Page d'accueil > Porte-parole du MAE
Conférence de presse du 5 décembre 2019 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
(2019-12-05)

À l'invitation de Yang Jiechi, membre du Bureau politique du Comité central du PCC et directeur du Bureau de la Commission des affaires étrangères du Comité central du PCC, Shigeru Kitamura, directeur du Conseil de sécurité nationale du Japon, effectuera une visite en Chine du 5 au 7 décembre. Les deux parties tiendront un nouveau cycle de dialogue politique de haut niveau entre la Chine et le Japon afin d'échanger leurs points de vue sur les relations bilatérales et les grandes questions d'intérêt commun.

À l'invitation de Daw Aung San Suu Kyi, la Conseillère d'État et Ministre des Affaires étrangères du Myanmar, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi effectuera une visite au Myanmar les 7 et 8 décembre.

Q : Bien que des responsables américains aient fait tout leur possible pour influencer l'Europe et faire pression sur elle dans le but de faire de la Chine une « menace », la Déclaration de Londres publiée le 4 décembre au sommet de l'OTAN n'a pas choisi ce positionnement. Des diplomates anonymes de l'OTAN affirment que la plupart des Européens ne pensent pas que cela est dans leur intérêt national. L'OTAN reconnaît que la Chine est un grand pays en émergence, mais que cela ne signifie pas qu'elle fera de la Chine un nouvel ennemi. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Que l'on constitue une menace ou non n'a rien à voir avec la taille. Il est vrai que la Chine est un grand pays avec une influence croissante. Mais nous poursuivons la voie du développement pacifique, nous sommes attachés aux idées selon lesquelles les peuples du monde entier sont d'une même famille et doivent vivre dans une harmonie respectueuse de la diversité, et nous nous prononçons pour l'égalité et le respect mutuels. Une Chine en croissance représente donc la croissance de la force pour la paix, l'équité et la justice.

Nous avons également noté qu'il y a beaucoup de voix objectives et rationnelles au sein de l'OTAN qui ne veulent pas être hostiles à la Chine. En fait, l'unilatéralisme et les pratiques d'intimidation sont la principale menace et le plus grand défi auxquels le monde est confronté. Même les alliés des États-Unis en souffrent profondément.

Q : Un porte-parole du Département d'État américain a affirmé, dans une déclaration du 4 décembre, que permettre à des entreprises de télécommunications chinoises, comme Huawei et ZTE, de participer à la construction d'une partie quelconque du réseau 5G d'un pays serait dangereux et poserait des risques majeurs pour la vie privée, les droits de l'homme et la sécurité des citoyens de ce pays. Les États-Unis exhortent tous les pays, y compris leurs partenaires et leurs alliés, à empêcher les fournisseurs non fiables d'accéder à une partie quelconque de leur futur réseau 5G. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Les États-Unis parlent à tout propos de la sécurité. J'aimerais savoir quelle est la norme de sécurité. Qui devrait décider et juger ce qui est sûr et ce qui est dangereux ? Comment pouvons-nous faire confiance à quelqu'un qui est à la fois joueur et arbitre et qui ne cesse de faire des arbitrages truqués ? Ce match est-il équitable ?

Le soi-disant « piège de sécurité » qu'évoquent les États-Unis semble très grave, mais en réalité, il ne s'agit que d'absurdité. Si, selon la logique américaine absurde prétendant que tout ce qui est fabriqué en Chine est dangereux, les Américains doivent cesser de porter des chaussures et des vêtements fabriqués en Chine, car ils peuvent également constituer une menace pour la sécurité.

Je me souviens d'avoir lu il y a peu de temps un reportage selon lequel Bill Gates, l'ancien PDG de Microsoft, avait fait une analogie très intéressante alors qu'il assistait à une activité publique. Selon lui, la logique selon laquelle « tout ce qui est fabriqué en Chine est dangereux » est absurde. Il a déclaré que la Chine avait acheté un grand nombre d'appareils Boeing et que ceux-ci étaient équipés de nombreux logiciels américains. Selon la logique de certains individus aux États-Unis, la Chine ne devrait-elle pas aussi être hautement sceptique et rester vigilante aux étranges ordres américains visant à arrêter les moteurs des avions de Boeing ? Alors, qui osera encore, qu'il s'agisse de la Chine ou d'autres pays, acheter des avions, des automobiles ou d'autres produits électroniques fabriqués aux États-Unis ?

