de mieux répondre à l’aspiration du peuple chinois à une vie meilleure, et non de défier qui que ce soit ou prendre la place de qui que ce soit. La Chine n’a jamais pratiqué l’expansionnisme ou l’hégémonisme, ni exporté son système politique ou son modèle de développement, et elle ne le fera jamais. Les 72 années écoulées depuis la fondation de la Chine nouvelle, en particulier les plus de 40 ans de réforme et d’ouverture, ont prouvé que le développement de la Chine est une opportunité, et non une menace pour le monde. Tout en réalisant son propre développement, la Chine continuera à contribuer au développement et au progrès du monde et à travailler avec les autres pays pour bâtir une communauté de destin pour l’humanité.

Chers invités, chers amis,

Au cours des 72 dernières années, la Chine n’aurait pas réalisé autant de succès sans la coopération avec les autres pays du monde, y compris avec les pays européens. Etant parmi les relations bilatérales les plus importantes au monde, les relations sino-européennes ont continué d’aller de l’avant malgré les impacts de la COVID-19, et notre coopération a affiché une grande résilience et une forte vitalité dans tous les domaines. En 2020, la Chine est devenue pour la première fois le plus grand partenaire commercial de l’UE, et a été le seul à enregistrer une croissance positive du commerce bilatéral avec l’UE parmi les principaux partenaires de cette dernière ; l’Accord sur les indications géographiques Chine-UE est officiellement entré en vigueur ; des mécanismes de dialogue de haut niveau dans les domaines écologique et numérique ont été mis en place ; et l’accord d’investissement Chine-UE a été conclu à la date prévue. Bref, la valeur du partenariat stratégique global sino-européen continue d’augmenter.

En même temps, les relations sino-européennes rencontrent aussi des difficultés et des défis. L’UE a adopté un triptyque dans sa politique chinoise, considérant la Chine comme un partenaire, un concurrent et un rival systémique. Il est facile de comprendre que la Chine et l’Europe sont des partenaires. Qui dit partenaire dit coopération. En effet, il y a énormément de possibilités de coopération entre nous. Dire que nous sommes des concurrents, c’est aussi facile à comprendre. Nous pouvons entreprendre une compétition loyale en rivalisant d’excellence afin de progresser ensemble. Mais que pouvons-nous faire en tant que rivales systémiques ? Il ne reste que la confrontation, voire une lutte sans merci. Mais ce n’est pas dans l’intérêt fondamental et à long terme des deux parties.

Un vieil adage chinois dit : « les choses de ce monde se développent sans rivalité, comme les quatre saisons alternent sans contradiction ». Certes, la Chine et l’Europe ont des systèmes sociétaux différents, nos idéologies et nos valeurs ne sont pas tout à fait les mêmes. Mais cela ne signifie pas que nous sommes condamnés à devenir des rivaux. Par exemple, les Chinois mangent avec des baguettes, et les Occidentaux, avec couteaux et fourchettes. Il n’y pas de supériorité entre eux. La seule chose qui compte c’est de savoir si c’est adapté aux habitudes culinaires de chacun. Les Chinois n’obligeront pas les Occidentaux à manger avec des baguettes, ni ne les empêcheront d’utiliser des couteaux et fourchettes, et vice versa. Les baguettes et les couteaux et fourchettes peuvent en effet absolument coexister en harmonie et même se compléter mutuellement. La Chine et l’UE soutiennent toutes les deux le multilatéralisme, le règlement des différends par le dialogue, la coexistence harmonieuse de l’homme et de la nature, et le dialogue entre les différentes civilisations et cultures. La Chine et l’Europe ont milles raisons de s’engager sur la voie de la réussite respective et du gagnant-gagnant, et n’ont aucune raison de tomber dans le piège de la méfiance réciproque et du jeu à somme nulle.

Comme l’a souligné le Président Xi Jinping, la Chine et l’UE sont deux forces importantes, deux marchés immenses et deux civilisations brillantes dans le monde, et ce qu’elles préconisent, ce qu’elles combattent, ce qu’elles font ensemble revêtent une portée mondiale. Face aux défis planétaires et régionaux, comme la pandémie de la COVID-19, la reprise économique post-épidémique, le changement climatique, la biodiversité et le développement de l’Afrique et j’en passe, la Chine et l’Europe doivent, et peuvent, prendre de la hauteur pour voir loin, faire preuve de sens des responsabilités et injecter des énergies positives dans la lutte mondiale contre la COVID-19 et la croissance économique post-épidémique, et apporter plus de stabilité et de certitudes dans un monde agité.

Chers invités, chers amis,

Il y a 57 ans, animées par la recherche commune de l’indépendance, la Chine et la France ont brisé la glace de la Guerre froide pour réaliser une poignée de main historique entre deux grandes nations, ce qui a ouvert la voie aux échanges et à l’amitié entre la Chine et l’Europe et entre la Chine et l’Occident. Depuis lors, la Chine et la France ont toujours été fidèles à l’esprit de l’établissement de nos relations diplomatiques et restent à l’avant-garde des relations sino-occidentales. Aujourd’hui, quand les relations sino-européennes se trouvent devant un nouveau carrefour, la Chine et la France doivent d’autant plus assumer ensemble nos responsabilités historiques, défendre une vision stratégique et faire en sorte que la Chine et l’Europe puissent se regarder objectivement, se traiter de bonne foi et se concentrer sur la coopération gagnant-gagnant, au bénéfice du bien-être des peuples chinois et européens, de la paix et du développement dans le monde et du progrès de l’humanité.

Chers invités, chers amis,

Vous êtes tous les acteurs, promoteurs et défenseurs actifs des relations sino-françaises et sino-européennes. Soyez assurés de mon entière disponibilité et de ma volonté totale de travailler sans relâche avec vous au développement solide et durable des relations Chine-France et Chine-UE.

Vive la Chine !

Vive la France !

Vive l’amitié sino-française !

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