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Discours de M. WU Xiaojun, Ministre-Conseiller de l'ambassade de Chine en France
(2018-10-12)

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5ème Colloque PME-Chine

Le 5 octobre 2018

La Rochelle - Maison de la Charente-Maritime

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Monsieur le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin,

Monsieur le Président du Conseil départemental de la Charente-Maritime, Dominique Bussereau,

Mesdames, Messieurs,

C’est un grand honneur pour moi de représenter ici mon Ambassadeur, et de me trouver parmi vous, à l’invitation de la Fondation Prospective et Innovation, dans cette magnifique ville de La Rochelle, pour participer à cet important colloque.

La Chine est sensible aux efforts inlassables que déploient depuis de nombreuses années M. Jean-Pierre Raffarin ainsi que la Fondation Prospective et Innovation pour promouvoir l’amitié et la coopération franco-chinoises. Qu’ils en soient ici remerciés.

En écoutant avec attention les propos des intervenants précédents, j’ai profondément ressenti l’importance que la France accorde à sa relation avec la Chine et combien vif était son souhait d’approfondir sa coopération avec mon pays. J’y vois le reflet de l’aspiration générale de la communauté d’affaires française et plus encore de ceux qui nous font aujourd’hui l’honneur de leur présence.

Je sais aussi que beaucoup, parmi nos amis français, s’interrogent sur l’évolution de l’économie et sur les orientations politiques de la Chine dans le contexte commercial international actuel.

Je voudrais sur ce point souligner le fait qu’en dépit de nombreux obstacles et défis que nous avons rencontrés, notre marche vers la réforme et l’ouverture ne s’est pas ralentie. Bien au contraire, la progression de l’économie chinoise se poursuit avec constance vers le cap fondamental fixé, et les opportunités qu’apporte au monde entier le développement chinois sont toujours aussi nombreuses. Ainsi, il me semble que nos amis français pourraient considérer avec intérêt trois types d’opportunités :

En premier lieu, les occasions qu’offre la croissance continue de l’économie chinoise.

Chacun sait que depuis de nombreuses années, la Chine a maintenu une croissance soutenue, et que depuis plusieurs années consécutives, la part de la croissance mondiale imputable à la Chine dépasse 30 %, faisant de mon pays un facteur de stabilisation et de dynamisation de l’économie mondiale. Au premier semestre de cette année, dans un contexte économique international complexe, l’économie chinoise a crû de 6,8 % par rapport à la même période de l’année passée, et a conservé un rythme de croissance oscillant entre 6,7% et 6,9 % pendant 12 trimestres consécutifs. Certes, l’économie mondiale traverse d’importants bouleversements, notamment avec l’aggravation du contentieux commercial sino-américain dont l’impact est inévitable sur une économie chinoise en pleine dynamique d’intégration au monde.

Dernièrement, la Chine a publié un Livre blanc intitulé : « Le contentieux commercial sino-américain : les faits et la position de la Chine ». Ce document décrit clairement notre vision et nos préconisations. Permettez-moi de réaffirmer ici l’attachement de la Chine au multilatéralisme et son opposition à l’unilatéralisme et au protectionnisme. Nous souhaitons éviter une guerre commerciale. Cependant, elle ne nous fait pas peur et si la nécessité nous y poussait, nous serions alors forcés de réagir. La Chine maintient grande ouverte la porte des négociations, à condition qu’elles se fondent sur un respect mutuel, dans un esprit d’égalité, de respect des engagements, et dans la cohérence entre les mots et les actes. Ces négociations ne peuvent avoir lieu sous la menace de la matraque des tarifs douaniers pas plus qu’au prix du sacrifice du droit légitime de la Chine à se développer.

Parallèlement, du fait de la maturité matérielle et technologique de la Chine, de sa forte capacité de déploiement industriel, de vastes espaces de développement urbains et régionaux, de l’abondance de leviers innovants et des espaces réglementaires en termes de macro contrôle, l’augmentation de la consommation et l’optimisation de l’éco-structure recèlent encore d’immenses besoins.

Dans les 15 ans à venir, la Chine importera pour une valeur de 24.000 milliards d’USD et absorbera 2.000 milliards d’investissements directs étrangers. Le développement recèle encore beaucoup de choses tangibles, de grands potentiels et d’importantes marges de manœuvre. Autant de raisons pour lesquelles nous sommes confiants en la capacité de la Chine à maintenir une croissance rapide, car nous avons le souffle, la capacité et les moyens de faire face aux difficultés actuelles. La contribution de la Chine au développement de l’économie internationale ne s’arrêtera pas. Le nombre d’opportunités qu’elle offrira au monde ne diminuera pas.

Au mois de novembre prochain, se tiendra en Chine la 1ère Foire internationale de l’importation. Nous serons ravis d’accueillir sur cette plateforme les entreprises françaises pour leur permettre de nous apporter davantage de produits et de services de haute qualité et bénéficier ainsi des dividendes de la croissance chinoise.

En second lieu : les opportunités offertes par le nouveau cycle de réforme et d’ouverture de la Chine.

La Chine fête cette année le 40ème anniversaire du lancement de sa politique de réforme et d’ouverture. Tout au long de cette période, le pays s’est construit dans l’ouverture et la coopération avec l’étranger. Nous avons été pendant longtemps le pays en voie de développement qui a attiré le plus de capitaux étrangers. Nous avons constamment généré des profits pour les entreprises étrangères implantées sur notre sol.