Avant-hier, j'ai donné des informations détaillées à ce sujet. Après des années de révision, le gouvernement britannique, l'Office fédéral allemand pour la sécurité de l'information et la Commission européenne n'ont pas réussi à détecter de « porte dérobée » évidente chez Huawei. Toutefois, des failles de sécurité ont été repérées dans plusieurs grandes entreprises américaines, notamment Cisco et Apple, et de nombreux cas de « portes dérobées » ont été révélés. Le programme PRISM de triste renom a montré que même les dirigeants et les populations des alliés des États-Unis ne pouvaient garder aucun secret face au puissant système américain d'écoute téléphonique et de surveillance au niveau mondial.

Huawei s'est déclaré prêt à signer des accords d'absence de porte dérobée avec les pays concernés et à se soumettre à des tests et à une supervision par une tierce partie. Les États-Unis seront-ils capables de faire la même promesse ?

Nous espérons et avons la certitude que les pays concernés sauront, en partant de leurs intérêts à long terme, établir des jugements indépendants et adhéreront au principe de justice, d'équité et de non-discrimination. Je suis sûre qu'ils ont assez de sagesse pour ne pas tomber dans le « piège de sécurité » préparé par les États-Unis.

Q : Selon des médias, les États-Unis ont annoncé le 2 décembre la reprise immédiate des droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium en provenance du Brésil et de l'Argentine. Le bureau du représentant américain au commerce a publié un communiqué ce soir-là dans lequel il a annoncé son projet d'imposer des droits de douane pouvant atteindre 100% sur les importations françaises pour un montant de 2,4 milliards de dollars. D'autres reportages indiquent également que les États-Unis étudient la possibilité d'ouvrir des enquêtes sur l'Autriche, l'Italie et la Turquie concernant la taxe numérique. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : J'ai noté que la France, le Brésil et l'Argentine ont donné des réponses. J'ai également remarqué que le tir de barrage tarifaire américain a provoqué des tensions sur les marchés financiers mondiaux, les marchés boursiers européens et américains enregistrant leurs pertes les plus importantes depuis deux mois.

Cela témoigne également du fait que l'unilatéralisme, le protectionnisme et les pratiques de brimades commerciales des États-Unis constituent une menace pour l'ordre commercial international normal et pour les différents pays du monde. Et cela illustre pleinement l'importance et l'urgence pour les différentes parties de travailler de concert pour préserver le multilatéralisme, les règles internationales et le régime de libre-échange.

Q : Le 3 décembre, la 74e Assemblée générale des Nations Unies a convoqué une session plénière pour examiner la question de la Palestine et la situation au Moyen-Orient. Les représentants permanents de la Chine et de plusieurs autres pays aux Nations-Unies ont présenté, dans leurs interventions, leurs points de vue sur la question du Moyen-Orient. Pouvez-vous donner plus d'informations à ce sujet ?

R : La Chine est un bon ami, un bon partenaire et un bon frère du peuple palestinien, et un partisan ferme de la paix entre la Palestine et Israël. Nous sommes profondément préoccupés par l'agitation continue de la situation israélo-palestinienne et nous sommes favorables à une résolution complète, juste et durable de la question de la Palestine par les négociations politiques, en vue de réaliser la coexistence pacifique et le développement commun des deux pays. La Chine appelle les parties concernées à faire preuve de retenue et de calme pour éviter l'intensification des affrontements et des conflits, et à rétablir et à renforcer la confiance mutuelle pour créer les conditions favorables à la reprise des pourparlers de paix entre les deux pays. Nous estimons que les résolutions de l'ONU, la « solution à deux États » et le programme « terre contre paix » sont le seuil de tolérance équitable et juste auquel il faut adhérer.

La Chine prend part aux souffrances du peuple palestinien et a déployé des efforts actifs pour promouvoir la paix au Moyen-Orient. Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a expliqué le plan de la Chine quant à la sécurité au Moyen-Orient : premièrement, s'en tenir à l'orientation correcte du règlement politique ; deuxièmement, défendre les principes fondamentaux d'équité et de justice ; troisièmement, valoriser le rôle crucial de l'ONU ; quatrièmement, coordonner les efforts de la région et de la communauté internationale. La proposition de la partie chinoise a trouvé un écho favorable et a été bien accueillie par toutes les parties participant à la réunion. Zhai Jun, l'envoyé spécial du gouvernement chinois pour la question du Moyen-Orient, qui s'est rendu récemment dans des pays de la région, a eu des contacts étroits avec les parties concernées, et a mené des dialogues et des consultations avec elles pour rechercher une solution capable de tenir compte des intérêts de toutes les parties.

