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ALLOCUTION DE MONSIEUR ZHAO JINJUN, AMBASSADEUR DE CHINE EN FRANCE, AU SEMINAIRE ORGANISE PAR LE GROUPE D'AMITIE FRANCE-CHINE DU SENAT FRANCAIS
2007-11-11

Monsieur le Premier ministre,

Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Il m'est particulièrement heureux d'être parmi vous aujourd'hui. C'est pour la 2ème année consécutive que le Groupe interparlementaire d'amitié France-Chine du Sénat français organise un séminaire sur la coopération sino-française dans le domaine du développement durable, ce qui témoigne le rôle important de cette coopération dans les relations sino-françaises. J'aimerais vous livrer quelques réflexions :

 

Premièrement, la Chine fait face à un grand défi dans la protection de l'environnement. Depuis l'application en Chine de la politique de réforme et d'ouverture sur l'extérieur il y a environ 30 ans, l'économie chinoise a maintenu une croissance rapide, ce qui a permis aux 1,3 milliards d'habitants de sortir de la pauvreté et d'améliorer sensiblement leurs conditions de vie. Parallèlement, la Chine a rencontré des difficultés pour préserver son écosystème, auxquelles les pays occidentaux faisaient face durant plusieurs siècles d'industrialisation. Le gouvernement chinois y a attaché une grande importance et a défini une politique fondamentale en la matière, c'est-à-dire l'économie des ressources et la protection de l'environnement.

Lors du XVIIème Congrès du Parti communiste chinois qui vient de se clôturer, le Président HU Jintao a souligné en termes claires, je cite : « la Chine s'efforcera de poursuivre le chemin de développement sain axé sur l'essor de la production, le bien-être de la population et la préservation des écosystèmes et de construire une société économe de ressources et respectueuse de l'environnement, et ceci pour permettre à nos citoyens de vivre et de travailler dans un environnement satisfaisant et réaliser un développement durable sur les plans économique et social. » Fin de citation.

C'est dans cet esprit que le gouvernement chinois a consacré davantage d'investissements visant à économiser des énergies et à protéger l'environnement, et l'accent a été mis sur la prévention et le traitement de la pollution de l'eau, de l'air et du sol, afin d'améliorer l'habitat dans les villes comme à la campagne et de développer l'industrie écologique.

Les faits sont éloquents. Selon les statistiques, une dizaine de milliers de mines ont été fermées, bon nombre d'usine de papeterie, de cimenterie et de centrales thermiques ont été démantelées dans le pays. En vue des Jeux Olympiques de Beijing 2008, le gouvernement chinois a adopté le concept des Jeux verts, ce qui est très appréciée par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement. Grâce à toutes ces mesures, les citoyens se sont mieux sensibilisés à la préservation de l'écosystème et comprennent que la protection de l'environnement est non seulement dans leurs propres intérêts, mais aussi dans l'intérêt de la planète et des générations futures.

Deuxièmement, il est nécessaire de garder toujours à l'esprit une chose : la Chine reste un pays en développement. Je vous cite volontiers quelques chiffres. Rien qu'en 2006, le PIB par habitant de mon pays atteignait à peine 2 000 dollars américains, soit moins de 1 400 euros et derrière le 110e rang mondial. Dans le pays, plus de 20 millions d'habitants vivent toujours dans la pauvreté absolue et une centaine de millions dans la pauvreté relative, ce qui explique l'importante accordée par le gouvernement chinois au développement économique et à l'amélioration du bien-être des populations. Comme le disait M. DENG Xiaoping, « le développement est de première importance ». Pourquoi ? Parce que cela correspond parfaitement aux réalités chinoises. Ceux qui critique la Chine pour ses émissions polluantes ne doivent pas oublier trois choses :

D'abord, les émissions de la Chine sont indispensables pour la vie de ses habitants, ce qui est très différent des émissions luxueuses des pays développés. Une population nombreuse et une amélioration du bien-être du peuple entraînent dans une certaine mesure une augmentaion des émissions.

Ensuite, dans le contexte de la mondialisation et de la division de travail internationale, des industries fortement polluantes des pays développés, ont été délocalisées dans les pays en développement, dont la Chine. Prenons un exemple : les cokeries sont aujourd'hui rares en Europe. L'Europe importe du coke chinois chaque année. En 2006, l'Union européenne en a importé 14, 5millions de tonnes de mon pays. Ceci dit, peut-être n'est-elle pas prête à voir la Chine en réduire son exportation.