Aujourd’hui, 40% des exportations chinoises, 2/3 des produits Hi-tech proviennent d’entreprises étrangères. Le développement économique chinois des 4 dernières décennies s’est fait dans l’ouverture. A l’avenir, si nous voulons parvenir à un développement de qualité, nous aurons besoin d’encore davantage d’ouverture.

Sur ce constat, la Chine a pris cette année un nouveau train de mesures de réforme et d’ouverture avec la volonté de les appliquer au plus tôt et au plus vite:

- D’abord, en assouplissant significativement les règles d’accès au marché pour les entreprises étrangères, y compris dans les services, et tout particulièrement les services financiers ;

- en modifiant la liste négative des investissements étrangers ;

- en améliorant la transparence réglementaire, en contrôlant l’équité et l’égalité de traitement, en créant un environnement d’affaires équitable et de concurrence loyale pour les entreprises, qu’elles soient chinoises ou étrangères.

- Ensuite, en protégeant mieux, par des mesures plus strictes et efficaces, la propriété intellectuelle, en sanctionnant leurs violations, en renforçant le corpus législatif, puis en créant un tribunal de la propriété intellectuelle afin de protéger les ayants-droits étrangers.

Cependant, nous demeurons bien conscients que nous restons le plus grand pays en voie de développement du monde et que, de ce fait, nous devons faire face à de nombreux problèmes liés à des disparités et insuffisances de développement.

Bien qu’en termes de poids, l’économie chinoise se situe au 2ème rang mondial, elle n’est qu’au 71ème rang pour le PNB par habitant. 30 millions de Chinois vivent encore dans la pauvreté et près de 100 millions vivent en dessous du seuil de pauvreté, tel que défini par la Banque Mondiale. La lutte contre la pauvreté est une tâche ardue. Le PNB par habitant des régions de l’ouest est à peine la moitié de celui des zones côtières développées. Les disparités de développement régionales demeurent importantes.

Chaque année, la Chine doit faire face à 15 millions de nouveaux demandeurs d’emploi et se doit d’élever le niveau de l’économie réelle. Certains problèmes tels que la pollution atmosphérique sont saillants et la protection de l’environnement est une tâche lourde et de longue haleine. Comme l’a dit le Président XI Jinping : « La réforme n’aboutit jamais. C’est un processus perpétuel ». Beaucoup de problèmes doivent trouver leur solution à mesure que la réforme et l’ouverture progressent.

En troisième lieu, l’initiative des Nouvelles routes de la soie, lancée il y a cinq ans a connu d’importants développements, pour devenir une plateforme commerciale internationale majeure ainsi qu’un bien commun apprécié de tous.

Néanmoins, on entend çà et là des discours s’installer et des malentendus persister. C’est pourquoi, je voudrais insister ici sur le fait que cette initiative n’a rien à voir avec un quelconque plan Marshall à la chinoise. Ce que nous défendons ici, ce sont les principes de dialogue, de partage et de co-construction. C’est la quête de la qualité, de normes exigeantes, de l’ouverture et de la transparence. La porte est ouverte à tous, sans aucun ostracisme. Il s’agit là d’une symphonie et non un numéro de soliste chinois.

Ces Nouvelles routes de la soie offrent des complémentarités encore plus vastes et dans des secteurs plus nombreux entre les entreprises de nos deux pays. L’approche gagnant-gagnant ouvre de nouvelles et vastes perspectives. Sous le regard de nos deux chefs d’Etats et grâce à leur soutien, nos deux pays réfléchissent à la meilleure manière de renforcer le concept. L’année prochaine, la Chine organisera le 2ème Sommet international sur les Nouvelles routes de la soie. Davantage de nouvelles mesures et de nouveaux projets y verront le jour. J’espère que les entreprises françaises sauront saisir cette occasion précieuse pour s’engager et faire de ces Nouvelles routes un nouveau levier de développement emblématique pour notre coopération bilatérale.

Mesdames, messieurs,

L’économie chinoise est déjà entrée dans une nouvelle étape de développement. Il suffit de constater l’essor de l’entreprenariat individuel, de l’innovation, de la libération des énergies nouvelles. Le Gouvernement chinois met activement en œuvre une nouvelle vision du développement, faisant prioritairement porter son action sur les insuffisances écologiques ainsi que sur les besoins diversifiés et personnalisés des consommateurs.

Les PMEs françaises, connues pour être les plus dynamiques et les plus créatives, possèdent d’importants atouts, notamment dans l’économie verte, l’industrie de pointe, le bio-médical, les loisirs, l’innovation technologique. Elles sont parfaitement qualifiées pour saisir les opportunités, monter dans le train à grande vitesse que représente le développement de la Chine, se faire une place au soleil sur le marché et se développer sans limites.

Nous sommes convaincus que, grâce aux atouts que constituent le solide socle de confiance politique entre nos deux pays et grâce à notre historique de coopération, les PMEs de nos deux pays pourront plus facilement trouver des portes d’entrée pour des projets toujours plus féconds et transformer ainsi les souhaits de chacun, en succès bien tangibles pour les deux parties et créer ensemble un avenir meilleur.

Pour cela, les services de notre ambassade se tiennent à votre disposition afin de rapprocher les entreprises de nos deux pays, renforcer durablement la coopération entre la France et la Chine et œuvrer à un meilleur avenir pour nos pays et pour nos citoyens.

Pour finir, je forme ici des vœux de plein succès pour ce colloque ! Merci !