Nous avons la certitude que la justice pourrait arriver tard, mais qu'elle finira par arriver. La Chine continuera de soutenir fermement la juste cause du peuple palestinien visant à recouvrer ses droits nationaux légitimes, et continuera à déployer des efforts inlassables pour défendre l'équité et la justice et préserver la paix et la stabilité dans la région.

Q : Pouvez-vous nous informer des résultats de la visite du Conseiller d'État Wang Yi en République de Corée ? Des reportages indiquent que les deux parties sont en train de discuter des questions relatives à la visite du dirigeant chinois en République de Corée au premier semestre de l'année prochaine. Pouvez-vous confirmer cela ?

R : Le Conseiller d'État Wang Yi est actuellement en visite en République de Corée. Cette visite est une communication stratégique importante entre les deux pays. Les deux Ministres des Affaires étrangères ont eu un entretien formel hier.

Le Conseiller d'État Wang Yi a souligné que l'unilatéralisme qui porte atteinte à l'ordre international actuel et les pratiques de brimades qui défient les règles des relations internationales sont la plus grande menace qui pèse sur la paix et la stabilité dans le monde. La Chine poursuit toujours une politique étrangère d'indépendance et de paix, préconisant l'égalité entre tous les pays, qu'ils soient grands ou petits, et la démocratisation des relations internationales. Elle s'oppose à ce qu'un grand pays malmène un petit pays, et qu'un pays fort maltraite un pays faible, à l'imposition de sa volonté à autrui et à l'ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. La Chine entend travailler avec tous les pays responsables, y compris la République de Corée, à défendre le concept de multilatéralisme, à s'en tenir au principe d'équité et de justice, à prendre des actions concrètes pour préserver le système international centré sur l'ONU, maintenir l'ordre international fondé sur le droit international et préserver le système commercial multilatéral ayant l'OMC comme pierre angulaire.

Les deux parties ont convenu de bien planifier les importants échanges de haut niveau à la prochaine étape et de renforcer la communication et la coopération stratégiques entre les deux pays. Elles se sont mises d'accord pour améliorer la connexion de l'initiative « la Ceinture et la Route » et du programme stratégique du développement de la République de Corée, et ont eu une discussion positive sur le renforcement de la coopération avec une tierce partie. Elles ont apprécié activement le lancement de l'élaboration du Plan de développement 2021-2025 sur la coopération économique et commerciale entre la Chine et la République de Corée. Elles ont convenu d'accélérer le processus de négociations de la deuxième phase de l'accord de libre-échange Chine-République de Corée et de faire passer leur coopération commerciale à un niveau supérieur. Les deux parties ont décidé de créer un nouveau mécanisme de dialogue et de coopération dans le domaine des affaires maritimes. Elles ont convenu de rester attachées au multilatéralisme, de préserver le libre-échange et de travailler à la construction d'une économie mondiale ouverte. Les deux parties ont apprécié positivement la conclusion des négociations sur le partenariat économique global régional et entendent joindre leurs efforts à ceux des autres pays pour assurer sa signature formelle l'année prochaine. En outre, les deux parties ont également convenu de traiter judicieusement, en suivant leur consensus, le problème THAAD qui affecte le développement sain des relations Chine-République de Corée, et de respecter réellement les intérêts fondamentaux et les préoccupations légitimes respectives.

Ayant fait un tour d'horizon du développement et des changements de la situation dans la péninsule coréenne depuis l'année dernière, les deux parties ont convenu de faire avancer le processus de règlement politique de la question de la péninsule conformément à l'approche à « double voie ». La Chine est d'avis que le consensus important réalisé entre la RPDC et les États-Unis à Singapour devrait être mis en œuvre de manière effective, que les préoccupations légitimes de la RPDC en matière de sécurité et de développement devraient faire l'objet d'une grande attention et d'une solution. Le Conseil de Sécurité devrait prendre des actions concrètes, en fonction de l'évolution de la situation, pour entamer les discussions sur des dispositions réversibles de la résolution concernée et atténuer les sanctions à l'encontre de la RPDC, afin d'encourager toutes les parties à continuer de progresser dans le processus de règlement politique.

