Le rapport de travail du gouvernement chinois suscite une attention mondiale
2010/03/08

BEIJING, 6 mars (Xinhua) -- Des experts et journalistes étrangers ont globalement réagi positivement en examinant les stratégies du gouvernement du Premier ministre chinois Wen Jiabao, publiées vendredi, et ont souligné les défis à venir alors même que le document a suscité grosse attention à travers le monde.

Hong Pingfan, chef du centre mondial de supervision économique du Département des affaires économiques et sociales des Nations unies, a indiqué que l'année 2009 a vu le monde s'embourber dans la première récession économique depuis la Seconde Guerre mondiale.

C'est dans ce contexte que la Chine a lancé un gigantesque plan de relance comme une partie de ses efforts acharnés pour affronter la crise. Elle a d'ailleurs réussi à enregistrer une croissance de 8% cette année, a-t-il déclaré.

"La Chine n'a pas seulement réalisé sa propre croissance économique, mais elle a aussi stimulé la confiance des autres pays pour faire face à la crise en donnant du souffle à la relance é conomique mondiale", a-t-il ajouté.

Marcio Pochmann, directeur de l'Institut brésilien des recherches économiques appliquées, a indiqué que les réalisations de la Chine étaient étroitement liées au rôle du gouvernement.

"Les pays les plus aptes à faire face à la crise et à en sortir étaient ceux dotés d'un gouvernement organisé et des politiques publiques adaptées au moment de la crise", a-t-il expliqué.

Le Japonais Takashi Sekiyama, chercheur à la division de recherche politique de la Fondation Tokyo, a indiqué que les programmes de subvention aux appareils électro-ménagers par la Chine dans les zones rurales et les suppressions des taxes sur les petits véhicules ont encouragé la consommation.

Les politiques de relance de la Chine ont contribué à l'expansion rapide de l'investissement, selon lui, ajoutant que la croissance vigoureuse de l'économie chinoise avait considé rablement aidé l'économie mondiale.

Le président de la Chambre de commerce belgo-chinoise Bernard Dewit a indiqué qu'il était prévoyant pour le gouvernement chinois d'annoncer l'accélération de la transformation du modèle de croissance économique. Sur le long terme, la Chine ne pourraient pas développer son économie de façon continue uniquement en exportant des produits tels que les T-shirts, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il faut que la Chine produise plus des produits haut de gamme ayant une valeur ajoutée élevée.

Le directeur de la BBC en Chine, Li Wen, a estimé que le gouvernement chinois devait changer les opinions de ses officiels locaux sur la façon d'évaluer leurs réalisations dans leurs postes afin de transformer le modèle de croissance économique.

La situation actuelle où les réalisations des officiels sont essentiellement liées PIB et aux recettes fiscales devrait changer pour que les responsables locaux ne poursuivent pas seulement la hausse rapide de la croissance économique, a-t-il suggéré.

Zheng Yongnian, directeur de l'Institut d'Asie de l'Est de l'Université nationale de Singapour, a affirmé être plus interessé par l'approche tournée vers le bien-être du peuple choisie par le rapport de travail.

Au cours des 30 années de réforme et d'ouverture, la Chine a relativement néglié les réformes sociales liées à l'emploi, l'é ducation, les soins de santé, et la sécurité sociale, a estimé Zheng.

Investir davantage dans les domaines sus-évoqués et résoudre les problèmes relatifs aux conditions de vie des populations é taient susceptibles d'accroître la classe moyenne en Chine, a-t-il expliqué.

Hou Peishui, rédacteur en chef du quotidien philippin World News, a indiqué qu'un système raisonnable de distribution pourrait non seulement aider à éviter un grand fossé entre les riches et les pauvres, mais aussi contribuerait à bâtir une société harmonieuse.

Ce n'est qu'à travers l'application des réformes dans les secteurs de la santé, l'éducation, le logement et la justice sociale que le peuple chinois pourrait connaître une vie heureuse et digne, a indiqué Hou.

Hong, responsable des Nations Unies, a indiqué que les financements que le gouvernement chinois verse aux services sociaux étaient relativement insuffisants, particulièrement dans les domaines de l'éducation, de la santé et de la sécurité sociale, ce qui est l'une des raisons pour lesquelles le niveau de consommation des Chinois est passablement faible.

Le dernier objectif du développement économique est l'amé lioration des conditions et de la qualité de la vie, et non la hausse du PIB, a tranché Hong.

Justin Yifu Lin, vice-président et économiste principal à la Banque mondiale, a estimé que le gouvernement chinois pourrait continuer cette année à appliquer une politique fiscale proactive.

Il est encore possible d'accroître des investissements en Chine, selon Lin, ajoutant qu'il y avait un potentiel supplémentaire pour le développement de la demande interne.

"Je pense que l'objectif de 8% de croissance en 2010 de l'é conomie chinoise est possible", a-t-il déclaré.

Le chercheur japonais Sekiyama a indiqué que l'économie chinoise avait maintenu une croissance à deux chiffres ces derniè res années, sur la base d'une demande interne solide et d'une hausse des exportations.

"La création d'emplois reste le plus grand défi", a déclaré Cyn- Young, économiste de la Banque asiatique de développement.

Les autorités chinoises avaient besoin d'élargir particuliè rement la base de la demande interne et établir un réseau de sé curité sociale plus solide, pour que "le peuple puisse se sentir assuré de sa capacité à dépenser", a-t-il affirmé.

Tarek El Sonoty, chef de la rubrique diplomatique du quotidien égyptien Al-Massai, a indiqué que la Chine ferait face à des défis relatifs aux frictions commerciales et au taux de change de sa monnaie.

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