Une autre chose importante, c'est que par rapport aux pays européens et aux Etats-Unis, la structure énergique de la Chine est essentiellement basée sur le charbon, cette situation va durer encore longtemps. Le niveau de ses émissions dépend donc dans une grande mesure de la propreté du charbon, il s'agit là d'un grand défi à relever pour mon pays. Actuellement, les émissions annuelles par habitant de la Chine se chiffrent à 4 tonnes, elles n'atteignent même pas un tiers de celles de certains pays d'Europe occidentale. Si l'UE réalisait son objectif de réduire, sur la base de 1990, de 50% de ses émissions d'ici à 2050, ses émissions par habitant resteraient encore au-dessus de celles de la Chine.

Etant donné que l'histoire et l'évolution de leur industrialisation sont très différentes, les pays développés et les pays en développement ont des responsabilités communes mais différenciées quant au problème des émissions. Pour beaucoup de pays, la protection de l'environnement n'est devenue un sujet de préoccupation que quand leur PIB par habitant a atteint 8 000 dollars américains. Ce n'est pas le cas de la Chine. En respectant « Le Protocole de Kyoto », qui ne lui prévoit aucun objectif chiffré, la Chine a voulu assumer ses responsabilités et s'est fixé l'objectif de réduire respectivement la consommation d'énergie par unité de PIB et les émissions des principaux polluants de 20% et de 10% en 2010 par rapport à 2005.

 

Troisièmement, la protection de l'environnement ne connaît pas de frontières. La Chine est disposée à intensifier sa coopération avec les autres pays, y compris la France, dans ce domaine. J'aimerais avancer les propositions suivantes :

Primo, renforcer le dialogue et la coopération sino-français en matière de développement durable. Il convient d'engager, conformément au principe des responsabilités communes mais différenciées, une coopération bilatérale et multilatérale pour réaliser les objectifs définis par La Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et Le Protocole de Kyoto.

Secundo, encourager les entreprises et les institutions financières de nos deux pays à s'engager dans les projets de coopération écologique, à promouvoir et faire partager les nouvelles technologies visant notamment à utiliser le charbon propre, à économiser des énergies et à favoriser l'économie à faible teneur en carbone et enfin à faire disparaître les obstacles au transfert de technologies écologiques.

Tertio, explorer les possibilités de coopération avec un pays tiers afin que les pays les moins avancés, notamment les pays africains puissent en bénéficier.

Le marché écologique chinois est bien prometteur. Je forme le voeu que les entrepreneurs français soient de plus en plus nombreux à développer une coopération écologique avec leurs partenaires chinois sous différentes formes pour favoriser le développement durable.

Mesdames et Messieurs,

Avant de conclure, j'aimerais profiter de cette occasion pour vous présenter brièvement le XVIIème Congrès du Parti communiste chinois. C'est un congrès particulièrement important dû au fait qu'il s'est tenu dans une phase cruciale de la réforme et du développement de mon pays. Il a accompli deux missions importantes: premièrement, fixer les grandes orientations et les principes majeurs de développement futur du pays; deuxièmement, élire la nouvelle équipe dirigeante du Comité central du Parti et assurer la continuïté et les caractères stables et scientifiques des politiques appliquées dans le pays. La Chine, tout en poursuivant indéfectiblement la voie du socialisme à la chinoise, s'en tiendra fermement à la politique de réforme et d'ouverture sur l'extérieur, mettra en application le concept scientifique de développement sur tous les plans, restera attachée aux préoccupations des populations, préservera la justice sociale et construira une société harmonieuse. En plus, elle poursuivra inébranlablement la voie du développement pacifique et s'appliquera à développer des relations d'amitié et de coopération avec tous les pays du monde.

Mesdames et Messieurs,

La Chine est très attachée à ses relations d'amitié et de coopération traditionnelles avec la France. Le Président SARKOZY effectuera très prochainement sa première visite d'Etat en Chine. C'est un événement d'importance majeure dans nos relations bilatérales et nous souhaitons qu'elle soit couronnée d'un plein succès.

Pour terminer, j'aimerais remercier le Premier Ministre Jean-Pierre RAFFARIN, les Présidents Jean BESSON et Jacques VALADE, qui sont tous de vieux amis de la Chine et qui ont toujours porté de l'intérêt et donné leur soutien au développement de mon pays. Mes remerciements vont également au Sénat français, qui a longtemps oeuvré à renforcer la compréhension et l'amitié entre nos deux peuples. Je n'oublie pas bien sûr les amis de tous horizons ici présents, qu'ils en soient tous remerciés.
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