En ce qui concerne la visite de haut niveau qui vous intéresse, autant que je sache, les deux parties ont convenu de rester en communication étroite pour des échanges de haut niveau à l'étape suivante. Nous publierons en temps utile des informations quand nous en aurons.

Q : Nous avons noté que les États-Unis avaient récemment pris des mesures à l'encontre de la Chine sur les questions liées à Hong Kong et au Xinjiang et qu'ils avaient également déclaré qu'il n'y avait aucune urgence à conclure un accord commercial avec la Chine, ce qui a provoqué une chute générale des actions à la Bourse américaine le 3 décembre. En outre, selon un rapport récent de l'American Farm Bureau Federation (AFBF), 580 fermes se sont déclarées en faillite entre septembre 2018 et septembre 2019, soit une augmentation de 24% sur un an. Dans neuf États américains, le nombre de fermes en faillites a été le plus élevé depuis les dix dernières années. Le président de l'AFBF, Zippy Duvall, a déclaré que plus les consultations dureraient, plus il serait difficile pour les agriculteurs américains de récupérer des parts de marché en Chine. Quelle est votre réponse à ce sujet ?

R : Nous avons déclaré il y a longtemps qu'une guerre commerciale nuirait aux autres et à soi-même. En fin de compte, ce sont les intérêts de la population américaine qui seront compromis. Seul un accord bénéfique pour tous fondé sur l'égalité et le respect mutuel correspond aux intérêts du peuple chinois et du peuple américain, et aux attentes de la communauté internationale.

Q : Le Secrétaire général du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie Patrushev est actuellement en Chine pour coprésider, avec le directeur Yang Jiechi, le 15e cycle de consultations sur la sécurité stratégique entre la Chine et la Russie. Selon des analystes, la Chine et la Russie ont apparemment renforcé leur coordination stratégique ces derniers temps. Pouvez-vous donner plus d'informations en la matière ?

R : L'unilatéralisme et les pratiques d'intimidation ont de graves répercussions sur l'ordre international. Certains pays s'ingèrent de manière grossière dans les affaires intérieures d'autres pays et portent atteinte à leur souveraineté et à leurs intérêts de sécurité et de développement. En tant que membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies et partenaires de coordination stratégique globale pour la nouvelle ère, la Chine et la Russie renforceront bien sûr la communication en matière de sécurité stratégique, préserveront leurs intérêts fondamentaux respectifs et la sécurité commune, et assumeront leurs responsabilités en tant que membres permanents du Conseil de Sécurité, pour défendre la sécurité, la paix et la stabilité de la région et du monde.

Le 2 décembre, le Président Xi Jinping a rencontré le Secrétaire général Patrushev. Hier à Shanghai, M. Patrushev a coprésidé, avec Yang Jiechi, membre du Bureau politique du Comité central du PCC et directeur du Bureau de la Commission des affaires étrangères du Comité central du PCC, le 15e cycle de consultations sur la sécurité stratégique entre la Chine et la Russie. Les deux parties ont procédé à un échange approfondi et sont parvenues à un large consensus sur les relations sino-russes dans la nouvelle ère, les affaires internationales et leur coordination dans les enceintes multilatérales. Elles ont convenu de renforcer davantage la coordination stratégique, de s'opposer fermement à l'intervention étrangère, de défendre leurs intérêts fondamentaux respectifs et leur sécurité politique et institutionnelle respective. Elles se sont mises d'accord pour faire du maintien et de la pratique du multilatéralisme l'orientation prioritaire de la coopération internationale, continuer à s'opposer sans ambiguïté à l'unilatéralisme et à la pratique des brimades, et défendre la paix, la sécurité et la stabilité internationales et régionales.

Dans la situation actuelle, une coordination stratégique plus étroite entre la Chine et la Russie permettra d'apporter plus d'énergies positives à la sécurité et à la stabilité stratégiques internationales.

Q : La Chine et la RPDC ont tenu le 13e cycle de consultations consulaires le 3 décembre à Beijing. Ont-elles discuté du rapatriement des travailleurs de la RPDC conformément à la résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU ? Comme il y a encore beaucoup de travailleurs de la RPDC en Chine, quelles mesures la Chine va-t-elle prendre ?

R : Je peux vous dire que la Chine a toujours appliqué scrupuleusement la résolution concernée du Conseil de Sécurité et honoré ses obligations internationales. Nous traiterons les questions y relatives conformément aux dispositions de la résolution concernée.